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Pensée créative : qu’est-ce que c’est, exemples, caractéristiques et 10 exercices

 La pensée créative est la capacité de penser d’une manière particulière et originale. Cela implique de sortir de sentiers battus afin d’arriver à des solutions alternatives et authentiques. Découvrez les dernières constatations scientifiques sur la pensée créative qui dévoilent comment nous sommes capables de trouver de nouvelles idées. Qu’est-ce que la pensée créative, quelles sont ses caractéristiques, quelques exemples ainsi que 10 exercices qui vous aideront à augmenter votre pensée créative. 

Pensée créative

Une histoire raconte qu’un professeur voulait suspendre un de ses élèves à cause de la réponse qu’il avait donné à un problème de physique. La question était la suivante : “Démontrez comment est-il possible de déterminer la hauteur d’un bâtiment à l’aide d’un Baromètre de Fortin”.

L’élève avait alors répondu : “Montez en haut du bâtiment avec une corde très longue, attachez le Baromètre de Fortin à l’une des extrémités de la corde et faites le descendre jusqu’en bas du bâtiment. Faites une marque sur la corde et mesurer la distance entre la marque et l’extrémité où est attachée le Baromètre de Fortin. Cette longueur sera égale à la hauteur du bâtiment”.

Cet élève a su répondre à la question qui lui était posée d’une manière originale, car au final la réponse est exacte. Par contre, il n’a pas démontré qu’il avait étudié la physique et n’a pas utilisé les concepts de la physique pour répondre à cette question.

Le professeur décida de donner une deuxième chance à son élève, en l’avertissant que cette fois il devrait utiliser pour sa réponse de concepts de physique. Après quelques minutes, l’élève n’avait toujours pas commencer à écrire. Le professeur lui demanda donc si il ignorait la réponse. L’élève répondit qu’il avait plusieurs réponses et qu’il était en train de réfléchir à la meilleure d’entre elles.

Finalement ce que l’élève écrivit comme réponse fut : “Montez au sommet du bâtiment et lancez le Baromètre de Fortin au sol. Calculez le temps de chute du Baromètre et appliquez la formule qui associe le temps de chute avec l’accélération du à la gravité. Ainsi, vous obtiendrez la hauteur de l’édifice”.

Après avoir lu cette réponse, le professeur demanda à son élève quelles étaient les autres réponses, par curiosité. Celui-ci répondit à la question de nombreuses manières différentes, toutes plus originales les unes que les autres, mais sans jamais utiliser le Baromètre de Fortin d’une manière conventionnelle. Le professeur lui demanda alors s’il ignorait comment s’utilise ce type de Baromètre. L’élève répondit : “Bien sûr que je sais comment fonctionne un Baromètre de Fortin ! mais durant toutes ces années, mes professeurs m’ont enseigné à penser”.

Voici un bon exemple de pensée créative. Cet élève se nomme Niels Bohr, et est aujourd’hui un physicien danois reconnu, qui a même gagné le prix Nobel de physique.

Qu’est-ce que la pensée créative ?

Nous sommes tous potentiellement créatifs. Il existe des publications dans lesquelles sont abordé la pensée créative et la créativité. Néanmoins, quand nous parlons de pensée créative nous faisons référence à quelque chose de plus que la créativité. La pensée créative peut être défini comme la capacité de d’emprunter des chemins alternatifs à un niveau cognitif. Mettre en marche la pensée créative implique d’augmenter ce que les experts nomment la pensée latérale ou divergente (le fameux “think outside the box“), c’est à dire d’abandonner les idées préconçues. La pensée créative se détache par son caractère authentique et original. Cette facette nous permet d’innover, de fuir la logique, afin d’affronter les défis de façons différentes et de sortir de la routine.

Dans la décennie de 1970 à 1980 des consulteurs d’administration ont inventé le jeu des neufs points et proposé à leurs clients de le résoudre. Peu d’entres eux furent capable de le résoudre. Le but du jeu est de connecter 9 points en utilisant seulement 4 traits droits, sans lever le stylo du papier et sans tracer la même ligne plus d’une fois. Pour compléter ce jeu des neufs points il est nécessaire de penser au-delà des limites établies par les points, comme dans l’image qui suit.

La créativité est généralement associée avec l’art et les passe-temps. Pourtant, la pensée créative peut être présente dans tous les domaines et dans toutes les tâches que nous souhaitons accomplir. La pensée créative résulte très utile et très bénéfique dans tous types de situations et dans tous types de tâches, des plus importantes au plus triviales. La pensée latérale peut vous aider dans votre travail mais également à la maison ou au supermarché. Une fois que vous aurez développé votre pensée créative, vous noterez qu’il vous sera plus facile de rédiger une note pour votre patron, vous prendrez plus de plaisir en cuisinant et obtiendrez des meilleurs résultats pour l’éducation de vos enfants.

Neurophysiologie et caractéristiques de la pensée créative

Les scientifiques John Kounios (de l’Université de Drexel) et Mark Beeman (de l’Université de Northwestern) ont découvert au travers de résonances magnétiques fonctionnelles différentes données en relation avec la pensée créative.

  • L’activité cérébral liée au traitement de données visuelles s’éteint 300 millisecondes avant que ne survienne la pensée créative. Ce phénomène est semblable au fait de fermer les yeux ou de regarder dans le vide pour supprimer des stimuli inutiles. Cette découverte démontre que c’est une profonde introspection qui permet à la pensée créative d’exister.
  • Lorsque la pensée créative apparaît, une activité neurologique se déclenche dans le lobe temporale droit (juste au-dessus de l’ouïe). Le lobe temporal droit est l’aire d’association des éléments éloignés dans l’espace et dans le temps. Cette connexion entre les souvenir du passé et les stimulations du présent favorise l’apparition de nouvelles idées.
  • Il a également été observé que les ondes alfa qui apparaissent dans l’hémisphère droit, et qui se transmettent dans la matière grise, facilitent (à nouveau) les associations d’idées. Les ondes alfa sont celles qui apparaissent lorsque nous sommes relâchés et que nous fermons les yeux. L’apparition de ces ondes lors de la pensée créative est fondamentale. Selon Martínez Otero “les insights ou les illuminations sont associés avec les moments pendant lesquels se produit un changement dans l’activité alfa et où la concentration est diffuse”.

Quand nous laissons notre esprit divaguer nous favorisons la pensée créative. Souvent, les moments dans lesquels apparaissent la pensée créative sont lorsque nous sommes distraits. Le cerveau hiérarchise en destinant une plus grande quantité de ressources aux tâches complexes, laissant les plus simples à l’état d’automatisme. C’est pour cela qu’il est important de nous laisser certains moments de calme et de réduire notre activité consciente afin de laisser notre pensée créative sortir.

10 exercices pour augmenter votre pensée créative

Bien que nous sommes tous potentiellement créatif, il semblerait que la créativité devient significative lorsque nous avons un quotient intellectuel de 120 ou plus. De toute manière il y a toujours de l’espoir, car nous savons que la pensée créative peut s’entraîner. Voici 10 exercices clés qui vous permettront d’augmenter votre pensée créative et de laisser vos idées cheminer plus facilement.

1. Dans la pensée créative tout est permit

Les personnes qui ont une pensée créative développée ne jugent pas si leurs idées sont bonnes ou mauvaises, ils essayent seulement de générer de nouvelles alternatives. Cela s’appelle la désinhibition cognitive. Il n’existe pas de juges intérieurs, alors laisser simplement voler votre imagination. Pour cela il vous faut relâcher les filtres d’idées qui peuvent vous paraître absurdes, comme le démontre les études de Shelley Carson, spécialiste en créativité à l’Université de Harvard.

Le brainstorming ou tempête d’idée, dans lequel se génère une multitude de nouvelles idées sans juger si celles-ci sont bonnes ou mauvaises, peut aider sur ce point. Les chercheurs de l’Université de Californie ont observé que lors de cet exercice sont bloquées les alternatives qui n’ont pas fonctionné par le passé. Ainsi, ils démontrent que le blocage de notions non productives a une relation directe avec l’augmentation de la pensée créative. Connaissez-vous la gymnastique cérébrale ? Il existe beaucoup d’exercices qui peuvent vous aider à entraîner votre cerveau.

2. Soyez plus relaxe

La pensée créative fonctionne mieux lorsque nous somme calme et relâché. Les ondes alfa, présentent pendant les phases de relaxation, sont favorables à la pensée créative. Faites des activités qui permettent à votre esprit de ne pas se concentrer sur quoi que ce soit en particulier.

Prendre un bain est un exemple de tâche qui stimulera votre pensée créative. La psychologue Paulette Kouffman affirme que des thérapies comme la flottaison, où votre corps se suspend dans une piscine d’eau salée, contribue à augmenter la pensée créative chez les universitaires. Cela résulte être une bonne manière de se relaxer et de méditer, afin de se trouver dans un état dans lequel il est plus probable qu’apparaissent l’innovation et la créativité.

Réaliser des tâches ennuyantes et répétitives, comme copier des numéros de téléphone, augmente également la pensée créative selon des chercheurs de l’Université de Central Lancashire.

3. Soyez distrait

La pensée créative fonctionne mieux lorsque nous ne sommes pas en train de prêter trop attention à quelque chose. Se concentrer peut être bénéfique dans beaucoup de situations, mais bloquer les stimulations secondaires ne résulte pas productif quand il s’agit de notre créativité. Joseph Kasof, psychologue de l’Université de Californie, assure que l’amplitude attentionnel ou ne pas être excessivement concentré est lié à la pensée créative.

Être un peu distrait peut s’avérer productif. Au contraire de ce que l’on pourrait croire, l’exposition à beaucoup de stimuli sensoriels encourage la créativité. Par exemple, travailler dans un environnement bruyant peut favoriser l’apparition de pensées créatives. Dans une étude de l’Université de British Columbia, les chercheurs ont mis à l’épreuve cette hypothèse en créant trois situations distincts. L’objectif étant de faire un brain storming dans des conditions différentes de bruit (faible, moyen et élevé). Ils ont découvert que dans la situation de bruit moyen (70 decibelles) la créativité est augmentée. Cela est dû au fait qu’un environnement moyennement bruyant oblige les personnes à penser de manière plus créative. Un environnement trop bruyant empêchera par contre de maintenir l’attention nécessaire. Ne vous isolez pas dans votre chambre et essayez de travailler dans un lieu moyennement bruyant comme une cafétéria.

4. Redevenez enfant

Comme a dit l’acteur, écrivain et humoriste John Cleese : “Si vous voulez des travailleurs créatifs, donnez-leur suffisamment de temps pour jouer”.

Dans la pensée créative, innover est un must. Dans notre enfance nous sommes beaucoup plus créatifs, mais nous perdons cette capacité au fur et à mesure que nous arrivons à l’âge adulte et que nous apprenons à nous diriger avec des systèmes de croyance et des schémas de comportement. Au moment d’affronter des situations dans lesquelles nous avons besoins d’une approche différente il est très utile d’essayer de penser comme un enfant. Les experts Patrick Bateson et Paul Martin de l’Université de Cambridge soutiennent que pour cela, il faut perdre de vue la récompense et récupérer le plaisir de jouer pour jouer.

Il existe beaucoup de manières différentes de jouer pour un adulte, instaurer des activités agréables au travail est une bonne façon de le faire. Google est l’exemple par excellence de ce type de politique d’entreprise. Les employés de Google ont des toboggans, des babyfoots, des piscines et même des murs d’escalade sur leur lieu de travail.

5. Faites un collage

Coupez des images dans des revues et des utiliser des photos afin de créer votre propre et authentique histoire. Si c’est nécessaire, prenez des notes et essayez différentes combinaisons, ainsi vous pourrez utiliser votre jugement conscient.

Comme dit le neuropsychologue indien Vilayanur S. Ramachandran, la base de la créativité réside en mêler les concepts et les pensées qui apparemment n’ont rien en commun.

Pour que cette stratégie ait un meilleur rendement possible, il est nécessaire de chercher différentes sources. Pour cela il faut mettre en relation différents domaines de connaissances et différents aspects de votre vie. Enrichissez votre quotidien consiste en participer à différentes activités comme des cours, aller à des concerts, parler avec de nouvelles personnes, voyager, etc… Pour le professeur Epstein de l’Université de San Diego l’interrelation entre les différentes formes de vie et de connaissances est la base de la pensée créative.

6. Entrez en relation avec les autres et entourez-vous bien

La pensée créative a besoins de beaucoup de perspectives différentes pour s’enrichir. S’entourer de beaucoup de personnes s’avère très utile afin de partager différentes expériences. C’est également enrichissant car cela permet d’augmenter la quantité de “tiroirs mentaux” desquels tirer de nouvelles idées. Mis à part la quantité, la qualité compte aussi, évitez donc de vous entourer de personnes au jugement limité. Entrez en relation avec les autres ou travailler en équipe peut être très bénéfiques si le résultat s’avère constructif.

Le professeur Epstein recommande non seulement d’entrer en contact avec de nouvelles personnes, mais également de visiter de nouveaux lieux ou d’étudier des objets hors du commun. Cela vous aidera à développer des idées plus originales. La multiculturalité est très positive, avec comme but le fait de découvrir de nouvelles formes de percevoir et d’agir sur notre réalité. Explorer de nouvelles cultures peut être un moyen d’élargir son esprit (documentaires, voyages, lire sur d’autres civilisations, etc…).

7. N’ayez pas peur de l’échec

Souvent, la pensée créative survient lorsque la frustration nous pousse à nous remuer les méninges, ce qui termine en “Eureka” !” ou “aha !”. C’est pour cela qu’il ne faut pas que vous craigniez d’échouer la première fois. La pensée créative requiert beaucoup d’entraînement et si vous débuter le mieux et de ne pas vous surcharger et de na pas être trop exigeant avec vous-même.

Il est possible que ce qui nous semble aujourd’hui une bonne idée ne le soit plus autant demain. Dans ces situations ne vous laissez abattre, apprenez à expérimenter jusqu’à trouver la bonne solution.

Il ne faut pas non plus vous obliger à créer, ce qui pourrait être contreproductif et bloquer votre pensée créative. Si vous ne trouvez pas la réponse à l’intérieur de vos “tiroirs mentaux” le mieux que vous pouvez faire est d’aller vous distraire, encourageant ainsi la pensée créative en favorisant l’apparition de nouvelles idées.

8. Dormez bien

Il est important que vous dormiez suffisamment pour que votre cerveau soit bien reposé et pour que la pensée créative puisse exister. Il n’est pas recommandable de dormir moins de 6 heures par nuit, l’idéal étant de dormir 8 heures, selon Ullrich Wagner, chercheur à l’Université de Lübeck, en Allemagne.

La psychologue Deidre Barrett de la Harvard Medical School a découvert que les étudiants qui dormaient pendant une pause lors de leurs études obtenaient de meilleures notes aux tests. Elle a également découvert qu’une personne qui rumine un problème sans trouver la solution avant d’aller dormir, arrivait plus facilement à trouver cette solution le matin suivant.

Dormir nous aide à être plus perspicaces du fait que cela favorise la restructuration mentale. Le repos adéquat nous permet de pouvoir aborder des situations de manières différentes, et de proposer des solutions plus originales et plus efficaces.

9. Soyez heureux

Le bonheur favorise l’apparition de pensée créative, beaucoup plus que la tristesse. On pourrait penser que les artistes composent, écrivent et créent plus facilement dans des situations mélancoliques, ce n’est pourtant pas le cas.

Le psychologue Mihály Csíkszentmihályi de l’Université de Claremont (Californie) a découvert que le bonheur et la créativité sont étroitement liés.

Karen Gasper, psychologue à la Penn State University, considère que lorsque nous sommes joyeux nous faisons plus facilement des associations d’idées et que nous trouvons plus facilement des réponses à nos problèmes. Il semblerait que lorsque nous sommes tristes, la création d’idée est inhibée et que nous ferions alors plus d’erreurs.

Cette découverte a beaucoup de sens si nous prenons en compte que les personnes déprimées ont un centre d’attention plus étroit et qu’elles sont extrêmement centrée sur leurs problèmes ou leurs pensées. Ainsi que le mieux est d’être heureux pour stimuler la pensée créative.

10. Marchez afin d’activer la pensée créative

Faire de l’exercice en général semble stimuler la pensée créative, mais marcher est particulièrement stimulant pour celle-ci.

Une étude de l’Université de Stanford a été menée afin de démontrer les possibles effets positifs de marcher sur la pensée créative. Quatre conditions expérimentales ont été créés pour cela : marcher dans un stade de course fermé, s’asseoir face à un mur blanc, marcher à l’air libre et s’asseoir à l’air libre. Les chercheurs ont mesuré la pensée latérale, ou la capacité de générer de nouvelles idées dont ont fait preuve les participants. Ceux qui ont été sélectionnés pour la condition de marcher ont obtenu de meilleurs résultats créatifs que ceux qui ont été assigné à la condition de s’asseoir, sans que le fait de se trouver à l’air libre ou non soit important.

Marily Opezzo, co-auteure de l’étude précédemment décrite, maintient que “marcher ne vous convertira pas en un Michel-Ange, mais cela peut effectivement vous aider pour les premières étapes du processus créatif”.

Merci beaucoup de nous avoir lu, nous espérons que cet article vous aura plus et surtout qu’il vous aura permit de découvrir ce qu’est la pensée créative. N’hésitez pas à laisser vos commentaires et vos questions sur le sujet plus bas, nous serons enchantés d’y répondre. 🙂

“Source : Irene García Calvo, psychologue de CogniFit en formation continue.”

Apprendre à prendre des décisions difficiles : 7 étapes pour atteindre vos buts

Comment apprendre à prendre des décisions difficiles ? Prendre des décisions difficiles consiste souvent un défi, êtes-vous déjà resté paralysé sans savoir comment réagir ? Ou avez-vous déjà pris une décision qui s’est avérée erronée et qui vous a éloignée de votre but ? Prendre des décisions difficiles est une habileté cognitive qui peut être entraînée : dans cet article vous trouverez les outils, les stratégies et les ressources qui vous aideront à réagir plus rapidement, plus intelligemment et plus efficacement face aux décisions difficiles. Obtenir ce que vous désirez est plus facile si vous savez prendre les décisions adéquates !

Il existe beaucoup de type de décisions. Les personnes adultes, depuis le moment ou nous nous levons jusqu’au moment ou nous allons nous coucher, affrontons des milliers de décisions tous les jours. Apprenez à reconnaître quelles décisions auront une plus grande répercussion et agissez en conséquence.

La thérapie de résolution de problèmes que nous verrons par la suite vous permettra d’améliorer vos habiletés en prise de décisions, et d’affronter au mieux les situations stressantes de votre quotidien. N’importe quelle décision que vous prenez entraîne de nouveaux événements, apprenez à prendre de meilleures décisions !

Comment apprendre à prendre des décisions difficiles

La prise de décision est une constante dans notre vie. Une décision nous mène à une autre, et souvent ne seront que des anecdotes de notre quotidien : à quelle heure vous vous lever le dimanche, prendre un parapluie en voyant des nuages à l’horizon, prendre l’escalier ou ascenseur… À priori, il ne s’agit pas de décisions que nous pourrions considérer difficiles. Mais, sans trop sous-estimer les petites décisions du quotidien, il existe un groupe de décision qui auront une grande importance sur nos vies. C’est pour cela qu’apprendre à décider ce qui convient dans ces situations plus difficiles requiert un entraînement des pensées rationnelle et logique.

Par exemple, s’inscrire à un fitness, se matriculer dans une université, accepter un travail dans une autre ville à des centaines de kilomètres de chez vous ou choisir le prénom de vos enfants sont le type de décisions qui requièrent un grand effort et un long temps de réflexion de notre part.

En psychologie, la prise de décision est décrite comme un processus cognitif supérieur, c’est à dire qu’il s’appuie sur d’autres processus comme l’attention, la mémoire opérative, la capacité et la rapidité de traitement, le langage, la pensée déductive, la planification, la supervision, la créativité… Comme vous pouvez le voir, prendre une décision intelligente et rationnelle est quelque chose de complexe pour notre cerveau. Mais grâce à la plasticité cérébrale et à notre capacité d’apprentissage, nous pouvons améliorer les fonctions cérébrales et les processus cognitifs, ainsi que d’apprendre de nouvelles stratégies cérébrales qui nous permettent  de prendre de meilleures décisions. N’importe qui a la capacité d’entraîner et d’améliorer ses habiletés cognitives afin d’affronter les problèmes et les décisions quotidiennes de manière plus adaptées. Découvrez la stratégie TRP ou thérapie de résolution de problèmes.

La TRP ou Thérapie de Résolution de Problèmes nous enseigne à affronter les conflits de la vie quotidienne ainsi que les décisions difficiles d’une perspective cognitivo-conductuelle. La personne s’implique activement dans un processus pour affronter les différentes situations (nouveautés, risques, incertitudes), types et symptômes du stress, grâce à sa motivation.

Comment prendre des décisions difficiles

7 étapes simples pour apprendre à prendre des décisions difficiles


1. Identifier la décision à prendre. 2. Définir un objectif. 3. Orientation positive face au problème. 4. Collecter des informations pertinentes. 5. Générer des alternatives. 6. Évaluation des alternatives. 7. Prise de décision.

Cette stratégie, résumée ici en 7 étapes simples, vous aidera à activer votre manière de penser rationnelle. La pensée rationnelle vous permettra de prendre des décisions difficiles et importantes de manière plus efficace.

Chacun est différent. L’idée, avec la TRP (Thérapie de Résolution de Problèmes), c’est que vous personnalisiez votre propre stratégie. Vous pouvez faire le processus en plus ou moins d’étapes jusqu’à ce que vous l’utilisiez de manière spontanée quand vous en avez besoin. Il faut tenir compte du fait que votre environnement et les situations que vous devrez affronter pour prendre vos décisions seront complexes et changeantes. Ainsi, il ne s’agit pas d’une formule infaillible qui vous donnera une réponse à tous vos problèmes. C’est un schéma d’action.

1. Quelle est la décision à laquelle vous devez faire face ?

Définir le problème. Cette étape initiale peut paraître assez évidente, car l’on suppose que nous faisons déjà face au problème et que nous savons de quoi il s’agit. En outre, la prise de conscience a deux avantages : d’un côté cela vous permettra de préciser cette situation concrète et de vous situer dans le moment présent, et d’un autre côté cela vous ouvrira les portes afin d’initier le processus de prise de décision, c’est à dire que cela vous servira de déclencheur pour les étapes suivantes d’une séquence d’actions qui vont s’enchaîner…

2. Dans cette décision, quel sera votre objectif ou votre but ?

Penser à vos intérêts sur le court, le moyen et le long terme. Par exemple, face à une petite douleur de dent, quels éléments peuvent entrer en compte sur le court terme pour ne pas se rendre chez le dentiste ? L’anxiété, l’anticipation de la douleur, la peur, la négligence, l’évitement, économiser de l’argent… Si nous considérons la situation sur le long terme nous verrons que retarder le traitement dentaire peut supposer de plus grandes complications futures : une augmentation de la douleur, une plus longue durée, un traitement plus compliqué et plus coûteux. Ainsi, parfois nous n’avons pas besoin d’une analyse approfondie ou d’une capacité intellectuelle élevée pour prendre la bonne décision, il suffit d’élargir la perspective.

3. Avez-vous une vision positive de la décision que vous devez affronter ?

Effectivement, il est très important d’essayer d’avoir une attitude positive. Mais cela ne signifie pas qu’il faut tout voir en rose. Les personnes qui ont une attitude positive dans leurs prises de décisions croient en leurs capacités et trouvent dans chaque situation de la vie une nouvelle opportunité pour apprendre.

4. Avez-vous cherché des informations significatives pour la résolution du problème ?

Pour vous assurer que l’information que vous êtes en train d’évaluer est vraiment relevant, il est recommandable de :

  • Se concentrer sur les faits objectifs et seulement sur les faits.
  • Éviter de considérer des interprétations subjectives et des jugements avec une forte charge émotionnelle.
  • Éviter les possibles préjugés cognitifs.

Le “préjugé de confirmation” est la tendance de consulter uniquement avec des personnes proches de nous et qui partagent et soutiennent nos opinions. Imaginez que vous cherchez de nouveaux points de vue pour décider si vous allez faire un pas de plus dans votre relation de couple et que vous demandiez à un ami qui partage vos opinions sur la vie. Croyez-vous que vous obtiendrez une vision plus ample de votre situation ?

Un autre préjugé cognitif est de maintenir des “croyances persistantes”, qui sont des opinions basées sur des expériences vécues sans considérer la situation actuelle. Par exemple, une personne adulte à qui l’on demande la profession de son père, et celui-ci répond que son père est banquier. Son père a été banquier pendant 30 ans de sa vie, mais est à la retraite depuis deux ans, ainsi qu’en réalité celui-ci est dans une nouvelle étape de sa vie.

5. Seriez-vous capable de penser à plusieurs solutions pour résoudre un même problème ?

  • Augmenter la créativité. Il s’agit de générer des options ou des alternatives à la situation présente, plus on a d’option et plus elles sont variées mieux c’est. Au début, cela n’importe pas si elles sont valides ou non. Avez-vous déjà essayé le “brain storming” ?
  • Ce n’est pas encore le moment d’utiliser la pensée déductive ou rationnelle, ainsi qu’il ne faut pas juger ni écarter aucune des idées initiales, aussi absurde ou irréalisable qu’elles vous paraissent. Il est possible que certains éléments d’une idée soient utiles pour imaginer une solution par la suite.
  • Adopter plusieurs points de vue. Pour cela, vous pouvez utiliser la pensée latérale ou divergente.

6. Comment sélectionner la meilleure option ?

Chaque personne est différente, mais ça vous le savez déjà ! La sélection de l’une des options sera influencé par les facteurs personnels et socio-culturels. De manière générique, l’évaluation de chaque alternative inclue :

  • La probabilité de ce que la caractéristique que nous sommes en train de considérer se réalise. Par exemple, imaginez que vous décidiez d’accepter un nouveau travail parce que les opportunités de promotions offertes par la nouvelle entreprise sont plus élevées que dans votre entreprise actuelle. Quelle est la probabilité que dans quelques années votre profil professionnel s’améliore et que vos expectatives soient remplies ?
  • Évaluer les conséquences en termes de coûts-bénéfices globaux. Il s’agit d’un processus très exhaustif basé sur la maximisation, c’est à dire de choisir l’option qui a une note plus élevée dans toutes les caractéristiques comparées. Cela se révèle très compliquer à réaliser pour une personne. Dans la vie réelle, nous utilisons plus les critères de satisfaction, en incluant au processus d’évaluation seulement quelques critères, par exemple ceux qui nous paraissent les plus désirables ou les plus accessibles.

D’autres critères que nous utilisons sont la satisfaction, le risque et l’utilité.

Voici une vidéo d’environ 15 minutes (à laquelle vous pouvez ajouter des sous-titres en français) dans laquelle la philosophe Ruth Chang nous enseigne, d’une façon très simple, une manière perspicace d’évaluer nos décisions. Au fond, “vous-êtes ce que vous décidez”.

7. Avez-vous déjà pris une décision ?

Ok ! Arrivé à cette étape il vous revient de décider. Choisissez l’option que vous considérez la plus adéquate. Rappelez-vous de ce que nous avons parlé : les décisions dépendent de la personne qui les prennent. Il est possible que dans quelques années vous voyez les choses différemment, avec un autre point de vue. Mais ne vous tourmentez pas pour cela. Ne vous laissez pas tomber dans le blocage ou dans l’évitement.

Avant de “passer à l’action” menez à terme un processus de monitorisation ou de révision de l’option sélectionnée avec des questions du type : Est-ce que cela répond aux nécessités établies ? Est-ce que cela est adéquat par rapport à mes objectifs ? Est-ce que vous disposez des ressources nécessaires ?…

Il est l’heure de passer à l’action : comment exécuter la décision que vous avez prise ?

Élaborez un bon plan d’action contenant les étapes et le temps nécessaire pour mener à terme votre décision. Il n’existe pas de règle pour cela, il faut que votre plan soit personnel et adapté à la situation.

Voici quelques techniques de monitorisation que nous vous recommandons. Il faut être sensible aux processus pendant toutes les étapes, mais spécialement pendant l’exécution :

  • Observez votre propre conduite. Supervisez ce que vous faîtes et comment vous le faites. Il est important de maintenir une bonne concentration.
  • Programmez des auto-évaluationsComparez à chaque étape si les résultats sont en accord avec ce que vous aviez anticipé. Dans le cas contraire, revoyez votre plan.
  • Utilisez des récompenses si les résultats attendus sont atteints. Parfois un encouragement verbal immédiat est suffisant, “bien joué”, ou alors comme anticipation d’une récompense postérieure, “bien joué, ça mérite une bonne bière bien fraîche !”. Sinon, quoi de mieux que de célébrer une décision… avec une autre décision !

Apprendre à prendre des décisions difficiles : auto-récompenses

Voici donc une approximation de la prise de décision d’un point de vue cognitivo-comportementale. Apprendre à prendre des décisions difficiles, des bonnes décisions, dans des situations et des moments difficiles, c’est possible. Cela ne ressemble en rien à votre manière de prendre des décisions ? Ne vous en faites pas. Vous le faites très certainement d’une manière très similaire, sans vous en rendre compte. Ou peut-être que vous ne suivez pas un processus aussi mécanique. C’est précisément le but de la Thérapie de Résolution de Problèmes (TRP) que la personne automatise son processus de prise de décision.

Pour être sincère, il est vrai que nous n’avons pas toujours le temps ou l’envie de nous comporter d’une manière autant rationnelle et programmée. C’est pourquoi, dans certaines occasions, nous utilisons une manière de faire dite “Heuristique”. C’est une espèce d’intuition qui nous permet d’économiser notre énergie mentale. De plus, le plus logique n’est pas toujours le plus adéquat. Pourquoi nous comportons-nous ainsi ? Car nous prenons certaines décisions sur une base émotionnelle. Nous aborderons ce sujet dans un prochain article…

Merci beaucoup de nous avoir lu, nous espérons que cet article vous aura plus et surtout qu’il vous aura été utile pour prendre d’éventuelles décisions difficiles. N’hésitez pas à partager vos expériences personnelles, à laisser vos commentaires et à poser vos questions sur le sujet plus bas, nous serons enchantés d’y répondre. 🙂

“Source : Pablo García Bartolomé, psychologue de Cognifit spécialisé en psychologie du développement et de l’éducation ainsi qu’en psychologie infantile.”

Source : González Labra (2012). Psychologie de la penséeRuiz, Díaz, y Villalobos (2012). Manuel de Technique d’Interventions Cognitives et Comportementales.