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La théorie de Piaget : les stades du développement cognitif de l’enfant, est-ce que votre enfant se développe selon son âge ?

Comment savoir si votre enfant développe normalement ses capacités cognitives pour son âge ? Comment pensent les enfants, et quelles sont les étapes de leur développement cognitif ? Est-il normal qu’ils commettent des erreurs de langage ou de raisonnement ? La théorie de Piaget explique très bien les différents stades du développement d’un enfant. Découvrez dans cet article si votre enfant évolue selon son âge. Nous dissiperons tous vos doutes !

Théorie de Piaget : stades de développement chez l’enfant

Piaget est un des psychologues les plus connu de l’histoire grâce à ses découvertes sur l’enfance et le développement de l’intelligence chez l’enfant. Il a dédié sa vie à étudier les différents stades de développement et à comprendre comment évoluent nos schémas d’apprentissage, de pensée et de développement cognitif. Cet article explique la théorie de Piaget et décrit les différents stades du développement de l’enfant.

Théorie de Piaget

 Selon la théorie de Piaget, les enfants passent par différents stades spécifiques à leur intellect et à leur capacité de percevoir les relations matures. Ces différents stades du développement infantile sont les mêmes pour tous les enfants, quelque soit leur origine ou leur culture. Seul l’âge peut parfois varier d’un enfant à l’autre.

Il est fréquent que très jeunes, les enfants ne fassent pas preuve d’empathie. Il ont plutôt des pensées égocentriques, en accord avec leur âge et leurs capacités.

Pendant l’enfance, l’enfant “apprend à penser”, c’est à dire à interagir avec le monde qui l’entoure. Il s’agit du développement cognitif naturel. Cela suppose une série de changements évolutifs dans la vie de l’enfant, dont on peut distinguer les différentes étapes durant enfance, depuis leur naissance jusqu’à la préadolescence. Ces étapes, durant lesquelles les enfants développent leurs capacités cognitives, sont actuellement divisées selon “les stades de développement de Piaget”.

Qu’est-ce que la théorie de Piaget ? Jean Piaget (psychologue et biologiste suisse) a réalisé de nombreuses études sur l’enfance. Selon lui, l’enfance est divisée en différents stades. La théorie de Piaget explique les différents stades du développement infantile en fonction de l’âge.

Les stades de Piaget sont un ensemble de faits déterminants dans le processus de développement humain qui apparaissent temporellement, se suivant les uns les autres. Ainsi, le type de langage qu’utilisent les enfants peut être différencié pour chaque tranche d’âge : balbutiement, paroles inventées, pseudo-paroles, parler à la troisième personne en se référant à soi-même, etc. Il en est de même pour le type de pensée (pensées égocentriques, où tout tourne autour de ce que l’enfant voit et croit), ou encore pour les compétences physiques (utilisation des réflexes, marcher à quatre pattes, marcher, courir …). Selon la théorie de Piaget, ce développement cognitif apparaît de façon continue et progressive, autour d’un âge approximatif.

Dans la théorie de Piaget, chaque stade de développement de l’enfant a-t-il lieu à un moment précis ? 

Non, les stades n’apparaissent pas nécessairement à un moment précis. Cependant, on peut dire qu’il existe des périodes durant lesquelles il est plus probable et normal que se développent certaines capacités cognitives. Il est plus facile d’apprendre une compétence définie à l’âge qui normalement lui convient. Pour l’acquisition du langage par exemple, les premiers mots sont appris vers la première année, mais le langage n’est pas bien développé avant l’âge d’environ sept ans (vocabulaire encore très réduit, qui ira en augmentant au fil des années). 

Étapes du développement cognitif de l’enfant selon la théorie de Piaget

Piaget propose quatre stades de développement de l’enfant  :

1- Le stade sensorimoteur (enfants de 0-2 ans)

2- Le stade préopératoire (enfants de 2-7 ans)

3- Le stade opérations concrètes (enfants de 7-11 ans)

4- Le stade opérations formelles (enfants et adolescents de 11 ans jusqu’à approximativement 19 ans).

 

1- Développement chez l’enfant : Stade sensorimoteur (enfants de 0-2 ans)

Ce stade de développement chez l’enfant se caractérise par la compréhension que l’enfant a du monde, coordonnant les expériences sensorielles avec les actions physiques. À ce stade, le développement avance en partant des réflexes innées.

  • Il est connu qu’à cet âge, l’enfant préfère les stimulations colorées, qui brillent et qui bougent.
  • L’enfant construit ses schémas en essayant de répéter un événement avec son propre corps, par exemple, faire du bruit en tapant sur un jouet, jeter un objet, tirer la couverture pour attraper un objet qui se trouve sur celle-ci, etc… À cet âge, les enfants répètent des actions au hasard, en expérimentant à travers de leur propre corps.
  • Premier contact du bébé avec le langage : la première fois qu’un bébé entre en contact avec le langage est dans le ventre de sa maman, pendant les mois de gestations, lorsqu’il entend et se familiarise avec la voix de ses parents. Les recherches démontrent que lors des premiers jours de vie, les bébés préfèrent le sons d’une voix humaine à n’importe quel autre son. Il est surprenant de constater à quel point ils sont déjà habitué au langage, du fait que dès sa naissance, le bébé a la capacité exceptionnelle de distinguer le bruit du langage. De plus, des investigations de Casper et Spence démontrent comment les enfants se sentent particulièrement attirés par le son de la voix de leur maman, qu’ils reconnaissent plus vite encore que la voix d’un inconnu.
  • Comment communiquent les enfants de 0 à 2 ans ? À la naissance, la meilleure façon de communiquer d’un bébé est de pleurer, car celui-ci ne peut pas émettre d’autres sons (n’étant physiquement pas préparé à le faire). Pendant les premiers mois, tout ne sera que gestes pré-linguistiques, entre sourire et grimace, qui seront utilisés de façon involontaire, et qui seront utilisés par la suite de manière intentionnelle quand ils apprendront à les utiliser comme moyen de communication. Dans tous les cas, les parents interprètent les rires et les pleurs du bébé, ainsi qu’il existe déjà une première forme de communication non-intentionnelle de la part du bébé. Ensuite arriveront les premiers balbutiements vers les 6 mois environ. Les premières émissions de mots arrivent autour des 12 mois. À noter également que contrairement à certaines idées reçues, le bilinguisme dans l’enfance ne retarde pas l’acquisition du langage dans l’enfance.

2- Développement chez l’enfant : stade préopératoire /enfants de 2-7 ans)

Deux ans, c’est l’âge de ce que l’on appelle le terrible two, ou crise des deux ans. C’est aussi à cet âge que débute le deuxième stade de développement de la théorie de Piaget. À partir des 3 ans un événement important se produit dans la vie d’un enfant : la scolarisation (éducation infantile). Celle-ci comprend un aspect social très important.

  • L’enfant commence à entrer en relation avec les autres enfants de son âge, alors que jusque-là, ses relations étaient uniquement avec les autres membres de la famille.
  • Comment communiquent les enfants de 2 à 7 ans ? Bien qu’entre 3 et 7 ans se produit une énorme augmentation du vocabulaire, les enfants durant la petite enfance pensent de manière égocentrique, ce qui veut dire que l’enfant pense en accord avec ses expériences individuelles, ce qui fait que leurs pensées sont encore assez statiques, intuitifs et qu’elles manquent de logique. C’est pour cela qu’il est assez fréquent qu’un enfant de 6 ans commette des erreurs que cela soit pour interpréter un événement ou pour l’exprimer.
  • Parler à la troisième personne en se référant à soi-même est tout à fait normal à cet âge car l’enfant ne comprend pas encore très bien le concept du “moi” qui le sépare du reste du monde.
  • Entre 2 et 7 ans les enfants sont très curieux et ont une grande envie de découvrir et d’acquérir des connaissances, ils demanderont ainsi à leurs parents “pourquoi ?” à propos de presque tout.
  • Dans ce stade les enfants attribuent leurs sentiments ou leurs pensées humaines aux objets. Ce phénomène est connu comme l’animisme.

La pensée “égocentrique” selon la théorie de Piaget : Pourquoi les enfants ne sont-ils pas capables de se mettre à la place des autres pendant ce stade de leur développement ? Cela peut être mis en relation avec “la théorie de l’esprit” qui fait référence à la capacité de se mettre dans la tête d’une autre personne, c’est à dire la capacité de se mettre à la place d’autrui. Les enfants ne développent pas cette habileté cognitive avant les 4 ou 5 ans. C’est pour cela qu’un enfant pense que “les autres voient et pensent comme lui”. Cette théorie nous aide à expliquer pourquoi les enfants ne savent pas mentir ni utiliser l’ironie jusqu’à l’âge de 5 ans.

Chacune de ces limitations du stade préopératoire sera dépassée après les 6 ou 7 ans lors du prochain stade de développement cognitif et ira en se consolidant jusqu’à 14 ou 15 ans.

3- Développement chez l’enfant : stade des opérations concrètes (enfants de 7-11 ans)

Dans cet avant-dernier stade de la théorie de Piaget, les enfants commencent à utiliser une pensée logique seulement en situations concrètes. Dans ce stade les enfants sont capables de réaliser des tâches d’un niveau plus complexe en utilisant la logique, comme par exemple pour réaliser des opérations mathématiques. Par contre, bien qu’ils aient beaucoup progressé par rapport à leur période prélogique, dans ce stade du développement cognitif ils ne peuvent appliquer la logique qu’avec certaines limitations : l’ici et le maintenant leur parait plus facile. Ils ne sont pas encore capables d’utiliser la pensée abstraite, c’est à dire qu’appliquer leurs connaissances sur un thème qu’ils ne connaissent pas leur est encore compliqué.

4- Développement chez l’enfant : stade des opérations formelles (enfants et adolescents de 11 ans et plus)

  • Ce dernier stade se caractérise déjà par l’acquisition du raisonnement logique en toute circonstances, en incluant le raisonnement abstrait.
  • La nouveauté de ce dernier stade en relation avec l’intelligence de l’enfant est, comme le signale Piaget, la possibilité qu’ils ont désormais de produire des hypothèses sur un sujet qu’ils ne connaissent pas de manière concrète.
  • Ici commence à s’établir l’apprentissage comme un “tout”, et non par étapes comme dans les stades précédents.
Stade de développement infantile de la théorie de Piaget

Retard dans le développement de mon enfant, devez-vous vous préoccuper ?

  • Dans un premier temps, patience, il est vrai qu’il y a des périodes sensibles pour l’acquisition du langage, tout comme pour d’autres habiletés (motrices, cognitives, de lecture, etc…). Mais selon la théorie de Piaget, il ne faut pas oublier que tout est un processus continu, qui avance peu à peu et que n’importe quel enfant peut tarder un peu plus pour apprendre quelque chose, ou être un peu plus prématuré. Bien que cela ne soit qu’un résumé de la théorie de Piaget et de ses différents stades de développement de l’enfant, il faut dire que ces données sont approximatives par rapport à l’âge, afin de nous faire une idée. Parfois certains enfants tardent un peu plus pour acquérir une habileté et ensuite se développent sans aucune difficulté.
  • Dans d’autres occasions, par exemple au moment de la scolarisation, si après qu’un bon moment ai passé l’enfant a toujours des problèmes dans sa communication avec les autres, et que cela se traduit par le fait qu’il ait des difficultés pour jouer avec eux, pour apprendre à évoluer, pour acquérir de nouvelles connaissances, ou qu’il fait les choses d’une manière vraiment très différentes des autres enfants, il est conseillé de l’emmener voir un spécialiste (un psychologue à l’école ou en dehors, et un pédiatre afin qu’il puisse vous orienter).
  • Finalement, si l’enfant n’a aucun problème ni pathologie et qu’il tarde tout de même plus que les autres dans certains domaines, il faudra alors le stimuler à la maison et à l’école avec l’aide dont vous aurez besoin. Découvrez comment prendre soin du cerveau d’un enfant. Mais cela ne doit surtout pas vous faire paniquer si votre enfant tarde un peu plus, ou a des difficultés passagères à un moment ou à un autre, ou si son développement ne correspond pas exactement avec celui de la théorie de Piaget. Cela ne veut pas dire que plus tard votre enfant aura des problèmes pour développer ses habiletés cognitives, avec de l’aide et les efforts nécessaires, tout est possible.
  • Rappelez-vous qu’un enfant de 3 ans ne sait pas mentir (à partir de là, on peut dire que les enfants disent toujours la vérité), celui-ci ne peut que nous donner un petit bout de sa manière de voir le monde, de son propre point de vue. Ainsi, il faut essayer de comprendre que ce ne sont pas des adultes, qu’ils sont en train d’apprendre et de se développer dans un monde dans lequel ils deviennent de plus en plus indépendants, et que depuis leur naissance ils avancent à pas de géants et passent chaque étape pour apprendre quelque chose de nouveau, et que nous les adultes, nous devons apprendre le plus possible sur leur monde afin de les aider à avancer et à surpasser tous les obstacles.

La théorie de Piaget, en plus d’expliquer les différents stades du développement de l’enfant d’une manière très complète, décrit également la magie des enfants, avec leur pensée égocentrique, leur curiosité pour le monde qui les entoure et leur innocence, et cela nous donne à réfléchir au fait que c’est nous les adultes qui devons apprendre à comprendre les enfants, à les soutenir, à les stimuler, à développer leur créativité et leur imagination et à profiter d’eux à chaque étape de leur développement.

“Source : Eva Ródriguez Weisz, psychologue de CogniFit en formation continue, spécialisée en thérapie familial.”

Jeux de concentration mentale : 10 exercices indispensables pour votre quotidien

Avez-vous des problèmes pour vous concentrer sur votre travail ou sur vos études ? Vous n’arrivez pas à rester concentré pendant un long moment, sentez-vous que vous vous distrayez facilement ? Découvrez ces 10 jeux de concentration mentale pour petits et grands qui vous aideront à augmenter votre capacité cognitive ! La concentration est un élément indispensable lorsque l’on veut définir nos buts, planifier efficacement et atteindre nos objectifs choisis. 

Jeux de concentration mentale

Sans capacité de concentration, nous sommes comme un bateau sans gouvernail, à la dérive. Dans cet article, la neuropsychologue Cristina Martínez de Toda vous propose des exercices très efficaces et très simples à réaliser. Découvrez des jeux et des techniques très intéressantes qui vous permettront d’améliorer votre concentration, ainsi que vous n’avez pas d’excuse pour ne pas commencer à entraîner votre cerveau.

“La concentration est la racine de toutes les capacités de l’homme”. Bruce Lee

Comment devenir plus intelligent ? La capacité de concentration est clé pour l’être humain. Cette habileté peut être définie comme le processus psychique qui nous permet de centrer les ressources de notre esprit sur un but unique ou une tâche qui est réalisée à un moment déterminé.

La concentration nous permet de fixer nos pensées sur une seule activité, en laissant de côté toute distraction qui pourrait interférer sur notre attention, qui est centrée sur l’objectif à atteindre.

Actuellement on nous demande de traiter toujours plus d’informations et toujours plus vite. Pour pouvoir survivre à cette montagne d’informations, il est vital que nous ayons la capacité cognitive de sélectionner et de différencier ce qui est important de ce qui ne l’est pas, et que nous puissions centrer et focaliser notre attention uniquement sur ce que l’on choisit.

La concentration est une habileté cognitive qui nécessite un raisonnement pour se développer, et de l’attention pour centrer toutes nos ressources sur notre but ou sur notre activité du moment.

“Rien n’altère ma concentration. Vous pourriez faire une orgie dans mon bureau sans que je ne jette un coup d’œil. Bon, peut-être juste un seul.” Isaac Asimov

Si vous avez des difficultés pour vous concentrer sur votre travail ou sur vos études, voici une bonne nouvelle pour vous ! La capacité de concentration mentale peut être améliorée. Avec l’entraînement adéquat, et grâce à la plasticité cérébrale, vous pourrez augmenter de manière notable et durable votre capacité de concentration mentale en pratiquant les jeux qui vous sont proposés dans cet article. N’hésitez pas, essayer les jeux de concentration que nous vous proposons plus bas et vous verrez comment augmentera votre concentration mentale et comment disparaîtront vos problèmes de concentration !

  • Le premier bienfait que vous remarquerez en pratiquant ces jeux de concentration sera une augmentation de votre efficacité. Vous serez capable de réaliser vos tâches plus efficacement, en économisant du temps et sans gâcher des ressources cognitives qui ne sont pas nécessaires.
  • Un autre bienfait significatif de ces jeux pour augmenter votre capacité de concentration est que cela vous permet de réduire votre fatigue mentale. Bien que cela paraisse paradoxal, quand vous réalisé une tâche de concentration mentale vous la réaliserez sainement, sans vous épuiser en prêtant attention à d’autres demandes ou situations autour de vous (multitasking) qui vous faisait auparavant perdre votre concentration
  • De plus, une bonne concentration mentale vous aidera à vivre le présent d’une manière plus enrichissante. Vous serez conscient de l’ici et du maintenant, car vous apprendrez à prêter une attention plus consciente du moment présent.
Les bienfaits d’une bonne capacité de concentration : vivre l’ici et le maintenant

10 Jeux de concentration mentale

1- Jeux de concentration mentale : le verre d’eau

Prenez un verre transparent et remplissez-le d’eau jusqu’à la moitié. Ensuite, prenez le verre avec la main que vous voulez et étirez votre bras jusqu’à la hauteur de vos yeux. L’objectif est de maintenir fixe et immobile le contenu du verre, pendant au moins 3 minutes.

2- Jeux de concentration mentale : le mur blanc

Visualisez dans votre esprit un mur et peignez-le en blanc de la manière que vous souhaitez, avec un rouleau, avec un pinceau ou avec un spray. Quand le mur est complètement blanc, dessinez au milieu le numéro 100 en grand. Effacez-le de la manière que vous voulez et écrivez le numéro 99, et comme cela en ordre décroissant jusqu’à 0. Au début, vous arriverez à écrire peu de numéro avant de vous déconcentrer, mais peu à peu, avec la pratique, vous serez capable de faire cet exercice du début à la fin sans vous déconcentrer. Nous vous recommandons ce jeu avant d’aller dormir. Si vous avez beaucoup de pensées satellites qui vous préoccupe, c’est le jeu idéal afin de centrer votre attention uniquement sur votre mur blanc

3- Jeux de concentration mentale : la promenade des arômes

Choisissez un parc ou un chemin qui vous plait particulièrement et allez vous y promener. Pendant que vous marchez, prêtez attention aux odeurs et aux arômes que vous rencontrez le long du chemin. Concentrez-vous sur une odeur en particulier et laissez celle-ci vous envahir. Vous verrez comme cette odeur va en s’intensifiant au fur et à mesure que vote concentration sur celle-ci augmente.

4- Jeux de concentration mentale : la bougie

Asseyez-vous par terre, si possible avec les jambes croisées devant vous et le dos droit. Si cette position s’avère être trop incommodante pour vous, choisissez-en une autre, mais toujours assis par terre et avec le dos droit. Ensuite allumez une bougie devant vous. Le but de ce jeu est de rester le plus immobile possible. Concentrez-vous sur les mouvements de la bougie et maintenez votre position le plus longtemps possible, sans que la bougie ne s’éteigne. Cela n’est pas aussi facile que ça en à l’air. Au début vous ne tiendrez pas longtemps, mais avec un peu de pratique vous arriverez à rester complètement immobile pour au moins dix minutes.

Jeux de concentration mentale : la bougie

5- Jeux de concentration mentale : la technique des deux minutes

Vous aurez besoin d’une montre à aiguilles qui marque les secondes. Le jeu consiste à fixer votre attention sur l’aiguille des secondes exclusivement, en suivant du regard son parcours autour du cadran de votre montre. Vous devez réussir à faire le tour du cadran deux fois, c’est à dire deux minutes.

6- Jeux de concentration mentale : le jeu de la boîte et du citron

Cet exercice est habituellement utilisé pour préparer les sportifs et les aider à se concentrer avant une compétition, mais vous pouvez également en bénéficier. Le jeu consiste à visualiser une boîte de carton, simple et vide, ouverte sur le haut. Ensuite vous devez visualiser un citron. Concentrez-vous sur sa taille, son arôme, la texture de sa peau, sa symétrie…

Mentalement, et sans utiliser vos mains ou quelconque objet dans votre esprit, mettez le citron dans la boîte en carton. Cela paraît très facile, mais le réaliser avec une attention pleine demande une habileté de concentration élevée. C’est un exercice excellent pour travailler et améliorer votre concentration mentale.

7- Jeux de concentration mentale : coloriez des Mandalas

Les Mandalas sont des représentations du macro-cosmos. Son origine est indienne et signifie “roue” ou “cercle”. La tradition bouddhiste l’utilise pour la méditation. Ne vous préoccupez pas si vous n’êtes pas très doué pour les réaliser, il existe une multitude de cahier ou de livres remplis de ceux-ci, et vous pouvez également trouver des jolis dessins prêts pour être coloriés directement et gratuitement sur internet.

L’important, c’est que lorsque vous coloriez un Mandala, vous vous concentriez exclusivement sur lui. Choisissez les couleurs, en écoutant votre corps afin de savoir comment vous souhaitez le faire et laissez-vous emporter. Libérez dix minutes par jour pour continuer votre Mandala.

En plus de vous relaxer et d’améliorer votre concentration, c’est une activité excellente pour votre cerveau et votre créativité.

Coloriez des Mandalas

8- Jeux concentration mentale : la figure géométrique

Cherchez un moment où vous êtes complètement détendu, et pensez en une figure géométrique. Que cela soit un carré, un cercle ou un triangle n’importe pas. Concentrez-vous uniquement sur votre représentation géométrique. Quand cette image est bien fixée dans votre esprit, commencez par y ajouter quelque chose, par exemple une couleur. Remplissez-la mentalement et quand cela est terminé, ajoutez-y plus de caractéristiques. Vous pouvez jouer avec la taille, le volume, la densité (il peut flotter ou être très lourd).

Ce jeu, en plus d’augmenter votre concentration mentale, est un allié parfait pour développer votre imagination. Jouez et créez ce que vous voulez grâce à votre esprit.

9- Jeux de concentration mentale : faites des sudokus

Le calcul mental est l’une des activités cognitives qui fortifient le plus notre concentration. De nos jours nous avons tous une calculatrice sous la main pour réaliser les opérations mathématiques à notre place. Utiliser la technologie nous rend la vie plus facile, mais cela nous rend également plus feignants et plus distraits. Il est important d’essayer de manier les numéros mentalement, par nous-mêmes. Et pour cela, les sudokus peuvent nous être d’une grande aide. Si ce jeu japonais ne vous est pas familier, commencez par le niveau débutant. L’objectif n’est pas de réaliser le plus compliqué possible, mais que vous choisissiez le niveau adéquat afin d’avoir un défi mental, et d’aller en augmentant progressivement de niveau. Vous pouvez téléchargez des pages entières de ce jeu sur internet gratuitement et de tous les niveaux.

10- Jeux de concentration pour enfants et pour adultes : entraînez votre cerveau grâce à CogniFit

CogniFit est le programme leader en évaluation cognitive et en stimulation cérébrale. Ce programme est validé par la communauté scientifique et est utilisé par les écoles, les universités et les hôpitaux du monde entier. CogniFit permet de mesurer et d’entraîner, d’une manière professionnelle et fiable, la capacité de concentration, le niveau d’attention et beaucoup d’autres habiletés cognitives fondamentales.

Les jeux cliniques qui servent à mesurer et à améliorer la concentration mentale ont été créés par une équipe de neurologues et de psychologues cognitifs qui ont étudié la cognition et les processus de plasticité cérébrale. Certaines fonctions cognitives impliquées dans notre concentration sont le contrôle inhibitoire, la concentration, la planification, l’attention partagée, l’actualisation, etc..

Grâce aux différents jeux mentaux, Cognifit évalue les faiblesses et les forces cognitives de la personne et lui propose automatiquement un programme d’entraînement personnalisé qui lui permettront d’améliorer sa capacité de concentration, et d’autres nécessités cognitives, que cela soit pour un enfant ou pour un adulte.

Il vous suffit de vous inscrire ! Tous les jeux de concentration sont basés sur des études cliniques et analysés par des professionnels de la stimulation et de la réhabilitation neuropsychologique.

Après avoir réalisé les jeux de concentration, CogniFit vous montrera un graphique de vos résultats et de votre évolution. Vous ne pourrez pas seulement entraîner et augmenter votre capacité de concentration, mais également beaucoup d’autres capacités cognitives, comme la mémoire, la perception, la coordination, le raisonnement, etc…

Inscrivez-vous et lancez-vous dans le défi de CogniFit !

On dit que dans une journée autour de 30’000 pensées inondent votre tête, et chacune de ces pensées produit une énergie… Imaginez que vous puissiez concentrer toute cette énergie sur une seule pensée..!

En plus, nous vous encourageons à lire l’article intitulé : Gymnastique cérébrale : 17 activités qui vous aideront à maintenir votre cerveau en bonne santé plus longtemps.

Merci beaucoup de nous avoir lu, nous espérons que cet article vous aura plus et surtout qu’il vous aura permit d’augmenter votre capacité de concentration. N’hésitez pas à laisser vos commentaires et vos questions sur le sujet plus bas, nous serons enchantés d’y répondre. 🙂

“Source : Cristina Martinez de Toda, psychologue de Cognifit spécialisée en neuropsychologie et en neuroscience appliquée à l’éducation.”

Mémoriser des informations n’est pas apprendre !

Vous avez certainement déjà dû apprendre la liste des capitales du monde ou une liste de vocabulaire d’une langue étrangère par cœur. Pour donner les réponse le jour d’un examen, la méthode de l’apprentissage “par cœur” peut fonctionner, mais pour apprendre sur le long terme, elle est inefficace… C’est le moment d’utiliser la neuroscience dans notre approche de l’éducation et de l’enseignement et de trouver des alternatives aux méthodes traditionnelles d’éducation. Grâce aux nouvelles connaissances sur les processus cognitifs des étudiants, de meilleures stratégies d’apprentissage sont possibles !

La neuroscience peut nous apporter des alternatives aux méthodes traditionnelles d’éducation

Il est nécessaire que l’éducation fasse face aux défis de notre temps. Il faut aborder la diversité dans les salles de classe car chaque cerveau et chaque élève est différent, unique et singulier. Bien qu’il existe des étapes de développement similaires, les rythmes d’apprentissage de chacun sont différents. Il y a beaucoup de facteurs qui déterminent comment apprend notre cerveau.

Depuis notre naissance nous sommes programmés pour apprendre et mémoriser (comment mémoriser plus vite). La dopamine, et son système de récompense dans notre cerveau, nous “récompense” lorsque nous cherchons une réponse à une énigme qui nous est inconnue. la curiosité est un type de motivation qui encourage l’apprentissage.

La neuroéducation est la science qui développe de nouvelles stratégies et de nouvelles technologies d’apprentissage basées sur le fonctionnement du cerveau. Des outils dirigés aux parents et aux enseignants enthousiastes, qui désirent connaitre comment les différents facteurs comme les émotions, la mémoire, l’attention ou les fonctions exécutive influence l’apprentissage. Mieux connaitre les processus cognitifs des étudiants est fondamental pour favoriser les stratégies et les méthodologies qui leur permettent d’augmenter leur qualité individuellement.

Comment mieux apprendre ?

C’est le moment d’utiliser la science dans les salles de classe. Les enseignants sont des éléments didactiques très important dans l’apprentissage. Nous avons besoin d’écoles enthousiastes et innovatrices qui ont envie d’améliorer leur processus éducatif, qui veulent connaitre et en savoir plus sur les manières d’utiliser les nouveaux outils qui permettent de motiver les élèves, et d’intégrer les émotions, la surprise, la motivation et les processus cognitifs à l’apprentissage.

Beaucoup d’école ont déjà commencée à implanter des nouvelles technologies de neuroéducation à leur processus de formation. Pour cela, CogniFit est le programme le plus innovateur et le plus utilisé. Cette ressources scientifique qui permet d’optimiser les processus d’enseignement a été créé pour les éducateurs et les enseignants et s’avère très efficace pour exploiter les processus cognitifs impliqués dans l’apprentissage.

L’outil de neuroéducation de CogniFit permet d’évaluer de multiples fonctions cognitives. Cette information peut aider le professeur à identifier certaines des causes neurologiques liées à l’échec scolaire. De plus, grâce à l’entraînement cognitif personnalisée proposé par CogniFit, les enfants peuvent effectuer sur internet des tâches qui leur permettent d’améliorer leurs fonctions cognitives, comme la mémoire, les fonctions exécutives, l’attention, la concentration, la planification, qui sont des fonctions fondamentales dans l’apprentissage.

CogniFit permet d’évaluer de multiples fonctions cognitives

La littérature scientifique a démontré que les jeux permettent d’activer l’hippocampe, le système limbique et les régions du système de récompense du cerveau. Cela aide les élèves à être plus motivés et concentrés dans leur apprentissage.

Le problème est que la méthode d’enseignement traditionnelle est trop simple : le professeur explique la leçon et les élèves, assis et inactifs, écoutent passivement. Cette stratégie peut fonctionner pour certaines situations ou certaines matières à étudier, cependant, il ne s’agit pas d’un modèle qui encourage l’apprentissage. Pour que les élèves prêtent attention, il ne suffit généralement pas de leurs demander, il faut attirer leur attention.

Préparer des jeux à partir d’une unité didactique, connaitre les forces et les faiblesses cognitives de chaque élève, et associer l’apprentissage à des situations réelles demande plus d’effort et de ressource. C’est la pourtant que réside la clé pour obtenir un meilleur apprentissage et une meilleure éducation.

Afin qu’ils puissent apprendre, il est nécessaire de motiver les élèves, d’éveiller leur curiosité et de les sortir de la monotonie. On ne prête attention que lorsque quelque chose nous “active”, quelque chose qui nous intéresse et nous sort de la routine. Les émotions allument nos processus de mémoire et d’apprentissage, et nous permettent de mieux emmagasiner et retenir les informations.

Il faut que nous cassions les schémas de notre éducation traditionnelle, et utiliser des méthodes en nous basant sur le système de “récompense” plus que sur les punitions !

Merci beaucoup de nous avoir lu, nous espérons que cet article vous aura plus et surtout qu’il vous aura été utile. N’hésitez pas à laisser vos commentaires et vos questions sur le sujet plus bas, nous serons enchantés d’y répondre. 🙂

 

“Source : Estefanía Egea, psychologue de CogniFit spécialisée en neuropsychologie et en stimulation cognitive.”

Qu’est-ce que la dopamine et à quoi sert-elle ? Questions/Réponses

Qu’est-ce que la dopamine ? Vous en avez certainement tous déjà entendu parler, en tant qu’hormone du bonheur ou du plaisir, ou encore celle responsable des addictions… Mais si nous laissons de côté les mythes et les légendes, que savons-nous réellement de la dopamine ? Dans cet article nous répondons aux questions que vous vous êtes peut-être déjà posées, et qui vous aideront à savoir ce que c’est la dopamine et à quoi elle sert.

Qu’est-ce que la dopamine et à quoi sert-elle ?

Qu’est-ce que la dopamine et à quoi sert-elle ?

La dopamine est une hormone et un neurotransmetteur en relation avec les systèmes du plaisir et de récompense du cerveau. Bien que qu’au départ on pensait qu’elle était en relation avec le plaisir consommé (apprécier), ces derniers temps on a découvert qu’elle est en fait plus associée au désir anticipé et à la motivation (vouloir).

La dopamine a de nombreuses fonctions. C’est la principale responsable des sensations agréables, de notre motivation et de notre curiosité pour les choses, mais avant tout elle est impliquée dans la coordination des mouvements, la prise de décision, la régulation de l’apprentissage et celle de la mémoire.

Que sont les systèmes du plaisir et de récompense cérébrale et quelles relations ont-ils avec l’apprentissage ?

La dopamine est impliquée dans l’activation des systèmes de récompenses cérébrales, surtout du noyau accumbens. Ce noyau est une structure clé dans le déploiement de conduites face aux stimuli chargés émotionnellement, autant positivement que négativement, et est considéré comme le principal centre du plaisir du cerveau. Le noyau accumbens communique avec les autres centres cérébraux associés aux émotions (amygdales et hypothalamus) comme la déclarative et la procédurale (hippocampe), avec l’aire tegmentale ventral, la substance noire et les aires préfrontales du cortex préfrontale (associés à la conduite et aux informations motrices).

La présence de dopamine facilite la montée en puissance sur le long terme de ses conduites et est donc clé pour l’apprentissage. C’est à dire que la dopamine renforce ces connections neuronales (en les améliorant et en les rendant plus rapides), et nous aide à apprendre ce que nous devons faire et ne pas faire. Mais, qu’est-ce qui fait qu’une stimulation s’enchaîne dans une réaction neurochimique : stimulation de la production de dopamine, activation du noyau accumbens et des autres systèmes du plaisir et de récompense ? Il semblerait que les stimulations qu nous motivent le plus sont celles qui sont nouvelles, c’est à dire de celles dont nous savons peu de choses et qui souvent sont inattendues.

Pourquoi la dopamine nous aide à nous souvenir d’informations ?

Comme nous l’avons déjà dit, la dopamine renforce les connections entre le noyau accumbens et les aires associées à la mémoire comme l’hippocampe ou les amygdales. Il est même démontré que l’apprentissage avec un composant émotionnelle dure plus longtemps, et la dopamine joue un rôle important dans ce processus.

Quelle est la relation entre la dopamine et la curiosité ?

La curiosité est un type de motivation intrinsèque que nous pousse à chercher des réponses aux énigmes ou aux choses que nous ne savons pas. La curiosité est l’aspect émotionnel qui nous motive à l’exploration, l’investigation et l’apprentissage, et elle peut être considérée comme un mécanisme de subsitance.

Ces deux aspects semblent également être en relation avec la curiosité. Normalement nous ressentons de la curiosité pour les choses que nous ne connaissons pas et qui sorte de nos schémas habituels. De plus, la curiosité est un genre de motivation, dans le sens qu’elle est régulée par la dopamine (comme la motivation extrinsèque). Les récents travaux de Grubber sur la curiosité et la mémoire ont démontrés que dans la curiosité interviennent les connections et structures impliquées dans les mécanismes de récompense comme le système dopaminergique et l’activation du noyau accumbens. Les personnes se souviennent mieux des informations pour lesquelles ils ressentent de la curiosité, même dans le cas où ces informations ne seraient pas utiles.

Quelle est la relation entre la dopamine et la curiosité ?

Que se passe-t-il si vous manquez ou si vous avez trop de dopamine ?

Il existe des maladies qui se soignent assez facilement qui entrainent un manque ou un excès de dopamine :

Quand nous manquons de dopamine nous pouvons nous sentir démotivés, ennuyés, déprimés ou même angoissés. Il est également possible que nous arrivions à ressentir de l’anhédonie, c’est à dire qu’il nous est très compliquer de ressentir du plaisir. Les maladies qui sont caractérisés par de bas taux de dopamine sont la dépression, la phobie sociale, le TDAH (trouble de déficit de l’attention et hyperactivité) et la maladie de Parkinson.

Les stimulations agréables provoquent une décharge de dopamine dans le cerveau qui nous fait nous sentir heureux et satisfaits. Toutefois, un excès de dopamine est mis en relation avec les addictions, car la consommation de drogues, d’alcool ou de nicotine active les centres de récompense du cerveau et produit une forte décharge de dopamine dans le cerveau. L’excès de dopamine a également été mis en relation avec des maladies mentales tel que la schizophrénie ou les troubles bipolaires.

Donc, la dopamine peut nous mener droit à l’addiction ?

Malgré la mauvaise réputation de la dopamine en raison de sa relation avec les addictions (car celle-ci est libérée quand nous consommons de l’alcool, du tabac ou des drogues), la dopamine ne vous mènera pas à l’addiction.

Par exemple, il serait difficile d’être accro à la curiosité. Pourtant quand nous ressentons de la curiosité, le cerveau libère une dose de dopamine. Le corps peut cependant éliminer assez facilement la dopamine excessive et maintenir un équilibre. Le problème avec les drogues comme la cocaïne ou les amphétamines, c’est qu’en plus de stimuler la production de dopamine, elles inhibent sa re-captation ou son élimination. C’est à dire que nous accumulons beaucoup de dopamine dans l’espace synaptique (plus de 150%) et pendant beaucoup de temps. Cette accumulation fait que de nouveau récepteurs ce créer pour recevoir la dopamine. Avoir plus de récepteurs de dopamine implique que nous aurons besoins de plus de dopamine (ce qui sera impossible d’obtenir de façon naturelle), et nous aurons donc besoin de consommer de la drogue à nouveau.

La dopamine sert à maintenir la motivation et favorise l’apprentissage. De plus, elle nous permet de tomber amoureux, de ressentir des émotions et d’apprécier un joli coucher de soleil ou de voir passer une voiture qui nous plait. Les petits plaisirs de la vie se manifestent grâce à la dopamine, qui souhaiterai y renoncer ? La dopamine n’est pas mauvaise en soi, mais comme pour tout, un équilibre est nécessaire. Nous ne pouvons simplement pas toujours être “au top”, avec un niveau de dopamine élevé, car sinon, cela finirait en addiction. Toutefois, la dopamine seule ne provoque pas d’addiction, ce sont les stimulations ou les substances qui l’augmente de manière naturelle ou non qui provoquent une addiction.

Le bonheur que nous ressentons est-il réel ou n’est-ce qu’une illusion ?

Quand le cerveau libère de la dopamine en réponse à une stimulation naturelle, le bonheur que nous ressentons est réel. Par contre, quand cette stimulation est due à une substance artificielle, le bonheur ressentit n’est alors qu’une illusion, créer artificiellement.

Pour que nous ressentions une sensation de bonheur, d’autres hormones que la dopamine interviennent, comme la sérotonine ou l’endorphine. La dopamine est simplement celle qui est les plus en relation avec cette sensation de plaisir et avec la motivation pour le rechercher. La sérotonine est considérée comme l’hormone du plaisir et de l’humour, alors que l’endorphine augmente notre sensation de bienêtre et améliore notre humeur, produisant ainsi du bonheur.

 “Source : Andrea Garcia Cerdán, psychologue de Cognifit en formation continue.”

Tout sur la sérotonine : qu’est-ce, à quoi sert-elle et d’où vient-elle ?

Qu’est-ce que la sérotonine ? Cette substance chimique produite par le corps humain est considérée comme responsable de notre bonheur et de notre moral. Des taux de sérotonine trop bas peuvent conduire à la dépression. Découvrez tout sur cette substance : ses fonctions, les troubles auxquels elle est associée et la façon d’augmenter de manière naturelle vos taux de sérotonine.

Qu’est-ce que la sérotonine? Photo by Nighia Le, Unsplash.com

Qu’est-ce que la sérotonine ?

La sérotonine est un neurotransmetteur, c’est à dire une substance qui aide à transmettre des signaux chimiques d’une zone à l’autre du cerveau. Notre organisme compte plusieurs  types de neurotransmetteurs dont les fonctions diffèrent. La sérotonine, aussi appelée hormone du bonheur, est généralement associée à la régulation du moral. Nous le verrons au cours de cet article, sa fonction est assez complexe. Nos taux de sérotonine ont une influence directe sur notre bien-être et notre bonheur.

Comment la sérotonine est-elle produite ? Cette substance est générée par notre corps lors d’un processus biochimique de conversion unique. Les cellules chargées de sa production utilisent une enzyme nommée tryptophane hydroxylase. Le tryptophane combiné avec cette enzyme forme le 5-hydroxytryptophane, également connue sous le nom de sérotonine.

Quelles sont les fonctions de la sérotonine ?

Parmi nos 40 millions de cellules cérébrales, un grand nombre est directement ou indirectement influencé par la sérotonine.

La sérotonine est impliquée dans plusieurs processus liés à la santé : le contrôle de l’appétit et du sommeil, la régulation du moral, l’excitation sexuelle, le contrôle de la douleur, etc…

  • Régulation du moral : Un déséquilibre dans la production de sérotonine peut avoir des effets négatifs sur notre bien-être. De bas taux de sérotonine nous rendent plus colériques, irrascibles, impulsifs, etc. Les personnes qui souffrent de dépression ont tendance à présenter de bas taux de sérotonine. On pense également que la mauvaise humeur de certaines personnes au lever est due à de faibles taux de sérotonine au réveil.
  • Contrôle de l’appétit : si les taux de sérotonine sont normaux, nous ressentons une sensation de satiété et cessons de manger. Au contraire, lorsque les taux de sérotonine sont trop bas, nous ressentons la besoin de manger des hydrates de carbone et autres aliments caloriques. De hauts taux de sérotonine peuvent favoriser l’apparition de diarhée alors qu’un déficit en sérotonine favorise la constipation.
  • Régulation du sommeil : Au cours de la journée, les taux de sérotonine fluctuent en fonction de notre horloge interne et des courbes de notre rythme circadien. Ainsi, les taux de 5-HT (les récepteurs de sérotonine) tendent à atteindre leur maximum durant les périodes ensoleillées de la journée et à diminuer durant le sommeil profond. L’idéal est un équilibre entre ces taux, sinon cela risque de favoriser les troubles du sommeil ou l’insomnie.
  • Régulation du désir sexuel : Le désir sexuel est proportionnellement lié au taux de sérotonine. Des taux élevés de cette substance sont associés à une baisse de la libido et du désir sexuel. À l’inverse, de faibles taux de sérotonine sont associés à une recherche de la satisfaction du désir sexuel. Après un orgasme ou après l’éjaculation, la quantité de sérotonine augmente considérablement dans le cerveau et provoque un état de plaisir et de tranquilité. De la même façon, des taux de sérotonine excessivement élevés sont associés à une baisse de la libido, moins de relations sexuelles, mais une meilleure connexion émotionnelle avec son partenaire.
  • Contrôle de la douleur : Le cerveau utilise cette substance pour transmettre les signaux de douleur chronique aux nerfs locaux. Lorsque l’on se fait mal, de la sérotonine se libère et produit dans notre cerveau un signal de douleur léger et transitoire qui active les neurones correspondantes. Cette substance est également impliquée dans le signal neuronal de la douleur et intervient aussi dans les douleurs chroniques. la douleur est en intimement lié à la sérotonine. La sérotonine produit de l’hyperalgie, qui est une sensation de douleur très forte, et intervient également dans le cadre de douleurs chroniques.
  • Contrôle de notre température corporelle : Une autre des fonctions de la sérotonine est la régulation thermique. Dans l’homéostasie, le rôle de la sérotonine est important.
  • Réduction de l’agressivité : Une autre fonction de la sérotonine est la stabilisation de notre état émotionnel face à des situations de tension. Cette substance aide à inhiber l’impulsivité, les comportements violents et l’agressivité. Les personnes ayant des comportements agressifs ou violents peuvent présenter de bas taux de sérotonine.

Lien entre sérotonine et maladie mentale

La sérotonine est également appelée “l’hormone du bonheur” en référence à ses effets positifs sur le bien-être, le moral, la relaxation et la concentration. Les altérations de ses taux affectent notre santé mentale de différentes façons. De nombreux traitement pharmacologiques interagissent avec la sérotonine dans le cadre de traitements de troubles mentaux comme : la dépression, la phobie sociale, les troubles obsessionnels compulsifs, les troubles de paniques, les problèmes de concentration, les troubles explosifs intermittents, la démence et le syndrome sérotoninergique.

Une altération des taux de sérotonine affecte la santé mentale

Souvent, ces troubles coexistent avec des déficits cognitifs spécifiques. Il est donc recommandable de réaliser une évaluation neuropsychologique qui aidera à identifier nos points forts et nos points faibles. Généralement, la première étape d’un diagnostic est d’évaluer s’il existe une déficience dans nos principales fonctions cognitives.

Pour cela, CogniFit est l’outil leader. Ses batteries de stimulation cognitive et d’entraînement cérébral permettent d’activer, exercer et renforcer d’importantes capacités cognitives (attention, mémoire, fonctions exécutives, planification, perception, etc.) et leurs composantes.

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Sérotonine et dépression : influence du taux de sérotonine

On pense que la dépression est dûe à un déséquilibre des taux de sérotonine. Le processus impliqué est la régénération neuronale. Selon le neurologue Barry Jacobs, la dépression apparaît lorsque la régénération neuronale est insuffisante. Les antidépresseurs ISRS aident à produire de nouvelles cellules cérébrales et à augmenter le moral. Il serait idéal de pouvoir mesurer les taux de sérotonine dans le cerveau, mais cela n’est pour l’instant pas possible. Cependant, en mesurant les taux sanguins, on a démontré que les personnes souffrant de dépression avaient des taux de sérotonine bas. On ne sait pas si les taux de sérotonine ont baissé avant ou après le début de la dépression. Il est clair que les antidépresseurs ISRS et ISRSN (inhibiteurs sélectifs de la recaptation de la sérotonine et de la noradrénaline) fonctionnent, mais on ne sait pas comment.

Lien entre l’anxiété sociale et la sérotonine

Des déséquilibres dans les taux de sérotonine peuvent occasionner l’apparition de troubles liés à l’anxiété. Parmi ceux-ci se trouvent : les troubles de panique, les troubles obsessionnels compulsifs, l’anxiété sociale (ou phobie sociale), les troubles d’anxiété généralisée, etc. Pour l’instant, on ne sait pas si la cause est un excès ou un manque de sérotonine. Jusqu’à maintenant, on pensait que des taux bas de sérotonine en était la cause, mais des recherches récentes semblent le démentir. JAMA Psychiatry a publié que les personnes qui souffrent d’anxiété sociale ont des taux élevés de sérotonine. L’Université de Uppsala a démontré que les amygdales (structures cérébrales impliquée dans les sensations de peur) de patients souffrant d’anxiété sociale présentent un excès de sérotonin. Il faudra attendre de prochaine études pour formuler une conclusion définitive sur la relation entre anxiété sociale et sérotonine.

Lien entre les troubles obsessionnels compulsifs et la sérotonine

La relation entre les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) et la sérotonine vient de l’influence des antidépresseurs ISRS dans l’amélioration de ces troubles. Les ISRS sont des inhibiteurs de la recaptation de la sérotonine : ils facilitent la disponibilité de la sérotonine afin que les taux ne soient pas trop bas.

Lien entre les troubles de panique et les taux de sérotonine

Comme dans le cas des TOC, la cause du trouble de panique est inconnue. Des taux bas de sérotonine sont liés à ce trouble, mais nous ignorons si cela est la cause du trouble. La seule certitude est que les ISRS fonctionnent également dans les cas de troubles de panique.

Trouble explosif intermittent

Le trouble explosif intermittent est un trouble du comportement caractérisé par des explosions de colère injustifiées. La sérotonine aide à réguler le moral et contribue à réduire ce type d’attaque de colère, en nombre et en intensité. Encore une fois, les traitements pharmacologiques utilisés dans ces cas sont les ISRS, qui interagissent avec la sérotonine. On considère que le trouble explosif intermittent est incurable, mais sa symptomatologie peut diminuer grâce à la psychothérapie et la méditation qui aident à réduire les comportements agressifs et les sensations de rages et frustration internes.

Lien entre démence et faibles taux de sérotonine

L’âge produit une détérioration cognitive associée à la perte de connections neuronales. L’activité des neurotransmetteurs chargés de la transmission des informations neuronales réduit au fur et à mesure du vieillissement. Vieillir n’est pas toujours synonyme de démence, mais il existe des cas dans lesquels on peut observer une détérioration cognitive significative. La démence la plus connue est la maladie d’Alzheimer. Dans une étude internationale publiée en 2006, des chercheurs ont mis en évidence une déficience sérotoninergique chez les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer. L’hypothèse est que les problèmes de mémoire engendrés par la maladie d’Alzheimer sont dus à un mauvais fonctionnement des récepteurs de la sérotonine. Il n’existe pas de preuve qui démontre qu’une augmentation des taux de sérotonine prévienne de la maladie d’Alzheimer. Par contre, si les recherches continuent sur le sujet, il se peut que l’on découvre une solution pour combattre la démence.

Syndrome sérotoninergique

Un excès de sérotonine peut être préjudiciable. Les antidépresseurs ISRS sont considérés comme étant sûrs, mais ils peuvent être la cause du syndrome sérotoninergique en raison d’une concentration trop élevée de ce neurotransmetteur. Cela arrive généralement lorsque deux médicaments liés à la sérotonine sont utilisés simultanément. Les problèmes surviennent lorsque l’on commence un nouveau traitement ou que l’on augmente un traitement. L’utilisation de IMAO (inhibiteurs de l’enzyme monoaminoxydée, enzyme qui détruit la sérotonine) avec des ISRS, ou une consommation de LSD ou d’extasies. Les symptômes sont : agitation, augmentation de la température corporelle, tachycardie, sudation, perte de coordination, spasmes, nausées, vomissements, diarrhées, changements de la pression artérielle. Cela n’est considéré comme dangereux, mais il est nécessaire de le traiter afin que ce syndrome n’empire pas. Le traitement consiste à retirer ou diminuer les traitements pharmacologiques en place, ainsi qu’en l’administration de relaxants musculaires et d’inhibiteurs de la production de sérotonine par voie intraveineuse.

Pouvons-nous modifier nos taux de sérotonine ?

Vous vous demandez certainement si vous pouvez agir sur vos taux de sérotonine. Voici quelques conseils et manières naturelles d’augmenter vos taux de sérotonine.

Adopter un régime alimentaire favorable à la production de sérotonine

La sérotonine n’est présente dans aucun aliment. Pour augmenter les taux de sérotonine, il faut recourir au tryptophane, qui est l’acide aminé à partir duquel est produite la sérotonine. Un régime riche en tryptophane augmente donc les taux de sérotonine. Les suppléments de cet acide aminé sont un bon complément mais ne suffisent pas à remplacer un régime équilibré. Les aliments comme le soja, les viandes maigres (poulet ou dinde), le thon, le saumon, l’ananas, les bananes, les artichauts, les œufs, le chocolat et le fromage contiennent du tryptophane et contribuent donc à augmenter nos taux de sérotonine. Une autre manière de contribuer à une augmentation des taux de sérotonine est de consommer de la vitamine B-6. La vitamine B-6 peut agir sur la rapidité à laquelle le tryptophane se convertit en sérotonine. Les aliments riches en vitamines B-6 sont les pommes de terre, les légumineux, les céréales intégrales, le poulet, la dinde, le thon et le saumon. Découvrez quelles vitamines sont bénéfiques pour votre cerveau.

Faire de l’exercice physique augmente les taux de sérotonine

Des études montrent qu’un exercice physique régulier peut être aussi efficace qu’un traitement antidépresseur psychopharmacologique ou psychothérapeutique. On pensait auparavant qu’une période de plusieurs semaines de pratique d’un exercice physique étaient nécessaires pour constater une amélioration. Pourtant, selon une étude récente de la Université du Texas, une période de seulement 40 minutes a un effet bénéfique sur notre moral. Bien que les mécanismes qui mènent à cette amélioration ne soient pas connus, il semblerait que la sérotonine y soit impliquée.

Se relaxer et méditer permet d’augmenter les taux de sérotonine

Cela est aussi important pour votre esprit que bouger pour votre corps, et permet d’augmenter vos taux de sérotonine. Le yoga ou la méditation sont deux pratiques qui contribuent à améliorer le moral en plus de se relaxer. Découvrez ce qu’est la méditation Mindfulness.

Se lancer dans de nouveaux projets

Introduire de la nouveauté dans notre vie a un effet positif sur le système sérotoninergique. Quand nous commençons un nouveau projet nous nous sentons plus énergiques, plus motivés et de meilleure humeur. Cet effet plaisant sur notre système nerveux est produit par la sérotonine. Découvrez comment penser hors des sentiers battus.

Rire augmente les taux de sérotonine

La relation entre le moral et la sérotonine va dans les deux sens. Nous pouvons améliorer notre moral en augmentant nos taux de sérotonine et nous pouvons aussi augmenter nos taux de sérotonine en améliorant notre moral. L’induction d’un moral élevé grâce à la psychothérapie est très utilisée (bienfaits du rire). Une autre alternative peut être des cours de théâtre, passer du temps entre amis, assister à un spectacle comique ou se rappeler des faits agréables.

Sérotonine chez les hommes et chez les femmes

Une étude de 2007 de la revue Biological Psychiatry montre que les hommes et les femmes réagissent différemment lorsqu’on réduit leurs taux de sérotonine : les hommes agissent avec davantage d’impulsivité alors que les femmes rentrent dans un état de déprime et deviennent plus prudentes. Cela pourrait expliquer pourquoi les femmes souffrent davantage de troubles du moral (anxiété et/ou dépression), tandis que les hommes sont plus enclins à l’alcoolisme, au TDAH et aux troubles du contrôle de impulsions (tous liés à l’impulsivité).

Les effets de l’interaction des hormones avec la sérotonine est prouvée. Cette interaction peut causer une augmentation des symptômes dépressifs dans des périodes comme : la prémenstrualité, le post-partum, et la ménopause. En effet, durant ces période, les sécrétions hormonales changent. Les hommes ont quant à eux des taux de sécrétion hormonale constants.

La sérotonine pourrait augmenter la patience

Des études récentes de la Fondation Champalimaud de Lisbone soutiennent qu’une possible fonction de la sérotonine serait d’augmenter la patience. Cela suppose un tournant important dans la conception que nous avions jusque-là de ce neurotransmetteur.

La sérotonine augmente notre patience

Selon une étude publiée dans la revue Current Biology, il semblerait que la sérotonine serait davantage liée à la patience qu’au bien-être. Les scientifiques en sont arrivés à cette conclusion suite à des expériences sur des souris de laboratoire. L’expérience consistait à ce que les souris attendent un temps déterminé pour recevoir une récompense. Les souris qui étaient sous les effets de la sérotonine attendaient plus longtemps que celles qui ne l’étaient pas

Selon Zachary Mainen, qui a dirigé cette l’étude, “il y a une impression généralisée que la sérotonine provoque le bonheur, mais nos études démontrent que cette affirmation est contradictoire”.

Pour le moment, il nous faudra attendre, nous aussi, avant d’en savoir plus sur les effets de la sérotonine et si celle-ci est plus lié au bonheur ou à la patience.

“Source : Traduction de l’article d’Irene García Calvo, psychologue de CogniFit en formation continue.”

Comment pouvez-vous générer plus de dopamine ? Plongez directement dans le circuit du plaisir !

Les sensations les plus agréables sont celles qui nous poussent à essayer de les revivre et de rechercher ce dont on a “besoin”, et… BANG ! Vos niveaux de dopamine grimpent subitement, peu importe où vous êtes. Ce besoin de suivre vos envies lorsque nous sommes proches d’obtenir quelque chose que nous désirons est dû à la dopamine. Comment peut-on générer plus de dopamine ? En produisez-vous beaucoup ou peu ? Selon le chercheur Thorsten Kierast, de l’Université de la Charité de Berlin, “la quantité de dopamine est différente chez chaque personne”. Elle est impliquée dans notre capacité de ressentir le plaisir, son manque nous pousse à la dépression, au désintérêt et même à une prédisposition pour certaines addictions, son excès est lié à la schizophrénie ou à la psychose.

Découvrez comment augmenter vos niveaux de dopamine et la maintenir à des niveaux adéquats.

Comment générer plus de dopamine ?

Hédoniste ? Nous sommes à la recherche du plaisir… et nous en voulons toujours plus ! Nous répétons ce qui nous a fait sentir bien par le passé et nous essayons d’obtenir de la satisfaction d’une façon toujours plus immédiate. De nos jours, on drague d’un seul “click”, sans même se lever de notre fauteuil. Sommes-nous devenus si paresseux ? Il est si facile de pouvoir profiter de plats en restant chez soi, que ce soit de nourriture asiatique ou italienne. Nous recevons à la maison nos commande sur internet depuis l’autre bout du monde en quelque jours à peine ! Tout cela parce que… vos désirs sont des ordres ! Nous savons que l’incertitude qui précède n’importe quelle gratification nous fait sécréter une bonne dose de dopamine : la substance chimique qui, entre autres choses, régule le plaisir dans le cerveau. Elle nous stimule à continuer à chercher des sensations agréables. L’interminable attente d’une réponse pour un nouveau travail ou pour le résultat d’un examen important qui tarde… nous maintient dans un purgatoire d’agréable incertitude. Alors pourquoi avons autant envie de savoir la réponse au plus vite ? De vivre des hauts et des bas (ups and downs) est naturel, mais… qui n’est pas disposé à faire quasiment n’importe quoi pour une bonne glace au chocolat ou un verre d’eau bien fraîche après avoir couru le dernier marathon de noël ?

“Avec notre culte de la satisfaction immédiate, beaucoup d’entre nous ont perdu la capacité d’attendre. La patience est l’une des vertus de l’être humain, mais semble ne pas être compatible avec la société d’immédiateté dans laquelle nous vivons.” Z. Bauman.

Olds et Milner, de l’Université de McGill au Canada, ont implanté des électrodes dans le cerveau de plusieurs souris afin de stimuler les régions liées au plaisir et de mesurer les taux de dopamine. Les souris furent capables de traverser une grille qui leur transmettait une puissante décharge électrique dans leurs pattes afin de pouvoir atteindre un interrupteur qui leur permettait de s’auto administrer une dose de plaisir. Ils appuyaient parfois jusqu’à 7000 fois sur l’interrupteur ! Dans des expériences suivantes, les souris faisaient passé le plaisir avant la nourriture et même la boisson. Certaines souris appuyèrent jusqu’à 2000 fois l’interrupteur par heure pendant 24 heures ! Afin de ne pas les laisser mourir d’inaction les chercheurs ont dus les déconnecter des électrodes ! Appuyer sur cet interrupteur était devenu l’unique chose au monde pour ces souris. Olds et Milner sont alors arrivé à une conclusion étrange pour leur époque : “le comportement était autant impulsé par le plaisir que par la douleur”. Nous vivons immergés dans notre circuit du plaisir et de la douleur, que nous partageons avec les autres mammifères. Chez l’être humain, celui-ci est encore plus compliqué. Grâce à notre lobe frontal de grande taille, nous pouvons prendre des décisions et les planifier. De plus, nous ressentons des émotions et nous nous souvenons des expériences du passé, c’est à dire que nous avons une “mémoire historique” considérable. Ainsi, grâce à nos expériences du passé, nous pouvons nous orienter à nouveau vers ce qui nous avait fait sentir bien et nous pouvons évaluer quand est-ce que cela vaut la peine d’investir beaucoup d’effort ou non.

Comment pouvez-vous générer plus de dopamine ?

Comme générer plus de dopamine ?

Profitez des petits plaisirs de la vie ! Manger est un plaisir véritable ! Que ce soit des pommes de terre sautées ou un beau morceau de viande argentine. Augmentez votre consommation d’aliments riches en tyrosine. Cet acide aminé est présent dans les amendes, les bananes, les pastèques, les avocats, la viande, le thé vert, les produits laitiers et les myrtilles, et contribue à la formation de dopamine. Tombez amoureux ! Les scanners cérébraux démontrent que lorsqu’une personne amoureuse regarde une photo de la personne qu’elle aime, une forte activation du circuit du plaisir se produit, sécrétant beaucoup de dopamine ! Mais… comment pouvez-vous générer plus de dopamine ? Écouter votre chanson préférée ! Cela peut vous faire sourire même si vous êtes dans un mauvais jour, donc… musique maestro ! Soyez social ! Le yoga favorise la production de dopamine, affirme John Harvey, professeur clinique associé de psychiatrie à l’Université d’Harvard. Danser, prier, méditer… peuvent également nous générer des sensations très plaisantes. Un compliment, se baigner dans la mer, regarder des photos anciennes ou un bouquet de fleurs, un bon bain moussant, un bon livre, regarder par la fenêtre quand il pleut, chanter sous la douche ou aller à un concert… Quels sont vos petits plaisirs ?

Les petits plaisirs de la vie pour avoir plus de dopamine.

Les drogues, desquels on peut abuser, sont également stimulantes pour la sécrétion de dopamine, Elles sont si dangereuses parce qu’elles activent le circuit du plaisir d’une façon très puissante et rapide, plus que la voie naturelle. Les addictions génèrent de l’euphorie sur le court terme, mais plutôt des problèmes sur le moyen ou sur le long terme. Nous pouvons observer le même effet dans les addictions new age : les réseaux sociaux, dans lesquels la dopamine est également impliquée, mais cette fois d’une manière plus dangereuse. Il semblerait que nous vivons dans une société de récompenses immédiates, de la satisfaction de tous nos désirs et de toutes nos envies. Et le plus vite possible ! Nous sommes toujours disponibles et notre téléphone portable s’est transformé en une prolongation de nous-mêmes. Pourquoi sommes-nous accros à Facebook, twitter ou Instagram ?

Vivons-nous dans un circuit du plaisir comme les souris de l’expérience ?

Le plaisir est-il une illusion ?

 Merci beaucoup de nous avoir lu. N’hésitez pas à laisser vos commentaires et vos questions plus bas 🙂

“Source : Ana Guerrero Braña, psychologue de Cognifit spécialisée dans les interventions cliniques.”

Trouble de la personnalité histrionique : qu’est-ce que c’est, comment se comporte une personne hystérique et que faire face à elle ?

Avez-vous déjà rencontré une personne qui vous semblait en pleine représentation théâtrale lors d’un simple brunch ? Une petite amie folle de rage à la vue d’une potentielle concurrente ? Un camarade de classe qui tombe malade à chaque fois que quelque chose ne va pas comme il le veut dans sa vie ? Vous avez alors probablement rencontré une personne atteinte du trouble de la personnalité histrionique, ou personnalité hystérique. Ce trouble est une pathologie décrite dans le DSM (la bible des psychiatres) et qui toucheraient entre 2 à 3% de la population. Au travers de cet article, nous allons voir ce qu’est ce trouble, quels sont ses symptômes et causes, comment se comporte une personnalité histrionique mais aussi que faire face à une personne atteinte car leur façon d’être peut parfois nous irriter. Découvrez dans cet article tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le trouble de la personnalité histrionique.

Théâtralisme de mise dans le trouble de la personnalité histrionique

Définition psychiatrique du trouble de la personnalité histrionique  

Selon le DSM IV, ce trouble apparaît au début de l’âge adulte et intervient dans des aspects divers de la vie du sujet selon au moins cinq des manifestations suivantes :

  • Personne mal à l’aise dans les situations où elle n’est pas au centre de l’attention
  • Interaction avec autrui souvent caractérisée par un comportement de séduction inadapté ou une attitude provocante
  • Expression émotionnelle superficielle, rapidement changeante et exagérée
  • Utilise son aspect physique pour attirer l’attention sur soi
  • Manière de parler très subjective et pauvre en détails
  • Dramatisation et théâtralisme
  • Suggestibilité (facilement influencé par autrui ou par les circonstances)
  • Estime que ses relations sont plus intimes qu’elles ne le sont en réalité

Un peu d’histoire sur l’hystérie

Au départ, le trouble de la personnalité histrionique était nommé « hystérie », mot tiré du grec qui veut dire utérus. L’hystérie se décrivait alors comme une maladie due au déplacement de l’utérus dans le corps, ce qui provoquait certains symptômes. On l’aura donc compris, l’hystérie était auparavant exclusivement féminine, d’où les expressions douteuses actuelles dès lors qu’une femme est un peu trop expressive.

Plus tard, Breuer et Freud ont décrit ce trouble. Les hystériques étaient alors reconnues grâce à leurs extrêmes réactions physiques au contact : elles se mettaient à convulser violemment ou à se tétaniser brusquement. A cette époque, les épileptiques et les hystériques ont été placés dans un même bâtiment à la Salpêtrière (célèbre hôpital parisien). C’est probablement là qu’elles ont dû se découvrir la possibilité de convulser. Aujourd’hui, il n’y a quasiment plus d’hystéries convulsives, mais on les reconnaît toujours au travers de désordres physiques sans pour autant que soient trouvées des causes physiques. Il faut savoir que l’une des particularités de la personnalité histrionique est de changer de symptôme, tel un caméléon et que cela est généralement relatif aux grands maux des époques.

Même si ces mises en scène peuvent sembler exagérées et forcées, de réelles souffrances se cachent derrière et c’est le moyen que les personnes atteintes de ce trouble ont trouvé pour s’en défendre.

Des symptômes hauts en couleurs pour les personnalités histrioniques 

Le symptôme le plus important est nommé « conversion » par la psychanalyse. Ce symptôme ressemble beaucoup à de la somatisation, c’est à dire qu’un mal être psychique se convertis en un mal être physique. Quand vous êtes dérangé lors d’une discussion et que d’un coup ça vous démange quelque part, c’est de la somatisation.

Chez une personne atteinte du trouble de la personnalité histrionique, la somatisation est cependant différente car c’est plutôt un événement traumatique qui est converti au niveau du corps. Ces conversions peuvent être de tous types tels que des anesthésies, des paralysies, des maux de têtes ou bien tout simplement la sensation d’avoir boule dans la gorge. Attention, des symptômes pris seuls ne suffisent pas à diagnostiquer un trouble.

Un autre des symptômes visibles de ce trouble est le besoin d’être au centre de l’attention, ce qui va recouper avec la théâtralité. Son comportement va alors s’apparenter à une mise en scène rocambolesque : une tenue originale, un air dramatique et des décibels vocaux en plus au programme. Cette théâtralité nous met souvent mal à l’aise car nous sentons comme un décalage mais c’est à leur dépend qu’ils agissent ainsi.

Un des grands comportements typique d’une personne hystérique est la séduction. Tout sera mis en œuvre pour séduire l’autre et surtout, pour combler ses attentes. C’est pour cela que les personnalités histrioniques se comportent différemment selon les individus auxquelles elles font face : elles veulent répondre à leurs désirs en étant la femme ou l’homme idéal. Aussi, leur comportement sera érotisé automatiquement, peut être importe si la personne qui lui fait face l’intéresse réellement, c’est un mode de relation particulier qui est propre à ces personnalités.

Ce comportement contraste cependant avec les troubles de la sexualité que vit l’hystérique. En effet, ils peuvent être frigides et connaître des dyspareunies (douleurs lors des rapports). Les femmes ont aussi souvent tendance à faire du vaginisme, c’est à dire qu’elles ont des contractions musculaires du vagin, ce qui empêche les hommes de les pénétrer. Chez un homme atteint du trouble de la personnalité histrionique, il y aura plutôt une baisse ou une absence de désir et/ou des troubles érectiles. Chez les deux sexes, il se peut aussi qu’ils n’atteignent pas d’orgasmes lors des rapports.

D’autres symptômes viennent s’ajouter au tableau clinique comme des troubles du comportement alimentaire (boulimie, anorexie…) ou divers troubles de la mémoire (amnésies sélectives, faux souvenirs, fabulations…).

De plus, le comportement qui peut nous amener à penser qu’un individu est hystérique, c’est le fait que ses symptômes changent constamment, que ce soit par rapport aux époques ou par rapport à ses humeurs. De plus, ils sont extrêmes suggestibles, ce qui est sans doute corrélé à cette symptomatologie changeante. Pour illustrer la suggestibilité hystérique, c’est comme si on vous disait « tiens, j’aime beaucoup le vert » et que le lendemain, vous vous habillez en vert inconsciemment. Cela peut arriver à tout le monde mais c’est une règle d’or pour une personnalité histrionique.

Une personne hystérique est aussi très empathique et attentive aux détails. C’est un tableau un peu noir qui est dressé ci-dessus mais ce sont pourtant des personnes intelligentes, souvent créatives et chaleureuses. Chaque trouble connaît ses avantages et ses inconvénients mais c’est toujours la meilleure façon qu’à trouver l’individu pour survivre au mieux.

L’exception masculine 

Au départ, l’hystérie masculine était inexistante, mais il a finalement été accepté après un certain temps que les hommes aussi pouvaient être atteints du trouble de la personnalité histrionique.

Les hommes histrioniques diffèrent tout de même légèrement des femmes atteintes. Par exemple, ils sont, en général, plus du côté de la somatisation que de la théâtralité.

Dans son aspect de séduction, les hommes hystériques ont plutôt tendance à faire les clowns pour amuser la galerie et puis aussi probablement pour faire écho à l’adage « femme qui rit… ». Ils seront pourtant parfois face à des doutes quant à leur homosexualité tout en ne se trouvant pas assez masculin pour le rôle d’homme.

Aussi, ils vont avoir une forte tendance à exagérer leurs aspects physiques pour être, par exemple, le portrait type de l’homme viril ou bien l’homme affaire parfaitement élégant. Ce trait-là se retrouve également chez les femmes hystériques qui sont très féminines et apprêtée.

Le trouble de la personnalité histrionique dans le couple

Une personne hystérique est assez spéciale en couple. Tout d’abord, elle s’invente un personnage les premiers temps afin de répondre à vos attentes idéales tout en vous idéalisant à la fois. Puis une fois qu’elle lâche ces idéalisations, c’est comme si elle vous reprochait de ne pas correspondre à ses rêveries.

Un autre aspect de la vie de couple d’un hystérique est illustré par ce que Lacan disait : il « cherche un maître sur qui régner ». Plus le temps passe et plus la personne atteinte d’un trouble de la personnalité histrionique va tenter d’avoir la main mise sur son partenaire alors qu’avant, elle se soumettait à l’autre.

L’hystérique va aussi se mettre perpétuellement en position de victime, quoi qu’il arrive, ça sera de votre faute. Elle se verra alors véritablement comme torturé par l’autre et fera tout pour se tenir à ce rôle alors qu’elle est capable de s’identifier comme la source du problème dans le cadre d’une analyse. On peut voir dans ce trait de caractère de la manipulation mais il faut savoir qu’elle est pourtant la première personne qu’elle manipule.

Pour finir, une personnalité histrionique en couple verra dans l’autre du même sexe un concurrent féroce. Sa façon de voir les choses vont donc progressivement l’amener à croire que cet autre veut lui voler son compagnon, ce qui va la pousser à faire des crises de jalousie répétées.

Des causes incertaines

De multiples travaux ont été menés sur le trouble histrionique, à commencer par Freud. Il pensait d’abord que ce trouble résultait d’un traumatisme en deux temps : un acte sexualisé de la part d’un adulte envers un enfant qui ne peut mettre de mot sur cet événement puis, plus tard, la compréhension de cet acte qui provoque un trauma cette fois. L’auteur a fini par se rétracter sur sa théorie en disant qu’en réalité, le premier temps du traumatisme était uniquement imaginé par l’enfant puis que la compréhension de sa rêverie l’avait traumatisé dans un second temps. Il est aussi tout simplement probable que de réels traumatismes dans l’enfance peuvent provoquer un trouble de la personnalité histrionique.

De récentes études d’imageries cérébrales démontrent des régions d’hyperactivités et d’hypoactivités lors de la conversion hystérique. On a donc trouvé, par exemple, qu’une paralysie hystérique met en jeu des zones du cortex frontal liées aux représentations affectives et à l’état de « perte de contrôle ». La conversion est en tout cas désormais corrélée à un fonctionnement neurologique particulier.

Faire face à une personne atteinte d’un trouble de la personnalité histrionique  

S’adresser à un psychanalyste pourra être bénéfique pour un hystérique car la catharsis (en gros, parler pour libérer ses émotions bloquées) fonctionne bien sur eux. Le fait de travailler sur des thèmes et de changer de perspective peut les aider à se remettre en question et à s’apaiser dans leur quête du désir impossible. Attention, forcer quelqu’un à aller en thérapie n’est pas bénéfique et ne fait qu’engendrer des blocages en général, mais si la personne est demandeuse, un professionnel, psychologue ou psychiatre, pourra l’aider.

Si vous avez un ami hystérique, ne commencez pas à l’analyser et l’aider. Déjà, une personne atteinte de son trouble modifiera son comportement au fur et à mesure et vous ne saurez plus quoi faire pour combler son mal mais en plus, c’est justement la position dans laquelle un hystérique cherche à se mettre. Il a besoin d’un sauveur mais c’est un sauveur idéalisé qui n’existe pas. A part pour engendrer des frustrations des deux côtés, vaut mieux s’abstenir face à ce genre de personnalité s’il on n’est pas un professionnel.

Je vous remercie d’avoir lu cet article. Si vous avez des remarques à faire ou des questions à poser, nous serons enchantés d’y répondre.

NB : Images 1 et 3 par Laurie de Rosa.

Aphasie de Broca : diagnostic, causes et réhabilitation

L’aphasie est un trouble d’origine neurologique qui implique la perte de l’habileté de communiquer : incapacité de communiquer ou incapacité de comprendre ce que l’on nous dit. Cet article traite de l’Aphasie de Broca, également connue comme aphasie de production, expressive ou motrice. Elle se présente comme une difficulté modérée ou sévère de la communication, dûe à une altération de l’expression du langage.

Aphasie de Broca

Qu’est-ce que l’aphasie de Broca ?

L’aphasie de Broca est un des nombreux troubles du langage. Elle affecte le langage parlé. Le symptôme le plus caractéristique de cette aphasie est la difficulté à s’exprimer de manière fluide ou avec des phrases complètes et articulées. La compréhension, quant à elle, est relativement bien préservée. L’aphasie de Broca peut s’accompagner de difficultés d’écriture, mais ces dernières sont inférieures aux difficultés orales.

Les aphasies sont classées en fonction de la localisation de la lésion cérébrale en cause. L’aphasie de Broca est causée par une lésion dans l’aire de Broca, qui se trouve dans le lobe frontal gauche du cerveau. Cette aire est le centre du langage expressif. Elle remplit différentes fonctions liées aux composantes du langage : ordre des mots, organisation des mots en phrases (syntaxe), intégration sémantique et planification motrice du langage.

Diagnostic de l’aphasie de Broca

Afin de d’effectuer un diagnostic de l’aphasie de Broca, différents instruments d’évaluation neuropsychologique peuvent être utilisés, qu’ils soient généraux ou plus spécifiques à la détection de l’aphasie.

Le diagnostic de l’aphasie de Broca se fonde sur l’exploration des divers composants du langage. On évalue si chacun de ces composants est intact ou affecté, ce qui permet d’identifier le type d’aphasie. Les composants évalués sont les suivants : le langage spontané, la compréhension, la répétition, la dénomination et les séquences automatisées.

Le langage spontané dans l’aphasie de Broca

Il s’agit de la capacité à débuter et maintenir un discours. L’évaluation du langage spontané se focalise sur le paramètre de la fluidité verbale. La fluidité verbale est considérée continue si l’on peut écarter ces deux conditions :

  • Langage non-fluide : La personne est capable de former des phrases en faisant beaucoup d’efforts et en se fatiguant. Son langage se caractérise par l’apparition de dysprosodies (irrégularités dans le rythme, le ton et l’inflexion de la voix) et d’agrammatismes (altération de la construction de structures syntaxique).
  • Langage fluide ou hyper-fluide : il s’agit d’une émission normale ou supérieure (plus de 200 mots par minute), accompagnée de prosodie et d’une articulation normales. Les altérations qui apparaissent dans ces cas-là se situent dans le contenu du discours. Il s’agit de paraphasies. Celles-ci peuvent être de type sémantique (le mot utilisé est erroné et appartient à la même catégorie que celui qui aurait dû être utilisé), et de type phonologique (erreurs phonétiques comme le changement de syllabes dans le même mot).

Dans le cas de l’aphasie de Broca, le langage spontané n’est pas considéré comme fluide.

Compréhension dans l’aphasie de Broca

Dans le cas de l’aphasie de Broca, la compréhension n’est pas affectée. On parle de compréhension préservée, en opposition avec la compréhension altérée. Pour évaluer la compréhension, on utilise des tests dans lesquels la production de langage n’est pas nécessaire.

Répétition dans l’aphasie de Broca

Dans le cas de l’aphasie de Broca, la répétition est altérée. La répétition est la capacité de décoder les informations auditives, chercher le code phonologique correspondant et le reproduire au travers du processus articulatoire. Si certain de ces aspects sont altérés, la répétition sera affectée. Pour évaluer la capacité de répétition, on fait répéter des lettres, des mots, des mots inventés et des phrases au sujet et l’on observe si ce dernier présente des difficultés.

Dénomination dans l’aphasie de Broca

Il s’agit de la capacité de nommer. Chez les patients qui souffrent d’une aphasie de Broca, cela demande un effort considérable. Cette altération s’appelle l’anomie (manque de vocabulaire).

Séquences automatisées dans l’aphasie de Broca

Les séquences automatisées sont une capacité linguistique élémentaire, qui consiste en des séquences apprises par cœur comme les numéros, les mois de l’année, les jours de la semaine, etc. Contrairement au langage volontaire, ce langage automatique se maintient préservé dans la plupart des aphasies.

Symptômes de l’aphasie de Broca

Voici les symptômes spécifiques de l’aphasie de Broca :

  1. Manque de fluidité verbale : Lenteur et fatigue lors de l’expression verbale, nombre réduit de mots différents utilisés.
  2. Anomie : Difficulté pour évoquer le nom des choses.
  3. Agrammatisme : Incapacité à construire des phrases complètes et adéquates.
  4. Difficultés de répétition : Compréhension lors de l’écoute mais incapacité de répéter les mots entendus.
  5. Conscience du déficit : Contrairement à d’autres types d’aphasie (aphasie fluente par exemple), les personnes qui souffrent d’aphasie de Broca se rendent compte de leurs erreurs.
  6. Stéréotypie : Le patient qui souffre d’une aphasie de Broca aura tendance à répéter les mêmes mots ou les mêmes expressions (ex: je suis parti, parti, parti).

En plus de ces symptômes, l’aphasie de Broca peut être accompagnée d’autres symptômes associés d’origine neurologique :

  • Apraxie buco-faciale : Incapacité de réaliser des mouvements coordonnés dans la zone du visage et de la bouche. Elle n’est pas due à une cause physique.
  • Hémiparésie : Faiblesse d’un côté du corps.
  • Hémiplégie : Paralysie d’un côté du corps.
  • Altération des capacités de lecture et d’écriture.

Causes de l’aphasie de Broca

L’aphasie de Broca se développe le plus souvent après avoir souffert un accident vasculaire cérébral (ischémique ou hémorragique) dans l’hémisphère gauche (qui est considéré dominant de le domaine du langage). Lorsque l’AVC affecte l’artère cérébrale médiane, il est très probable que le langage soit altéré. Une aphasie de Broca peut également être causée par un traumatisme craneo-encéphalique (TCE) ou par la présence d’une tumeur cérébrale.

Par ailleurs, on peut observer des symptômes associés à l’aphasie de Broca parmi les symptômes des maladies neurodégénératives :

  • Aphasie progressive primaire non-fluide : il s’agit d’une détérioration progressive du langage. Au début de son évolution, la personne APP non-fluide ne présente pas d’autres signes de démences. On la remarque à cause d’un manque de fluidité de l’expression ainsi que la présence d’agrammatisme et d’anomie.
  • Maladie d’Alzheimer : en plus des symptômes typiques de la détérioration cognitive produite par cette maladie (déficit de la mémoire et de l’attention, désorientation, etc.), la personne qui souffre de la maladie d’Alzheimer montre une réduction du langage spontané et une anomie. Elle utilise des mots génériques, tourne autour du pot (en exprimant quelque chose avec longueur au lieu d’utiliser une façon plus brève de le dire).
  • Maladie de Parkinson : on observe une diminution de la fluidité verbale, pauvre en complexité syntaxique et parfois un agrammatisme.

Réhabilitation de l’aphasie de Broca

La réhabilitation ou la récupération des capacités dans les cas d’aphasie de Broca va dépendre de la sévérité initiale des symptômes. Lors de la phase initiale des troubles cognitifs, on peut obtenir une récupération spontanée et une réorganisation de certaines zones du cerveau, afin de compenser les déficits. À partir de là, on peut commencer le processus de réhabilitation, qui sera marqué des objectifs suivants :

  • Améliorer les habiletés du langage oral et écrit
  • Faciliter la participation dans la communication quotidienne
  • Obtenir une communication efficace, bien qu’il s’agisse d’un style de langage plus simplifié
  • Améliorer la qualité de vie du patient

La réhabilitation de l’aphasie de Broca est principalement le travail du logopédiste (professionnel qui traite les troubles du langage). Le neuropsychologue joue également un rôle fondamental dans ce processus, en aidant le logopédiste à faire son travail et en travaillant sur le reste des zones cognitives qui peuvent aider à la récupération de la capacité linguistique (mémoire, attention et fonction exécutives). Le degré et le taux de récupération varient selon les différentes facettes du langage : il semblerait que la compréhension et la répétition se récupèrent plus facilement que la dénomination et la fluidité. En fonction des déficits linguistiques de la personne, on élabore un plan d’intervention spécifique, qui contiendra des tâches telles que :

  • Stimulation neuropsychologique basique (mémoire, attention, fonctions exécutives, raisonnement, calculs, etc.).
  • Activités de dénomination afin d’améliorer l’anomie, grâce à l’utilisation de clés facilitatrices de type phonologique (première lettre du mot par exemple) et sémantique (catégorie à laquelle appartient le mot cherché).
  • Entraînement à la construction de phrases.
  • Augmenter la longueur des expressions. Commencer par un élément et aller en augmentant à deux, puis trois, etc.

Ces tâches sont des exemples du travail qui peuvent être réalisé afin de récupérer les capacités d’une personne qui souffre d’aphasie. Le plus important n’est pas de classifier l’aphasie dans une catégorie, mais de détecter les capacités non-préservées de la personne afin de pouvoir travailler sur ces dernières en s’appuyant sur celle qui sont restées intactes.

“Source : Natalia Pasquín Mora, psychologue sanitaire de CogniFit spécialisée en psychogériatrie et en neuropsychologie.”

Comment mémoriser plus vite : 8 méthodes infaillibles pour améliorer sa mémoire

Comment mémoriser plus vite ? La capacité à mémoriser est fondamentale : elle nous permet de réussir nos études, de réaliser notre travail et nous aide dans presque toutes nos tâches quotidiennes. Certaines personnes ont la chance d’avoir des facilités innées pour mémoriser les choses, d’autres non. Mais si vous faites partie du second groupe, ne vous inquiétez pas : il est possible de développer sa mémoire si on l’entraîne correctement. Découvrez dans cet article comment améliorer sa mémoire !

Grâce à l’entraînement cérébral et à l’utilisation de techniques de mémorisation, vous ferez de votre cerveau votre meilleur allié. Dans cet article, la neuropsychologue Cristina Martínez de Toda vous invite à découvrir les dernières recherches sur la capacité de mémorisation, ainsi que certaines méthodes de mémorisation qui vous aideront à mémoriser plus vite. Êtes-vous prêts ? On y va !

Comment mémoriser plus vite et améliorer sa mémoire

Pour commencer, il faut comprendre que la mémoire est une construction complexe qui fait partie de nos capacités cognitives. De cette façon, le terme de mémoire ne peut pas être compris sans l’ensemble des capacités qui la composent. La mémoire est une construction de plusieurs fonctions cérébrales qui se complètent et interagissent entre elles.

Les éléments comme la mémoire verbale, la capacité de dénomination, la mémoire visuelle, la mémoire auditive, la mémoire de travail, la mémoire contextuelle, l’attention partagée, la mémoire sélective, la mémoire volontaire, la concentration et la planification sont fondamentales pour le bon fonctionnement de notre mémoire en général.

Chaque personne est unique, et chacun possède ses propres processus de mémorisation. Certaines personnes sont capables de retenir une information simplement après l’avoir entendue à la radio. D’autres, au contraire, préfèrent écrire l’information dont ils souhaitent se rappeler, ou encore la répéter à voix haute. D’autres encore optent pour des schémas de couleur pour aider à graver les informations dans leur mémoire. Et vous ?

La première étape pour apprendre à mémoriser plus vite est de découvrir et définir quel est votre type de mémoire. Il s’agit de détecter quels sont vos points forts lorsque vous mémorisez quelque chose, afin d’utiliser la technique de mémorisation la plus adaptée à votre type de mémoire. Aimez-vous écrire les choses pour les retenir ou êtes-vous plutôt du style à faire des allers et retours dans le salon en répétant à voix haute ce que vous souhaitez apprendre ?

“La mémoire est la sentinelle du cerveau” William Shakespeare.

Il existe autant de styles de mémoire que d’individus. Certains enregistrent les choses qu’ils souhaitent retenir (en les lisant à voix haute par exemple) puis écoutent l’enregistrement en boucle pendant leurs activités quotidiennes. Ces personnes ont une mémoire auditive.

Les meilleures méthodes pour mémoriser plus vite

Même s’il n’y a pas de méthode universelle pour mémoriser plus vite car la mémoire de chacun fonctionne de manière différente, il existe tout de même une série de méthodes approuvées scientifiquement qui aident à augmenter la capacité de mémorisation.

La concentration est un élément crucial pour mémoriser plus vite. Si vous souhaitez améliorer votre concentration, nous vous invitons à lire l’article suivant : Jeux de concentration mentale : 10 exercices indispensables pour votre quotidien.

Il convient de mentionner qu’une alimentation saine et équilibrée, sans excès, aide notre cerveau et donc également notre mémoire. Découvrez comment notre alimentation affecte notre cerveau et quelles sont les vitamines qui permettent d’augmenter notre capacité cérébrale et où les trouver.

Comment mémoriser plus vite : 8 méthodes efficaces pour améliorer sa mémoire

Méthode 1 : Le jouet extraterrestre

Une étude publiée dans la revue Psychological Science montre que deux chercheurs semblent avoir découvert une méthode efficace pour augmenter la capacité de mémorisation. Ils ont misé sur … le jouet extraterrestre.

Ces chercheurs ont réalisé une étude de terrain dans une cafétéria des États-Unis d’Amérique en donnant à la moitié des clients un bon de réduction pour une prochaine consommation dans les jours suivants. À la moitié d’entre eux ils ont dit qu’un jouet du film de Toy Story, l’extraterrestre à trois yeux, serait disposé sur la caisse de paiement. Ils ont simplement donné les bons de réduction à l’autre moitié sans leur dire rien de plus

Ils furent surpris de constater que les clients auxquels ils avaient mentionné le jouet extraterrestre avaient utilisé bien davantage leur bon de réduction que les autres.

Cette expérience montre qu’une bonne méthode pour augmenter les capacités de mémorisation est l’utilisation des rappels par association.

Comment utiliser ces résultats pour augmenter sa mémoire dans la vie quotidienne ?

Les chercheurs vous encouragent à jouer avec toute stimulation significative : une odeur, une image, un son… (rappelez-vous de vos points forts !). Faites une association entre ce que dont vous souhaitez vous souvenir et la stimulation. Plus la stimulation sera inhabituelle, meilleurs seront les résultats.

Vous pouvez donc oublier les vieilles méthodes et arrêter de vous écrire dans la main, stopper les alarmes de votre téléphone et enlever les mille et un post-it qui recouvrent votre bureau.

Oserez-vous essayer ?

Méthode 2 : la technique du Chunking pour mémoriser plus vite

La technique du Chunking (technique des groupes) consiste à mémoriser en petites parties des informations plus complexes. Elle est spécialement utile pour la mémorisation de numéros – moins pour les concepts plus complexes ou les textes.

En regroupant visuellement des numéros, cela rendra plus facile leur mémorisation.

Exemple : le numéro de la Maison Blanche est optimisé pour être mémoriser en groupe, étant le Chunking des numéros 202, 456 et 1111, au lieu d’un seul numéro plus complexe : 2’024’561’111

Méthode 3 : la technique de l’enchaînement pour mémoriser plus vite

Quand vous devez mémoriser une série de concepts qui n’ont rien les uns avec les autres, cette technique est idéale.

Elle consiste à regrouper des concepts très différents entre eux en formant une phrase, de façon qu’en mémorisant cette phrase vous pouvez retenir chacun de ces concepts sans en oublier un seul.

Note : Plus la phrase est étrange, plus vous la retiendrez facilement.

Méthode 4 : la technique de mémorisation par classement pour mémoriser plus vite

Cette technique consiste à classer l’information à retenir afin de la mémoriser plus vite.

Exemple : si vous devez apprendre la liste des pays de l’Union Européenne, vous pouvez les classer par groupe de pays avec les pays scandinaves, les pays slaves, les pays méditerranéens, etc…

Méthode 5 : les moyens mnémotechniques pour mémoriser plus vite

Un moyen mnémotechnique consiste à former un mot avec les initiales ou les premières syllabes de ce que l’on souhaite mémoriser. C’est une technique idéale pour mémoriser une liste de mots.

Exemple : si vous devez mémoriser la liste des courses, qui contient du SUcre, du PERsil, de la MARgarine et du fromage de CHÈvre, vous pourrez mémoriser facilement les mots SUPER MARCHÉ.

Cela vous évitera de tourner en rond dans les rayons du super marché.

Méthode 6 : technique de la répétition pour mémoriser plus vite

Répétez ce que vous devez mémoriser. Jusqu’à ce que vous n’en puissiez plus.

Cette technique est spécialement utile si vous avez des difficultés à vous rappelez des noms des personnes que l’on vient de vous présenter.

Par exemple : si vous avez des difficultés pour retenir les noms lors d’une fête dans laquelle on vous présente 7 personnes en 10 minutes, la clé consiste à répéter le nom de la personne lorsque l’on vous la présente en regardant son visage. “Enchanté Marie” “Et toi Marie, qu’est-ce que tu fais dans la vie ?” “Que penses-tu de cette fête Marie ?”.

En plus d’aider à retenir les noms, appeler quelqu’un par son nom peut aider à créer un lien car la personne est consciente que vous vous intéressez à elle.

Une autre technique assez curieuse pour mémoriser un mot court ou un nom est de le répéter 3 fois en bougeant votre tête. C’est à dire en tournant votre tête de gauche à droite pendant que vous vous répétez le nom. Par contre, si on vous expulse de la fête à ce moment-là, nous ne sommes pas responsables 😉

Méthode 7 : la technique des répétitions espacée pour mémoriser plus vite

Lorsque nous apprenons quelque chose de nouveau, nous le mémorisons parfaitement durant un très court instant, puis rapidement, nous commençons à l’oublier, le montre la courbe d’Ebbinghaus.

La technique des répétitions espacées consiste à répéter le contenu que l’on souhaite apprendre lorsque nous l’avons déjà partiellement oublié. Cela permet de “relancer” notre mémoire et l’information restera plus facilement et durablement gravée dans notre cerveau. L’idéal est de réétudier juste avant d’oublier ce que vous avez appris, au moment ou l’information commence à disparaître de votre mémoire. Il faut donc répéter ce que l’on souhaite mémoriser en laissant passer chaque fois un peu plus de temps entre chaque répétition.

Pour gagner du temps et de l’énergie, ne repassez pas les contenus que vous connaissez déjà ou que vous n’avez pas encore oublié. Il convient de classer ce que vous souhaitez apprendre en plusieurs groupes, entre appris, à apprendre ou à revoir.

Méthode 8 : Entraîner sa mémoire avec Cognifit pour mémoriser plus vite

Il existe une importante différence entre les jeux de mémoire gratuits, qui n’évaluent pas et n’entraînent pas votre mémoire active, et les jeux cérébraux conçus par des scientifiques et qui, eux, sont efficaces.

Il est également important qu’un programme entraîne les différents types de mémoires et non uniquement l’une d’entre elle.

CogniFit est le programme leader en évaluation cognitive et en stimulation cérébrale. Ce programme est validé par la communauté scientifique et est utilisé par les écoles, les universités et les hôpitaux du monde entier. CogniFit permet de mesurer et d’entraîner de manière professionnelle et fiable la capacité de concentration, le niveau d’attention et beaucoup d’autres capacités cognitives fondamentales dans les processus de la mémoire.

Les exercices de mémoire CogniFit sont disponibles en ligne pour que vous puissiez découvrir immédiatement votre niveau cognitif actuel.

Entraînez votre cerveau et mémoriser plus vite grâce à CogniFit

Après que vous ayez réalisé les jeux de mémoire, CogniFit vous montrera un graphique contenant vos résultats et votre évolution. En plus d’entraîner et d’augmenter votre mémoire, vous travaillerez beaucoup d’autres capacités cognitives.

Si vous souhaitez apprendre à mémoriser plus vite, entraînez votre mémoire avec Cognifit.

Lancez-vous et acceptez le défi Cognifit !

Par ailleurs, si vous souhaitez approfondir le sujet, nous vous recommandons de lire l’article : Comment devenir plus intelligent : 10 techniques dont on ne vous a jamais parlé.

“Revivez vos souvenirs et laissez-vous émerveiller” Jack Kerouac.

Merci beaucoup de nous avoir lu, nous espérons que cet article vous aura plus et surtout qu’il vous permettra de mémoriser plus vite tout ce que vous désirez mémoriser ! N’hésitez pas à laisser vos commentaires et vos questions sur le sujet plus bas, nous serons enchantés d’y répondre. 🙂

“Source : Cristina Martinez de Toda, psychologue de Cognifit spécialisée en neuropsychologie et en neuroscience appliquée à l’éducation.”

Myopathie de Duchenne : un corps qui se paralyse lentement

La myopathie de Duchenne est une maladie rare qui affecte les muscles de l’organisme de façon progressive. Elle serait due à une mutation, une modification d’un gène particulier que l’on retrouve sur le chromosome « X ». En plus des solutions proposées pour accompagner le malade dans sa souffrance, de nouvelles recherches sont actuellement menées afin de trouver, à termes, une solution permettant de stopper radicalement l’évolution de cette maladie. De quelle manière la myopathie de Duchenne se manifeste-elle ? Pourquoi s’étend-elle au corps entier ? Si vous souhaitez pouvoir répondre à ces questions, je vous invite à lire cet article.

Myopathie de Duchenne

Le muscle : origine du mouvement

Un mouvement, une respiration, un battement de cœur… Voilà le travail de nos muscles. Au nombre de 640 et répartis dans tout notre corps à la manière d’une enveloppe, ils nous permettent de bouger, de se déplacer, de respirer, de digérer… De vivre ! Mais qu’est-ce qu’un muscle ?

Un muscle est un organe irrigué (relié à des vaisseaux sanguins qui le nourrissent) ayant la propriété de se contracter à la suite d’une stimulation nerveuse. Cela lui confère de nombreux rôles au sein de notre organisme. Nous avons pris soin de les différencier en 3 catégories, chacune associée à un type de muscle particulier :

  • Muscle lisse

Les muscles lisses se contractent sans qu’on leur donne l’ordre de le faire. Ils sont utiles dans la digestion par exemple. Pour vous le représenter, imaginez un tuyau d’arrosage. L’eau passant dans le tuyau représenterait les aliments en digestion, et le tuyau lui-même représenterait les intestins. Maintenant, imaginez que de l’eau stagne au milieu du tuyau : les aliments sont présents dans les intestins. Comment les faire avancer ?

Pour cela, rien de plus simple : votre corps a tout prévu. Autour du tuyau se trouve une couche fine : le muscle. Sans que vous ne vous en rendiez compte, celui-ci va se contracter légèrement, d’une manière particulière. Essayez de placer un objet dans un tuyau souple. Pour le faire avancer, vous allez devoir appuyer, à l’aide de vos doigts, au niveau d’une extrémité de cet objet. Les muscles lisses fonctionnent de la même façon !

  • Muscle squelettique

Ici, les muscles squelettique ne ressemblent en rien aux muscles lisses car ils sont reliés à des os, grâce à des tendons. De plus, ces muscles sont contrôlables, et sont donc utilisés lors des mouvements volontaires de notre corps. Attraper un objet ? Sauter ? Tourner la tête ? Tous ces mouvements font appel aux muscles squelettiques.

Pour fonctionner, ces muscles fonctionnent au moins par paire, et utilisent un ensemble de neurones. Pour plier un membre (ex : bras), le muscle (ex : biceps) se contracte grâce à une stimulation nerveuse, en même temps que le muscle opposé se détend (ex : triceps). Dans le cas où le muscle opposé ne se détendrait pas, le membre serait incapable de bouger : il serait paralysé.

  • Muscle cardiaque

Le muscle cardiaque est particulier. En effet, il reprend à la fois l’organisation des muscles squelettiques et des muscles lisses. Dans son fonctionnement, le muscle cardiaque est semblable au muscle lisse car sa fréquence de contraction est gérée involontairement. Dans son organisation, les cellules musculaires cardiaques ressemblent fortement à celles du muscles squelettique.

Organisation des cellules musculaires en bonne santé

Il existe donc plusieurs formes de muscles dans notre corps. Mais comment sont-ils construits ?

Cellule musculaire lisse

Les cellules musculaires lisses sont des cellules plates possédant un noyau allongé en leur milieu, accolées contre les parois d’un organe creux (ex : intestins, comme expliqué plus haut). Elles sont recouvertes d’actine et de myosine (myofilaments), des protéines donnant à la cellule la capacité de se contracter.

Lorsque les cellules sont activées, les filaments de myosine glissent sur ceux de l’actine de manière à effacer la strie I (voir schéma suivant) : la cellule se contracte. Dans le cas où un réseau de cellules musculaires lisses est retrouvé autour de l’œsophage ou des intestins, la contraction de ces cellules entraine le rétrécissement du conduit. C’est ainsi que les aliments descendent petit à petit de la bouche à l’estomac, de l’estomac à l’anus (cf. Muscle lisse).

Cellule musculaire squelettique

La cellule musculaire squelettique est également composée de myofilaments qui donnent au muscle la capacité de se contracter. Cependant, l’organisation et la forme du muscle squelettique sont différents des cellules musculaires lisses :

  • Les myofilaments sont organisés de façon à former des sarcomères. Au microscope, les myofilaments laissent voir des stries ;
  • Les sarcomères sont mis les uns à la suite des autres, et sont regroupés par paquets que l’on nomme myofibrilles ;
  • Les myofibrilles sont également regroupées pour former cette fois-ci des myocytes ou fibres musculaires, les cellules du muscle. Chacun de ces myocytes est entouré par une sorte de membrane ;
  • Les myocytes sont rassemblés en un faisceau de fibres musculaires ;
  • Enfin, les faisceaux de fibres forment le muscle.
Ici, l’actine et la myosine sont contenues dans de longues cellules possédant plusieurs noyaux. Leur activation contracte le muscle et nous permet donc de bouger.

Une organisation commune des myofilaments

Les deux types de cellules musculaires que nous venons de voir possèdent des sarcomères : assemblages spécifiques des myofilaments d’actine et de myosine.

Associé à ces sarcomères, on retrouve un assemblage de protéines (un complexe de protéines) dont le rôle est de maintenir les myofilaments en place : on parle d’un rôle de soutien. La présence de chaque protéine est primordiale, car si l’une d’entre elles manque à l’appel, le complexe pourrait ne pas remplir sa fonction. La cellule serait désordonnée.

La dystrophine est présente dans le complexe. Cette protéine maintient une certaine distance de sécurité entre l’actine et la membrane de la cellule musculaire afin d’assurer une bonne contraction du muscle sans que cela ne l’abîme.

Cependant, il arrive que la dystrophine soit inutilisable, comme dans le cas d’une mutation génétique par exemple.

La myopathie de Duchenne, ou dystrophie musculaire de Duchenne (DMD)

La myopathie de Duchenne, ou dystrophie musculaire de Duchenne, a été décrite pour la première fois en 1860. Elle est une maladie génétique récessive rare et grave due à la mutation d’un gène particulier sur le chromosome X.

Une maladie génétique récessive

Les informations génétiques qui codent le fonctionnement et la composition de notre corps (deux oreilles, yeux bleus…) se trouvent dans le noyau de nos cellules. Plus précisément, elles sont réparties sur 23 paires de chromosomes dont la dernière paire détermine notre sexe biologique. Ainsi, si la cellule comprend deux chromosomes X à ce niveau-là, la cellule correspond à celle d’une personne de sexe féminin. Si par contre la cellule comprend un chromosome X et un chromosome Y, la cellule appartient à une personne de sexe masculin.

La myopathie de Duchenne est une maladie génétique récessive. Autrement dit, pour exprimer tous les symptômes de la maladie, tous les chromosomes X en possession de la personne doivent comporter le gène malade. De cette manière, les garçons sont plus touchés par cette maladie, car un seul chromosome doit être atteint pour que la maladie soit exprimée. On note 1 naissance sur 3500 où le garçon est atteint de la myopathie de Duchenne, soit environ 2500 personnes sont atteintes de cette maladie en France. Les filles aussi peuvent être touchées par cette mutation, mais elles ne représentent qu’un pourcentage infime de la population.

Une mutation sur le chromosome X : altération de la dystrophine

La mutation concerne le gène DMD codant pour la dystrophine. Comme décrit plus haut, la dystrophine est une protéine importante car elle est le support de plusieurs autres protéines dont l’ensemble est nécessaire à la protection du myocyte. Cependant, la dystrophine produite à la suite de cette mutation est beaucoup plus courte que la normale. Repérée par le corps comme défectueuse, elle sera alors détruite.

Ainsi, les cellules musculaires sont dépourvues de dystrophine : les muscles lisses, squelettiques et cardiaques en manquent. A force de contraction la membrane des muscles sera donc abîmée, les myofibrilles désordonnées, entrainant l’altération du myocyte et donc la destruction de la cellule musculaire. Malheureusement, le système du corps réparant les muscles est trop lent pour pouvoir contrer l’évolution de la maladie.

Symptômes de la myopathie de Duchenne

Les cellules contenant normalement de la dystrophine se situent principalement dans les cellules musculaires. Ainsi, l’altération du gène DMD entraine une dégénérescence progressive de l’ensemble des muscles de notre corps. Autrement dit, la myopathie de Duchenne est responsable d’un affaiblissement des muscles d’abord de façon locale, puis de façon générale.

  • On observe les effets de cette maladie génétique rare vers les 3 ans de l’enfant. Celui-ci a des difficultés à marcher, tombe souvent, et se relève difficilement.
  • Ensuite, cet affaiblissement remonte le long des jambes pour atteindre le dos vers la pré-adolescence. Cet évènement oblige la plupart des enfants atteint de la myopathie de Duchenne à se déplacer en fauteuil roulant dès l’âge de 10-12 ans. La poussée de croissance qui suit peut provoquer la formation d’une scoliose importante, allant jusqu’à empêcher les voies respiratoires de fonctionner normalement, et donc facilitant la survenue d’infections pulmonaires.
  • Par la suite, les muscles lisses des intestins, de l’œsophage, mais aussi les muscles cardiaques s’affaiblissent.

La personne a vraiment des difficultés à se maintenir debout et doit donc rester assise ou allongée. Mais ce comportement est à l’origine de conséquences négatives. En effet, la position assise/allongée quasi-permanent affaiblit le corps :

  • Fractures dues à une déminéralisation des os, plus connue sous le terme d’ostéoporose.
  • Problèmes de digestion dus à l’altération des cellules musculaires au niveau des intestins. Le transit ne se fait pas normalement et peut donc être à l’origine d’une constipation.
  • Incontinence due à la dysfonction des muscles “sphincters”. Ces muscles s’apparentent à des portes : si les muscles ne peuvent plus se contracter, les portes ne peuvent plus se fermer. Ici, l’urine est donc libérée involontairement.
  • A la vue de son état, une personne atteinte de myopathie de Duchenne peut également souffrir d’un trouble anxieux, dû au stress de la perte de contrôle de son corps. Elle peut également souffrir de dépression qui peut aussi être dû au manque de dystrophine au niveau du cortex cérébelleux.

Comme on peut le penser, les nombreux effets directs et secondaires n’offrent pas aux personnes atteintes de cette maladie une espérance de vie très longue. Au lieu de vivre 80 ans, âge moyen français, leur durée de vie est limitée entre 25 et 40 ans selon les conditions de vie, le niveau d’altération des muscles et les pratiques utilisées. En effet, certaines approches sont proposées aux patients afin de les soulager. Mais quelles sont les solutions proposées ? Existe-t-il une solution radicale pour guérir de la myopathie de Duchenne ?

Traitements de la myopathie de Duchenne

La myopathie de Duchenne est une maladie génétique héréditaire. De cette manière, il n’existe actuellement pas de solution permettant d’en guérir aujourd’hui. Mais il se pourrait que dans quelques années la thérapie génique réponde à ce désir d’en guérir totalement. Actuellement, plusieurs essais cliniques utilisant la manipulation génétique sont en cours : certains sur des animaux (souris et chiens), d’autres encore sur des humains pour les essais les plus avancés. Les résultats obtenus aujourd’hui sont prometteurs, nous laissant imaginer sans soucis la possibilité future d’utiliser cette technique.

Outre la thérapie génique, les effets secondaires peuvent être traités afin de soulager la vie de la personne et même de la prolonger. Ainsi, elle peut se voir prescrire des médicaments dont les buts sont variés :

  • Réduire les insuffisances cardiaques pour aider le cœur à battre.
  • Réduire les infections respiratoires dues à la scoliose et au manque de muscles opérationnels, normalement utiles pour expulser les bactéries et autres virus.
  • Réduire l’évolution de la maladie sans pour autant la freiner totalement, grâce à l’utilisation de corticoïdes. Il est cependant délicat de les utiliser car ils peuvent aussi être à l’origine d’effets secondaires.
  • Optimiser la fonction musculaire et prévenir le risque de fractures par la kinésithérapie. On peut également l’utiliser afin d’améliorer les fonctions respiratoires. Souvent, une chirurgie est utilisée en complément afin de maintenir la position de ces voies.

Les nombreuses conséquences nécessitent des suivies réguliers de ces personnes atteintes de la myopathie de Duchenne.

Même si la dystrophie musculaire de Duchenne est une maladie génétique rare, de nombreux moyens ont été mis en place afin de soutenir psychologiquement et physiquement les personnes souffrant de cette myopathie, notamment grâce au Téléthon.

Si vous souhaitez aller plus loin, je vous invite à regarder cette vidéo :

Vidéo : La myopathie de Duchenne – Avec Fred et Jamy, (source : https://www.youtube.com)

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de lire cet article jusqu’à la fin. Cette maladie, comme beaucoup d’autres, est dure à vivre. Si vous souhaitez réagir sur ce sujet ou nous faire part de vos sentiments et/ou expériences, n’hésitez pas à écrire un commentaire ! Nous y répondrons avec plaisir.

Sentiment d’appartenance : j’ai vraiment besoin des autres ?

Qu’est-ce que le sentiment d’appartenance ? Pour vivre en tant qu’humain, nous devons satisfaire certains besoins : se nourrir, être en sécurité, et même faire partie d’un groupe. La pyramide de Maslow nous révèle que ce dernier point cité est pour nous un essentiel. En effet, il n’est placé qu’en troisième position. Le lien que nous créons aux groupes de personnes, le sentiment d’appartenance, aurait donc un rôle clef dans notre existence. Émotionnellement positif ou négatif, il détermine notre état psychique. Ainsi, il est la cause de l’importance que nous nous attribuons. Comment se fait-il que nous ayons besoin des autres ? Quelle influence portent-ils sur nous ? Si vous cherchez des réponses à ces questions (et plus encore), je vous invite à lire cet article.

Sentiment d’appartenance : j’ai vraiment besoin des autres ?

Nos besoins selon la pyramide de Maslow

Nous vivons dans un monde où la majorité de nos besoins sont comblés, à tel point que nous avons même tendance à les oublier. Qu’est-ce que la faim ? Pourquoi chercher un sentiment de sécurité ? Pourquoi vivre en groupe ? Nous n’arrivons plus à distinguer nos besoins de nos désir.

Maslow, en 1943, a publié un article (A Theory of Human Motivation) où il expose les différents besoins d’un individu vivant en Occident. Tout ce qui ne pourrait pas se placer dans la “pyramide de Maslow” serait un désir, une option à notre bonheur. Ainsi, vivre en tant qu’individu s’appuierait sur 5 points essentiels, 5 besoins  :

  1. Physiologie 
  2. Sécurité 
  3. Appartenance 
  4. Estime de soi
  5. Accomplissement

Ces 5 besoins ne peuvent être comblés que dans un ordre particulier : du besoin le plus primaire au besoin le plus élaboré ; le besoin d’accomplissement après le besoin physiologique.

Explication de la pyramide de Maslow

Explication de la pyramide de Maslow

Prenons l’exemple d’une personne A, seule, exilée dans un pays dont la culture diffère largement de la sienne, sans rien avoir pris avec elle. Pour se construire, A va devoir combler ses besoins petit à petit, en utilisant un ordre de priorité bien précis : 

Besoin physiologique

A se retrouve seul et désemparé dans ce nouveau pays. Il a marché depuis longtemps et il fatigue. A quoi pense-t-il en premier lieu ? A manger, à boire, à dormir… Le peu de monde qu’il croise ne parle pas sa langue natale. Il est sale, personne ne veut s’approcher de lui par son allure de mendiant. A est prêt à se mettre en danger, à tuer pour assouvir son besoin physiologique, car il tente de survivre.

Besoin de sécurité

A a maintenant trouvé la manière dont il peut survivre. Ses forces le maintiennent en vie. Il peut passer à la deuxième étape : assouvir son besoin de sécurité. A cherche un toit pour se protéger de la pluie, des murs pour se protéger du vent et des animaux, et cherche à se surélever pour ne pas se faire atteindre par les insectes. Il se protège.

Besoin d’appartenance

La base de sécurité est trouvée. A sait qu’à chaque instant où il se sentira en danger il pourra retrouver cet espace de repos. Il cherche alors un groupe de personnes qu’il pourra intégrer. Comme ce groupe sera également son groupe de référence, il lui servira de repère. Toutes les actions qu’il souhaitera entreprendre seront comparées à ce groupe. Comment agir ? Où aller ? Que faire ? A a besoin d’agir comme cette nouvelle société le fait, pour se fondre dans la masse, pour renforcer sa sécurité. Faire partie d’un groupe est important pour l’être humain, car nous sommes des êtres sociaux. Il développera par la suite un sentiment d’appartenance au travers de ce groupe.

Besoin d’estime

Le sentiment d’appartenance va être directement dépendant de l’estime de soi. Si A se sent bien dans le groupe et qu’il a développé un fort sentiment d’appartenance, son estime de lui augmentera. En revanche, s’il ne se sent pas bien dans le groupe mais que son sentiment d’appartenance est élevé, il se sentira mal. Son estime de lui diminuera. A ne quittera ce groupe que dans le cas où le sentiment d’appartenance sera faible, dans le cas où A se sentira totalement détaché du groupe. Il cherchera alors à assouvir son besoin de sécurité : se protéger avant tout.

Besoin de s’accomplir

Dans le cas où l’estime de A augmente, il ressentira le besoin de s’accomplir. Autrement dit, A cherchera à s’épanouir, à apprendre, à méditer…

La réalisation d’un besoin s’appuie donc sur la réalisation du besoin précédent. De ce fait, plus on avance dans la liste des besoins et plus il est difficile de les réaliser. C’est pour cela que l’on parle de “pyramide” de Maslow.

Le groupe d’appartenance

Étant donné que l’humain est un être social, il est évident de se dire que chaque personne fait partie d’un groupe social. Qu’il soit composé de 2, 10 ou 30000 personnes, que ce soit notre famille ou le club de gym, nous faisons partie d’un ou de plusieurs groupes.

Nous ne choisissons pas forcément d’appartenir à ces groupes. Par exemple, nous ne choisissons pas notre groupe familial : ni nos parents ni nos frères et sœurs ont été sélectionnés.

Choix du groupe d’appartenance

D’après la psychologique sociale, chaque groupe social est régit par des règles explicites ou implicites. Par exemple, on retrouvera plus facilement les règles explicites dans des activités sportives, où l’on dicte clairement ce qu’il est possible de faire et ce qu’il n’est pas possible de faire. En revanche, les règles implicites seront plus facilement retrouvées dans un groupe d’amis, où les codes suivis se sont forgés petit à petit entre les personnes (respecter le temps de parole, adopter un style particulier…).

Les règles constituant ces groupes diffèrent de l’un à l’autre. De cette manière, nous allons pouvoir comparer chaque groupe à nos valeurs et à nos croyances. Puis, une fois trouvé un groupe nous ressemblant, nous cherchons à nous intégrer à lui : il devient le groupe d’appartenance. Ce groupe a une grande influence sur notre vie.

Influence du groupe d’appartenance

Si au départ nous avons choisi de nous rapprocher de ce groupe d’appartenance, il va également nous influencer et participer à la construction de notre identité. Comment agir ? Comment penser ? Pour prendre une décision, nous allons comparer ce que nous voulons à ce que le groupe veut. C’est pour cela que nous observons régulièrement des groupes d’amis se ressemblant comme deux gouttes d’eau : chacun créé son style, ses comportements en fonction du groupe et de ses règles. De cette manière, ils développent et entretiennent leur sentiment d’appartenance.

Sentiment d’appartenance

Au début de notre vie, nous considérons notre groupe familial comme notre groupe d’appartenance. Ce groupe satisfait notre besoin physiologique et de sécurité. Nous nous lions donc à lui en développant un sentiment d’appartenance.

Le sentiment d’appartenance représente “ce qui nous colle au groupe“. Plus ce sentiment d’appartenance sera élevé, plus on sera lié au groupe. A l’inverse, moins on percevra ce sentiment, plus on aura tendance à s’éloigner. C’est pour cela qu’il est important de pouvoir s’identifier au groupe, car si nos valeurs semblent grandement ressembler au groupe en question, ce sentiment sera plus présent. Il peut également être augmenté par ce qu’il va nous apporter. Par exemple, si le fait de faire partie de tel groupe nous permet de se sentir valorisé et de se sentir “dans le juste”, ce sentiment aura tendance à être renforcé. Dans le cas contraire, nous aurons tendance à nous éloigner du groupe.

Faire partie intégrante d’un groupe nous apporte donc le sentiment d’être accepté et reconnu. Puisque nous faisons partie d’un groupe, c’est que nous sommes un être à part entière qui à le droit de vivre en communauté. Nous allons ainsi nous investir dans ce groupe qui nous apporte tant de confort.

Dans de bonnes conditions, le sentiment d’appartenance peut donc être considéré en tant que support psychologique apportant quelques avantages :

  • Combattre le sentiment de solitude 
  • Accroissement de la motivation et de l’enthousiasme ;
  • Préparation de la personne à combler le besoin suivant (selon la pyramide de Maslow) : l’estime de soi. Un fort sentiment d’appartenance participera à une formation positive de l’estime de soi.

Conséquence du sentiment d’appartenance

Le sentiment d’appartenance est complexe, puisqu’il peut être lié autant à une émotion positive qu’une émotion négative en plus d’être variable en intensité :

  • Fort sentiment d’appartenance avec une émotion positive.

Ce sentiment d’appartenance est le meilleur. En effet, il nous procure la sensation que nous sommes membre à part entière d’un groupe. Nous sommes acceptés pour notre propre valeur et cela nous procure de la joie, du réconfort et surtout de l’assurance. Il est également source de motivation, et nous permet d’être plus efficace socialement ainsi que professionnellement. Autre point important, il participe à l’amélioration de notre estime de nous-même.

  • Faible sentiment d’appartenance avec une émotion positive.

L’émotion ressenti nous procure autant de points positifs que cités dans le point précédent, mais en moins grandes proportions. En effet, le sentiment d’appartenance est ici faible, donc peut être modifié simplement. Le lien au groupe peut être rompu facilement dans le cas d’une dispute ou d’un autre accroc.

  • Fort sentiment d’appartenance avec une émotion négative.

Ce sentiment d’appartenance est le pire. En effet, il nous fait vivre dans un sentiment de mal-être. Il nous est cependant impossible de quitter le groupe dans le sens où nous en sommes très attaché. Dans ce cas présent, nous sommes donc en constante ambivalence. En effet, nous souhaitons garder notre place au sein du groupe, mais il nous apporte majoritairement de la souffrance psychologique, entraînant un sentiment de solitude et même une dépression.

  • Faible sentiment d’appartenance avec une émotion négative.

Ce dernier sentiment d’appartenance est plutôt positif. Il procure, certes, un mal-être et ne nous permet pas de combler le besoin d’estime de soi, mais il nous permet cependant de nous protéger. En effet, l’appartenance au groupe est faible. Il ne nous est donc pas difficile de le quitter pour se préserver. Il nous sera toujours possible de trouver un autre groupe où nous pourrons nous épanouir pleinement !

Le sentiment d’appartenance, lien au groupe d’appartenance, est donc nécessaire à notre développement ainsi qu’à notre bien-être. Ce sentiment social joue un rôle prépondérant dans notre existence, sans quoi nous ne pourrions avancer dans l’accomplissement de nos besoins.

Merci d’avoir porté attention à cet article. N’hésitez pas à le commenter pour dire ce que vous en avez pensé ou si vous avez des questions ! Nous prendrons plaisir à vous répondre.

Thérapie génique : une solution contre le SIDA

Guérir d’une maladie incurable? Il se pourrait que ce soit possible. Cancer, SIDA, Mucoviscidose, etc. La thérapie génique élabore des solutions depuis plus de 20 ans afin d’apporter une guérison possible aux maladies jusqu’alors incurables. Cette technique est encore jeune, mais les nombreux essais cliniques en cours montrent des résultats favorables et encourageants pour une utilisation future plus généralisée. Le but de la thérapie génique est de prélever une copie de notre propre ADN, de le modifier, puis de le réinjecter dans notre propre corps. Pour en savoir plus au sujet de la thérapie génique, je vous invite à lire cet article.

Thérapie génique : une solution contre le SIDA

La thérapie génique utilise l’ADN

L’ADN, sous la forme d’un chromosome

Au cœur des cellules qui composent notre corps se trouve un noyau, dont le rôle est de protéger notre matériel génétique. Ce matériel est nommé ‘ADN’ (Acide DésoxyriboNucléique), support de l’information génétique. Autrement dit, il recense l’intégralité des informations nécessaires au fonctionnement de notre organisme : la formation et le fonctionnement de nos organes, de nos membres, la création de nouvelles cellules… L’ADN est un ensemble de codes ou de messages nommés “gènes”, qui nous permet de nous construire et de vivre en relation avec notre environnement.

Dans nos cellules, l’ADN est présent sous la forme de chromosomes. Normalement longues de 2 mètres, chaque molécule d’ADN est condensée au maximum pour n’atteindre, au final, plus que quelques micromètres. De cette manière, chaque noyau de nos cellules (hormis les globules rouge) peut contenir 23 paires de chromosomes. Chaque paire recense des fonctions qui lui sont spécifiques.

Pour former un chromosome, une molécule d’ADN doit se condenser d’une façon particulière, suivant un schéma précis :

  • Deux brins d’ADN, contenant des messages différents, s’assemblent grâce à leur complémentarité afin de créer une molécule d’ADN, sous la forme d’une échelle.
  • Cette échelle est tordue : on obtient la formation d’une double hélice.
  • La double hélice est enroulée autour de nucléosomes, un assemblage de protéines, pour former une sorte de collier de perles.
  • Ces colliers de perles sont également enroulés sur eux-mêmes, puis se replient pour former de grandes boucles, qui s’enroulent de même.
  • Enfin, les grandes boucles enroulées se condensent encore une fois pour former ce qu’on appelle un chromosome.

L’ADN, un matériel fragile

Cet extrême condensation de l’ADN permet certes de contenir plusieurs paires de chromosomes au sein d’un même noyau, mais elle permet également de le protéger.

Les codes qui y sont contenus sont composés d’un mélange spécifique de nucléotides : “A” (Adénine), “T” (Thymine), “C” (Cytosine) et “G” (Guanine). Ces nucléotides sont assemblés par triplets que l’on nomme codon, correspondant chacun à un acide aminé particulier (ex : Arg ; Lys). Le gène traduit se manifeste sous la forme de ces acides aminé.

Par exemple, le codon UUC correspond à l’acide aminé “Phénylalaline” (Phe), tandis que le codon UUA correspond à l’acide aminé “Leucine” (Leu). Entre ces deux codons, la différence d’un seul nucléotide est responsable de la production d’un acide aminé différent. Le message porté par les codons n’est alors pas le même.

Il arrive que dans un gène la présence d’un acide aminé soit anormale. Par conséquent, tout le sens du message peut en être modifié, entraînant des répercutions à différents niveaux de notre corps.

Malgré la protection, 3 modifications pouvant intervenir dans l’ADN ont été répertoriées :

  • Insertion : un nucléotide s’ajoute dans le gène, décalant le cadre de lecture. Cette mutation peut être représentée comme suit : le message “AUG CCC UGG UGA” ayant subit une mutation par insertion devient “AUG CCC UGA GUG A”. Ici, le codon UGA est responsable de la fin de la lecture du gène. Dans ce cas, la mutation stoppe la lecture du gène plus tôt que prévu. Il manque un acide aminé : l’intégralité du sens du message porté est changé.
  • Délétion : un nucléotide est supprimé dans le gène. Par exemple, le message “AUG CCC UGG UGA” devient ‘AUG CCC UGU GA”. Ici, il n’existe plus de codon stoppant la lecture du gène. Le message est donc plus long que la normale car trop d’acides aminés vont être lu : l’information transmise est totalement différente.
  • Substitution : un nucléotide est échangé avec un autre. Par exemple, “AUG CCC UGG UGA” devient “AUG CCC UGC UGA”. Ainsi, la signification d’un des codons est modifiée, altérant la qualité du message. Cette mutation peut être plus ou moins grave selon le nucléotide changé, et la place qu’il occupe dans le gène.

Ces 3 mutations différentes peuvent avoir des conséquences notables. En effet, chaque gène est lu lors de la transcription pour être transformé en ARNm, qui est ensuite traduit lors de la traduction dans le but de synthétiser une protéine, porteuse du message final. Si une mutation n’est pas réparée, la protéine normalement exprimée sera absente ou même différente et apportera donc un ordre différent. Ces modifications protéiques sont observées au travers de maladies neurodégénératives comme Alzheimer (modification de la protéine tau).

Cependant, les mutations sont observées par milliers chez chaque individu présent sur cette planète. Certaines restent inoffensives (comme les grains de beauté par exemple), tandis que d’autres sont réparées grâce à des mécanismes spécifiques (système BER par exemple).

La thérapie génique, qu’est-ce que c’est ?

Les mécanismes énoncés (transformation de l’ADN en ARNm, traduction, réparation) sont tous sollicités dans la thérapie génique. Elle offre ainsi aux “condamnés” une porte de sortie, une guérison possible.

La thérapie génique est une technique médicale dont on parle de plus en plus aujourd’hui. Elle vise à contrôler les mécanismes cellulaires naturels grâce à la manipulation génétique d’ADN prélevé dans le corps du patient. De cette manière, elle pourrait soigner des maladies (ou pathologies) dont les causes diffèrent : maladies infectieuses, monogéniques, hématologiques et même cancers. Cette variabilité des causes pathologiques demande plus de travail de la part des cliniciens. En effet, les pathologies et leurs conséquences doivent être connues pour que des mécanismes précis soient repérés, identifiés et sollicités. Ceci permet d’éviter tout risque secondaire.

Vaincre le SIDA (VIH), une maladie infectieuse

Notre corps produit des cellules capables d’identifier des éléments menaçants (antigènes). Lorsque ces cellules rencontrent un antigène, elles l’identifient puis rejoignent un lieu réservé à l’activation de lymphocytes T (LT), spécifiques. Par la suite, les lymphocytes activés migrent jusqu’au lieu où se trouve les antigènes et participent à leur destruction.

Cependant, lorsque le patient est atteint par le VIH (SIDA), les LT spécifiquement activés pour vaincre le virus en deviennent la cible. En effet, celui-ci se sert des LT pour se reproduire, nuisant fatalement à cette cellule. La défense produite par le corps du patient est alors anéantie, laissant cette maladie s’aggraver jusqu’à la mort de la personne.

Les seules médicaments utilisées lors de l’atteinte de cette maladie servent à stopper l’évolution de la maladie. Mais elles ne la guérissent pas pour autant. La thérapie génique est la première à proposer une solution réalisable en plusieurs étapes :

  • Prélèvement d’une cellule souche dans la moelle osseuse, à l’aide d’une ponction. Cette cellule souche est avantageuse dans le sens où elle ne s’est pas encore spécialisée et qu’elle peut donc encore se multiplier. La prélever nous permet de s’assurer que la modification réalisée sera présente en grand nombre et sur le long terme.
  • Insertion d’un gène spécifique. En insérant ce gène, on permet à la cellule de développer une protection contre le VIH. Cette résistance lui laisse tout de même sa capacité de défendre le corps contre les antigènes. Lors d’une attaque du VIH, ces cellules seront aptes à réagir et à défendre le corps jusqu’à sa guérison.
  • Réinjection de la cellule prélevée et modifiée, dans le corps de la personne. Celle-ci, en se multipliant, serait donc à l’origine d’une colonie de LT spécifiques, tous résistants au VIH. Le système immunitaire de la personne peut donc contrer l’attaque.
  •  

Les essais cliniques menés pour la vérification de l’efficacité de ce procédé sont encore en cours. Mais les résultats observés jusqu’ici sont prometteurs, et laissent entrevoir une guérison possible pour la majorité des patients atteints du VIH.

Cette manière de procéder n’est qu’un exemple, montrant de quoi est capable la thérapie génique. Celle-ci peut être utilisée dans le traitement (futur) d’autres types de maladies, où les résultats dans ces essais cliniques sont également encourageants (mucoviscidose, cancer…).

Cependant, on observe certains risques lors de manipulations.

Les risques de la thérapie génique

Utiliser la thérapie génique n’est pas sans risque. Ceci explique l’utilité des essais cliniques et du temps important nécessaire pour les réaliser.

Même si nous connaissons de plus en plus de choses en ce qui concerne la génétique, il persiste une part de mystère. Ainsi, ne la maîtrisant pas, on observe parfois des conséquences, effets secondaires au traitement initial :

  • Multiplication anarchique des cellules : les cliniciens utilisent des cellules souches de l’organisme, afin de les modifier avant de les réinjecter. De nouveau à l’intérieur du corps, ces cellules se multiplient. Mais il arrive parfois qu’un gène de cette cellule soit endommagé : la multiplication cellulaire anarchique induite créé un “cancer”. C’est de cette manière que des leucémies sont survenues lors d’essais cliniques.
  • Mauvaises cibles : il arrive également que les cellules manipulées par les cliniciens puis réinjectées dans le corps, se dirigent vers des organes normalement non ciblés. C’est de cette manière que l’on peut observer des dysfonctions.

Cette liste n’est pas exhaustive, mais elle nous enseigne que la thérapie génique doit être considérée avec attention.

Les résultats des essais cliniques utilisant la thérapie génique sont encourageants. Ils offrent une nouvelle voie à la médecine, nous présentent de nouvelles opportunités. Mais elle doit être utilisée avec précaution tant au niveau de la manipulation qu’au niveau éthique. En effet, une telle réussite pourrait bien être utilisée à des fins douteuses.

Merci beaucoup de nous avoir lu jusqu’à la fin. Si vous avez des questions à propos de cet article ou que vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à écrire un commentaire !

La migraine : Plus qu’un simple mal de tête

La migraine touche environ 8 million de personnes, dont la majorité sont des femmes, soit environ 12% de la population adulte et peut arriver jusqu’à toucher 10% des enfants.

Je ne parle pas de ce mal de tête que vous pouvez avoir de temps en temps, mais de cette douleur infernale accompagnée de plusieurs symptômes et qui surgissent de façon chronique.

La migraine ne touche qu’un côté du cerveau, et qu’un point précis.

La migraine est plus importante chez les femmes que chez les hommes, et débute avant 40ans dans la majorité des cas. Chez les femmes elle peut diminuer après la ménopause.

Cette maladie est considérée au 20ème rang des maladies ayant un impact sur le handicap et l’altération de la qualité de vie, et si on ne considère que la population féminisme, elle arrive dans les TOP10.

La migraine se divise en deux catégories, migraine avec aura et migraine sans aura, la différence entre les deux c’est qu’une prévient avant de gâcher votre journée et l’autre non. Les traitements se divisent aussi en deux, ceux qui visent les conséquences du problème tels que les maux de tête, la douleur, etc. Et ceux qui vont directement à l’origine de la maladie.

Qu’est-ce qu’une migraine ?

La migraine est une maladie complexe, une affection engendrant de nombreux symptômes dont une céphalée (= mal de tête) chronique. Cette dernière est un critère important mais pas le seul. Pour dire qu’une douleur à la tête est une migraine, il faut que ça soit accompagnée par plusieurs d’autres signes.

  • Le mal de tête dure de 3 heures à 3 jours
  • Nausées et vomissement
  • Hypersensibilité envers les sons et la lumière
  • Son intensité est croissante.
  • Elle est souvent pulsatile, comme un cœur qui bat dans la tête.
  • Une personne sur trois souffrant d’une migraine est victime d’une aura, illusion visuelle ou autre autre trouble moteur ou sensoriel juste avant la survenu de la migraine.

Dans ce cas là, on parle d’une céphalée migraineuse, ou migraine avec aura.

Il existe aussi des crises de migraine sans aura

  • Viennent et disparaissent spontanément
  • Les migraines sont séparées par une période de latence, ou l’individu n’a pas de migraine.
  • Imprévisible
  • Constitue 80% des crises migraineuse.

En théorie et d’après la société internationale des céphalées, une personne est considérée migraineuse, si elle a eu au moins une migraine sans aura ou deux crises avec aura.

Pour comprendre la migraine au niveau neurologique :

Qu’est ce qu’une aura migraineuse ?

Une aura migraineuse se passe dans les moments précédents la crise, et touche 20% des cas.

Les auras qu’on rencontre le plus, sont les auras visuelles, autrement dit, les auras ophtalmiques ; le champ visuel se rempli d’une sorte de points qui scintillent et on a l’impression qu’il y a des mouches qui passent et des lignes lumineuses. Elle peut aussi se manifester en causant la perte de la moitié du champ visuel de chaque œil.

Il existe d’autres auras bien que rares, elles se manifestent sous la forme de troubles du langage, de troubles psychiques et peut même causer des hallucinations. A ce moment précis, on peut avoir la tête qui tourne, et ne plus pouvoir tenir debout sans l’aide d’un support (comme si on allait s’évanouir)

Il existe plusieurs auras moins fréquentes que la visuelle, comme l’aura sensitive qui se traduit en une sensation de fourmillement, ou engourdissement au niveau des doigts, des mains, etc. et l’aura phasique qui est un trouble de la dénomination ; la personne est incapable de donner un nom aux objets et aux personnes même si elle les connaît.

Qu’est ce qui peut causer une migraine ?

Hérédité

Le facteur génétique est plus important dans la migraine avec aura, que dans celle sans aura.

Si plusieurs personnes de la même famille sont atteintes de cette maladie, on peut considérer la cause comme héréditaire.

Hormones

Les hormones ne causent pas la migraine, mais la survenue des crises coïncide avec des variations hormonales.

Si cette maladie touche les femmes plus que les hommes, c’est certainement à cause des événements qu’elles vivent.

  • La migraine commence à la puberté chez les 10 à 20% des femmes atteintes.
  • La puberté est plus en lien avec la migraine sans aura que celle avec aura
  • La grossesse joue un rôle important dans la diminution de la fréquence des crises migraineuse, parfois même leur disparition.
  • La migraine chez la femme, a tendance à s’aggraver de plus en plus, mais une fois arrivée à la ménopause, elle a tendance à diminuer.
  • Les migraines sans aura ont tendance à coïncider avec l’arrivée des règles.

Facteurs physiques

Une activité physique ou intellectuelle très importante, dont la personne n’est pas habituée, ou une surcharge de travail.

Anxiété et dépression

La présence permanente des troubles psychologiques tels que l’angoisse et la dépression favorise la survenue de la migraine

Stress

Le stress est souvent l’élément déclenchant, mais les migraines peuvent aussi déclencher le stress, ce qui met la personne dans une boucle sans fin.

La migraine et les facteurs déclenchants

Les causes sont ce qui a rendu la personne atteinte de la migraine, mais cette dernière n’est pas présente H24 et 7j/7, il y a des moments précis où la douleur surgit, mais qu’est ce qui fait que ces crises se déclenchent ?

  • L’alimentation : Comme dans une allergie, certains aliments peuvent déclencher une crise comme : une boisson précise, un gâteau, du thé…
  • Hormones : Comme cité précédemment, les hormones ne sont pas des causes, mais la migraine peut coïncider avec un changement hormonal, comme pendant les règles, la prise de la pilule…
  • L’environnement : La luminosité, le son, la température, la hauteur…
  • Facteurs psychologiques : Stress, conflit, traumatisme…

Il est important de savoir quel est le facteur déclenchant, afin de l’éviter et ainsi limiter les crises migraineuses, pour cela, il vaut mieux noter dans un agenda la fréquence des crises et les activités qu’on a fait juste avant, comme ça, on pourra savoir quel est l’élément qui déclenche ces crises.

La différence entre la migraine et un simple mal de tête

Comme cité précédemment, le mal de tête n’est qu’un symptôme parmi les nombreux autres symptômes qui caractérisent la migraine. Son diagnostic nécessite la présence de signaux tels que :

  • Les crises douloureuses durent de 3 heures à 3 jours puis disparaît complètement pour réapparaître dans un autre temps.
  • La douleur vous donne l’impression qu’il y a un cœur qui bat dans votre tête
  • Vous êtes très sensibles à la lumière et au bruit.

Les différents traitements

Traitements spécifiques et traitements non spécifiques

Parmi les différents traitements de la migraine, on distingue deux types de traitement : spécifiques, et non spécifiques.

Les traitements spécifiques attaquent l’origine de la migraine, alors que les non spécifiques traitent les maux de tête.

Comme traitement non spécifique, il y a:

  • Les anti-inflammatoire non stéroïdiens comme l’aspirine.
  • Le paracétamol
  • L’oxygénothérapie, c’est le fait de mettre une personne sous oxygène.

Le traitement spécifique repose sur les triptans qui sont des médicaments destinés aux traitements des crises migraineuses importantes.

Malheureusement, il y a beaucoup de patients qui se focalisent plus sur la douleur que sur l’origine de cette dernière, c’est pourquoi ils n’envisagent pas les traitements spécifiques, qui est un grave erreur.

Traitement de fond

C’est un ensemble de médicaments utilisés pour traiter les crises migraineuses, et réduire leur fréquence ainsi que leur intensité.

Parmi ces médicaments il y a le topiramate, l’amitriptyline et le valporate, etc.

Ce traitement est proposé que lorsque les crises sont fréquentes (plus de trois pas mois)

Traitement non médicamenteux

Il existe des méthodes de relaxation comme le yoga, le zen, la méditation, la sophrologie et la thérapie comportementale qui consiste à apprendre les facteurs responsables du déclenchement de ces crises, et comment les gérer.

Prévention

  • En cas de migraine, rester dans le calme et le noir est très conseillé pour calmer la douleur et ne pas aggraver la situation
  • Croyez-le ou pas, mais une bonne douche (chaude ou froide) et un sac de glace sur la tête n’est pas juste une astuce de grand-mère qui ne sert à rien, au contraire, ça fait la différence.
  • Changer d’environnement, si vous êtes dans un endroit stressant ou stimulant (bar, boîte de nuit…).
  • Évitez l’alcool, la drogue… Ou tout ce qui peut affecter votre cerveau.
  • Une migraine peut aussi être un symptôme révélateur d’une maladie. Si ça continue, voir un médecin est très conseillé

Quelques fausses idées à jeter à la poubelle

  • Les migraines n’est pas un résultat des troubles visuelles, ce dernier est un symptôme qui accompagne la maladie et non pas une cause
  • La migraine ne se définie pas par le mal de tête, ce dernier, bien qu’important n’est qu’une seule pièce dans le puzzle.
  • La migraine n’est pas une maladie simple qu’on peut négliger, surtout quand elle est chronique. Elle peut aussi être le symptôme de quelque chose de plus grand.
  • L’important n’est pas de ne plus sentir la douleur, mais de son origine.

N’hésitez pas à aimer et partager mon article 🙂 je serai ravie de répondre à vos questions.

À bientôt !

La névrose : Une maladie qu’il faut “enfin” prendre au sérieux

Avez-vous déjà entendu dire qu’il existe un vaste univers dans notre cerveau auquel on a pas accès ? Laissez-moi vous dire que ce n’est pas qu’une simple rumeur. Notre psychique est constitué de trois parties : Le ça (centre des désirs), le surmoi (La structure morale) et le moi (qui essaye de faire un équilibre entre les deux). Cependant, ces trois instances psychiques élaborées par FREUD, ne se mettent pas toujours d’accord, il y a des moments où le ça et le moi sont en conflits, nos pulsions et nos désirs veulent se manifester au grand jour et prendre le contrôle, sauf que le monde extérieur par exemple, ne le permet pas. C’est ce qui cause la névrose.

La névrose est une maladie qu’il faut prendre au sérieux

À un moment donné, le moi gagne, autrement dit, la réalité prend le dessus. Cependant, le ça ne se laisse pas faire, il veut à tout pris accomplir son désir, et satisfaire sa pulsion, c’est pourquoi il revient sous une autre armure, qu’on appelle le symptôme. En fin de compte, le moi ne cessera de fuir le ça caché sous cette armure, ce qui le laissera apparaître sous la forme de ce même symptôme.

La névrose, c’est quoi?

La névrose est un ensemble de maladies psychiques non inflammatoires dont la personne est consciente, et qui n’est pas du à un dysfonctionnement physique du système nerveux. Le névrosé est conscient de sa maladie et s’en plaint, il veut s’en débarrasser, car même si la personne continue de vivre normalement, son mode de vie est perturbé (relationnel, quotidien…).

Cette maladie psychique résulte de conflits coincés dans l’inconscient, et des pulsions qui se sont vus refuser l’accès au conscient sous leur véritable aspect, c’est pourquoi ils ressortent sous différentes formes méconnaissables comme : Une phobie, une anxiété, obsession… Ces conflits viennent de traumatismes vécus à un moment précis dans notre vie (enfance, adolescence…) comme la perte d’un proche, une humiliation, un rejet…

Freud différencie la névrose de la psychose, notamment dans son rapport avec la réalité

« La névrose de dénie pas la réalité, elle veut seulement ne rien savoir d’elle ; la psychose la dénie et cherche à la remplace »

Autrement dit, un névrosé sait qu’il est malade et s’en plaint, alors que la psychose n’en est pas conscient, c’est une déstructuration.

La névrose, origine

Ce terme de névrose a été introduit pour la première fois, par le médecin écossais William Cullen en 1769 sous forme de « neurosis » (neuron =nerf et ose de osis = maladie non inflammatoire), puis introduit en français par Philippe Pinel avec ce terme actuel qui veut dire toute maladie du système nerveux sans cause organique.

Pendant longtemps, la névrose était comme une catégorie où on mettait les personnes atteintes de maladie d’origine non organique et qu’on ne comprenait pas l’origine ou la cure.

La névrose selon Sigmund Freud

Impossible de parler de névrose sans parler de S. Freud, il l’a étudié pendant très longtemps et l’a catégorisé parmi les trois principaux pôles en psychanalyse : névrose, psychose et perversion. Ce sont les piliers de la psychanalyse.

La névrose a été un concept longuement étudié par Sigmund Freud, selon lui « la névrose est une maladie psychique, dont les symptômes peuvent être physiques (mais ne sont guérissables en général par la médecine) et qui se caractérisent par une conduite inadaptée par rapport aux exigences ordinaires de la vie. Les névrosés souffrent de refoulement, leurs troubles jouent un rôle de compromis : ils leur servent à se protéger (plus ou moins efficacement) des effets du refoulement et en même temps à maintenir ce refoulement. Car une des principales conditions essentielles de la névrose est que le malade ne sache pas ce qu’il refoule, c’est-dire ignore les désirs cachés de son inconscient. ». Il affirme aussi que la névrose est un conflit entre le ça et le moi et que ce dernier serait sous la merci du surmoi qui lui interdit d’accepter le ça.

En psychanalyse, un patient doit être catégorisé dans l’un de ces trois pôles avant de commencer la thérapie, car cette dernière diffère d’une catégorie à l’autre.

les différents type de la névrose

Névrose obsessionnelle

Tout d’abord, l’obsession est une forme de névrose, c’est la plus grave de toutes ses formes, elle surgit dans la vie du patient et devient une sorte de rituel. Le patient est conscient de son obsession et il en a honte, toutefois, il est difficile pour lui de s’en débarrasser comme ça, elle pose de véritables problèmes thérapeutiques.

Le psychique est obsédé par un point précis (un chiffre, un mot, une lettre, une idée…), qui, d’un côté, permettent à l’inconscient de jouir d’un plaisir non conscient. Ce type de névrose est causé par une fixation au stade anal de l’enfance.

Exemple d’un discours d’un névrosé obsessionnel :

Névrose phobique

La névrose phobique est un syndrome dont le symptôme le plus important est la phobie.

La phobie est une véritable angoisse qui s‘empare des personnes qui y sont confrontées. La personne phobique est tout à fait consciente de sa peur et de son absurdité. Par conséquent, elle tente d’éviter, par tous les moyens, la situation ou l’objet redouté. La phobie est le résultat d’un refoulement d’une angoisse dont la personne n’est pas consciente, et qui est mise en place en forme de scénario ou objet qui peut être représenté (araignée, obscurité, hauteur, animaux…). Elle est considérée comme une tentative de fuite, et empêche la libération de la véritable angoisse.

Exemple : Si une personne a peur du noir, en réalité, ce n’est pas vraiment ce qui lui fait peur, mais une angoisse de son inconscient, qui a choisi l’obscurité comme armure pour une raison précise, afin de sortir à la conscience, et non pas en sa forme initiale de qui, justement il tente de s’en échapper. Un enfant qui a peur du noir, a en général peur d’être séparé de sa mère, mais cette forme d’angoisse n’a pas pu passer le barrage entre l’inconscient et le conscient, sinon ça aurait d’une certaine façon traumatisé ce dernier, c’est pourquoi elle est sortie en forme d’une phobie de l’obscurité

Les personnes atteintes sont souvent passives, timides par rapport à l’objet. Le sujet cherche à éviter, et à se rassurer en s’éloignant ou en cherchant la compagnie d’une personne familière, avec qui il peut créer une certaine dépendance.

Les traitements possibles seraient :

  • Une psychothérapie ou une psychanalyse, et même les thérapies de groupe.
  • Le TCC (thérapie cognitivo-comportementale).
  • La chimiothérapie est utile en cas d’une extrême phobie engendrant une souffrance.

Névrose hystérique

L’hystérie est une névrose qui touche autant les hommes que les femmes, elle est caractérisée par une demande affective très importante, et la personne s’invente une vie imaginaire où il peut satisfaire ses désirs et sentiments de manière exagérée. Contrairement en France où elle garde encore ce nom, le DSM l’a nommé attaque de panique ou trouble obsessionnel compulsif (TOC).

Cette névrose trouve son origine dans des conflits inconscients qui se manifestent sous la forme de symptômes physiques comme des douleurs, des paralysies, des troubles de la conscience, etc.

La personnalité d’un malade peut être caractérisée par une timidité importante, un besoin d’être rassuré tout le temps et une grande difficulté à prendre des décisions, il ne peut pas être indépendant, il repose toujours sur les autres, ça peut aussi engendrer des difficultés sociales, vu son besoin permanent d’affection, et sa recherche de la perfection. Un névrosé a besoin de ses crises de paniques pour se défendre contre l’angoisse, ce qui est paradoxal, car c’est justement ces crises qui lui pose problème.

Il peut subir des crises de panique intense sans raison, qui peuvent durer de quelques minutes à quelques heures, et qui doivent être pris en charge en urgence, en injectant un calmant et en rassurant la personne sans la laisser seule.

Le traitement peut s’avérer difficile, et celui qui prend en charge le patient doit être neutre et avoir une attitude compréhensive. Des antidépresseurs peuvent être nécessaires en cas de dépression ou si les crises sont fréquentes. Une psychothérapie ou une psychanalyse peuvent s’avérer nécessaires, pour convaincre le patient qu’il n’a pas besoin de ces crises de panique pour vaincre l’angoisse. Il peut aussi suivre des séances de relaxation, comme le yoga, la sophrologie, etc…

La névrose d’angoisse

On est d’accord qu’on a tous été angoissé à un moment ou l’autre dans notre vie, cette anxiété peut même s’avérer utile, elle nous pousse à prendre la chose plus au sérieux, et à donner plus de nous même, par exemple, lors d’un examen ou d’un entretien, etc.

Cependant, elle devient problématique quand on la ressent de façon permanente, sans raison, quand elle nous aide plus à donner le meilleur de nous même, ou quand elle est la cause d’un épisode dépressif ou d’une crise de panique.

Elle constitue un élément important dans les névroses (phobique, obsessionnelle, hystérique…)

Elle peut se traduire en une fatigue intense, des sueurs, une accélération du rythme cardiaque et parfois de la respiration, la claustrophobie, l’agoraphobie et même l’apparition de douleurs physiques.

Le traitement possible serait de prendre des anxiolytiques pour calmer l’anxiété, puis suivre une thérapie ou une psychanalyse. Des méthodes de relaxation peuvent aussi s’avérer d’une grande aide.

Névrose asthénique

Ce type de névrose est le plus rencontré, il est traduit en une fatigue qui augmente avec l’inactivité, le repos n’est pas une solution, le patient a toujours l’impression d’être malade même si ce n’est pas le cas.

La cause de cette névrose varie d’une personne à l’autre : infectieuse, cardiovasculaire, digestif… Et le traitement change d’une cause à l’autre.

Névrose hypocondriaque

La personne atteinte de cette névrose est toujours préoccupée par son état de santé, on peut dire qu’il a peur d’attraper une maladie grave, c’est pourquoi il fait de nombreuses consultations médicales. Elle ressent toujours que quelque chose ne va pas chez elle même si tout est normal.

N’hésitez pas à partager cet article, ou à poser des questions si besoin, je serai ravie de répondre ?

À bientôt.

Ma solitude m’emprisonne : comment m’en sortir ?

Comment se sortir de la solitude ? Celle qui nous fait tellement souffrir, et que l’on perçoit à des moments inopportuns : nous sommes entourés, on nous montre du soutien, de l’attention, mais… On se sent seul(e). Cette solitude n’est pas seulement un ressenti, mais elle s’accompagne d’un flot de questionnements sur notre existence : sommes-nous normaux ? Pourquoi ressentir cela quand nous avons nos amis et notre famille autour de nous ? C’est parce que ce sentiment est insupportable et que nous avons envie d’en sortir que je vous propose de lire cet article, pour éclaircir ce coin sombre de votre vie.

La solitude : amie ou ennemie ?

La solitude est un sentiment que tout le monde peut ressentir. Mais en fonction de sa personnalité et du contexte dans lequel on se trouve, elle pourra être ressentie différemment : elle peut être provoquée parce que l’on choisit de passer un moment éloigné des autres afin de réfléchir par exemple, mais elle peut aussi être subie quand, au milieu de ses amis par exemple nous avons l’impression de ne pas faire partie du groupe.

Mais comment pouvons-nous définir la solitude ? Est-elle forcément négative ? Comment s’en sortir ? Si vous souhaitez avoir la réponse à ces questions, je vous invite à lire la suite de cet article.

Qu’est-ce que la solitude ?

Un sentiment complexe

Initialement, la solitude évoquait un isolement social, quelqu’un sans compagnie, séparé de ses semblables. Mais avec le temps, le sens de ce terme a évolué jusqu’à évoquer un sentiment de solitude psychique qui, d’après la psychologie sociale, serait accompagné de douleurs physiques. Par exemple, lors d’une rupture amoureuse, le sentiment de solitude qui nous envahi tout à coup provoque des sensations douloureuses, on a « le cœur brisé ». Et certains d’entre vous pourront malheureusement affirmer que cette expression n’est pas juste une façon de parler, mais bien un ressenti.

La solitude est donc un sentiment complexe qui touche une grande partie de la population.
On estime à presque 20 millions le nombre de personnes se sentant seules dans la population française (soit 30%). Mais ce chiffre reste une approximation puisqu’il est difficile de caractériser les types de populations touchées : les chômeurs, les personnes âgées et les célibataires sont pris en compte mais ne sont pas exclusivement présents.

Différents types de solitude

Il existe principalement 3 types de solitude :

  1. Le sentiment de solitude : lorsque nous nous percevons comme seul(e)
  2. L’isolement relationnel : lorsque les liens amicaux sont peu présents ou absents, ou lorsque nous avons peu de connaissances
  3. Et la solitude résidentielle : lorsque nous habitons seul(e)

Un isolement relationnel ou résidentiel n’implique pas forcément un sentiment de solitude.

Certaines personnes peuvent apprécier cette solitude physique et donc n’en souffrirons pas. A l’inverse, une personne ayant beaucoup d’amis et habitant avec sa famille pourra se sentir seule. Il est donc important de différencier ces types de solitude les uns des autres.

Les causes du sentiment de solitude

Ce sentiment de solitude ne vient pas spontanément, mais il est induit par plusieurs facteurs :

  • La construction d’idéaux : Lorsque nous idéalisons une personne qui nous est proche et avec qui nous passons du temps (un ami, notre conjoint…), nous nous sentons tout(e) petit(e) face à elle. Ce sentiment d’infériorité nous conduit à nous dévaloriser, et donc à croire que nous ne sommes « rien » à côté de cette perfection, d’où le sentiment de solitude.
  • La peur de l’exclusion : Cette peur s’immisce dans les moindres recoins de notre vie, ce qui explique qu’elle soit souvent un facteur de développement du sentiment de solitude. Pour comprendre ce facteur, il faut tout d’abord savoir que l’être humain est, et a toujours été un être social. Autrefois, lorsque nous étions différents, nous étions exclus de notre groupe et même de notre société. Grave conséquence, puisqu’une personne ne pouvait pas survivre seule bien longtemps. Rester attaché à un groupe est devenu un instinct de survie qui a été transmis de génération en génération, jusqu’à aujourd’hui. De nos jours, même si le fait d’être exclu ne garantit pas notre mort, nous y sommes tout de même sensibles.
  • Poids des réseaux sociaux : Aussi surprenant que cela paraisse, une étude a prouvé que si vous passez plus de 2h par jour sur un réseau social, vous avez deux fois plus de risque de vous sentir seul(e) que si vous y passez seulement 30 minutes. Ainsi, il serait possible de dire que plus vous passez du temps sur les réseaux sociaux, plus vous avez de possibilité de ressentir cette solitude.
  • Le chantage : Certaines personnes peuvent même ressentir cette solitude à cause d’une ‘stratégie manquée’. Ces personnes réclamant de l’attention et de l’amour en faisant du chantage déçoivent leur entourage et le pousse à les délaisser, entraînant cette solitude difficile. A terme, cette personne ne sait pas comment percevoir de l’amour autrement que par cette voie, et en devient donc dépendante.
  • L’âge avancé : Les personnes âgées sont souvent isolées, que ce soit en maison de retraire ou dans leur propre maison/appartement. L’isolement social est perçu comme un abandon, installant progressivement un sentiment délétère de solitude : sidération (perte de la capacité de penser, à parler…), perte de capacité à se défendre, baisse de QI… Les capacités cognitives sont altérées.

Les causes de la solitude sont multiples, il est donc facile de la ressentir. Mais est-ce vraiment mal de vivre avec ?

Les différents aspects du sentiment de solitude

Le “positif” de la solitude

A première vue, le sentiment de solitude peut être positif sur un plan adaptatif. En effet, le
fonctionnement du cerveau entre dans un mode de « défense » où il se charge de nous protéger face aux futures relations possiblement infructueuses. Ainsi, nous sommes plus attentifs aux informations négatives puisque nous voulons nous en défendre. Le stress perçu nous permettrait donc de nous protéger. Même si ce point semble positif puisque la solitude nous servirait ici de protection, on appelle ce fonctionnement la spirale négative, puisqu’elle est à l’origine de nombreux points négatifs.

Le “négatif” de la solitude

Le sentiment de solitude attaque principalement 4 points de notre être qu’il est important de
connaître afin de saisir l’importance de cette notion :

  • La Santé

La solitude augmente globalement le risque de mortalité. Certains vont même à dire qu’elle
serait deux fois plus dangereuse que l’obésité ! Pourquoi ?

Sans trop entrer dans les détails d’ordre médicaux, une étude de 2010 (Hawkley et Capioppo) explique ceci par l’accélération du vieillissement du corps, l’augmentation des risques de cholestérol ainsi que l’augmentation de la pression sanguine (hypertension). Elle est également source d’un stress constant et peut même être à l’origine de maladies chroniques telles que les risques cardiovasculaires ou même la dépression.

  • Le sommeil

La qualité et la quantité de sommeil sont également touchées. Le stress peut perturber le fonctionnement du tronc cérébral, altérant le sommeil en l’écourtant par exemple. De même, celui-ci peut nous empêcher de dormir profondément, et donc d’atteindre un niveau de sommeil utile à la réparation de notre corps. Ce dernier est donc épuisé, induisant la réduction de nos capacités intellectuelles (la résolution de problèmes par exemple), l’altération de notre mémoire (rappel d’informations plus difficiles) et la mise en place d’une fatigue psychique générale. Il a également été prouvé qu’un manque de sommeil favorisait l’isolement social. Nous nous retrouvons une fois de plus dans une forme de cercle vicieux : se sentir seul nous empêcherait de bien dormir, nous faisant se sentir seul(e), nous empêchant de bien dormir…

  • Les cognitions

En psychologie, les cognitions représentent l’ensemble de nos activités cérébrales se rapportant à nos connaissances. On y compte donc la mémoire, le langage, le raisonnement, l’apprentissage, etc.

Ces cognitions ne sont pas épargnées par le sentiment de solitude. En effet, celui-ci serait à l’origine de troubles de la personnalité, de psychoses (telle que la maladie d’Alzheimer) ainsi que de baisse des performances cognitives (déclin cognitif). Il serait même favorable au déclenchement d’une dépression : une personne A qui se sent seule depuis plus longtemps qu’une personne B, fera plus probablement une dépression que B. A terme, il pourrait même pousser la personne au suicide.

Ce qu’il est important de savoir également, c’est que le stress induit par ce sentiment de solitude est également précurseur de la baisse d’estime de soi, ainsi que d’une hausse de négativisme, d’anxiété et de colère. Ces derniers éléments entravent particulièrement nos capacités d’interactions sociales, et donc la création de nouveaux liens sociaux.

La santé, le sommeil et les cognitions dépendent du fonctionnement de notre cerveau. Les altérations présentées prouvent donc que la solitude a un impact psychologique et physiologique importants.

Dans le cas où vous souffrez de quelques uns de ces symptômes, il serait utile de se prendre en charge dans un délai relativement court, afin de limiter l’étendu de ces problèmes. Nous verrons les possibilités un peu plus loin dans l’article !

Quand le sentiment de solitude est absent

Et quand on ne se sent pas seul ? Que se passe-t-il ? Au vue des nombreuses
conséquences négatives de la solitude, nous avons vite fait d’oublier qu’il est possible de se sentir bien dans son corps : une hausse de l’estime de soi est associée à une hausse de la motivation et donc une hausse des interactions sociales. Nos supports psychologiques étant multipliés, notre stress diminue, et la qualité de notre sommeil est améliorée, donc notre corps peut être réparé. Ainsi, nous sommes moins touchés par les maladies.

Il est évident que tous les symptômes évoqués ne sont pas exclusivement dû au sentiment de solitude. Mais on sait qu’il y participe.

Comment se sortir de ce sentiment néfaste de solitude ?

Vous avez peut-être parcouru plusieurs autres sites vous proposant des remèdes miracles
contre la solitude. On pourrait s’en sortir en 6, ou 10 habitudes à prendre ! Les conseils sont peut-être vrais, mais il me semble facile de se perdre en les parcourant. Chaque personne est unique, et a besoin de solutions qui lui qui correspondent.

  • Je me sens seul(e), mais je pense pouvoir m’en sortir : Ne sous-estimez pas l’importance de ce sentiment ! Comme vous avez pu le voir, il a de nombreuses conséquences négatives qu’il est utile de contrecarrer. Si vous ne ressentez pas de grande motivation à en sortir, faites-vous ‘violence’ comme le dit l’expression.

En cherchant à parler avec d’autres, vous pourrez rencontrer des personnes avec qui vous vous sentirez en confiance. Rien ne sert de s’accrocher à la première venue… Mais avec le temps, vous la rencontrerez ! Que ce soit un ami ou un psychologue, peu importe. Ce qu’il faut, c’est une base de confiance.

Tout en cherchant ce support social, vous améliorerez vos compétences sociales. Vous pouvez optimiser les recherches en vous inscrivant à une activité que vous aimez, comme à la danse (parfois utilisée en art-thérapie) ou à la peinture par exemple.

Et pour faire face à l’ensemble des conséquences, faites des exercices favorisant votre cognition. Pour votre mémoire, vous pouvez par exemple jouer au Memory, ou utiliser une application spécifique. De nombreux exercices sous forme de jeu sont disponibles aujourd’hui !

  • Je me sens seul(e), mais je ne pense pas pouvoir m’en sortir : Dans ce cas, il est plus qu’important de faire quelque chose, sans quoi vous entretiendrez votre sentiment de solitude.

Je vous propose donc de trouver quelqu’un en qui vous pouvez avoir confiance pour faire face à ce sentiment. Votre meilleur ami(e), ou même un psychologue (orienté TCC, c’est-à-dire que les thérapies seront concentrées sur des aspects cognitifs, comportementaux et affectifs. Pile poil ce qu’il faut !). Ces professionnels sont dans la capacité de vous aider, de vous écouter ou de vous orienter.

Il est possible que vous ne trouviez pas tout de suite une personne vous correspondant et
pouvant vous aider. Mais si vous faîtes preuve de patience (ce qui est difficile mais possible), vous trouverez. Je vous le garanti.

Vous pouvez également reprendre les conseils donnés dans le point précédent, tout en
considérant que vous avez besoin de temps pour mettre ce sentiment de côté. Rome ne s’est pas faite en un jour !

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de lire cet article ! Il se peut que ce sujet vous soit
évocateur, ou que certaines questions vous soient venues à l’esprit pendant la lecture : n’hésitez pas à commenter cet article, nous prendrons le temps d’y répondre !

Apnées du sommeil : n’oubliez pas de reprendre votre souffle !

Depuis toujours, votre conjoint(e) ronfle, encore et toujours,… Vous êtes ainsi sujet(te) à de terribles insomnies depuis plusieurs années (parce-que non, la technique du sifflement pour faire cesser les ronflements du voisin de lit ne marche pas, qu’on se le dise). Mais voilà que depuis quelques temps, vous constatez que votre conjoint(e) ne ronfle plus du tout ; d’ailleurs à certains moments de la nuit, il ne semble même plus respirer du tout… Et si il/elle souffrait d’apnées du sommeil ?

Apnées du sommeil et ronflements sont aussi désagréables pour le ronfleur endormi que pour celui qu’il a réveillé !

Apnées du sommeil : définition et conséquences

Selon le Réseau Morphée, environ 2 à 4% de la population souffriraient d’apnées du sommeil, qui se manifestent par des arrêts répétés de la respiration au cours du sommeil. D’ailleurs, on connait aussi cette pathologie sous le nom de Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil (SAOS) ou Syndrome d’Apnées du Sommeil (SAS). Ainsi, le syndrome d’apnées du sommeil est avant tout un trouble respiratoire. On considère que ces pauses respiratoires constituent un syndrome d’apnées du sommeil lorsque la respiration s’interrompt pendant au moins 10 secondes (parfois plus), mais que les muscles continuent leurs efforts pour induire l’inspiration, et lorsqu’on enregistre plus de 10 pauses par heure au cours d’une nuit de sommeil.

Le syndrome d’apnées du sommeil est considéré comme léger pour 5 à 15 pauses/heure ; comme modéré pour 15 à 30 pauses/heure ; et comme sévère pour plus de 30 pauses/heure.

En général, ces pauses respiratoires sont liées au relâchement de la langue et des tissus mous de la bouche (pharynx, palais mou, luette) qui obstruent alors le passage de l’air dans les voies aériennes supérieures. Le cerveau va réagir à cette diminution de la ventilation par une augmentation de l’effort inspiratoire (notamment au niveau musculaire), mais aussi par des micro-réveils visant à permettre la reprise du contrôle du rythme respiratoire. Or, les muscles étant oxygénés à l’aide de la circulation sanguine, le cœur va devoir accélérer son rythme de croisière (induisant alors une augmentation de la tension artérielle), afin de mieux oxygéner ces muscles impliqués dans l’effort d’inspiration.

De ce fait, vous pouvez aisément vous douter que les apnées du sommeil perturbent grandement le sommeil du dormeur qui en est victime. En effet, si vous ne vous rappelez pas de ces micro-réveils lors de votre réveil, ceux-ci altèrent considérablement la qualité de votre sommeil. De même, les apnées du sommeil ne sont pas sans conséquences pour beaucoup d’autres aspects :

  • Risque accru de maladies cardio-vasculaires (hypertension artérielle, diabète de type 2, accident vasculaire cérébral, obésité) : Le sang étant moins bien oxygéné, le cœur est alors obligé de travailler beaucoup plus intensément pour alimenter suffisamment l’ensemble des organes en oxygène, entraînant ainsi son usure prématurée.
  • Fatigue intense : Comme nous l’avons vu plus haut, le cerveau réagit à cette obstruction des voies aériennes en vous réveillant, afin de relancer la respiration, perturbant ainsi le sommeil qui va rester au stade du sommeil léger (respirer ou dormir, il faut choisir !). Evidemment, le manque de sommeil réparateur occasionne une fatigue dès le réveil, une somnolence durant la journée et donc des risques d’endormissement au volant par exemple.
  • Troubles cognitifs : La fatigue entraine également une baisse de la concentration et des troubles de la mémoire.
  • Baisse de la libido/impuissance : Vous dormez mal, vous vous réveillez/lever souvent durant la nuit, vous êtes fatigué(e) en permanence, vous êtes plus souvent irritable, « Non pas ce soir, j’ai la migraine »,… Bref, on ne pas vous faire un dessin mais, en gros, l’envie n’y est pas.
  • Troubles de l’humeur : Un mauvais sommeil vous rendra apathique ou irritable selon votre tempérament, altérant ainsi les relations avec vos proches, amis et collègues de travail.
  • Céphalées : Une mauvaise oxygénation sanguine associée à des réveils répétés entrecoupant votre sommeil vous causent des maux de tête importants dès le réveil (une bonne journée en perspective !).

Comment savoir si je souffre d’apnées du sommeil ? : symptômes et facteurs de risques

Comme dans les parasomnies, le dormeur ne se rend pas compte qu’il est victime d’apnées du sommeil.

On constate d’ailleurs (à notre grand regret) que les ronfleurs ne se rendent pas non plus compte qu’ils ronflent (même de manière absolument assourdissante) la nuit ; or, de nombreux ronfleurs sont également victimes d’apnées du sommeil, car ronflements et pauses respiratoires sont tous deux liés à l’obstruction des voix aériennes par les tissus mous comme nous l’avons vu plus haut. De ce fait, c’est généralement l’entourage qui constate ces apnées du sommeil (en tout cas les personnes qui dorment avec vous). Ainsi, votre voisin de lit constate qu’au cours de votre sommeil :

  • Vous ronflez bruyamment ;
  • Vous faites plusieurs pauses respiratoires ;
  • Vous vous réveillez dans la nuit, avec la sensation d’étouffer, comme si l’air vous manquait ;
  • Vous vous levez souvent la nuit pour aller aux WC ;
  • Vous avez des sueurs nocturnes ;
  • Vous bougez beaucoup dans le lit durant la nuit.

A noter que certaines personnes sont plus susceptibles de développer un syndrome d’apnées du sommeil. On retrouve ainsi plusieurs facteurs de risques :

  • Etre de sexe masculin: En effet, on dénombre environ 3 hommes touchés pour 1,5 femmes ;
  • Avoir plus de 40 ans : A noter cependant que les enfants et les jeunes adultes peuvent aussi en souffrir ;
  • Avoir une morphologie du visage particulière : On entend par là une petite mâchoire notamment, un visage fin, de grosses amygdales, un épais voile du palais ou encore une langue trop épaisse ;
  • Souffrir d’obésité ;
  • Boire régulièrement de l’alcool et/ou fumer ;
  • Prendre certains médicaments (anxiolytiques, somnifères) ;
  • Etre ménopausée : En effet, les œstrogènes semblent jouer un rôle protecteur, puisqu’on constate que les femmes ménopausées présentent autant de risques de souffrir d’apnées du sommeil que leurs homologues masculins tous âges confondus ;
  • Dormir sur le dos.

Diagnostic et traitements des apnées du sommeil

Mis à part le recueil de données cliniques lors d’un entretien où votre conjoint(e) pourra se faire un malin plaisir à évoquer tous vos symptômes en passant du ronflement assourdissant aux effrayantes nombreuses pauses respiratoires, votre médecin généraliste pourra vous diriger vers un médecin spécialiste du sommeil afin de passer d’autres examens plus spécifiques :

  • La polygraphie ventilatoire nocturne (ou de sommeil) : Réalisé à domicile à l’aide d’un dispositif mis en place en cabinet ou à l’hôpital, cet examen permet d’enregistrer le taux d’oxygénation du sang, le rythme cardiaque, le flux d’air inspiré et expiré par le nez et par la bouche, les mouvements respiratoires, la position corporelle, ainsi que les sons de votre respiration et de vos ronflements pendant le sommeil. Facile à mettre en œuvre, cet examen est toutefois possible à réaliser si le sommeil est relativement continu (donc peu fractionné par de fréquents réveils). On le privilégie notamment chez les enfants, afin d’éviter de passer une nuit à l’hôpital. A noter qu’au moins 6 heures de sommeil consécutives sont nécessaires pour que l’examen soit fiable.
  • La polysomnographie nocturne : Cet examen beaucoup plus complet se réalise nécessairement à l’hôpital dans un laboratoire du sommeil, car il nécessite nettement plus d’appareillages. Il est celui permettant d’établir avec certitude le diagnostic de syndrome d’apnées du sommeil de par la diversité des mesures enregistrées. En effet, celui-ci mesure l’activité cérébrale, les micro-réveils et les stades de sommeil effectifs (par électroencéphalogramme), l’activité oculaire, l’activité musculaire du visage, des bras et des jambes (électromyogramme), la position de sommeil du dormeur, la fréquence cardiaque (électrocardiogramme), les ronflements et différents paramètres respiratoires (mouvements inspiratoires, flux respiratoires, oxygénation du sang et taux de CO2 expiré, pauses respiratoires au niveau du nez et de la bouche). De la même façon que pour la polygraphie, 6 heures de sommeil consécutives sont nécessaires pour que les résultats soient valides. La polysomnographie nocturne permet également d’établir un index d’apnées/hypopnées, l’apnée étant l’interruption complète de la respiration pendant au moins 10 secondes et l’hypopnée une interruption partielle (réduction de 30% du débit aérien).

Ces examens permettent ainsi de dépister un syndrome d’apnées du sommeil, mais également d’évaluer l’efficacité d’un traitement mis en place pour parer à ces symptômes. En effet, plusieurs possibilités s’offrent aux patients :

  • L’orthèse d’avancement mandibulaire : Ancrée sur les dents, l’orthèse maintient la mâchoire du bas plus avancée que d’ordinaire afin de dégager les voies respiratoires (la langue se place alors plus en avant) et de limiter ainsi les pauses respiratoires. Ce traitement est principalement proposé aux patients souffrant d’apnées du sommeil légères. L’avantage de l’orthèse (qui ressemble un peu à une gouttière dentaire pour ceux qui ont déjà eu la joie d’en porter) est qu’elle est peu contraignante pour les patients qui, de ce fait, l’utilisent quotidiennement. Il ne faut évidemment la porter que lors des périodes de sommeil (nuit ou sieste). A noter que l’orthèse est déconseillée aux personnes souffrant de troubles de l’articulation temporo-mandibulaire (qui se manifestent notamment par des douleurs ou des craquements à l’ouverture de la bouche ou pendant la mastication), et que celle-ci peut modifier votre type d’occlusion dentaire si vous la portez à long terme.
  • La ventilation à pression positive continue (PPC ou CPAP) : Il s’agit d’un appareil (bruyant et encombrant, mais efficace) permettant d’insuffler de l’air en continu par le nez, via un masque porté pendant le sommeil. Cet appareillage est privilégié face des apnées du sommeil modérées ou sévères, à raison d’au minimum 5h de port par nuit. La pression continue est personnalisée selon la sévérité des apnées, afin de maintenir les voies respiratoires ouvertes toute la nuit. Comme je vous l’ai subtilement suggéré au début du paragraphe, ce dispositif est aussi efficace qu’encombrant (franchement, vous avez déjà essayé de dormir avec un masque à oxygène ?). Si les premières nuits peuvent être un peu difficiles niveau endormissement (à moins que vous ayez une bonne capacité à vous endormir depuis toujours, bande de chanceux), cela demande un peu de patience pour s’habituer au dispositif. Toutefois, les études montrent qu’environ les 2/3 des patients cessent de porter la CPAP après 1 an d’utilisation. Pourtant, l’efficacité redoutable de la CPAP est effective sur les apnées du sommeil, mais aussi sur la fatigue diurne, les troubles cognitifs associés et l’hypertension artérielle.
  • La chirurgie des voies respiratoires : Si le traitement par CPAP est inefficace ou s’il est réellement insupportable pour le patient souffrant d’apnées sévères, la chirurgie peut alors être envisagée : ablation des amygdales, uvulopalatoplastie (ablation de tissu du palais), chirurgie maxillomandibulaire (pour des déséquilibres des mâchoires non-corrigibles par l’orthodontie), chirurgie du nez ou des sinus (en cas d’anomalie ou déformation des cloisons). Toutefois, les études montrent que la chirurgie n’est pas efficace chez tous les patients, et que les apnées peuvent réapparaitre.
  • La chirurgie de l’obésité : Vous le savez désormais, les apnées du sommeil peuvent aussi être dues à l’obésité. Ainsi, la perte de poids semble efficace pour diminuer les apnées, que ce soit à l’aide d’un régime ou de la chirurgie bariatrique (qui reste cependant réservée aux obésités morbides).

Cependant, avant de vouloir résoudre un syndrome d’apnées du sommeil, il faut déjà éviter de l’aggraver.

Pour ce faire, voici quelques conseils susceptiblesx de vous aider à réduire vos apnées du sommeil :

  • Eviter de trop manger le soir ;
  • Eviter la dette de sommeil ;
  • Eviter les somnifères (notamment les benzodiazépines) ;
  • Eviter l’alcool ;
  • Si vous souffrez d’obésité, perdez du poids ;
  • Eviter de dormir sur le dos (mettez une camisole de force, attachez-vous au lit, greffez-vous des balles de tennis le long de la colonne vertébrale, faites ce que vous voulez, mais faites-le sur le côté) ;
  • Si vous souffrez d’une obstruction des voies nasales (rhume, rhinite allergique, déformation de la cloison nasale, etc), soignez-vous !

J’espère que cet article vous aura plu et peut-être qu’il vous aura permis d’en parler avec l’un de vos proches si vous pensez que celui-ci souffre d’apnées du sommeil. Dans tous les cas, n’hésitez surtout pas à en parler avec votre médecin. Concernant l’article, n’hésitez pas à le commenter, nous vous répondrons bien évidemment, et avec plaisir comme toujours !

Parasomnies : le côté obscur du sommeil

Depuis toujours, le sommeil et le rêve éveillent l’intérêt de l’homme de par leur aspect mystérieux, imprévisible et incontrôlable. Plusieurs courants psychologiques parfois radicalement opposés sur le plan théorique cherchent à expliquer l’origine de ces phénomènes, tels la psychanalyse ou les neurosciences. Si le sommeil est pour certains d’entre nous synonyme de repos et de bien-être, celui-ci peut devenir le pire moment de la journée pour les personnes souffrant de parasomnies.

Parasomnies : le côté obscur du sommeil

Parasomnies & stades du sommeil

Selon le Réseau Morphée dédié à la prise en charge des troubles chroniques du sommeil, les parasomnies sont des manifestations motrices, verbales ou sensorielles qui surviennent durant l’une des phases du sommeil, essentiellement durant les premiers stades. Mais avant toutes choses, parlons justement du sommeil.

Une nuit de sommeil dit « normal » est composée de plusieurs cycles de 4 phases chacun (classification de Kleitman, 1969) :

  • Endormissement (stade I) : Ça y est, vous avez décidé de dormir. Vos yeux sont donc fermés et, durant ce stade d’une durée d’environ 1 à 10 min (pour les plus chanceux d’entre nous du moins), vous êtes très légèrement endormi de sorte que la moindre stimulation peut facilement vous ramener à un état totalement éveillé et lucide. Vos yeux bougent encore un peu et votre tonus musculaire n’est pas tout à fait relâché, d’ailleurs vous sentez parfois comme des spasmes dans vos jambes. Parfois, vous avez même l’impression de tomber dans le vide juste au moment où vous vous sentiez partir dans les bras de Morphée, et hop vous voilà réveillé ! Il parait que c’est normal : ce serait un héritage des ancêtres à l’époque où ceux-ci dormaient dans des lieux plutôt… peu sécuritaires dirons-nous (merci les ancêtres !).
  • Sommeil lent léger (stade II) : Votre rythme cardiaque et votre température corporelle vont légèrement diminuer afin de vous aider à plonger dans un sommeil plus profond. Cela devient déjà un peu plus difficile de vous réveiller (mais cela reste possible), d’ailleurs vous vous rendez bien compte que vous étiez assoupi si quelqu’un a la mauvaise idée de vous réveiller ! Ce stade représente environ 50% de notre temps de sommeil, mais il est souvent entrecoupé de micro-réveils inconscients. A noter que chez la personne âgée dont le sommeil est souvent altéré, le stade II compose l’essentiel (pour ne pas dire l’entièreté) de sa nuit, d’où un état de fatigue souvent persistant, vous allez comprendre pourquoi…
  • Sommeil lent profond (stades III et IV) : C’est ici que le sommeil devient réparateur et bénéfique car il permet de recharger les batteries, au sens propre du terme ! Chez l’adulte, ces stades reviennent de façon assez régulière en première partie de nuit, mais nettement moins en deuxième partie, d’où les courantes insomnies de l’adulte et de la personne âgée… A cette étape-ci, il devient compliqué de vous réveiller ; d’ailleurs, vous serez probablement un peu désorienté durant les premières minutes si quelqu’un a de nouveau le bon goût de vous réveiller. Pour information, ce stade est le prélude au rêve, mais il est aussi très important pour l’enfant car il recouvre en partie la sécrétion de l’hormone de croissance.
  • Sommeil paradoxal (stade V ou Rapid Eye Movement sleep) : Voici la dernière étape du sommeil, celle du rêve et de tous les paradoxes. En effet, vous êtes on ne peut plus endormi, vous rêvez, il est vraiment très compliqué de vous réveiller, vos muscles sont totalement immobiles et hypotoniques, pourtant vos yeux ne cessent de s’agiter sous vos paupières, votre cœur et votre respiration s’emballent, et votre cerveau émet les mêmes ondes électriques que lorsque vous êtes en plein éveil ! Ce stade apparait environ 90 min après l’endormissement et occupe 25% de votre temps de sommeil (sachant que, plus vous dormez longtemps, plus ce stade va durer longtemps au fil des cycles). C’est aussi à ce moment-là qu’ont lieu les joyeusetés dont nous allons parler dans cet article : les parasomnies.

Somnambulisme, terreurs nocturnes et cauchemars : les parasomnies les plus courantes

Si vous avez l’habitude de vous promener seul dans les couloirs la nuit, de donner une représentation par soir de vos monologues ou bien de souiller vos draps (on ne choisit pas sa parasomnie, n’est-ce pas ?), alors oui vous souffrez bien de parasomnies.

Selon Challamel, la plupart des parasomnies surviennent essentiellement pendant l’enfance et ne sont absolument pas pathologiques. L’auteur définit plusieurs causes à ces troubles :

  • Nuits courtes et petits cycles de sommeil lent profond entre 1 et 10 ans ;
  • Immaturité des fonctions sphinctériennes (notamment du contrôle vésical dans le cas de l’énurésie, plus connue sous le nom de pipi-au-lit).

Parmi les parasomnies les plus connues et les plus courantes, on retrouve notamment les terreurs nocturnes, le somnambulisme et les cauchemars.

  • Le somnambulisme : Caractérisé par une activité motrice survenant dans un état d’éveil incomplet, le somnambulisme se manifeste généralement par une déambulation lente, les yeux ouverts et le visage inexpressif. Il survient généralement 1 à 3h après l’endormissement, peut se répéter jusqu’à deux fois par nuit (rarement plus), dure plusieurs minutes, et le dormeur n’en a absolument aucun souvenir au réveil. En général, un somnambule est plutôt docile, c’est-à-dire que vous n’allez avoir aucun mal à le ramener à son lit (rappelons d’ailleurs qu’il ne faut pas réveiller un somnambule parce-que oui, croyez-le ou non, mais cette personne qui s’est endormie à côté de vous et qui marche maintenant toute seul les yeux grand-ouverts dans votre cuisine est bel et bien en train de dormir). Cependant il existe aussi un type de somnambulisme plutôt rare (nommé « somnambulisme terreur » ou « syndrome d’Elpénor »), où le sujet déambule violemment en hurlant et peut faire des actions risquées comme sauter par la fenêtre par exemple. A noter que le somnambulisme est héréditaire dans 60 à 80% des cas. Parents somnambules, à bon entendeur…
  • Les terreurs nocturnes : Vous avez vu le film « L’Exorciste » ? Alors vous avez une idée de ce qui se passe lorsque votre voisin de lit ou votre enfant fait une terreur nocturne. Bon, j’exagère peut-être un peu… En début de nuit, vous retrouvez la personne assise dans son lit, qui hurle et pleure, les yeux grand-ouverts fixés sur quelque chose que vous vous ne voyez apparemment pas, elle marmonne un tas de trucs incompréhensibles, se défend bec et ongles quand vous essayer de la calmer (sachant qu’elle est en fait endormie pendant tout ce temps et que vous n’arriverez jamais, je dis bien JAMAIS à la réveiller), et cet épisode peut durer jusqu’à 20 min. Si vous n’arriverez clairement pas à vous rendormir (bien trop terrifié par ce que vous venez de voir), sachez que la personne victime de terreurs nocturnes finira par se calmer et se rendormir toute seule, sans en garder le moindre souvenir. Merci cerveau !

  • Les cauchemars : Parasomnies les plus courantes, les cauchemars sont à distinguer des terreurs nocturnes. D’une part ils surviennent de façon privilégiée en fin de nuit, lors du sommeil paradoxal. D’autre part, ils sont beaucoup plus récurrents, persistent à l’âge adulte et sont généralement causés par un évènement traumatisant ou anxiogène. Enfin, contrairement aux terreurs nocturnes, les cauchemars réveillent le dormeur, l’empêchent de se rendormir et peuvent lui rester en mémoire au réveil.

Somnambulisme, terreurs nocturnes : que faire ?

Si ces parasomnies sont courantes chez les jeunes enfants, elles interrogent davantage lorsqu’elles persistent dans le temps chez les enfants plus âgés, les adolescents ou même les adultes.

Dans un premier temps, plusieurs actions peuvent être mises en place pour y faire face :

  • Réorganisation du rythme veille/sommeil (respect des horaires de sommeil réguliers) ;
  • Nuits plus longues avec une heure de coucher plus précoce pour éviter la dette de sommeil ;
  • Sieste diurne ;
  • Éviter d’augmenter sa température corporelle juste avant le coucher (en faisant du sport, par exemple) ;
  • Pour le somnambulisme : mettre en place des mesure préventives afin d’éviter que le dormeur somnambule ne se blesse (bloquer l’accès aux escaliers, éviter les lits en hauteur et les chambres en mezzanine, fermer les fenêtres, etc).

Dans le cas où ces parasomnies persisteraient dans le temps, un enregistrement des ondes cérébrales (ou enregistrement de sommeil) à l’aide d’un Électroencéphalogramme (EEG) peut se montrer intéressant. Les centres prenant en charge les troubles chroniques du sommeil peuvent également demander aux parents d’enregistrer le sommeil de l’enfant (après « L’Exorciste », voici venir « Paranormal Activity »).

Autres types de parasomnies

Comme vous pouvez vous en douter, le cerveau n’est pas en manque d’imagination et sait se montrer très créatif. Continuons donc à découvrir différents types de parasomnies :

  • Les hallucinations hypnagogiques intenses : Celles-ci surviennent durant l’endormissement (stade I), où nous nous trouvons dans un état hypnagogique situé entre veille et sommeil, et durant lequel des hallucinations se produisent fréquemment (Maury, 1848). Notons qu’il ne s’agit absolument pas d’hallucinations pathologiques comme on peut en rencontrer dans certains troubles psychotiques (schizophrénie, par exemple). Concrètement, vous êtes dans le noir, mi-conscient mi-éveillé, et vous avez l’impression de voir, d’entendre ou de ressentir des choses qui vous paraissent très réelles, bien qu’elles ne soient pas présentes. Cela peut parfois être anodin (vous voyez des formes changeantes par exemple), mais bien souvent cela est très effrayant (ombres humaines, monstres, insectes, musique). On rapporte aussi des hallucinations hypnagogiques kinesthésiques, avec la sensation d’une présence dans la chambre, l’impression qu’une main nous frôle ou nous attrape, ou encore l’impossibilité de pouvoir bouger (aussi connue sous le nom de « paralysie nocturne »).
  • L’énurésie : Elle correspond à la fuite involontaire d’urine durant le sommeil, à un âge où la propreté est sensée être acquise (on ne parle donc d’énurésie qu’à partir de 5-6 ans). Cette parasomnie survient à tous les stades du sommeil, mais préférentiellement chez les « gros dormeurs ». Elle peut se prolonger jusqu’à l’adolescence, mais tend à s’estomper de son propre chef. A noter que certaines études démontrent une forme d’« hérédité » de l’énurésie.

Que faire si votre enfant souffre d’énurésie ?

Il s’agit tout d’abord de le rassurer et de dédramatiser (en effet, si vous dramatisez ou le grondez pour avoir souillé son lit, l’épisode risque de se répéter). Gardez bien en tête que la rémission est bien souvent spontanée. Cependant, si les épisodes d’énurésie devaient perdurer dans le temps, il est essentiel d’éliminer toute cause médicale (infection urinaire, trouble neurologique, trouble sphinctérien ou urologique). En l’absence de pathologie, une démarche auprès d’un psychologue peut parfois s’avérer bénéfique, car l’énurésie est potentiellement la face visible d’un mal-être de l’enfant.

  • La somniloquie : Concrètement, c’est le fait de parler pendant son sommeil, de façon isolée ou associée à d’autres parasomnies. La somniloquie survient durant le sommeil léger (marmonnements) ou durant le sommeil paradoxal (discours plus intelligible). On retrouve souvent cette parasomnie chez les personnes stressées ou anxieuses. A noter que la personne ne se rend pas compte qu’elle parle et qu’elle n’en gardera aucun souvenir au réveil.
  • Le bruxisme : Ou la joie de dormir aux côtés de quelqu’un qui grince des dents pendant son (et donc pendant VOTRE) sommeil…! Parasomnie banale et courante, on la retrouve souvent chez les personnes excessivement stressées. Elle persiste généralement de l’enfance à l’âge adulte et ne se traite pas, bien qu’elle ne soit pas sans conséquences pour les dents et les articulations de votre mâchoire (usure prématurée), d’où le port de gouttières dentaires. Sachant cela, n’hésitez pas à consulter votre dentiste si vous souffrez de bruxisme, car il est le plus à même de vous renseigner sur les actions préventives possibles. Notons que le bruxisme nocturne est souvent associé au bruxisme diurne ; pour mieux contrôler ce problème, il est important que la personne s’exerce à se rendre compte qu’elle grince des dents en journée.
  • Les troubles alimentaires nocturnes : Plus connus sous le nom de syndrome d’alimentation nocturne, la personne se lève la nuit pour aller manger dans un état de demi-sommeil similaire au somnambulisme, sans en garder le moindre souvenir au réveil.

Bien que la plupart de ces parasomnies soient passagères et sans conséquences, vous ne devez pas à hésiter à en parler à votre médecin généraliste si celles-ci vous incommodent et altèrent votre qualité de sommeil, et donc votre qualité de vie. En effet, si vos parasomnies se montrent particulièrement récurrentes (surtout à l’âge adulte), votre médecin pourra vous diriger vers un neurologue ou un médecin spécialiste du sommeil afin de faire des explorations diagnostiques à l’aide d’examens adaptés comme nous l’avons vu plus haut.

J’espère que cet article vous aura plu et appris de nouvelles choses ! Bien entendu, n’hésitez pas à le commenter, c’est avec plaisir que nous vous répondrons !

Maladie de Lyme : découvrez comment elle tue en toute discrétion !

Vous avez certainement entendu parler de cette maladie en France, qui a refait surface même si elle n’a jamais vraiment disparu, mais cette fois, en affectant un grand nombre de personne : La maladie de Lyme.

Les pays qui sont touchés ont deux points communs : Le nombre de cas touchés ne cessent d’augmenter et les autorités sanitaires tendent à étouffer l’affaire.

L’image d’une tique en train de “vomir” des milliers de bactéries dans notre corps dont celle responsable de la maladie de Lyme

En ce qui concerne les statistiques, les chiffres varient d’une source à l’autre, les autorités sanitaires disaient qu’en France, la maladie ne touche que quelques milliers de personnes chaque année, mais en se basant sur une étude récente, on atteint les 30 000 cas annuels.

Aux Etats-Unis est le pays le plus touché au monde vu que la maladie est d’abord apparue dans le Connecticut, le CDC (center for control and disease), affirme qu’il existerait un peu plus de 30 000 cas annuels, alors qu’en réalité entre 240 000 et 376 000 cas seraient atteints de la maladie selon une étude récente.

Les origines de la maladie de Lyme

La borréliose comme bactérie existe certainement depuis très longtemps, mais la maladie de Lyme a été suspectée pour la première fois en 1975 dans la ville de Lyme (connecticut) aux Etats-Unis dont elle doit le nom.

Dans cette ville, deux enfants ont été diagnostiqués avec l’arthrite rhumatoïde juvénile. Cependant, des chercheurs ont remarqués que plusieurs autres enfants (même dans des villes voisines) avaient les mêmes symptômes. Après quelques recherches, ils ont découvert que les malades avaient l’habitude de jouer près des zones boisées où les tiques vivaient, et que le premier symptôme a fait irruption pendant la saison chaude : l’été

En 1982, un chercher qui s’appelle Willy Burgdorfer a prélevé dans les intestins des tiques, des bactéries et les a mis en culture, puis injecté dans des lapins. Quelques jours plus tard, ces derniers ont développé des symptômes semblables à ceux des enfants. Et c’est ainsi que la maladie fut découverte et fut même nommée en l’honneur du scientifique : Borrelia Burgdoferi.

La maladie de Lyme, c’est quoi ?

La maladie de Lyme, ou « borréliose de Lyme » est une maladie infectieuse due à une bactérie nommée « Borrelia Burgdorferi » transmise lors d’une morsure de tique. Cette maladie peut toucher plusieurs organismes dans le corps (peau, système nerveux, articulations…) sous différentes formes et peut évoluer sur plusieurs années en passant par trois stades qui peuvent parfois être séparés par des périodes où les symptômes ne se manifestent plus.

La bactérie Borrelia, c’est quoi ?

La bactérie Borrelia, appartient à la classe des spirochètes, dans le corps, elle se présente sous plusieurs formes, on en connaît 4 principales :

La forme caractéristique spiralée

C’est la forme reconnue pour causer la maladie de Lyme. Elle possède une paroi et se déplace dans les tissus et dans le sang, et peut même traverser les os et les cellules pour ensuite se transformer en forme L ou en kyste afin de se protéger contre les traitements. Avec une capacité de se multiplier, cette forme a été identifiée dans le tube digestif d’une tique en 1981 par le Dr Willy Burgdorfer.

La forme kystique :

Pour se protéger, la bactérie est capable de se couper en petits morceaux vivants qui s’assemblent en forme de kyste, entouré d’une membrane qui n’est pas reconnue comme étrangère par le corps, c’est pourquoi même les antibiotiques ne peuvent rien contre elle, au niveau microscopique, cette forme ne peut pas être reconnue.

Ainsi, la bactérie demeure dormante, pendant des mois, voire des années, et s’adapte à son milieu pour survivre (changement de température, PH …) ne causant aucun symptôme visible jusqu’à faire croire au malade ainsi qu’au médecin que c’est une guérison, toutefois elle peut être responsable de la réapparition de la maladie de Lyme en cas de réveil. Il n’existe aucun traitement contre cette forme de bactérie.

La forme intracellulaire

Cette forme de bactérie ne possède pas de paroi, ce qui rend sa détection par les antibiotiques et le système immunitaire difficile voire impossible, elle peut induire à une infection intracellulaire chronique.

Elle est reconnue comme la forme la plus riche en symptôme, mais malheureusement ces derniers ne sont pas attribués à la maladie de Lyme, comme : La maladie de Parkinson, la sclérose en plaque, troubles psychiques…

Cette maladie n’a pas de traitement, et la personne est obligée de vivre avec.

La forme biofilm

C’est une forme récemment découverte, et c’est un amas de bactérie recouvert de fibrine.

Les stades de la maladie de Lyme

La phase primaire de la maladie de Lyme

C’est le stade de l’infection cutanée qu’on appelle aussi l’érythème chronique migrant, caractérisée par une trace rouge sur la peau, qui surgit entre le 3ème et le 30ème jours après la piqûre avec une absence de grattage.

Dans la plupart du temps, elle se trouve au niveau des membres inférieurs, parfois supérieur voire le visage chez les enfants. La piqûre peut passer inaperçue et la personne atteinte peut ne pas avoir de souvenir du moment quand c’est arrivé, cependant en cas de non traitement, l’infection évolue et connaît une extension pour disparaître sans séquelle.

À ce stade, un traitement peut être très efficace et peut empêcher qu’il ait des complications.

Les symptômes qui peuvent accompagner cette piqûre de tique sont :

  • Une sensation de fatigue.
  • Douleurs musculaires.
  • Fièvre et température élevée.
  • Maux de tête.
  • Des frissons.

La phase secondaire de la maladie de Lyme

C’est la phase révélatrice de la maladie, vu que l’infection cutanée peut passer inaperçue (comme dans plus de 50% des cas), elle surgit après plusieurs semaines ou mois après la disparition de la trace.

Les symptômes qui caractérisent ce stade sont :

  • Une fatigue extrême.
  • Douleur et difficulté articulaire extrême.
  • Maux de tête intense.
  • Rythme cardiaque irrégulier.
  • Faiblesse au niveau des muscles du visage.
  • Des éruptions cutanées.
  • Irritation des yeux.

Si la maladie n’est pas traitée à ce stade, elle devient de plus en plus agressive et arrogante en touchant de plus en plus d’organes. Ce qui laisse apparaître des symptômes plus rudes comme

  • Des tachycardies.
  • Douleur lors de la mastication.
  • Troubles visuels.
  • Troubles de sommeil.
  • Fatigue plus intense.
  • Douleur plus intense au niveau des articulations.
  • Radiculite qui est une inflammation du nerf innervant le territoire de la piqûre.

La troisième phase de la maladie de Lyme

Elle peut prendre des mois, voire des années pour manifester des symptômes encore plus graves

  • Au niveau neurologique : Touche le système nerveux central et périphérique causant des troubles neuropsychiatriques.
  • Au niveau articulaire : Qui se manifeste par une raideur articulaire intense.
  • Au niveau cutané : Inflammation de la peau avec un risque d’atrophie, et apparition de nodules violacés, arrondis, à contours nets.

Maladie de Lyme : Analyses et techniques de diagnostique

La première chose qu’un professionnel recherche c’est la trace de la morsure sauf que cette dernière n’apparaît pas chez tout le monde, ce qui rend le dépistage plus difficile, c’est pourquoi d’autres méthodes plus efficaces sont sollicitées, comme :

  • Test Elisa : Une technique immuno-enzymatique qui détecte la présence des anticorps dirigés contre la borréliose, inutile si on le fait juste après une piqûre car le résultat de la sérologie est souvent négatif ; Les anticorps IgM apparaissent 1 à 2 semaines après l’infection, et les anticorps IgG apparaissent au bout de deux semaines.
  • Test Western-Blot : Ce test est plus fiable que le dernier, car il est plus spécifique, et n’est effectué que si le test Elisa est positif. Le test western-blot indique avec quel anticorps sont mis en place pour battre la bactérie, mais n’arrive pas toujours à la détecter, probablement quand cette bactérie est dans sa phase kystique.
  • PCR : Ce type de test peut être plus fiable puisqu’il tend à confirmer des diagnostiques cliniques même si les méthodes sérologiques (Test Elisa + Western-blot) sont négatives.

Il existe plusieurs méthodes de PCR comme :

  • PCR sur échantillon urinaire.
  • PCR sur échantillon sanguin.
  • PCR sur le liquide articulaire.
  • Etc.

Pourquoi la maladie est-elle si difficile à détecter ?

Jusqu’à aujourd’hui, effectuer un diagnostic pour cette maladie, est extrêmement difficile, car la bactérie qui en est responsable est très maligne.

  • Il existe plusieurs souches de cette bactérie
  • Le test Elisa et Western-Blot détectent les anticorps sauf que la bactérie affaiblie le système immunitaire ce qui diminue leur production.
  • Cette bactérie est douée pour se faire passer pour un corps non-étranger.
  • Elle peut rentrer dans une phase de sommeil, ce qui la rend très difficile, voire impossible à détecter.
  • Elle se déplace très rapidement.

Les principaux hôtes de la bactérie.

La maladie de Lyme touche surtout les personnes en contact direct ou indirect avec la nature, autrement dit, comme ceux qui travaillent dans les secteurs forestiers, de la construction, les vétérinaires, randonneurs, etc.

Maladie de Lyme : traitement.

La maladie de Lyme peut être traitée grâce aux antibiotiques si elle est dépistée rapidement, sinon, elle risque d’être difficile à soigner voire impossible si on la laisse atteindre les dernières phases de son développement.

Les traitements n’auront aucun effet si la bactérie responsable de la maladie de Lyme est en phase dormante, au contraire, la personne aura l’impression de guérir alors qu’elle n’est devenue qu’une bombe à retardement, c’est pourquoi en cas de rechute, la personne doit suivre à nouveau le traitement.

Des approches non-médicamenteuses peuvent s’avérer utiles afin d’atténuer la douleur chronique causée par la maladie de Lyme comme la sophrologie, le yoga, etc.

Le plan national pour améliorer le diagnostic de la maladie de Lyme en France

Ce plan repose sur le fait d’améliorer les recherches d’un bon diagnostic, et d’informer les gens sur cette maladie pour qu’ils soient conscients du danger qui les entoure.

D’un côté, le gouvernement veut mettre en place une cartographie de la présence des tiques en France, en créant une application mobile afin de signaler la présence de ces bêtes dans un endroit précis.

D’un autre côté, le plan vise à mieux former les médecins (spécialistes et généralistes) et prévenir les personnes qui ont plus de risques d’attraper la maladie de Lyme comme les gens qui travaillent ou habitent dans un secteur atteint ou à haut risque.

Ce plan vise aussi à améliorer les techniques de diagnostic, vu que ces dernières ne sont pas très exactes, et que pour le peu de personnes qui ont pu détecter cette maladie de Lyme dans son tout début, la plupart l’ont remarqué grâce à la trace cutanée.

Le ministre de la santé Marisol Touraine a déclaré : ” Ce plan vise à éviter le sentiment d’abandon et l’errance thérapeutique auxquels sont confrontés des malades de Lyme”

Prévention

  • Communiquer avec le bureau local de la santé publique, pour savoir s’il y a des tiques dans les régions.
  • En milieu forestier, toujours porter des vêtements qui couvrent la peau, en enfilant le pantalon dans les chaussettes par exemple.
  • S’inspecter attentivement et prudemment.
  • Emmener le matériel nécessaire contre les infections et les tiques dans les endroits à haut risque.
  • Nettoyer son jardin des feuilles mortes, les mauvaises herbes, et mettre un peu d’insecticides, etc.
  • Laver ses vêtements à l’eau chaude pour éliminer tout risque de présence de tiques.

En cas de morsure

  • Enlever la tique délicatement de la peau avec une pince pointue. Le plus important c’est la partie buccale de l’insecte car c’est par là qu’elle injecte les bactéries.
  • Éviter de faire une grande pression sur l’insecte ou l’écraser, pour éviter qu’elle ne rentre dans l’organisme.
  • Si possible, conserver la tique car ça peut aider pour faire des analyses chez le médecin.
  • Consulter un médecin le plus tôt possible.

N’hésitez pas à partager cet article, ou à poser des questions si besoin, je serai ravie de répondre 🙂

À bientôt.

Comprendre ce qu’est le trouble bipolaire

Depuis notre jeune âge, nous avons appris qu’il n’y a pas que le blanc et le noir, le chaud et le froid, le nord et le sud, il existe aussi des états neutres entre deux extrémités qui aident à maintenir un équilibre. Cependant, chez les personnes atteintes du trouble bipolaire, cet “équilibre” est difficile à atteindre, ce qui rend leur vie plus difficile.

En France, il existe environ 1 000 000 personnes qui souffrent de cette maladie, soit 1,2% de la population pour le type I, mais si on inclut aussi le type II et III, ça peut arriver à 7% de la population. C’est un trouble qu’il ne faut pas prendre à la légère, ça peut être toi, moi ou un proche.

Le trouble bipolaire est une maladie qui doit être prise très au sérieux

Être bipolaire, ce n’est pas quand tu changes d’humeur d’un instant à l’autre, qui est une idée fausse que les médias ne cessent de divulguer, c’est une longue transition qui peut prendre des semaines, voire des mois, et qui induit à un changement radical du comportement.

Pour faire un diagnostic, parfois cela prend beaucoup de temps, et plusieurs consultations, car ce trouble peut être confondu avec plusieurs autres maladies comme la dépression, la schizophrénie, etc.

Le trouble bipolaire, c’est quoi ?

Appelés autre fois psychose maniaco-dépressif, le trouble bipolaire est un changement radical ou une variation de l’humeur chez une même personne.

La maladie bipolaire typique est caractérisée par deux périodes différentes :

  • La période maniaque : où la personne est excitée, très enthousiaste et prend des risques.
  • La période dépressive : où la personne connaît une mélancolie et une dépression.

Entre ces deux périodes, on retrouve un état normal qu’on appelle « euthyme » ou « normothyme ».

Cette anomalie touche autant les femmes que les hommes, et commence généralement entre 15 et 20 ans, et ne peut pas être visible qu’après l’âge de 25 ans.

Les causes de ce trouble ne sont pas encore définies par les chercheurs, cependant de nombreuses hypothèses existent.

  • Le facteur environnemental : Stress, enfance, entourage, choc émotionnel…
  • Le facteur neurobiologique : anomalie au niveau de la sécrétion des neurotransmetteurs qui jouent un rôle important dans l’humeur comme la sérotonine, la dopamine, etc…
  • Le facteur héréditaire : Une personne dont un des parents est bipolaire a 10 fois plus de chance d’en être atteinte.

Un peu d’histoire…

L’histoire des troubles bipolaires peut se diviser en trois temps :

Le premier temps a commencé depuis l’antiquité jusqu’au milieu du 20ème siècle, le trouble bipolaire était vu dans ce rapport entre « la manie » et la « mélancolie ». C’est ce qu’on appelle : La période des temps anciens prolongés. C’est un temps qui a commencé avec Hippocrate et sa théorie des humeurs et qui a été étudiée par de nombreux médecins de cette époque. Cependant, ce qu’ils partagent tous, c’est qu’ils ont considéré la « manie » et la « dépression » comme deux pôles différents.

Le deuxième temps comprend la seconde moitié du 20ème siècle qui se caractérise par l’introduction de « la folie circulaire » par le psychiatre français Falret et « la folie à double forme » grâce à un autre psychiatre français nommé Baillarger. On dit que c’est la période française par excellence

Le troisième temps est caractérisé par la synthèse de ces états habituellement décrits comme « manie », « dépression mélancolique », « folie à double forme », etc.

Effectivement, en 1800, Kraeplin a proposé une nouvelle classification des maladies mentales, et a donné une description moderne du trouble bipolaire tel qu’on le connaît aujourd’hui, il a montré que ces psychose « périodique », « à double forme » ou « circulaire », etc. présentent toutes la même évolution, c’est pourquoi il était plus logique de les considérer comme les manifestations d’une seule maladie : La psychose maniaco-dépressive, dont le nom ne sera vraiment utilisé qu’en 1907 par « camus » et « Deny »

Puis en 1960, on a fait une distinction entre les troubles « bipolaires » et « unipolaires », vu que ces derniers ne sont caractérisés que par des épisodes dépressifs.

Finalement, ces troubles bipolaires ont été classifiés dans le DSM selon 3 types différents.

Les troubles bipolaires : types

Type I

C’est la forme la plus courante de cette maladie, elle est caractérisée par une alternance entre la phase dépressive et la phase manique, et entre les deux on retrouve un état plus ou moins normal. Généralement, c’est l’état maniaque qui alerte le plus.

Durant la période dépressive, la personne est immergée par des sentiments de mélancolie et de dépression sévère, ce qui va se traduire en symptôme comme :

  • Le manque ou l’excès de sommeil
  • Le manque d’appétit
  • Aucune envie de faire des activités (sport, travail…)
  • La personne s’isole de plus en plus, ce qui peut induire à des hallucinations et à des psychoses
  • Manque de confiance en soi
  • Terrible sentiment d’angoisse et d’anxiété
  • Des crises suicidaires, si cette période s’allonge.

Durant la phase maniaque, c’est tout à fait le contraire, ces caractéristiques sont :

  • La personne est très excitée
  • Insomnie
  • Une prise de risque irréfléchie
  • Un grand besoin sexuel
  • Une forte estime de soi
  • La personne est facilement irritable (pour des choses banales comme un craquement de doigt, un bébé qui pleure, une remarque…)
  • Elle peut être très impulsive aussi suite à son manque de sommeil, ce qui peut être dangereux suite à ses réactions.

Pour ce type de maladie, la solution c’est une prise régulière du « lithium » afin de stabiliser l’humeur du malade. Les antidépresseurs bien qu’utiles, ils ne sont pas suffisants car ils peuvent empirer les crises de manie ou même mener vers un autre type du trouble bipolaire (type 3).

Type II

Cette alternance entre la phase dépressive et maniaque est toujours là, sauf que cette dernière est plutôt appelées « hypomanie » car elle est moins forte et plus difficile à repérer lors d’un diagnostic sans la phase de dépression.

Pendant la phase hypomaniaque, la personne se sent tellement bien dans sa peau et dans sa tête qu’elle peut parfois arrêter le traitement pour rester ainsi.

C’est pourquoi un suivi chez un spécialiste (psychiatre, psychologue) peut s’avérer très nécessaire.

Type III

Les causes de ce type du trouble bipolaire sont pharmacologiques, liés à un mauvais traitement tel que les antis dépresseurs.

Ces individus doivent être suivis de près, et mis sous traitement de lithium pendant environ 6 mois pour stabiliser leur état pour ensuite utiliser les bons médicaments afin de réduire les épisodes dépressifs.

Ce type de trouble bipolaire est caractérisé par des états mixtes, c’est-à-dire que les symptômes maniaques et dépressifs vont s’entremêler.

On reconnait aussi deux sous-types (4 et 5).

Type IV

Ce genre du trouble bipolaire correspond surtout à cyclothymie qui est une alternance entre une dépression modérée et l’hypomanie. C’est une forme tellement atténuée que parfois ni la personne ni son entourage ne s’en rendent compte.

Ce qui caractérise aussi ce type 4, c’est que les phases peuvent être courtes ; autrement dit, une personne peut passer d’un état joyeux à dépressif en l’espace d’une seule journée.

Type V

Il est considéré comme un des plus dangereux car il est moins visible que le type 4. Pourquoi ? Parce qu’une personne peut rester dans un état de manie et hyperactif tellement longtemps qu’on peut considérer qu’il est comme ça d’origine, et d’un coup tomber dans un épisode dépressif deux fois plus grave que les autres types, ce qui rend la personne deux fois plus suicidaire que dans les autres types.

Les traitements

Bien qu’il n’existe pas encore de traitement « miracle », il existe cependant des moyens pour vivre avec la maladie et ne pas la laisser prendre le dessus sur notre vie.

Effectivement, grâce aux thymorégulateurs ou ce qu’on appelle les régulateurs de l’humeur, Les phases peuvent être réduite, atténuée et ainsi augmenter la durée des périodes stables.

L’efficacité des médicaments ne peut être confirmée qu’après au moins 6 mois de traitement. Ce dernier ne peut pas être interrompu d’un coup mais sous la surveillance d’un médecin, et ce n’est permis qu’après au moins 2 ans d’absence de phases bipolaires.

Au niveau biologique, le traitement dépend des phases :

Phase maniaque :

Le lithium est souvent utilisé pour réguler l’humeur (marche dans 70% des cas) ainsi que des médicaments comme divalproate de sodium ou valpromide (Depamide®)

Certains neuroleptiques se sont avérés utiles comme l’olanzapine (Zyprexa®), rispéridone (Risperidal ®), aripiprazole (Abilify®)

Phase dépressive légère :

Les antidépresseurs sont déconseillés pour des raisons déjà citées, les psychiatres recommandent plutôt une psychothérapie.

Phase dépressive moyenne :

En plus de la psychothérapie, des médicaments peuvent être requis.

Phase dépressive sévère :

Dans la majorité des cas, une hospitalisation est nécessaire avec une prise en charge médicamenteuse et thérapeutique.

Au niveau thérapeutique, le principe est d’arriver à se stabiliser, d’être maître de ses états, en apprenant à prévenir l’arrivée de ces épisodes en suivant un régime de vie saint (Sport, un bon sommeil, s’entourer de bonnes personnes, yoga, sophrologie…). Ces thérapies se sont avérées très efficaces surtout le TCC (thérapie cognitivo-comportementale).

Vivre avec un bipolaire

Certes, les personnes bipolaires sont difficiles à comprendre, la vie avec elles est généralement pleine de conflits et de drames. Cependant, il faut comprendre que ce n’est pas leur faute, ce n’est pas un choix mais plutôt quelque chose qui s’est imposée.

Les personnes bipolaires ne sont pas méchantes, au contraire, généralement, elles sont généreuses, créatives… Il faut juste être patient avec elles, ne pas être blessé quand ils disent quelque chose lors d’un épisode dépressif, ou ne pas les suivre tête baissée quand ils sont dans un épisode maniaque, il faut prendre du recul !

Le risque de suicide ne doit pas être pris à la légère, c’est pourquoi il faut être très attentif aux signes.

Bipolaires et stéréotypes

Les bipolaires ne sont pas des gens isolés de la société, ils vivent parmi nous, et certains occupent même des places importantes et se voient faire des choix difficiles tous les jours.

Par exemple, Vincent Van Gogh était bipolaire, et pourtant ça ne l’a pas empêché de réaliser une œuvre qui, jusqu’à aujourd’hui connaît un succès remarquable.

Même, la célèbre chanteuse Demi Lovato s’est déclarée bipolaire, et ça ne l’a pas arrêté d’accomplir ses rêves et de monter au sommet.

Je vous remercie pour votre lecture, n’hésitez pas de partager et de laisser un commentaire pour exprimer votre avis ou si vous voulez poser une question, je serai ravie de vous répondre 🙂

À bientôt !

La sophrologie : Au-delà de la souffrance

Guérir n’est pas toujours synonyme de médicaments, de chirurgie ou de souffrance, guérir peut aussi être un plaisir, une façon de se réconcilier avec soi-même et son corps. Il existe plusieurs méthodes efficaces, qui aident les souffrants à mieux vivre avec leur souffrance, ou parfois même s’en débarrasser, comme la sophrologie.

La sophrologie est un moyen pour se débarrasser de sa souffrance physique et psychologique

La sophrologie une approche personnelle, elle connaît un essor important en France, en Belgique et en Espagne. Elle conduit la personne dans un état entre la veille et le sommeil pour lui permettre de se connaître et exploiter des capacités dont il ne soupçonnait pas l’existence.

Elle permet aussi d’évacuer le stress, de mieux gérer son corps et de se sentir en harmonie avec soi-même.

La sophrologie aide le cerveau à dépasser les sensations physiques négatives qu’il reçoit pour se concentrer sur des perceptions plus positives, notamment pendant l’accouchement.

La sophrologie, c’est quoi ?

Tout d’abord, la sophrologie (du grec sôs, “harmonie”, et “phren “esprit”) est une science qui dérive de l’hypnose et du yoga, c’est une technique qui permet au corps et l’esprit de se détendre, de se laisser aller.

Exemple : Lors d’une douleur, relâcher les tensions musculaires du corps permet de réduire cette sensation, et se concentrer sur un point positif (images, événements, sensations…) permet de se sentir mieux psychiquement ce qui agit considérablement sur la douleur.

La sophrologie engendre une harmonie, et l’harmonie engendre un équilibre

Autrement dit, la sophrologie est un mix entre le yoga, la méditation et l’hypnose, elle permet une harmonisation du corps avec l’esprit et à se décharger d’un poids psychologique ou physique en agissant sur le niveau de vigilance, comme si on était dans un état entre la veille et le sommeil. Autrement dit, cette science passe par le corps pour atteindre l’esprit afin d’établir un équilibre entre les deux.

Les trois principes de la sophrologie

La sophrologie qui relève plus d’un domaine spirituel que scientifique, elle repose sur des piliers bien précis :

  • L’humain est une entité, il faut le considérer comme un tout.
  • Le bonheur ne peut être trouvé qu’en soi, et non pas dans le monde extérieur.
  • Un des objectifs les plus important, c’est aller « au-delà » de la conscience, c’est ce qu’on appelle le zen en satori et samdhi en yoga.

Un peu d’histoire…

La sophrologie a été créée en 1960 par Alfonso Caycedo qui s’est rendu compte des limites de l’hypnose, un neuropsychiatre colombien qui a étudié ce dernier suite à un voyage en Inde en compagnie de sa femme qui pratiquait le yoga.

Différents centres de formations à cette science se sont ouvertes, variant leur contenu sans l’accord de de Caycedo, c’est pourquoi il a créé la « sophrologie caycédienne » en la protégeant par un brevet grâce à l’OMPI (organisme de protection mondiale des propriétés intellectuelles et droits d’auteurs)

La sophrologie : deux méthodes

Suite à sa création, le docteur Caycedo Alfonso, a créé deux techniques différentes

Les sophronisations : Cette technique se base sur une relation sophrologue-client, elle utilise la suggestion et le professionnel amène le concerné dans un état entre l’éveil et le sommeil.

Les relaxations dynamiques : C’est une technique par étape qui emprunte plusieurs activités au yoga et au zen, elle permet à la personne de se sentir en harmonie avec lui-même et d’être totalement conscient de son corps et ses activités, elle aide à booster la créativité.

Déroulement des séances

Comme la majorité des cures, la réussite de la sophrologie dépend de la répétition de celle-ci, une séance ne suffit généralement pas.

  1. Au début, la séance commence par un dialogue entre le sophrologue et les participants, où il explique le déroulement et l’objectif qu’on aimerait atteindre, cette étape pré-sophronique dure entre 5 à 15 minutes.
  2. Après il y a la pratique. Une étape qui dure entre (20 à 50min), elle est plus courte au commencement et s’allonge au fur et à mesure des répétitions. La personne peut être debout ou assise, avec une tenue confortable et dans une pièce lumineuse, en d’autres termes, les conditions de cette étape doivent être les plus similaires possible à la vie de tous les jours. Lors de la pratique, le sophrologue et les participants peuvent atteindre un niveau de conscience particulier, c’est un moment où la personne est la plus proche de son esprit et de son corps, elle sent la vie en elle et elle met toute son attention dans sa respiration et les différentes sensations dans son corps. Généralement les participants sont libres de suivre ou non le sophrologue par rapport aux différentes postures à adopter, etc.
  3. Finalement, la séance se termine par un dialogue libre et non obligatoire en lien avec la séance où la personne s’exprime sur comment elle a vécu la séance, ainsi que les objets et les sensations visualisées.

Il existe deux méthodes de pratique…

Par soi-même, les exercices peuvent être appris et pratiqué individuellement sans l’aide d’un professionnel. Par exemple, à l’aide d’un enregistrement audio.

En consultation avec un professionnel, qui peut nous aider à s’ouvrir et à nous débarrasser des énergies négatives (angoisse, stress…) ou même des comportements indésirables (fumer, tocs…), ça ne requiert pas de contact physique, et avant de commencer la séance, les processus et les objectifs sont expliqués et compris par le concerné.

La sophrologie et la SEP (sclérose en plaque)

Tout d’abord, la sclérose en plaque est une maladie inflammatoire qui induit à une démyélinisation du système nerveux central. Elle est considérée aussi comme une maladie auto-immune car le système immunitaire attaque la myéline des axones du cerveau ou de la moelle épinière en croyant que c’est un corps étranger au corps humain.

Selon la sophrologue – psychologue ISABELLE BANET, la maladie est un chaos dans un parcours de vie, la personne qui en souffre a besoin de réorganiser sa représentation du monde, sans oublier toutes les angoisses qui l’accompagne.

Un accompagnement sophrologique régulier amènera le patient à :

  • Apprendre à vivre avec et non contre
  • Apprécier ce qui va bien dans notre corps
  • Renforcer la conscience des cinq sens
  • Apprendre à respirer en toute circonstance
  • Gérer les émotions et apprendre à les canaliser
  • Limiter l’angoisse et l’anxiété liée à la maladie
  • Aider le corps à intégrer les traitements parfois lourds et les douleurs qui peuvent les accompagner
  • Connaître les limites de notre corps
  • Être acteur de sa guérison
  • Vivre l’instant présent et éviter la torture mentale.

La sophrologie :  critiques

La sophrologie est une pratique correspondant aux adultes comme aux enfants à partir de 4ans, elle est une solution contre les maladies ou les douleurs chroniques comme l’insomnie. Cependant, elle n’est pas suffisante pour des maladies graves comme la schizophrénie ou la psychose, un suivi médical est nécessaire.

La sophrologie est aussi accusée d’être un moyen de lavage de cerveau et d’introduire les gens dans les sectes, ce qui est encore un débat d’actualité, mais elle affirme quand même n’être qu’un moyen de renforcement de la structure psychique et physique des personnes.

Si vous avez aimé cet article, n’oubliez pas de laisser un commentaire 🙂 

Je reste à votre disposition pour répondre à vos questions.

Merci pour votre lecture !

Comportements pro-sociaux : entre altruisme, manipulation et indifférence

Saviez-vous que nos comportements pro-sociaux (ou d’aide) ne sont jamais anodins ? En effet, ceux-ci font appel à des sentiments d’autosatisfaction ou bien à une volonté d’être bien perçu socialement. Cependant, les comportement pro-sociaux peuvent parfois cacher des techniques de manipulation, notamment lorsqu’il s’agit de vous faire acheter un bien de consommation par exemple. Mais saviez-vous aussi que dans certains contextes, même le plus altruiste d’entre nous peut devenir le plus grand des indifférents ?

Le quotidien nous offre mille et une occasions d’être altruiste..

Comportements pro-sociaux : une « soumission librement consentie »

Si aider les autres vous paraît trop difficile, essayez au moins de ne pas leur nuire. 

Dalaï-Lama

Les comportements pro-sociaux sont des actes volontaires mis en œuvre dans le but d’en faire bénéficier autrui. Cependant, Berkowitz (1972) distingue l’altruisme des comportements pro-sociaux, estimant que le premier s’effectuerait sans recherche de récompense externe, tandis que les autres impliqueraient la recherche d’un renforcement externe (récompense) ou interne (satisfaction personnelle). Pour d’autres auteurs, altruisme et comportements pro-sociaux semblent intriqués, et dépendent de facteurs communs, dont l’empathie et la norme de responsabilité personnelle.

Ces notions d’empathie et d’altruisme font également écho à la théorie de l’esprit, qui implique la capacité à comprendre les sentiments et ressentis d’autrui en se mettant à sa place. Les études de Staub (1970) ont ainsi démontré que les enfants de moins de 5 ans réalisent peu de comportements altruistes, que ceux-ci augmentent clairement entre 5 et 8 ans, avant de diminuer dès l’âge de 9 ans pour atteindre leur plus faible niveau aux alentours de 12 ans. En effet, les comportements pro-sociaux du jeune enfant seraient nettement induits par ceux de ses parents, mais le processus de socialisation plus tardif génère chez l’enfant des réactions plus incertaines. Ainsi, à la volonté d’aider se mêle la peur d’être jugé par autrui, inhibant alors l’action. Si ces constats ont lieu dès l’enfance, l’adulte reste également soumis à ces facteurs inhibiteurs que nous détaillerons plus tard.

Selon Aronfreed (1970), l’empathie sous-tendue dans la notion d’altruisme apporterait ainsi un bénéfice au demandeur (demande d’aide satisfaite, plaisir) ainsi qu’à l’auteur (renforcement interne de satisfaction, représentation mentale d’avoir fait plaisir, sentiment d’avoir accompli un acte socialement valorisé). Cependant d’après Schwartz (1977), la notion de norme de responsabilité personnelle induirait chez l’individu une sorte d’« obligation morale » d’aider son prochain, qui serait directement corrélée avec la prise de décision du sujet aidant. Pour qu’une telle décision soit prise, trois conditions seraient nécessaires :

  • Le sujet aidant doit reconnaître le besoin d’aide d’autrui ;
  • Le sujet aidant doit accepter d’engager sa responsabilité ;
  • La demande ne doit pas être trop coûteuse (psychiquement et matériellement) et ne doit pas entraver la liberté du sujet aidant.

La théorie de l’engagement : aider oui, mais à quel prix ?

En psychologie sociale, l’engagement désigne l’ensemble des conséquences d’un acte sur le comportement et les attitudes ; il est en fait ce qui lie un individu à ses actes (Kiesler, 1966). De ce fait, vous comprendrez bien que les gens ne s’engagent pas à la légère et que cela requiert plusieurs conditions. Dans sa théorie de l’engagement, Kiesler (1971), estime que cinq facteurs modulent la force du lien unissant la personne à ses actes :

  • Le caractère public/privé de l’acte : Faire quelque chose sous le regard d’autrui est plus engageant qu’anonymement, car cela donne une bonne image de vous auprès d’autrui ;
  • La répétition : Répéter une action engage davantage la personne que d’effectuer une action unique isolée (concrètement, être bénévole au sein d’une association caritative vous engage beaucoup plus sur le plan social et personnel que de donner une pièce à un SDF croisé au hasard des rues) ;
  • Le caractère réversible/irréversible de l’acte : Plus la personne perçoit qu’elle ne peut pas faire marche arrière, plus elle s’engage (cela vous parait sans doute contre-intuitif, mais c’est pourtant le cas) ;
  • Le caractère coûteux/non-coûteux de l’acte : Un acte « coûteux » (nous entendons ici « coûteux » sur le plan de l’effort qu’il demande et non pas sur le plan financier) est davantage accepté s’il est précédé d’une demande moins coûteuse, et un acte moins coûteux est facilement accepté s’il est précédé d’une demande extrêmement coûteuse ;
  • Le sentiment de liberté : Le sujet s’engagera davantage s’il a la liberté de choisir de faire cet acte ou non (exemple très concret : s’il est écrit sur votre poubelle « Veuillez trier vos déchets. », il y a de grandes chances pour que vous triiez beaucoup moins que s’il est écrit « Vous êtes libre de trier vos déchets ». Et oui, l’être humain est à prendre avec des pincettes).

Petit exercice pratique pour les expérimentateurs en herbe audacieux que vous êtes et qui avez une bonne capacité à encaisser les refus : vous vous postez à un arrêt de bus et alors deux options s’offrent à vous :

  • Demander aux passants si, par hasard, ceux-ci n’auraient pas un peu de monnaie pour le bus ;
  • Demander aux passants si, par hasard, ceux-ci n’auraient pas un peu de monnaie pour le bus, mais en terminant votre demande par une petite phrase bien sentie comme « Mais vous êtes libre d’accepter ou de refuser »

Selon Guéguen et Pascual qui ont proposé cette expérience en 2002, seuls 10% des passants vous donneront de la monnaie dans le premier cas, contre 47,5% dans le deuxième. Ainsi selon les termes de Joule et Beauvois (1998), le comportement d’aide serait une forme de « soumission librement consentie » par un individu qui choisirait de modifier librement son comportement envers un autre individu, gratuitement ou dans un but précis. De ce fait, si un individu peut choisir d’aider un autre dans un but défini, il semblerait que certaines dérives manipulatoires soient alors possibles (même dans le petit exercice pratique vous usez de manipulation, vous vous rendez compte ?!).

Stratégies persuasives, actes préparatoires et manipulation : le côté obscur des comportements pro-sociaux

En 1947, Lewin met en évidence l’existence de stratégies persuasives, en démontrant notamment que certains types de communications de l’information induisent davantage un individu à modifier son comportement. En effet, Lewin nous apprend ici qu’un débat entre ménagères sur la consommation d’abats induit davantage ces dernières à en cuisiner que d’assister à une conférence purement informative sur les bienfaits de manger des abats, à savoir que cela est nutritif et moins coûteux que la viande (rappelez-vous, nous sommes en 1947, la viande est rare).

A l’aide de plusieurs expériences, Freedman et Fraser (1966) évoquent également l’existence de techniques de manipulation bien connues des vendeurs et autres commerciaux notamment : le « pied-dans-la-porte » et la « porte-au-nez ».

  • Le pied-dans-la-porte est une technique de manipulation par requêtes successives, consistant à formuler dans un premier temps une requête peu coûteuse (acte anodin), puis une requête plus coûteuse (véritable but recherché). L’hypothèse serait alors qu’une demande coûteuse est davantage acceptée lorsqu’elle est précédée d’un acte préparatoire peu coûteux. Dans l’expérience de Freedman et Fraser (1966) par exemple, les sujets à qui l’on demande directement de mettre un panneau de prévention routière dans le jardin acceptent dans 16,7% des cas (demande coûteuse) ; mais si on leur propose préalablement de coller un simple autocollant sur leur voiture (demande peu coûteuse acceptée par 47,6% des sujets), 46,4% des sujets acceptent ensuite d’installer le panneau dans leur jardin.
  • La porte-au-nez consiste à formuler une requête coûteuse dont on sait pertinemment qu’elle sera refusée, dans le but de se voir accorder une demande un peu moins coûteuse par la suite (technique bien connue de l’adolescent(e) qui vous demandera d’abord s’il peut sortir en boîte de nuit, avant de vous demander de le laisser dormir chez son ami(e) parce-que s’il vous avait directement demander de l’emmener chez l’ami(e) en question, il sait que vous auriez refusé, mais là comment dire non deux fois de suite… ? Souriez, vous vous êtes fait berner !). Dans l’expérience de Cialdini (1975), si l’on propose d’emblée à des sujets d’emmener de jeunes délinquants au zoo, seuls 16,7% acceptent. Cependant si on leur demande d’abord de devenir bénévoles au centre de détention pendant 2 ans à raison de 2h par semaine (demande coûteuse), puis qu’on leur demande d’amener les jeunes délinquants au zoo (demande moins coûteuse), cette fois 50% des sujets acceptent d’effectuer la sortie.

Uranowitz (1975) met également l’accent sur l’influence des actes préparatoires dans l’induction des comportements pro-sociaux. Dans son expérience se déroulant au supermarché, il effectue un acte préparatoire en demandant à une ménagère de lui garder son sac de courses le temps de chercher un billet de 1$ perdu (faible justification) ou son portefeuille (forte justification). Pendant ce temps, un compère fait « accidentellement » tomber un article de son propre panier : sans acte préparatoire, seules 35% des ménagères le signalent au compère, tandis que 85% des ménagères « préparées » le font. Si le niveau de justification ne semble pas influencer leur réaction, on constate cependant qu’un sujet engagé semble plus enclin à rendre un nouveau service. Cependant, vous allez voir que de nombreux facteurs influencent la propension de tout un chacun à aider autrui… ou à ne pas l’aider.

Une limite aux comportements pro-sociaux : l’« effet du témoin »

En 1964, le meurtre de Kitty Genovese qui se serait déroulé sous l’œil de 38 témoins successifs restés indifférents et inactifs inspire une expérience à Darley et Latané (1968). Ceux-ci ont ainsi démontré que, plus les témoins d’une scène d’agression sont nombreux, moins l’un d’eux a tendance à venir en aide au sujet en détresse. Dans cette expérience de 1968, plusieurs sujets non-compères conversaient à travers un interphone avec d’autres sujet non-compères (tous étant isolés dans des pièces séparées), avant qu’un compère (un des expérimentateurs) se mette à simuler une crise d’épilepsie. Les (terrifiants) résultats montrent que la fréquence d’une intervention d’aide est inversement proportionnelle au nombre de témoins. En effet, si 100% des sujets interviennent lorsqu’ils ne sont que deux, 85% interviennent lorsqu’ils sont trois, et seulement 31% lorsqu’ils sont six. Vous l’aurez compris, pour que quelqu’un vienne à votre secours en cas d’agression, c’est vraiment pas gagné, surtout au milieu d’une foule.

Pour Darley et Latané (1968), trois facteurs influenceraient les comportements pro-sociaux de l’individu en cas d’urgence :

  • Il doit d’abord remarquer la situation ;
  • Puis l’interpréter comme étant une urgence ;
  • Et enfin, décider que son intervention est la réaction la plus adaptée.

Cependant, trois processus pourraient affecter cette prise de décision :

  • L’influence sociale : Avant d’intervenir, le sujet s’assure de l’exactitude de sa propre interprétation d’une situation. Or, si personne ne semble réagir, on assiste alors à un phénomène d’« ignorance plurielle » où l’ensemble des témoins semble ignorer le problème de la personne en détresse par une absence totale d’aide à son égard, se contentant de rester des témoins passifs de la scène (cf. cas de Kitty Genovese) ;
  • L’appréhension de l’évaluation : La peur d’être jugé négativement par les autres témoins en cas d’erreur d’appréciation de l’urgence de la situation incite le sujet à ne pas agir (sous-entendu, mieux vaut ne pas agir du tout que de passer pour un imbécile auprès des autres… Louée soit la pression collective !) ;
  • La diffusion de la responsabilité : Plus le nombre de témoins est grand, plus la diffusion de la responsabilité est élevée, donc plus la part de responsabilité individuelle est faible. Concrètement, si vous êtes nombreux à assister à une scène d’agression, il est probable que vous-même ainsi que les autres témoins pensiez en votre for intérieur : « Pourquoi devrais-je intervenir ? Que quelqu’un d’autre le fasse ! ». La présence d’autrui diminuerait donc les comportements d’aide. Conclusion : ne comptez pas nécessairement sur autrui pour vous porter secours en cas de besoin, surtout au milieu d’une foule !

Si ces explications ne font pas de vous un(e) convaincu(e), voici une vidéo illustrant cet « effet du témoin » (ou « bystander effect » en anglais) et l’inhibition totale des comportements pro-sociaux. Là encore, si vous êtes audacieux, il vous sera également aisé de mener l’expérience par vous-même…

Le monde est un endroit dangereux ; non pas à cause des personnes qui font du mal, mais à cause de ceux qui ne font rien contre ce mal.

Albert Einstein

J’espère que cet article vous aura plu et peut-être ouvert les yeux… En attendant n’hésitez pas à nous laisser vos commentaires, nous y répondrons avec plaisir !

Psychologie sociale : Découvrez l’interaction entre les processus psychologiques et la société

Qu’est-ce que la psychologie sociale ? Quelles sont ses applications pratiques ? Qui sont ses principaux auteurs ? Quels sont les sujets qu’étudient les psychologues sociaux ? Dans cet article, nous allons répondre à toutes vos questions sur la psychologie sociale et nous vous donnons plusieurs exemples. Découvrez des connaissances très utiles qui vous aideront à expliquer scientifiquement votre quotidien. Bienvenu dans le monde passionnant de la psychologie sociale.

Psychologie sociale

Qu’est-ce que la psychologie sociale ? Définition, signification et concept

Pourquoi est-ce que les gens se prennent autant la tête et se disputent si souvent ? Qu’est-ce qui pousse certaines personnes à donner tout leur argent aux œuvres caritatives ? Pourquoi nous identifions-nous avec certains groupes de personnes et d’autres non ? Si vous vous êtes déjà posé ce genre de questions, vous avez tenté de résoudre les questionnements de la psychologie sociale.

La psychologie sociale est une branche populaire de la psychologie qui étudie les processus psychologiques des individus dans la société. Cela signifie que la psychologie sociale est chargée d’expliquer qu’est-ce que nos relations sociales nous font ressentir, ce que nous pensons de celles-ci, quelles sont nos motivations pour entrer en relation avec les autres, comment nous agissons lorsque nous ne sommes pas seuls, etc…

Cette discipline est née au début du 20ème siècle. L’indiscutable poids des autres sur nos comportements commence alors à être pris en compte grâce à certains psychologues sociaux que nous allons mentionner plus bas. Continuez votre lecture si vous souhaitez tout savoir sur la psychologie sociale.

Qu’étudie la psychologie sociale ?

Les sujets abordés par les psychologues sociaux sont aussi variés que le nombre de situations différentes que nous vivons dans notre vie sociale au quotidien. Voici les principales thématiques étudiées dans ce domaine :

  • Construction de l’identité : comment nous déterminons quels sont les traits qui nous définissent ?
  • Attitudes et psychologie social : qu’est-ce qui nous pousse à devenir un écologiste ?
  • La cognition dans les relations sociales : comment réalisons-nous nos jugements sur les autres ?
  • La communication : qu’est-ce qui nous pousse à diffuser notre intimité sur les réseaux sociaux ?
  • Les relations interpersonnelles : pourquoi certaines personnes nous attirent et d’autres non ?
  • La culture d’un point de vue psychosocial : comment donnons vie collectivement à des images qui influencent nos émotions ?
  • Les stéréotypes dans la psychologie sociale : pourquoi disons-nous que les blondes sont stupides ?
  • Les conflits : qu’est-ce qui peut pousser quelqu’un à faire du bullying ou du mobbing à une autre personne ?
  • L’aide à autrui : pourquoi certaines personnes dédient leur temps à faire du bénévolat ou du volontariat ?
  • Les groupes : qu’est-ce qui nous incite à nous considérer comme fans inconditionnels d’une certaine équipe ?

Psychologie sociale : caractéristiques

1. Liée avec d’autres disciplines

La sociologie est la science la plus proche de la psychologie sociale. D’autres disciplines, comme la pédagogie, l’économie, la philosophie, les sciences politiques, l’histoire, l’anthropologie ou d’autres branches de la psychologie ont un lien très fort avec la psychologie sociale.

2. Concentrée sur les processus psychologiques

Malgré de réunir les différentes perspectives afin d’expliquer quels sont les sujets abordés par cette discipline, toutes les sciences qui étudient la société ne sont pas pareilles. La psychologie sociale se distingue des autres branches par la particularité qu’elle a d’étudier ce qu’il se passe dans la têtes des individus et en quoi cela influence leur comportement.

3. Abordée d’une manière scientifique

Les sujets d’étude des psychologues sociaux sont moins tangibles que dans les autres sciences comme la chimie ou la biologie. Pourtant, la psychologie sociale utilise tout de même des méthodes scientifiques, comme des expériences ou des méthodes de corrélations (qui consistent à observer comment sont affectées différentes variables), qui permettent aux experts en psychologie sociale d’élaborer des théories solides et applicables.

4. Parfois similaire au bon sens

Nous avons tous une théorie sur les aspects que la psychologie sociale étudie. Parfois, lorsque le public lit un texte de psychologie sociale, il pense qu’il ne s’agit que fait évidents et/ou d’opinions subjectifs. Cependant, ces professionnels sont chargés de démontrer rigoureusement des questions sur lesquels les gens sont habitués à discuter en se basant uniquement sur leurs expériences personnelles.

Applications de la psychologie sociale

En plus de la théorie et de l’investigation, la psychologie sociale a de nombreuses utilités qui se répercutent sur notre vie quotidienne. La psychologie sociale appliquée a pour but d’améliorer la qualité de vie des personnes à tous les niveaux. Voici les principaux champs d’action de la psychologie sociale :

  • Santé : Permet d’améliorer le bienêtre des individus grâce à des actions tels qu’encourager les habitudes saines ou neutraliser les situations sociales stressantes.
  • Problèmes sociaux : Le chômage, l’immigration ou la violence entre genre sont des questions analysées par les psychologues sociaux, qui créent également des plans d’intervention dans le but de résoudre ces conflits.
  • Éducation : Se centre sur les questions tels que la perception qu’ont les personnes de notre système d’éducation ou comment améliorer la cohabitation entre étudiants.
  • Environnement : La psychologie sociale étudie les interactions entre les personnes et leur environnement.
  • Domaine juridique : Aborde des sujets liés aux domaines du droit et de la psychologie, comme la situation des victimes ou la prévention de la criminalité.
  • Organisation : Explore les notions de leadership, de productivité, de relations professionnelles, etc…
  • Politique : Intervient pour des questions comme l’efficacité d’un discours politique ou l’attitude de la population face aux hommes politiques.
  • Communication et consommation : L’influence publicitaire, nos compétences communicatives, les liens interpersonnels et les comportements sur les réseaux sociaux sont tous des exemples de sujets abordés par la psychologie sociale.

En définitive, le rôle de la psychologie sociale appliquée est indispensable dans de nombreux domaines, toujours en progrès. Les psychologues sociaux s’occupent toujours de démontrer empiriquement la validité des solutions qu’ils apportent.

Psychologie sociale : expériences

Dans ce paragraphe nous vous racontons deux des expériences les plus connues de la psychologie sociale, afin que vous puissiez comprendre comment travail les psychologues sociaux et l’importance de leurs découvertes.

Expérience de la facilitation sociale

Norman Triplett est le créateur, selon différents auteurs, de la première expérience de psychologie sociale, en 1898. Il voulait découvrir la raison de l’augmentation de la vitesse des cyclistes lorsqu’ils roulent accompagnés. Son objectif était de découvrir comment influençait la présence d’autres personnes qui pratiquent la même activité sur le rendement d’un cycliste.

Son hypothèse était que notre rendement augmente lorsque nous sommes en compétition avec d’autres personnes (pour les tâches motrices). Ainsi, Triplett essaya de vérifier la véracité de cette hypothèse dans un laboratoire. Il demanda à un enfant de rembobiner un rouleau de file pour pêcher. Certains participants le faisaient seuls et d’autres accompagnés par d’autres qui remplissaient la même tâche. Le résultat obtenu fut que les sujets du deuxième groupe (ceux accompagnés) réalisaient leur tâche beaucoup plus vite que ceux du premier groupe (ceux qui étaient seuls).

Expérience de la prison de Standford

Philip Zimbardo, un fameux psychologue social, réalisa une expérience qui est devenu célèbre à cause de ses résultats plus que déconcertants. Il engagea 24 étudiants qui suite à une évaluation semblaient mentalement sains. Il divisa les étudiants en deux groupes aléatoirement, un de “policiers” et l’autre de “prisonniers”. Il convertit le sous-sol de l’Université de Standford en une prison et fournit des uniformes aux policiers et aux prisonniers. Il mit en place une série de normes afin de rendre la situation le plus réaliste possible.

Au fur et à mesure que les jours passaient, les policiers abusaient toujours plus de leur autorité et de leur pouvoir, en déshumanisant les prisonniers. Les victimes étaient dévêtues, insultées, tournées au ridicule, etc… En fait, les policiers ridiculisèrent tellement les prisonniers que l’expérience dû être interrompue par Zimbardo, car la situation était devenue dangereuse. L’explication du psychologue social est que n’importe qui peut devenir “mauvais” suivant les circonstances et le contexte.

Voici une vidéo qui explique plus en détail cette fameuse expérience de Philip Zimbardo, commentée par lui-même (n’oubliez pas de mettre les sous-titres en français).

https://www.youtube.com/watch?v=WUDTCMUEeTA

Psychologie sociale : comment appliquer la psychologie sociale à la vie quotidienne ?

Qui n’a jamais souhaité mieux comprendre et prédire le comportement des autres ? Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi vous avez certains comportements à un moment donné ? Heureusement, la psychologie sociale nous donne des réponses scientifiques aux questions de notre quotidien.

Étant donné que nous vivons en société et que nous devons nous adapter à celle-ci, un peu de psychologie sociale dans notre vie peut nous aider à expliquer les discussions dans nos travaux en équipe, la folie des jours de soldes ou les préjugés face aux personnes obèses.

Voici quelques conseils et recommandations qui vous aideront à appliquer les principes de la psychologie sociale à votre quotidien :

Soyez attentifs à vos biais cognitifs

Les biais cognitifs sont des déformations de la réalité qui se produisent lorsque nous traitons les informations. Nous ne disposons pas des ressources suffisantes pour dédier notre attention à tous ce qui nous entourent, et que notre cerveau pense à une vitesse stupéfiante. Par exemple, pour ne pas perdre de temps, nous avons tendances à confirmer nos croyances et éviter les informations qui les démentent.

Cette prédisposition est naturelle et nous arrive régulièrement. Cependant, elle peut parfois nous mener à nous tromper, à contempler notre monde à travers de stéréotypes inadéquats ou à avoir des préjugés injustifiés. C’est pour cela qu’il est important de réfléchir sur nos opinions et que nous essayons d’être objectifs.

Apprenez à influencer les autres

Nous avons tous besoin d’influence les autres de temps en temps, afin de d’obtenir quelque chose par exemple. Cela ne signifie pas manipuler ou avoir de mauvaises intentions. Simplement, nous désirons peut-être seulement que notre sœur nous prête une robe, faire bonne impression lors d’un entretien ou éviter qu’un ami prenne une mauvaise décision.

Des actions tels qu’être agréable avec notre interlocuteur, faire des faveurs ou complimenter les autres sont des stratégies assez efficaces pour obtenir ce que l’on souhaite. Robert Cialdini est l’un des plus grands experts en influence sociale du monde et décrit à quel point cela peut être efficace d’influencer quelqu’un.

Restez connecté avec l’actualité

Les moyens de communications sont des sources intarissables de connaissances sur la psychologie sociale. Les scandales sur les réseaux sociaux, le pouvoir de certains leaders d’opinion ou les commentaires de nos proches nous proportionnent une infinité de données qui peuvent être traitées.

Il est vrai que nous ne nous conformons pas à connaître la réalité au travers d’un seul canal. Adopter un point de vue holistique favorise que nous soyons capables de mieux anticiper les comportements des autres et d’améliorer notre capacité de résolution de problèmes. Nos connaissances sont enrichies par le fait d’écouter les différentes versions d’une histoire et que nous essayons de les traiter de différents points de vue.

Découvrez les livres passionnants sur la psychologie sociale

Certains psychologues sociaux, comme Robert Cialdini, Elliot Aronson ou Philip Zimbardo ont écrit des livres vraiment intéressants, autant pour les professionnels que pour le public non spécialisé. Leurs œuvres vous permettront de vous approcher de manière pratique à la compréhension de nos comportements sociaux.

Psychologie sociale : théoricien et auteurs principaux

La liste des psychologues sociaux importants qui ont réalisé de grandes découvertes et qui continuent de le faire actuellement est assez large. Voici les cinq plus grands auteurs et leurs principaux apports à la psychologie sociale.

Kurt Lewin (1890-1947)

Ce père de la psychologie sociale s’est intéressé aux interactions existantes entre chaque individu et son milieu. Sa pensée est très liée à la psychologie de Gestalt. Il s’intéressa particulièrement à mener ses idées à la pratique, et l’une de ses maximes est : “pour comprendre un système, il faut essayer de le changer”.

Lewin créa la théorie de champs, qui met en avant l’importance de contempler l’espace vital des personnes. Cette dimension est constituée de la totalité des situations de chaque individu à un moment déterminé. Il insista sur le fait de ne pas isoler les différents facteurs qui nous influence et de se concentrer sur les dynamiques qui se produisent entre eux.

Solomon Asch (1907-1996) et la psychologie sociale

Son principal champ d’étude fut le conformisme, qui est essentiel pour la vie en société. C’est le célèbre créateur du “paradigme de Asch”, qui fut démontré grâce à une expérience révolutionnaire. Ce psychologue réunit en 1951 des groupes entre 5 et 7 personnes. L’une d’elles était le sujet étudié et les autres étaient des collaborateurs du chercheur.

Asch présenta deux images, l’une qui représentait une ligne et l’autres trois lignes de longueurs différentes. Ensuite, il demandait quelle ligne de la deuxième image avait la même longueur que celle de la première image. L’expérience a été conçue pour que le sujet étudié soit l’une des dernières personnes à répondre. Les collaborateurs donnaient une réponse erronée exprès, pour voir si le sujet allait les suivre.

La réponse était facile et évidente. Cependant, Asch découvrit avec surprise qu’après de nombreuses tentatives, le sujet se “trompait” dans 50% des cas. Asch démontra également que les indices du conformisme varient d’une culture à l’autre, et que les collectivistes y sont plus par exemple plus enclins.

Stanley Milgram (1933-1984)

Milgram réalisa l’une des expériences les plus terrifiantes de l’histoire. Inspiré par les atrocités commises pendant la Seconde Guerre Mondiale, il étudia l’obéissance à l’autorité et décida d’en explorer les limites.

Il sélectionna des sujets avec un comportement normal, qui furent invités à son laboratoire. Il demanda aux participants de son expérience controversé d’administré des décharges électriques en augmentant progressivement le voltage (bien qu’en réalité le voltage ne dépassait jamais les 45 voltes) à une autre personne lorsque celle-ci se trompait en répondant aux questions qui lui étaient posées.

La victime était un complice du psychologue et devait simuler une douleur progressive au fur et à mesure que la puissance des décharges augmentait. Malgré les cris de douleur et de désespoir de la victime, le scientifique qui jouait le rôle de l’autorité insistait pour que les sujets de l’expérience continuent à augmenter la puissance des décharges. Le résultat effrayant de cette expérience est que 65% des sujets arriva au niveau maximum, qui supposait infliger 450 voltes (ce qui signifie une décharge mortelle) à l’autre participant, la victime.

Voici une courte vidéo qui explique plus en détail comment se déroulait cet expérience :

Les explications proposées à ce fait terrifiant sont la crédibilité du scientifique, qui affirme que les décharges ne sont pas dangereuses ou l’insistance de l’éducation depuis que nous sommes enfants à obéir aux supérieurs (parents, enseignants, etc…) Et vous, comment auriez-vous réagit dans cette situation ?

Serge Moscovici (1925-2014) et la psychologie sociale

Moscovici se dédia à étudier comment nous comprenons le monde qui nous entoure. Il partit du principe que nous connaissons tous la réalité à travers des représentations sociales qui nous guident et qui nous permettent de cohabiter avec les autres. La communication entre les personnes est essentielle pour transmettre les connaissances et les idées les plus importantes ainsi que pour nous orienter.

Nous construisons des concepts collectifs et créons un sens commun partagé par nous tous. Nos idées sont interconnectées, ce qui permet d’enrichir nos pensées et de donner un sens aux différents faits de notre quotidien. Que sommes-nous sans les autres ?

Robert Zajonc (1923-2008)

Ce psychologue révéla “l’effet de la simple exposition”, qui manifeste notre tendance à être plus sensible à un stimuli lorsque l’on y a été fréquemment exposé. Par exemple, il se peut que la première fois que l’on écoute une chanson à la radio celle-ci nous paraisse anodine. Cependant, si nous l’écoutons chaque fois que nous sortons, dans la voiture, à la télé et qu’elle devient le succès de l’été, celle-ci finira probablement par nous enchanter.

Ainsi, Zajonc déclara que nos préférences ne sont pas complétement rationnelles. Les pensées sont toujours accompagnées par les émotions. Cet effet nous influence également lorsqu’il s’agit de choisir nos amis ou notre partenaire, du fait que les gens que nous voyons plus souvent vont nous plus plaire. Les publicitaires l’on bien compris et tente de profiter de ce phénomène afin de créer un lien avec une certaine marque au plus profond de nous.

Merci beaucoup de nous avoir lu, nous espérons que cet article vous aura plus et surtout qu’il vous aura été utile pour en savoir plus sur la psychologie sociale. N’hésitez pas à laisser vos commentaires et vos questions sur le sujet plus bas, nous serons enchantés d’y répondre. 🙂

“Source : Ana Muñoz Miguez, psychologue de CogniFit spécialisée en psycho-oncologie, soins palliatifs et troubles du langage.”

L’Hypersensibilité, qu’est-ce que c’est ? Est-ce que vous ressentez le monde intensément ?

L’hypersensibilité est une autre façon de ressentir le monde, tout est plus intense que pour une personne lambda. Si vous vous êtes déjà surpris en train de penser « Non, je ne vais pas aller au supermarché, ça va me fatiguer toutes ces lumières » ou bien si vous êtes vite surmené par le bruit des voisins, il est possible que vous soyez vous aussi hypersensible, comme 20% de la population. Même si vous n’êtes pas touché par cette sensibilité, cet article vous aidera à mieux comprendre les personnes hypersensibles et ce qu’elles vivent au quotidien.  

L’Hypersensibilité, qu’est-ce que c’est ?

Définition de l’hypersensibilité

L’hypersensibilité est tout simplement une sensibilité accrue, exagérée, voire extrême, permanente ou non, pathologique ou non. Lorsque je parle de pathologie, je veux évoquer la personne en souffrance même si l’hypersensibilité peut être due à une autre maladie, psychiatrique ou somatique. L’hypersensibilité peut aussi être simplement la résultante d’une situation de vie compliquée comme un burn out ou une rupture amoureuse. C’est quelque chose qui peut donc tous nous touché à un moment ou un autre sans forcément advenir.

De plus, l’hypersensibilité peut être immunologique ; concrètement, ce sont les allergies. C’est alors une hypersensibilité de l’organisme, celui-ci va réagir de manière excessive face à un « intrus ». Ce n’est cependant pas ce que l’on va développer dans cet article, on va plutôt se pencher sur l’hypersensibilité sensorielle. Il est cependant intéressant de noter que les personnes hypersensibles sont tout de même souvent en proie à des allergies et des intolérances médicamenteuses et alimentaires.

L’hypersensibilité dont on parle est un trouble du traitement sensoriel qui peut toucher tous les sens : l’ouïe, l’odorat, le toucher, le goût, l’audition mais aussi la proprioception (positionnement du corps) et la nociception (douleur). Il existe aussi des personnes hyposensibles et, on peut s’en douter, celles-ci auront un comportement aux antipodes des personnes hypersensibles ; l’un aimera le silence tandis que l’autre adorera les sirènes d’alarmes.

L’hypersensibilité peut aussi être émotionnelle, d’un côté, ces personnes vont être très perméables aux émotions des autres et d’un autre, elles vont réagir de façon plus extrême émotionnellement parlant, sans toutefois basculer dans le théâtralisme. Cela peut sembler extrême de l’extérieur en comparaison à d’autres mais pour ces personnes, c’est une réaction ajustée par rapport à ce qu’ils reçoivent.

Cette hypersensibilité n’est pas le seul fait des hommes. Selon Elaine Aron, pionnière de la description de la personne « highly sensitive », ce trait a aussi été retrouvé chez la plupart des animaux. Ce serait donc une véritable caractéristique innée et non un apprentissage.

L’hypersensibilité dans les troubles du spectre autistique

Le trouble autistique touche environ 650 000 personnes en France. Ce trouble se décline sous diverses formes et connaît des différences interindividuelles. Toutefois, il se caractérise principalement par des difficultés dans les interactions sociales et dans la communication et d’un autre côté au niveau du caractère restreint et des affects condensés sur quelques intérêts.

L’une des grandes particularités autistiques, pour 90% d’entre eux en tout cas, c’est l’hypersensibilité. Ils sont souvent dépassés par leurs sens et il est très difficile pour eux d’être serein dans ce monde sensoriel, d’autant plus que nous sommes constamment surchargés de stimuli dans nos sociétés modernes. Ajouté à leur hypersensibilité, leur façon de gérer leurs émotions, plus spontanée et sans notion du regard gênant de l’autre, peut les amener à hurler si leur repas est trop chaud, ce qui peut être surprenant de prime abord. De la même façon, un toucher léger peut être une réelle souffrance pour une personne autiste, ce qui conduit probablement la plupart d’entre eux à ne pas répondre aux tendresses physiques des autres.

Neurobiologie de l’hypersensibilité autistique

Cérébralement, l’hypersensibilité est un défaut d’intégration des sensations dans le cerveau, ce qui conduit à des réactions souvent violentes des personnes atteintes d’autisme.

Afin d’étudier la neurobiologie de l’hypersensibilité, des chercheurs se sont penchés sur le syndrome de l’X fragile, une des formes de l’autisme. Pour ce faire, ils ont utilisé des souris avec la mutation génétique caractéristique de cette pathologie et ils ont mesurés leurs activités cérébrales lors de stimulus tactiles. Ils ont noté que les neurones du cortex somatosensoriel qui traient donc les informations sensorielles sont hyperexcitables.

Cette hyperexcitabilité serait due à la protéine FMRP, celle qui est en jeu dans la mutation du gène du syndrome de l’X fragile. Cette protéine serait impliquée dans la régulation des canaux ioniques, c’est à dire qu’elle ferme ou ouvre les canaux qui laissent passer l’influx nerveux. Si l’influx passe en continu, le cerveau est hyper stimulé. C’est grossièrement ce qu’il se passe lors d’une épilepsie, les canaux s’ouvrent tous et le cerveau s’enflamme. L’hypersensibilité n’est pas une ouverture totale des canaux non plus mais tout de même une ouverture perturbée. D’ailleurs, le docteur Kaustubh Supekar aimerait évaluer l’effet des médicaments antiépileptiques sur des personnes autistes.

D’autres études ont mis en évidence des hyper-connectivités neuronales chez les enfants autistes au QI normal et cela au prorata de leurs difficultés sociales contrairement à la sous-connectivité évoquée historiquement. Kaustubh Supekar émet l’hypothèse que cette hyper-connectivité les empêcheraient de passer simplement d’une activité à une autre, ce qui expliquerait le fait qu’ils aiment répéter les mêmes taches. Cependant, cela est uniquement le cas pour les enfants, car d’autres résultats ont été retrouvés chez les adultes autistes.

Pour mieux comprendre l’hypersensibilité auditive, voici une vidéo de Miguel Jiron :

L’hypersensibilité chez les personnes à hauts potentiels

Les personnes atteintes du trouble du spectre autistique ne sont bien sûr pas les seuls à connaître ces déroutes sensorielles, ils sont aussi très communs chez les personnes dites à haut potentiel.

Le haut potentiel est une des façons de nommer la surdouance ou la précocité. Ce n’est pas simplement un QI supérieur aux autres, mais tout un mode de fonctionnement qui diffère du « commun des mortels ».  La pensée est dite en arborescence plutôt que linéaire, l’imagination et la créativité sont bien développées et l’activité motrice traduit le bouillonnement intellectuel.

De manière globale, les personnes à haut potentiel analyseront le monde de manière plus fine et plus intense que la moyenne. Cette hypersensibilité globale peut donc les amener à être plus angoissés, nerveux voir même conduire à un isolement, dans le but de couper avec toutes ces stimulations. C’est donc à peu près la même chose que pour les personnes atteintes d’autisme même si leurs réactions seront probablement moins surprenantes. Ce qui permet possiblement aux personnes à haut potentiel de mieux vivre au quotidien avec les autres contrairement aux personnes autistes, c’est qu’elles développent un « faux-self » pour se fondre dans la masse et ressentir de façon moindre le décalage.

Vivre avec et travailler avec son hypersensibilité

Vivre avec une hypersensibilité peut se révéler être une vraie épreuve du combattant pour certains ; éviter les supermarchés over-éclairés, vouloir disparaître quand nos amis mettent la musique bien trop fort et que cela nous emporte ou bien ne pas supporter ce magnifique soleil éclatant. Il est bien sur possible de s’adapter au monde environnant tout de même, ne serait-ce qu’en signalant le malaise et en l’expliquant et en se protégeant au possible.

Il faut savoir qu’une personne hypersensible réagira selon trois possibilités comportementales si elle est submergée par ses sensations ou émotions : soit il entre dans un « combat » (colère ou irritabilité), soit il fuit (en se repliant sur lui-même ou en partant physiquement), soit bien il devient apathique (plus d’activité motrice et psychique).

Pour les personnes qui vivent mal leur hypersensibilité, des thérapies cognitivo-comportementales peuvent être proposées afin de travailler sur leurs cognitions et ressentis.

Le site d’Elaine Aron, elle-même hypersensible, regorge de conseils pour bien vivre avec cette particularité. L’idée n’est pas que l’on est malade mais simplement que l’on est différent. Dans ce sens, il faut se ménager, faire attention à soi et prendre en compte nos particularités pour ne pas se sentir surmener par les stimuli du monde.

L’hypersensibilité peut aussi être noyée parmi d’autres symptômes et dans ce cas, il sera plus judicieux de traiter le syndrome avec une thérapie adaptée. Une personne dépressive peut par exemple être hypersensible mais s’occuper seul de sa sensibilité ne résoudra pas à long terme sa souffrance.

Hypersensibilité et art

L’hypersensibilité est autant vu comme une malédiction que comme un don, ces termes légèrement extrêmes sont utilisés dans le but de rendre compte du ressenti de la chose. Ne pas pouvoir aller au supermarché parce que les lumières vous font mal et que le bruit de la foule vous perturbe n’est pas quelque chose qui facilite la vie, mais d’un autre côté, cela facilite l’empathie, quoi que parfois trop forte et surtout, l’art. Une musique classique sera un réel torrent émotionnel dans leur vie.

Leur façon d’être touché par l’art sous toutes ses formes est une opportunité de voir la « beauté » mais aussi de la transmettre. Un hypersensible qui compose une sonate réussira à nous transmette toute son émotion au travers de mélodieuses notes.

De nombreux artistes sont diagnostiqués hypersensible (et autres..) après leur mort, comme Van Ghog par exemple, qui nous a laissé cette magnifique toile de nuit grâce à sa jolie sensibilité. Il est dommage d’être aujourd’hui seulement dépassé par son hypersensibilité sans en connaître les avantages. Si vous êtes hypersensibles, prenez le temps d’apprendre à vous connaitre pour pouvoir retirer le meilleur de votre différence.

Merci d’avoir lu cet article ! N’hésitez pas à écrire un petit commentaire ou à poser vos questions, j’y répondrai avec toute mon attention.

Les stéréotypes sociaux : que sont-ils et pourquoi nous les utilisons ?

« Femme au volant, mort au tournant », « Les Anglais ne savent pas cuisiner », « Les coiffeurs sont tous homosexuels », « Les gens qui ne veulent pas d’enfants sont égoïstes »… Les stéréotypes sociaux sur tout et n’importe quoi ne manquent pas, d’ailleurs nous en sommes tous à la fois les vecteurs et les victimes, même si nous n’en n’avons pas toujours conscience !

Les stéréotypes sociaux : que sont-ils et pourquoi nous les utilisons ?

Du stéréotype à la discrimination, il n’y a qu’un préjugé !

Selon Richelle (2011), le stéréotype est une croyance ou représentation rigide et simplificatrice, généralement partagée par un groupe plus ou moins large, relative à des institutions, des personnes ou des groupes. Pour Lippman (1922), « les stéréotypes sont des images dans notre tête qui s’intercalent entre la réalité et la perception qu’on en a ». Le stéréotype induirait donc des catégorisations descriptives simplifiées (voire caricaturales) d’individus (notamment à travers leur groupe d’appartenance), sur la base de croyances partagées par plusieurs sujets (fondées ou non).

Les stéréotypes sociaux permettent aux individus de favoriser leur propre groupe d’appartenance (endogroupe) en le faisant apparaitre moins négatif que les autres (exogroupes), induisant ainsi une comparaison sociale généralement non-fondée, parfois drôle et légère, mais pouvant aussi aller jusqu’au préjugé ou à la discrimination, la recherche de boucs-émissaires ou l’ethnocentrisme.

Pour Billig (1984), les préjugés sont des opinions dogmatiques et défavorables au sujet d’autres groupes, et, par extension, au sujet de membres individuels de ces groupes. Il les qualifie également de « pré-jugements prématurés, préalables et inébranlables ». Le préjugé a donc plusieurs composantes : cognitives (caricaturales), affectives (négatives) et comportementales (discriminantes) ; il est acquis et argumentatif quoique non-argumenté. Il peut induire une attitude de discrimination d’un sujet ou groupe de sujets envers un autre.

La discrimination s’illustre par un comportement de rejet d’un individu A envers un sujet B, uniquement dû à l’appartenance de ce dernier à un groupe différent du sien. La discrimination utilise des indices (comme la couleur de peau, la religion, l’accent) permettant de distinguer les personnes en les incluant dans un groupe ciblé. Pour Billig (1984), le préjugé se rapporte aux attitudes négatives, et la discrimination est un comportement dirigé contre les individus visés par le préjugé.

Les stéréotypes sociaux : comprendre et justifier l’inexplicable

Les stéréotypes sociaux sont également à l’origine du processus d’attribution causale, qui permet aux individus de donner une cause et une signification aux évènements et aux comportements d’autrui, même erronées. Pour Leyens (1978), ce processus survient particulièrement en présence d’évènements inhabituels, désagréables ou surprenants. Concrètement, quand quelque chose de dérangeant survient, nous ressentons l’absolu besoin de l’expliquer pour le comprendre.

L’attribution causale apparait alors sous forme d’extension temporelle (tendance à généraliser un comportement qui ne s’est produit qu’une fois), de ressemblance (un sujet A ressemble à un sujet B, donc ils doivent agir de la même manière) ou d’analogie (déduction de qualités psychiques à partir de qualités physiques). Ainsi, selon Heider (1958), l’attribution causale permettrait à l’individu de désigner un « responsable » (réel ou fictif) et d’attribuer à son comportement des causes :

  • Internes (dispositionnelles) ou externes (situationnelles) ;
  • Contrôlables ou incontrôlables ;
  • Temporaires ou permanentes.

Les stéréotypes ethniques, précurseurs des premiers modèles théoriques

C’est aux Etats-Unis dans un contexte de ségrégation raciale importante que la majorité des études fondatrices sur les stéréotypes sociaux ont émergé, mettant alors en évidence plusieurs concepts fondamentaux :

  • Le biais de favoritisme intra-groupe : Katz et Braly (1933) proposent une expérience où des étudiants Américains blancs devaient déterminer, selon eux, les critères typiques décrivant les Afro-Américains, les Juifs, les Américains blancs, etc. Les résultats montrent clairement un biais de favoritisme intra-groupe : les Américains blancs sont perçus comme « intelligents, travailleurs », tandis que les Afro-Américains sont jugés « superstitieux, paresseux », les Juifs « intéressés », etc. Cependant, on retrouve ce biais-là dans de très nombreux domaines : nationalité et chauvinisme, équipes sportives et supporters, etc.
  • Le concept d’attitude : En 1934, Lapierre tente de prouver qu’un préjugé à l’égard d’un groupe ethnique (ici, les Chinois) induit logiquement un comportement de discrimination en adéquation (refus pour un hôtelier Américain d’héberger un client Chinois). Lorsque la question est posée à l’hôtelier Américain, celui-ci affirme qu’il refusera de louer une chambre à tout Chinois se présentant ; mais concrètement, l’expérience de Lapierre montre que le comportement est tout autre, car la quasi-totalité des hôteliers ont accepté de loger des clients Chinois. Il n’y a donc pas de lien automatique entre le préjugé et la discrimination : vous pouvez donc tenir un discours raciste, sans toutefois mettre en place des comportements discriminants envers les personnes visées par votre discours.
  • La désirabilité sociale : Pettigrew (1950) démontre que la catégorie socio-culturelle et le degré d’instruction n’influent absolument pas sur la présence ou l’absence de stéréotypes sociaux (comme quoi, on peut être très instruit, mais plein de clichés). Pettigrew met aussi en avant un biais de désirabilité sociale pouvant influencer les réponses de certains sujets : pour ne pas sortir de la norme, le sujet va ainsi homogénéiser sa propre réponse avec celle de son groupe d’appartenance, même s’il pense le contraire. Ainsi, si votre belle-famille est plutôt raciste, il y a peu de chances pour que vous teniez un discours contestataire empreint de tolérance lors du dîner de Noël, car vous avez conscience que cela pourrait faire mauvais effet…
  • L’erreur fondamentale d’attribution : En 1977, les études de Ross montrent que lorsqu’il s’agit d’expliquer le comportement d’autrui, nous avons tendance à surestimer les causes internes (propres à l’individu) et à négliger les causes externes (circonstances). Concrètement, si vous avez encore une fois oublié vos clés ce matin, c’est bien sûr parce-que la maison est mal rangée ou parce-que votre colocataire ou conjoint(e) dérange sans arrêt vos affaires ; en revanche lorsque c’est lui qui a oublié les siennes, c’est parce qu’il est tête-en-l’air et désorganisé, cela va de soit !
  • Le Locus Of Control (LOC) : Rotter (1966) a démontré que certains sujets avaient plutôt tendance à systématiquement internaliser leurs erreurs et d’autres à les attribuer à des causes externes. C’est ainsi qu’en cas d’échec à un examen ou à un simple jeu de société par exemple, certains sujets diront qu’ils ont échoué à cause de leur manque de travail ou de stratégie (LOC interne), tandis que d’autres diront qu’ils ont échoué parce-que l’examen était trop difficile ou encore que l’équipe adverse a gagné parce qu’elle a triché (LOC externe ; et là je parie que vous pensez à un mauvais perdant en particulier).
  • L’influence des mass-media : Tout individu cherche à comprendre son environnement et les informations qu’il perçoit, à l’aide de ses connaissances antérieures ou de suppositions parfois erronées, c’est ce qu’on appelle la « pensée par clichés ». Les mass-media (capables d’atteindre et d’influencer une large audience) et l’augmentation des contacts avec l’étranger ont affaiblis certains stéréotypes sociaux négatifs et ont permis l’apparition d’autres plus positifs. En reprenant l’expérience de Katz et Braly (1933), Devine et Elliott (2000) ont notamment constaté que de nouveaux stéréotypes sociaux sont apparus : si les Noirs restent qualifiés de « paresseux et pauvres », ils sont également devenus « athlètes et musiciens ».
Vous pouvez tout aussi bien remplacer le journal par un ordinateur, une tablette ou un téléphone portable : les mass-media influencent notre perception du monde, en bien comme en mal…

Les stéréotypes sociaux de genre

En 1975, Williams et Bennett décident de répertorier les différents qualificatifs les plus associés aux stéréotypes sociaux féminins et masculins de l’époque.

  • Les hommes sont alors estimés : « agressifs », « ambitieux », « casse-cou », « confiants », « constants », « cruels », « dominants », « entreprenants », « forts », « grossiers », « indépendants », « réalistes », « rationnels », « rigoureux », « sans émotions », « vantards ».
  • Les femmes sont jugées : « affectueuses », « attentives », « capricieuses », « cœur tendre », « délicates », « dépendantes », « douces », « émotionnelles », « faibles », « frivoles », « humbles », « pleurnicheuses », « rêveuses », « sensibles », « soumises », « volages ».

Dix ans plus tard, les études de Bergeron et Gaudreau (1985) sur les stéréotypes de l’homme occidental remettront en évidence des notions similaires à celles de Williams et Bennett (1975) : l’homme est toujours jugé comme étant « fort », « confiant », « assertif », « compétitif », « rationnel », « ferme », « dur », « affirmé » et « très conscient de son identité sexuelle ». A l’inverse, la femme reste définie par son « affectivité », son « émotivité », sa « passivité », sa « vulnérabilité », son « désir de prendre soin d’elle » et ses « changements d’humeur ». D’autres auteurs comme Hess, Adams et Kleck (2005) ont également démontré que certaines émotions étaient davantage attribuées aux femmes (crainte, sociabilité, subordination), et d’autres aux hommes (pouvoir, dominance, colère).

En 2001, les études de Glick et Fiske ont démontré que les stéréotypes pouvaient être utilisés par un groupe « dominant » pour maintenir certains groupes sociaux dans une position subordonnée sans utiliser la force, et maintenir le statu quo. Cela serait notamment le cas dans les relations hommes/femmes, particulièrement sur le plan professionnel. De même, les études de Jost et Banaji (1994) ont démontré que les stéréotypes légitimeraient et maintiendraient la position « dominante » des individus masculins dans nos sociétés occidentales actuelles (en faisant ainsi « le sexe fort »). Cela est également mis en évidence par Prentice et Carranza (2002), qui ont démontré que les traits de compétence (« ambitieux, assertif, confiant, rationnel, compétitif ») sont clairement prescrits aux hommes, tandis qu’ils le sont peu (voire pas du tout) aux femmes. Dans cette expérience, les résultats montrent que les traits attribués aux femmes sont essentiellement des traits de sociabilité (« chaleureuse, gentille, coopérative, patiente, polie »).

Conséquences : l’effet de « menace du stéréotype » et les prophéties auto-réalisatrices

Comme nous l’avons expliqué plus haut avec les concepts d’attitude et de discrimination, il est primordial d’avoir conscience des effets des stéréotypes sociaux sur les comportements, attitudes et performances, les nôtres comme celles d’autrui.

  • L’effet de menace du stéréotype : En 1995, Steele et Aronson ont démontré que les victimes d’un stéréotype pouvaient finir par le rendre réel. Les chercheurs ont ainsi fait passer un même test à deux groupes différents d’étudiants, chacun contenant 50% d’étudiants Blancs et 50% d’étudiants Noirs ; le premier groupe était informé qu’il s’agissait d’un test mesurant l’intelligence, tandis que le second était informé qu’il s’agissait uniquement de comprendre le fonctionnement du cerveau. Les conclusions sont sans appel : si les résultats du second groupe sont similaires pour l’ensemble des étudiants, on remarque une nette diminution des résultats pour les étudiants Afro-Américains lorsque ceux-ci pensent qu’ils sont en train de passer un test d’intelligence. Cela fait bien sûr écho à tout un ensemble de modèles théoriques basés sur les stéréotypes ethniques, toujours extrêmement prégnants aux Etats-Unis d’après les plus récentes études sur le sujet.
  • Les prophéties auto-réalisatrices (ou effet Pygmalion) : Les résultats obtenus par Steele et Aronson (1995) ne sont pas sans évoquer l’effet Pygmalion de Rosenthal et Jacobson (1968), particulièrement étudié dans le contexte de la performance sportive ou scolaire. De fait, cette théorie affirme que les attentes d’un enseignant envers ses élèves peuvent déterminer les performances de ces derniers. Concrètement, si vous êtes plutôt mauvais élève en mathématiques dès le début de l’année, votre professeur risque alors de développer peu d’attentes à votre égard et peu d’espoir de vous voir progresser dans cette matière (si vous êtes vraiment malchanceux, il peut même carrément vous répéter à longueur d’année scolaire que de toutes façons vous êtes nul et qu’ainsi vous ne ferez jamais tel ou tel métier). Si effectivement votre moyenne en mathématiques est toujours aussi basse en fin d’année, alors la prophétie auto-réalisatrice se sera…… réalisée. Si aujourd’hui les études sur le sujet ne font pas consensus, on constate quand même que 5 à 10% des performances scolaires seraient expliquées par des prophéties auto-réalisatrices, ce qui n’est pas négligeable.

J’espère que cet article vous aura plu et peut-être fait prendre conscience des conséquences de nos stéréotypes sociaux sur autrui, même si bien souvent, cela est dit sans méchanceté. Comme toujours, n’hésitez pas à laisser un commentaire, nous y répondrons avec plaisir !