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La théorie de l’apprentissage social (TAS) d’Albert Bandura : implications éducatives

Comment apprend notre cerveau ? Une des théories les plus répandues est la théorie de l’apprentissage social, d’Albert Bandura. Dans cet article, Patricia Sánchez Seisdedos, psychologue, répond à toutes nos questions : qui est Bandura, quelles sont ses expériences, quelles sont les phases de la théorie de l’apprentissage social et comment pouvons-nous appliquer ses enseignements à l’environnement de l’éducation scolaire et de l’enseignement.

La théorie de l’apprentissage social (TAS) d’Albert Bandura

Qui est Bandura ? Son intérêt pour la compréhension de l’apprentissage

Psychologue canadien né le 4 décembre 1925. Banduraa réalisé différentes études psychologiques sur l’apprentissage, en donnant un rôle important aux aspects cognitifs.

Cela veut dire qu’Albert Bandura soutient une approche socio-cognitive. En se basant sur le comportement humain dans les interactions sociales (interprétations) et l’environnement (punitions et réponses).

C’est dans cet axe là que Bandura élaboré sa fameuse théorie de l’apprentissage social, nommée également vicaire ou modelée, que nous allons aborder par la suite plus en détails.

Théorie de l’apprentissage social de Bandura : l’apprentissage par l’observation

Selon Albert Bandura, la majorité des images de la réalité sur lesquelles nous basons nos actions, sont en fait inspirées de nos expériences acquise au travers d’autres personnes (expériences vicaires).

Nous passons en effet beaucoup de temps dans notre vie à apprendre et à acquérir des connaissances grâce à ce type d’apprentissage. Chacun d’entre nous a un répertoire de personnes que nous utilisons comme références dans diverses situations de notre vie, comme notre père, nos enseignants, nos collègues de travail, nos amis, certains personnages publiques qui nous “inspirent”, etc…

Presque sans nous rendre compte, nous reproduisons les comportements que nous voyons chez les autres. Cependant, nous ne sommes pas des automates. Nous choisissons le modèle, nous l’observons attentivement, nous mémorisons et nous évaluons si cela vaut la peine d’imiter ou non ces comportements.

Dans l’apprentissage vicaire, cette évaluation est très importante. En effet, c’est elle qui différencie la manière de Bandura de voir l’apprentissage des autres modèles et des autres théories, et qui fait que tôt ou tard cette théorie soit rebaptisée comme apprentissage cognitivo-social.

Lorsque nous utilisons notre mémoire, nous exécutons des images mentales de ce que nous avons observé comme comportement chez nos modèles. Nous utilisons également un discours verbal interne et nous nous rappelons ce que nous avons observé. À partir de là, nous prenons la décision de reproduire ou non le comportement que nous avons observé, si nous le reproduisons fidèlement ou si nous le modifions un peu, etc… Nous pouvons même le modifier en fonction de nos objectifs. La motivation de chaque personne entre alors en jeu, ainsi que son intérêt à reproduire le comportement.

Expérience de la poupée Bobo de Bandura sur l’agressivité

De la théorie à la pratique

Afin de donner une base empirique à sa théorie, Albert Bandura a réalisé la fameuse expérience de la poupée Bobo. Il essaye de concilier sa théorie de l’apprentissage par l’observation avec l’agressivité. L’objectif était d’arriver à une conclusion sur l’influence qu’exerce la violence observée par les enfants chez leurs modèles (plus tard nous aborderons l’expérience qui se focalise sur l’influence de l’agressivité observée à la télévision).

Dans la vidéo suivante, la fameuse expérience de Bandura a été reproduite, et les mêmes résultats ont été obtenus.

Comment est réalisée l’expérience d’Albert Bandura ?

Comme vous pouvez le voir, la poupée Bobo est une sorte de quille, qui lorsqu’elle est renversée revient automatiquement en position verticale.

Deux groupes expérimentaux ont été utilisés (GE1 et GE2) ainsi qu’un groupe contrôle (GC). Chaque groupe expérimental est formé de 24 enfants (autant de filles que de garçons).

  • GE1 : 24 enfants des deux sexes. On divise le groupe en deux groupes de 12 enfants chacun (autant de filles que de garçons).
    • GE1A : Les enfants observeront une femme avoir un comportement agressif envers la poupée.
    • GE1B : Les enfants observeront un homme avoir un comportement agressif envers la poupée.
  • GE2 : Le groupe de 24 enfants observe un adulte agir d’une manière non-agressive envers la poupée.
  • GC: On présente la poupée au groupe de 24 enfants sans aucune observation préalable.

Résultats :

Les conclusions de Bandura furent les suivantes :

  1. GE1 (enfants qui ont observé un comportement agressif) ont plus de probabilités d’avoir un comportement agressif que les autres groupes.
  2. Les garçons ont beaucoup plus de probabilités de reproduire un comportement physiquement violent que les filles. Il n’existe pas de tel différences quant au comportement violent verbal.
  3. Lorsque le modèle est une femme, il sera plus facilement imiter par les filles, et vice-versa (similitude avec le modèle).

Cependant, tout n’est pas blanc ou noir. Afin qu’un comportement se développe, d’autres éléments que l’observation d’un modèle sont nécessaires.

De plus, pour qu’un modèle soit approprié, il doit “être attractif et intéressant pour la personne modelée”. La culture joue également un rôle important dans ce domaine. N’importe quelle personne ne peut pas servir de modèle à n’importe quel enfant dans n’importe quel contexte.

Il est vrai que l’enfant, en observant le modèle avoir un comportement agressif, intègre ce mode de réponse dans son répertoire de comportement et cela augmente la probabilité qu’il reproduit ce comportement, mais ça n’est pas totalement déterminant.

En tant que personne, nous sommes dotés de conscience, d’une capacité et d’un pouvoir de décision. Ainsi, une fois que nous avons acquis l’apprentissage, nous devons vouloir l’utiliser au moment où nous le faisons. Choisir ce comportement comme le comportement adéquat à la situation en fonction de nos objectifs.

Dans cette expérience, quelque chose influence le comportement de l’enfant est qu’on leur montre une manière d’agir avec un élément avec lequel ils n’ont aucune expériences préalables (la poupée est quelque chose de nouveau pour eux), ainsi, leur liberté de choix est en quelque sorte restreinte, car nous leu enseignons directement comment se comporter avec ce nouvelle élément. C’est à dire que le comportement de l’enfant serait complètement différent si celui-ci disposait de plus de possibilités de choix de comportements face à cette situation précise.

Processus de la théorie de l’apprentissage social Bandura

Dans la théorie de l’apprentissage social, Bandura différencie 4 processus qui se développent lors de l’apprentissage social :

1. Attention

Il est totalement indispensable que l’attention de l’apprenti soit focalisée sur le modèle et sur le comportement de celui-ci. N’importe quelle distraction entraîne une interruption de l’apprentissage.

2. Rétention

La mémoire joue un rôle très important. La personne qui est en train d’intégrer un nouveau comportement doit le stocker dans sa mémoire afin de pouvoir le reproduire.

3. Reproduction

Dans ce point, en plus de la réalisation du comportement, la personne doit être capable de reproduire symboliquement le comportement. Par exemple, un enfant aura beau regarder pendant des heures son joueur de tennis favoris jouer au tennis, cela ne voudra pas dire qu’il pourra reproduire ses mouvements, il doit d’abord acquérir la capacité motrice de réaliser ses mouvements. Il intégrera le type de mouvement et d’action, mais il devra les répéter de nombreuses fois afin d’atteindre les mêmes résultats que son modèle.

De plus, il faut disposer d’une certaine capacité cognitive afin de pouvoir mettre en marche tous les mécanismes de récupération symbolique. C’est à dire que l’enfant doit obligatoirement avoir atteint ce niveau de développement cognitif.

4. Motivation

Lorsque nous avons en tête un comportement observé, il faut vouloir l’imiter. Nous pouvons avoir différentes motivations pour imiter un comportement, par exemple :

  • Renforcement/punition passée : cela se base sur le comportementalisme traditionnel. Lorsque nous recevons quelque chose de positifs après avoir eu un certain comportement (renforcement), cela nous poussera à la reproduire afin d’obtenir la même récompense.
  • Renforcement/punition promis : expectatives de ce que l’on souhaite obtenir, nous imaginons les conséquences.
  • Renforcement/punition vicaire : ce que le modèle a obtenu et que nous avons observé.

Comment pouvons-nous utiliser les stratégies d’apprentissage de Bandura ? Implications éducatives de l’apprentissage vicaire

1. Apprentissage observationnel appliqué à l’éducation

Dans toutes les cultures, les enfants regardent les adultes pour apprendre et modifier leurs schémas de comportement et d’action. Ils apprennent en observant des personnes de références, des modèles. Bandura dit :

“Heureusement, la majorité des comportements humains sont appris par l’observation de modèles”.

Cela évite beaucoup d’essai-erreur, du fait que l’enfant à l’opportunité de voir la situation, l’exécution du comportement et les conséquences. Pourtant, les enfants n’apprennent pas toujours leur comportement par l’observation, mais cela dépend de facteurs comme la complexité, le niveau de développement cognitif, de la signification qu’à le modèle pour l’enfant et de la fonctionnalité du comportement observé.

Ainsi, on a observé que les enfants ont tendance à imiter plus souvent des comportements qui sont relativement simples, proches de leurs compétences cognitives, qui ont des récompenses gratifiantes, qui sont présentés par des modèles attractifs et qui sont observés lorsque l’enfant fait preuve d’une attention active envers le modèle.

De la perspective de la théorie cognitive de l’apprentissage social, nous pourrions l’appliquer à la salle de classe. Il est conseillé que les enfants perçoivent le professeur ou l’éducateur comme quelqu’un qui présente constamment des modèles de comportement, verbaux et symboliques, aux élèves. Son efficacité dépendra de la consistance entre les modèles, l’adéquation de ceux-ci avec les compétences des élèves, du lien affectif entre le professeur et les élèves ainsi que l’efficacité de la procédure de présentation des ces modèles. D’un autre côté, les élèves n’auront pas uniquement l’opportunité d’apprendre en observant ce que fait et dit l’éducateur, mais ils pourront également apprendre et observer leurs camarades de classe. L’emploi systématique de formes structurées de présentation de modèles entre camardes de classe peut se convertir en une ressource éducative d’une grande importance.

2. Prédiction et apprentissage appliqué à l’éducation

Bandura parle de la prédiction, élément très important lorsqu’il s’agit de travailler avec l’apprentissage des enfants, car ceux-ci intériorisent très rapidement quelles sont les conséquences de leur comportement, sachant faire la différence entre des situations différentes.

Par exemple, certains parents se demandent pourquoi il y a des professeurs avec lesquels les enfants se comportent toujours mal et d’autres avec lesquels les enfants se comportent parfaitement bien, ou “pourquoi est-ce qu’il n’écoute que ce que je lui dis lorsque je me mets en colère ?”.

Cela se produit à cause de la prédiction que les enfants réalisent. Par exemple, si chaque fois que Jean reste assit à sa place, son professeur “A” ne le valorise pas (ne lui dit pas “c’est très bien Jean”), Jean fera ce qui l’intéresse plus à chaque fois. Maintenant, si le professeur “B” crie chaque fois que Jean se lève et qu’il dit aux élèves de rester à leur place, en plus d’apprendre qu’il y a une punition s’il se lève, Jean apprendra qu’il doit s’asseoir quand son professeur “B” crie. Ainsi, Jean et ses camarades de classe sauront qu’avec le professeur “A”, c’est égal si on reste assit ou on, alors qu’avec le professeur “B”, il faut s’asseoir lorsqu’il crie.

Donc, selon la théorie de l’apprentissage social, le professeur enseigne aux élèves non seulement des comportements, mais également des schémas de réponses selon les situations.

D’un autre côté les expectatives qu’intègrent les personnes, dans ce cas les enfants, ne sont pas forcément celles perçues à la première personne. Par exemple, si l’enfant le plus populaire de la classe l’est parce que il a un comportement perturbateur ou problématique, beaucoup des autres élèves l’imiterons afin d’obtenir la même chose : popularité et attention.

Il s’agit là de quelque chose de très important à utiliser dans les salles de cours. Et pourtant cela est souvent mal réaliser dans nos écoles… Ce qui serait plus efficace pour enseigner aux élèves serait d’encourager et de féliciter toutes les bonnes choses que fait l’enfant qui agit comme modèle pour la plupart des autres enfants, au lieu de seulement prêter attention aux choses qu’on souhaiterait qu’il ne reproduise pas.

3. Motivation et apprentissage appliqué à l’éducation

Bandura affirme que les conséquences d’un comportements (aussi bien les punitions que les renforcements) ont une grande influence sur l’augmentation ou la diminution d’un comportement.

C’est un aspect très important de la motivation et est fondamental pour l’apprentissage. Mais la différence entre le modèle de Bandura et celui de Skinner est que dans le premier, les conséquences créent des expectatives qui seront ce qui augmentera des séquences ou diminuera les comportements futurs, alors que dans le deuxième modèle, les conséquences sont les éléments directement déterminants dans la répétition ou non d’un comportement.

Ainsi, si nous suivons les enseignements de Bandura, les conséquences anticipées contrôlent le comportement plus que les conséquences réelles. Cela explique qu’un comportement soit parfois réaliser alors qu’il n’a pas été encouragé. Pourquoi est-ce qu’un enfant essayerait-il d’attirer l’attention sur lui en classe jour après jour alors qu’il est parfois ignoré ? Parce que il sait que certaines fois on lui prêtera attention.

Les personnes traitent les relations entre comportement et conséquences afin d’en synthétiser l’information.

4. Pensées et gestion cognitive appliqué à l’éducation

Comme nous l’avons vu précédemment, pour Bandura, la pensée est un élément clé dans le comportement. Lorsqu’un enfant apprend, il est très important qu’il construise des représentations symboliques conceptuel. C’est à dire qu’il comprenne le contexte, le comportement et le pourquoi.

Bandura explique que si un enfant n’est pas conscient des conséquences de son comportement, il n’apprendra pas correctement.

En nous basant sur la théorie de l’apprentissage social, lorsque nous éduquons les enfants à l’école, nous devons leur expliquer qu’est-ce qu’ils obtiennent avec leurs actes et leur comportement, afin qu’ils apprennent et qu’ils connaissent leurs objectifs. Sinon, en suivant cette théorie, ils développeront des comportements qui manquent de sens et feront les choses comme des automates.

De plus, la répétition consciente des comportements entraînera une intégration et une automatisation des ceux-ci, laissant ainsi plus “d’espace mental” afin de continuer l’apprentissage.

Merci beaucoup de nous avoir lu, nous espérons que cet article vous aura plus et surtout qu’il vous aura été utile. Maintenant, laissez-nous vous demander : aviez-vous déjà entendu parler de ce psychologue ? que pensez-vous de ce type d’apprentissage ? êtes-vous d’accord ? pouvez-vous penser à d’autres moyen de l’intégrer au système éducatif ? N’hésitez pas à laisser vos commentaires et vos questions plus bas, nous serons enchantés d’y répondre. 🙂

“Source : Patricia Sánchez Seisdedos, psychologue sanitaire de CogniFit spécialisée en psychologie clinique.”

Modification du comportement infantile : 5 techniques pour modifier les comportements rebelles chez les enfants

La modification du comportement infantile a pour objectif de minimiser ou de changer des comportements “inadaptés” ou rebelles chez les enfants. Il est de plus en plus fréquent de faire face à des enfants qui désobéissent, qui mentent, qui insultent et qui peuvent même se montrer agressifs… Ces comportements sont des symptômes clairs d’un problème comportementale. Autant les parents que les professeurs doivent essayer de corriger et de contrôler ces comportements antisociaux dès l’enfance, afin que ceux-ci ne s’intensifient pas dans l’adolescence. Découvrez 5 techniques et stratégies de modification du comportement infantile qui vous aideront à contrôler les comportements agressifs et défiants, ainsi qu’à éviter les châtiments corporels et à éduquer sans violence.

Modification du comportement infantile

La modification du comportement ne s’obtient pas grâce à la violence. Tous les parents et les professeurs doivent être au clair sur ce point : la violence n’entre pas dans l’éducation. La violence comme moyen disciplinaire est inutile, car elle ne fait que préjudicier le développement de l’enfant. La modification du comportement ne s’obtient uniquement grâce à la mise en place de “règles” qui aident l’enfant à se connaître mieux, à comprendre ce que l’on attend d’eux et ce qu’il peut faire ou non.

Comment ne faut-il pas éduquer un enfant ? Découvrez l’effet Pygmalion. La modification du comportement infantile vise le changement de comportement d’un enfant grâce à des techniques et des stratégies psychologiques destinées à améliorer le comportement des enfants. Ces stratégies peuvent aider à ce que les plus petits développent tout leur potentiel, gèrent leur frustration, s’adaptent aux changements et sélectionnent des comportements adéquats qui leurs serviront à atteindre leurs buts et leurs objectifs. L’application des méthodes que nous présentons plus bas vous aidera à contrôler le comportement de vos enfants et à promouvoir leur bienêtre, leur satisfaction et leurs compétences personnelles.

Techniques de modification du comportement infantile

Quand il s’agit de modifier le comportement d’un enfant, beaucoup de parents se sentent perdus. Voici certaines techniques utiles pour modifier le comportement des enfants qui peuvent être appliquées à la maison ou à l’école afin d’obtenir que les enfants soient capables de contrôler ou de corriger leurs comportements antisociaux.

En utilisant ces techniques de manière adéquate, on peut obtenir de bons résultats dès le plus jeune âge. Il est important de savoir quelle technique utiliser à quel moment et ne pas toutes les mélanger sans arriver à atteindre les objectifs que vous fixez. Le plus important au moment de modifier le comportement des enfants est de leur créer le moins d’insatisfaction possible, et qu’ils puissent atteindre les objectifs posés par leurs parents d’une manière adéquate, sans qu’ils se sentent frustrés de se voir soumis aux punitions et aux engueulades quotidiennes.

1. Technique du “temps dehors”

La première technique de modification du comportement infantile est très simple et très facile à appliquer. Le “temps dehors” est une technique qui peut être appliquée pour modifier beaucoup de comportements. L’essence de cette technique consiste à emmener l’enfant dans un lieu où il n’y a aucune stimulation positive pour lui, un lieu où il n’a pas de jeux ou de jouets et où il n’y a personne pour l’occuper. Il ne s’agit pas de lui chercher un lieu hostile, qui soit ennuyeux. Nous devons trouver un lieu qui ne lui plaira pas pendant un laps de temps.

Illustrons cette technique avec un exemple : un enfant regarde la télé depuis déjà un long moment, son père décide alors de l’éteindre et celui-ci entre alors dans une grande colère. Comment gérer la situation ? Pour appliquer correctement la technique du “temps dehors” nous devons retirer le petit coléreux dans un lieu peu gratifiant pour lui. Nous le faisons immédiatement après l’apparition du comportement indésirable. Sans discuter avec lui, d’une façon posée et tranquille, nous lui expliquons clairement que lorsqu’il aura changé de comportement, nous reviendrons le chercher pour jouer avec lui, ou pour faire quelque chose qui lui plait.

Cette technique de modification du comportement est très simple, mais elle contient un facteur très important qu’il faut considérer, celui du temps que l’enfant doit rester en situation de “temps dehors”. Le temps doit être proportionnel à l’âge de l’enfant, en ajoutant une minute pour chaque années du petit, c’est à dire 5 minutes pour un enfants de 5 ans. Cette donnée est très importante car si cela n’est pas réaliser de la bonne manière, il se peut que l’on obtienne pas les bénéfices souhaités. L’âge et le stade de développement de l’enfant joue un rôle important dans le comportement de celui-ci. Découvrez les stades de développement de l’enfant.

2. Technique de “l’extinction”

Une autre technique importante, mais qui est souvent mal appliquée est “l’extinction”. Cette technique de modification du comportement infantile consiste en supprimer les récompenses que l’enfant espère obtenir avec son comportement. La plus grande partie des gens ne prêtent attention qu’aux transgressions, car elles sont plus difficiles d’ignorer, et les enfants s’en rendent compte et l’utilise à leur avantage. Si notre enfant nous répond mal il obtient notre attention : nous allons lui donner un sermon, en essayant de lui expliquer pourquoi il ne doit pas le faire, en essayant de le convaincre de son mauvais comportement… La technique “d’extinction” consiste à éliminer tout ce qui renforce les comportements intéressés des enfants.

Par exemple, un enfant qui est en train de faire du chantage émotionnel à sa mère pour ne pas aller à l’école avec des commentaires du genre : “tu m’emmène à l’école pour te débarrasser de moi”, “tu ne veux pas passer plus de temps avec moi ?”, etc… Dans une occasion comme celle-ci, vous pouvez appliquer la technique de “l’extinction” du comportement, en substituant ces commentaires par des choses gratifiantes. Une pratique adéquate serai, par exemple, de demander à l’enfant sur ces dessins animés favoris, en ignorant ses commentaires précédents. Faire comme si vous ne les aviez pas entendus et que vous souhaitez commencer une conversation avec lui.

Dans “l’extinction” il est très important de toujours utiliser un substitut gratifiant car si cette technique est utilisée sans être accompagnée d’une stimulation positive, il se peut que l’enfant se sente ignoré, se qui se répercutera négativement dans ses émotions. Cette technique ne doit pas être utilisée face à des comportement dangereux. Découvrez les types d’apprentissage cognitifs.

3. Technique de “modélisation”

Une autre technique très utile et qui peut s’appliquer dans diverses situations est la technique de “modélisation”. Cette technique de modification du comportement infantile consiste à imiter à l’autre personne en faisant exactement la même chose qu’elle.

Par exemple, vous pouvez utiliser cette technique de modification du comportement au moment d’enseigner à votre enfant une nouvelle habileté, comme mettre la table par exemple. Premièrement, un des parents doit réaliser la tâche en expliquant pas à pas ce qu’il fait, depuis la mise en place de la nappe jusqu’à s’asseoir pour manger. Pour cela, vous devez expliquer à l’enfant de la manière la plus didactique possible afin qu’il vous écoute.

Par exemple, un enfant qui aime les dessins animés sur les super héros peut s’imaginer que chaque éléments de la mise en place de la table pour manger (verres, couverts, serviettes, etc…) est un super héro et qu’il doit se réunir à la base (la table) avec tous ses amis super héros. Les parents doivent y mettre le même dynamisme que l’enfant afin que cela soit plus divertissant. Une fois que la modélisation est réalisée, le parent doit reprendre tous les éléments mis en place et laisser faire l’enfant.

Si l’enfant se trompe, il faut le reprendre et attendre de voir s’il aura bien compris la prochaine fois. Découvrez l’importance de la motivation dans l’apprentissage.

4. Technique “d’économie de jetons”

La technique “d’économie de jetons” est une autre technique de modification du comportement infantile qui peut être très divertissante pour les parents et pour les enfants. Il s’agit d’établir un système de récompense dans lequel, pour obtenir un prix (goûter favori, jouet, excursion, jeu mental, etc…) l’enfant devra réaliser certaines tâches déterminées (devoirs, ranger sa chambre, se laver les dents, aider à mettre la table, etc…) et arrêter de permettre que d’autres se concrétisent.

Par exemple, chaque fois que l’enfant réalise une tâche désirée ont lui remet un prix (jetons, points, etc…) que l’enfant peut emmagasiner jusqu’à ce qu’il en ait suffisamment pour recevoir son prix. L’important dans cette stratégie de modification du comportement est que l’enfant se rende compte qu’il obtient beaucoup plus de privilèges et de bénéfices s’il se comporte bien.

Il est important d’utiliser un tableau ou un support visible pour l’affichage à la vue de tous les membres de la famille sur lequel on peut voir les points obtenus. Vous devez fixer et anticiper les prix que vous allez donner. Les récompenses doivent être claires et être attractives pur l’enfant, et doivent être inscrites sur le tableau.

Chaque fois que vous donnez un point ou un jeton à votre enfant, vous devez accompagner le geste de commentaire positifs comme : “je suis très content parce que tu as fait des efforts”. Découvrez les différentes manières de féliciter un enfant afin augmenter leur estime d’eux-mêmes.

De plus, vous pouvez incorporer dans cette technique la perte de points quand l’enfant ne remplit pas les objectifs que vous avez établi. De cette manière, vous pouvez contrôler que l’enfant réalise ses obligations et qu’il ne soit pas puni quand il ne le fait pas. Ce système est très utile dans les écoles et sont appliqués dans beaucoup d’entre eux, mais ils peuvent également être appliqués et se montrer efficaces à la maison.

5. Technique de “l’intention paradoxale”

La dernière technique de modification du comportement infantile de laquelle nous allons parler est “l’intention paradoxale”. C’est une technique qui donne de bons résultats mais qui peut s’avérer complexe, car il s’agit de demander à l’enfant de faire ce que justement nous voulons éviter.

Par exemple, quand un enfant désobéit continuellement à l’ordre de ranger ses jouets, et qu’il refuse systématiquement de ranger. L’enfant entre dans un dynamique de provocation tous les jours plus grande. Que se passerait-il si un jour un des parents lui dit : “aujourd’hui, je ne veux pas que tu ranges, je veux que tu laisses absolument tout traîner et que tu ne fasses rien du tout”.

La première sensation qui viendra à l’esprit de l’enfant sera la satisfaction parce que il n’a pas besoin de faire l’effort de ranger. À ce moment, les parents doivent commencer une activité divertissante (avec les autres enfants ou entre eux), comme par exemple cuisiner un dessert, raconter des histoires et beaucoup rire. L’enfant souhaitera participer, mais les parents lui diront que non, qu’il continu de ne rien faire, puisque c’est ce qu’il voulait.

Cette technique à certaines limitations et doit être évaluée par rapport au profil de l’enfant car elle peut causer l’effet inverse de celui souhaité et n’être du coup pas du tout utile.

Si après avoir appliqué ces techniques de modification du comportement, l’enfant continue de se comporter mal, vous pouvez toujours vous rendre chez un spécialiste afin de réaliser une exploration neuropsychologique complète et de détecter s’il existe un trouble neurologique.

Le bienêtre et le bon développement du comportement dans l’enfance dépend avant tout des parents et des éducateurs. Les enfants ne répondent pas comme les adultes, c’est pourquoi il faut toujours adapter les changements de comportement afin qu’ils soient adéquats à leurs besoins.

Comme dit Jean Jacques Rousseau : “L’enfance a ses propres manières de voir, de penser et de sentir. Il n’y a rien de plus insensé que de prétendre les substituer pour les notre”.

Merci beaucoup de nous avoir lu, nous espérons que cet article vous aura plus et surtout qu’il vous aura été utile. N’hésitez pas à laisser vos commentaires et vos questions sur le sujet plus bas, nous serons enchantés d’y répondre. 🙂

“Source : Noemí de la Cruz Belerda, psychologue de CogniFit spécialisée en psychologies adulte. “