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Comportements pro-sociaux : entre altruisme, manipulation et indifférence

Saviez-vous que nos comportements pro-sociaux (ou d’aide) ne sont jamais anodins ? En effet, ceux-ci font appel à des sentiments d’autosatisfaction ou bien à une volonté d’être bien perçu socialement. Cependant, les comportement pro-sociaux peuvent parfois cacher des techniques de manipulation, notamment lorsqu’il s’agit de vous faire acheter un bien de consommation par exemple. Mais saviez-vous aussi que dans certains contextes, même le plus altruiste d’entre nous peut devenir le plus grand des indifférents ?

Le quotidien nous offre mille et une occasions d’être altruiste..

Comportements pro-sociaux : une « soumission librement consentie »

Si aider les autres vous paraît trop difficile, essayez au moins de ne pas leur nuire. 

Dalaï-Lama

Les comportements pro-sociaux sont des actes volontaires mis en œuvre dans le but d’en faire bénéficier autrui. Cependant, Berkowitz (1972) distingue l’altruisme des comportements pro-sociaux, estimant que le premier s’effectuerait sans recherche de récompense externe, tandis que les autres impliqueraient la recherche d’un renforcement externe (récompense) ou interne (satisfaction personnelle). Pour d’autres auteurs, altruisme et comportements pro-sociaux semblent intriqués, et dépendent de facteurs communs, dont l’empathie et la norme de responsabilité personnelle.

Ces notions d’empathie et d’altruisme font également écho à la théorie de l’esprit, qui implique la capacité à comprendre les sentiments et ressentis d’autrui en se mettant à sa place. Les études de Staub (1970) ont ainsi démontré que les enfants de moins de 5 ans réalisent peu de comportements altruistes, que ceux-ci augmentent clairement entre 5 et 8 ans, avant de diminuer dès l’âge de 9 ans pour atteindre leur plus faible niveau aux alentours de 12 ans. En effet, les comportements pro-sociaux du jeune enfant seraient nettement induits par ceux de ses parents, mais le processus de socialisation plus tardif génère chez l’enfant des réactions plus incertaines. Ainsi, à la volonté d’aider se mêle la peur d’être jugé par autrui, inhibant alors l’action. Si ces constats ont lieu dès l’enfance, l’adulte reste également soumis à ces facteurs inhibiteurs que nous détaillerons plus tard.

Selon Aronfreed (1970), l’empathie sous-tendue dans la notion d’altruisme apporterait ainsi un bénéfice au demandeur (demande d’aide satisfaite, plaisir) ainsi qu’à l’auteur (renforcement interne de satisfaction, représentation mentale d’avoir fait plaisir, sentiment d’avoir accompli un acte socialement valorisé). Cependant d’après Schwartz (1977), la notion de norme de responsabilité personnelle induirait chez l’individu une sorte d’« obligation morale » d’aider son prochain, qui serait directement corrélée avec la prise de décision du sujet aidant. Pour qu’une telle décision soit prise, trois conditions seraient nécessaires :

  • Le sujet aidant doit reconnaître le besoin d’aide d’autrui ;
  • Le sujet aidant doit accepter d’engager sa responsabilité ;
  • La demande ne doit pas être trop coûteuse (psychiquement et matériellement) et ne doit pas entraver la liberté du sujet aidant.

La théorie de l’engagement : aider oui, mais à quel prix ?

En psychologie sociale, l’engagement désigne l’ensemble des conséquences d’un acte sur le comportement et les attitudes ; il est en fait ce qui lie un individu à ses actes (Kiesler, 1966). De ce fait, vous comprendrez bien que les gens ne s’engagent pas à la légère et que cela requiert plusieurs conditions. Dans sa théorie de l’engagement, Kiesler (1971), estime que cinq facteurs modulent la force du lien unissant la personne à ses actes :

  • Le caractère public/privé de l’acte : Faire quelque chose sous le regard d’autrui est plus engageant qu’anonymement, car cela donne une bonne image de vous auprès d’autrui ;
  • La répétition : Répéter une action engage davantage la personne que d’effectuer une action unique isolée (concrètement, être bénévole au sein d’une association caritative vous engage beaucoup plus sur le plan social et personnel que de donner une pièce à un SDF croisé au hasard des rues) ;
  • Le caractère réversible/irréversible de l’acte : Plus la personne perçoit qu’elle ne peut pas faire marche arrière, plus elle s’engage (cela vous parait sans doute contre-intuitif, mais c’est pourtant le cas) ;
  • Le caractère coûteux/non-coûteux de l’acte : Un acte « coûteux » (nous entendons ici « coûteux » sur le plan de l’effort qu’il demande et non pas sur le plan financier) est davantage accepté s’il est précédé d’une demande moins coûteuse, et un acte moins coûteux est facilement accepté s’il est précédé d’une demande extrêmement coûteuse ;
  • Le sentiment de liberté : Le sujet s’engagera davantage s’il a la liberté de choisir de faire cet acte ou non (exemple très concret : s’il est écrit sur votre poubelle « Veuillez trier vos déchets. », il y a de grandes chances pour que vous triiez beaucoup moins que s’il est écrit « Vous êtes libre de trier vos déchets ». Et oui, l’être humain est à prendre avec des pincettes).

Petit exercice pratique pour les expérimentateurs en herbe audacieux que vous êtes et qui avez une bonne capacité à encaisser les refus : vous vous postez à un arrêt de bus et alors deux options s’offrent à vous :

  • Demander aux passants si, par hasard, ceux-ci n’auraient pas un peu de monnaie pour le bus ;
  • Demander aux passants si, par hasard, ceux-ci n’auraient pas un peu de monnaie pour le bus, mais en terminant votre demande par une petite phrase bien sentie comme « Mais vous êtes libre d’accepter ou de refuser »

Selon Guéguen et Pascual qui ont proposé cette expérience en 2002, seuls 10% des passants vous donneront de la monnaie dans le premier cas, contre 47,5% dans le deuxième. Ainsi selon les termes de Joule et Beauvois (1998), le comportement d’aide serait une forme de « soumission librement consentie » par un individu qui choisirait de modifier librement son comportement envers un autre individu, gratuitement ou dans un but précis. De ce fait, si un individu peut choisir d’aider un autre dans un but défini, il semblerait que certaines dérives manipulatoires soient alors possibles (même dans le petit exercice pratique vous usez de manipulation, vous vous rendez compte ?!).

Stratégies persuasives, actes préparatoires et manipulation : le côté obscur des comportements pro-sociaux

En 1947, Lewin met en évidence l’existence de stratégies persuasives, en démontrant notamment que certains types de communications de l’information induisent davantage un individu à modifier son comportement. En effet, Lewin nous apprend ici qu’un débat entre ménagères sur la consommation d’abats induit davantage ces dernières à en cuisiner que d’assister à une conférence purement informative sur les bienfaits de manger des abats, à savoir que cela est nutritif et moins coûteux que la viande (rappelez-vous, nous sommes en 1947, la viande est rare).

A l’aide de plusieurs expériences, Freedman et Fraser (1966) évoquent également l’existence de techniques de manipulation bien connues des vendeurs et autres commerciaux notamment : le « pied-dans-la-porte » et la « porte-au-nez ».

  • Le pied-dans-la-porte est une technique de manipulation par requêtes successives, consistant à formuler dans un premier temps une requête peu coûteuse (acte anodin), puis une requête plus coûteuse (véritable but recherché). L’hypothèse serait alors qu’une demande coûteuse est davantage acceptée lorsqu’elle est précédée d’un acte préparatoire peu coûteux. Dans l’expérience de Freedman et Fraser (1966) par exemple, les sujets à qui l’on demande directement de mettre un panneau de prévention routière dans le jardin acceptent dans 16,7% des cas (demande coûteuse) ; mais si on leur propose préalablement de coller un simple autocollant sur leur voiture (demande peu coûteuse acceptée par 47,6% des sujets), 46,4% des sujets acceptent ensuite d’installer le panneau dans leur jardin.
  • La porte-au-nez consiste à formuler une requête coûteuse dont on sait pertinemment qu’elle sera refusée, dans le but de se voir accorder une demande un peu moins coûteuse par la suite (technique bien connue de l’adolescent(e) qui vous demandera d’abord s’il peut sortir en boîte de nuit, avant de vous demander de le laisser dormir chez son ami(e) parce-que s’il vous avait directement demander de l’emmener chez l’ami(e) en question, il sait que vous auriez refusé, mais là comment dire non deux fois de suite… ? Souriez, vous vous êtes fait berner !). Dans l’expérience de Cialdini (1975), si l’on propose d’emblée à des sujets d’emmener de jeunes délinquants au zoo, seuls 16,7% acceptent. Cependant si on leur demande d’abord de devenir bénévoles au centre de détention pendant 2 ans à raison de 2h par semaine (demande coûteuse), puis qu’on leur demande d’amener les jeunes délinquants au zoo (demande moins coûteuse), cette fois 50% des sujets acceptent d’effectuer la sortie.

Uranowitz (1975) met également l’accent sur l’influence des actes préparatoires dans l’induction des comportements pro-sociaux. Dans son expérience se déroulant au supermarché, il effectue un acte préparatoire en demandant à une ménagère de lui garder son sac de courses le temps de chercher un billet de 1$ perdu (faible justification) ou son portefeuille (forte justification). Pendant ce temps, un compère fait « accidentellement » tomber un article de son propre panier : sans acte préparatoire, seules 35% des ménagères le signalent au compère, tandis que 85% des ménagères « préparées » le font. Si le niveau de justification ne semble pas influencer leur réaction, on constate cependant qu’un sujet engagé semble plus enclin à rendre un nouveau service. Cependant, vous allez voir que de nombreux facteurs influencent la propension de tout un chacun à aider autrui… ou à ne pas l’aider.

Une limite aux comportements pro-sociaux : l’« effet du témoin »

En 1964, le meurtre de Kitty Genovese qui se serait déroulé sous l’œil de 38 témoins successifs restés indifférents et inactifs inspire une expérience à Darley et Latané (1968). Ceux-ci ont ainsi démontré que, plus les témoins d’une scène d’agression sont nombreux, moins l’un d’eux a tendance à venir en aide au sujet en détresse. Dans cette expérience de 1968, plusieurs sujets non-compères conversaient à travers un interphone avec d’autres sujet non-compères (tous étant isolés dans des pièces séparées), avant qu’un compère (un des expérimentateurs) se mette à simuler une crise d’épilepsie. Les (terrifiants) résultats montrent que la fréquence d’une intervention d’aide est inversement proportionnelle au nombre de témoins. En effet, si 100% des sujets interviennent lorsqu’ils ne sont que deux, 85% interviennent lorsqu’ils sont trois, et seulement 31% lorsqu’ils sont six. Vous l’aurez compris, pour que quelqu’un vienne à votre secours en cas d’agression, c’est vraiment pas gagné, surtout au milieu d’une foule.

Pour Darley et Latané (1968), trois facteurs influenceraient les comportements pro-sociaux de l’individu en cas d’urgence :

  • Il doit d’abord remarquer la situation ;
  • Puis l’interpréter comme étant une urgence ;
  • Et enfin, décider que son intervention est la réaction la plus adaptée.

Cependant, trois processus pourraient affecter cette prise de décision :

  • L’influence sociale : Avant d’intervenir, le sujet s’assure de l’exactitude de sa propre interprétation d’une situation. Or, si personne ne semble réagir, on assiste alors à un phénomène d’« ignorance plurielle » où l’ensemble des témoins semble ignorer le problème de la personne en détresse par une absence totale d’aide à son égard, se contentant de rester des témoins passifs de la scène (cf. cas de Kitty Genovese) ;
  • L’appréhension de l’évaluation : La peur d’être jugé négativement par les autres témoins en cas d’erreur d’appréciation de l’urgence de la situation incite le sujet à ne pas agir (sous-entendu, mieux vaut ne pas agir du tout que de passer pour un imbécile auprès des autres… Louée soit la pression collective !) ;
  • La diffusion de la responsabilité : Plus le nombre de témoins est grand, plus la diffusion de la responsabilité est élevée, donc plus la part de responsabilité individuelle est faible. Concrètement, si vous êtes nombreux à assister à une scène d’agression, il est probable que vous-même ainsi que les autres témoins pensiez en votre for intérieur : « Pourquoi devrais-je intervenir ? Que quelqu’un d’autre le fasse ! ». La présence d’autrui diminuerait donc les comportements d’aide. Conclusion : ne comptez pas nécessairement sur autrui pour vous porter secours en cas de besoin, surtout au milieu d’une foule !

Si ces explications ne font pas de vous un(e) convaincu(e), voici une vidéo illustrant cet « effet du témoin » (ou « bystander effect » en anglais) et l’inhibition totale des comportements pro-sociaux. Là encore, si vous êtes audacieux, il vous sera également aisé de mener l’expérience par vous-même…

Le monde est un endroit dangereux ; non pas à cause des personnes qui font du mal, mais à cause de ceux qui ne font rien contre ce mal.

Albert Einstein

J’espère que cet article vous aura plu et peut-être ouvert les yeux… En attendant n’hésitez pas à nous laisser vos commentaires, nous y répondrons avec plaisir !

Psychologie sociale : Découvrez l’interaction entre les processus psychologiques et la société

Qu’est-ce que la psychologie sociale ? Quelles sont ses applications pratiques ? Qui sont ses principaux auteurs ? Quels sont les sujets qu’étudient les psychologues sociaux ? Dans cet article, nous allons répondre à toutes vos questions sur la psychologie sociale et nous vous donnons plusieurs exemples. Découvrez des connaissances très utiles qui vous aideront à expliquer scientifiquement votre quotidien. Bienvenu dans le monde passionnant de la psychologie sociale.

Psychologie sociale

Qu’est-ce que la psychologie sociale ? Définition, signification et concept

Pourquoi est-ce que les gens se prennent autant la tête et se disputent si souvent ? Qu’est-ce qui pousse certaines personnes à donner tout leur argent aux œuvres caritatives ? Pourquoi nous identifions-nous avec certains groupes de personnes et d’autres non ? Si vous vous êtes déjà posé ce genre de questions, vous avez tenté de résoudre les questionnements de la psychologie sociale.

La psychologie sociale est une branche populaire de la psychologie qui étudie les processus psychologiques des individus dans la société. Cela signifie que la psychologie sociale est chargée d’expliquer qu’est-ce que nos relations sociales nous font ressentir, ce que nous pensons de celles-ci, quelles sont nos motivations pour entrer en relation avec les autres, comment nous agissons lorsque nous ne sommes pas seuls, etc…

Cette discipline est née au début du 20ème siècle. L’indiscutable poids des autres sur nos comportements commence alors à être pris en compte grâce à certains psychologues sociaux que nous allons mentionner plus bas. Continuez votre lecture si vous souhaitez tout savoir sur la psychologie sociale.

Qu’étudie la psychologie sociale ?

Les sujets abordés par les psychologues sociaux sont aussi variés que le nombre de situations différentes que nous vivons dans notre vie sociale au quotidien. Voici les principales thématiques étudiées dans ce domaine :

  • Construction de l’identité : comment nous déterminons quels sont les traits qui nous définissent ?
  • Attitudes et psychologie social : qu’est-ce qui nous pousse à devenir un écologiste ?
  • La cognition dans les relations sociales : comment réalisons-nous nos jugements sur les autres ?
  • La communication : qu’est-ce qui nous pousse à diffuser notre intimité sur les réseaux sociaux ?
  • Les relations interpersonnelles : pourquoi certaines personnes nous attirent et d’autres non ?
  • La culture d’un point de vue psychosocial : comment donnons vie collectivement à des images qui influencent nos émotions ?
  • Les stéréotypes dans la psychologie sociale : pourquoi disons-nous que les blondes sont stupides ?
  • Les conflits : qu’est-ce qui peut pousser quelqu’un à faire du bullying ou du mobbing à une autre personne ?
  • L’aide à autrui : pourquoi certaines personnes dédient leur temps à faire du bénévolat ou du volontariat ?
  • Les groupes : qu’est-ce qui nous incite à nous considérer comme fans inconditionnels d’une certaine équipe ?

Psychologie sociale : caractéristiques

1. Liée avec d’autres disciplines

La sociologie est la science la plus proche de la psychologie sociale. D’autres disciplines, comme la pédagogie, l’économie, la philosophie, les sciences politiques, l’histoire, l’anthropologie ou d’autres branches de la psychologie ont un lien très fort avec la psychologie sociale.

2. Concentrée sur les processus psychologiques

Malgré de réunir les différentes perspectives afin d’expliquer quels sont les sujets abordés par cette discipline, toutes les sciences qui étudient la société ne sont pas pareilles. La psychologie sociale se distingue des autres branches par la particularité qu’elle a d’étudier ce qu’il se passe dans la têtes des individus et en quoi cela influence leur comportement.

3. Abordée d’une manière scientifique

Les sujets d’étude des psychologues sociaux sont moins tangibles que dans les autres sciences comme la chimie ou la biologie. Pourtant, la psychologie sociale utilise tout de même des méthodes scientifiques, comme des expériences ou des méthodes de corrélations (qui consistent à observer comment sont affectées différentes variables), qui permettent aux experts en psychologie sociale d’élaborer des théories solides et applicables.

4. Parfois similaire au bon sens

Nous avons tous une théorie sur les aspects que la psychologie sociale étudie. Parfois, lorsque le public lit un texte de psychologie sociale, il pense qu’il ne s’agit que fait évidents et/ou d’opinions subjectifs. Cependant, ces professionnels sont chargés de démontrer rigoureusement des questions sur lesquels les gens sont habitués à discuter en se basant uniquement sur leurs expériences personnelles.

Applications de la psychologie sociale

En plus de la théorie et de l’investigation, la psychologie sociale a de nombreuses utilités qui se répercutent sur notre vie quotidienne. La psychologie sociale appliquée a pour but d’améliorer la qualité de vie des personnes à tous les niveaux. Voici les principaux champs d’action de la psychologie sociale :

  • Santé : Permet d’améliorer le bienêtre des individus grâce à des actions tels qu’encourager les habitudes saines ou neutraliser les situations sociales stressantes.
  • Problèmes sociaux : Le chômage, l’immigration ou la violence entre genre sont des questions analysées par les psychologues sociaux, qui créent également des plans d’intervention dans le but de résoudre ces conflits.
  • Éducation : Se centre sur les questions tels que la perception qu’ont les personnes de notre système d’éducation ou comment améliorer la cohabitation entre étudiants.
  • Environnement : La psychologie sociale étudie les interactions entre les personnes et leur environnement.
  • Domaine juridique : Aborde des sujets liés aux domaines du droit et de la psychologie, comme la situation des victimes ou la prévention de la criminalité.
  • Organisation : Explore les notions de leadership, de productivité, de relations professionnelles, etc…
  • Politique : Intervient pour des questions comme l’efficacité d’un discours politique ou l’attitude de la population face aux hommes politiques.
  • Communication et consommation : L’influence publicitaire, nos compétences communicatives, les liens interpersonnels et les comportements sur les réseaux sociaux sont tous des exemples de sujets abordés par la psychologie sociale.

En définitive, le rôle de la psychologie sociale appliquée est indispensable dans de nombreux domaines, toujours en progrès. Les psychologues sociaux s’occupent toujours de démontrer empiriquement la validité des solutions qu’ils apportent.

Psychologie sociale : expériences

Dans ce paragraphe nous vous racontons deux des expériences les plus connues de la psychologie sociale, afin que vous puissiez comprendre comment travail les psychologues sociaux et l’importance de leurs découvertes.

Expérience de la facilitation sociale

Norman Triplett est le créateur, selon différents auteurs, de la première expérience de psychologie sociale, en 1898. Il voulait découvrir la raison de l’augmentation de la vitesse des cyclistes lorsqu’ils roulent accompagnés. Son objectif était de découvrir comment influençait la présence d’autres personnes qui pratiquent la même activité sur le rendement d’un cycliste.

Son hypothèse était que notre rendement augmente lorsque nous sommes en compétition avec d’autres personnes (pour les tâches motrices). Ainsi, Triplett essaya de vérifier la véracité de cette hypothèse dans un laboratoire. Il demanda à un enfant de rembobiner un rouleau de file pour pêcher. Certains participants le faisaient seuls et d’autres accompagnés par d’autres qui remplissaient la même tâche. Le résultat obtenu fut que les sujets du deuxième groupe (ceux accompagnés) réalisaient leur tâche beaucoup plus vite que ceux du premier groupe (ceux qui étaient seuls).

Expérience de la prison de Standford

Philip Zimbardo, un fameux psychologue social, réalisa une expérience qui est devenu célèbre à cause de ses résultats plus que déconcertants. Il engagea 24 étudiants qui suite à une évaluation semblaient mentalement sains. Il divisa les étudiants en deux groupes aléatoirement, un de “policiers” et l’autre de “prisonniers”. Il convertit le sous-sol de l’Université de Standford en une prison et fournit des uniformes aux policiers et aux prisonniers. Il mit en place une série de normes afin de rendre la situation le plus réaliste possible.

Au fur et à mesure que les jours passaient, les policiers abusaient toujours plus de leur autorité et de leur pouvoir, en déshumanisant les prisonniers. Les victimes étaient dévêtues, insultées, tournées au ridicule, etc… En fait, les policiers ridiculisèrent tellement les prisonniers que l’expérience dû être interrompue par Zimbardo, car la situation était devenue dangereuse. L’explication du psychologue social est que n’importe qui peut devenir “mauvais” suivant les circonstances et le contexte.

Voici une vidéo qui explique plus en détail cette fameuse expérience de Philip Zimbardo, commentée par lui-même (n’oubliez pas de mettre les sous-titres en français).

https://www.youtube.com/watch?v=WUDTCMUEeTA

Psychologie sociale : comment appliquer la psychologie sociale à la vie quotidienne ?

Qui n’a jamais souhaité mieux comprendre et prédire le comportement des autres ? Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi vous avez certains comportements à un moment donné ? Heureusement, la psychologie sociale nous donne des réponses scientifiques aux questions de notre quotidien.

Étant donné que nous vivons en société et que nous devons nous adapter à celle-ci, un peu de psychologie sociale dans notre vie peut nous aider à expliquer les discussions dans nos travaux en équipe, la folie des jours de soldes ou les préjugés face aux personnes obèses.

Voici quelques conseils et recommandations qui vous aideront à appliquer les principes de la psychologie sociale à votre quotidien :

Soyez attentifs à vos biais cognitifs

Les biais cognitifs sont des déformations de la réalité qui se produisent lorsque nous traitons les informations. Nous ne disposons pas des ressources suffisantes pour dédier notre attention à tous ce qui nous entourent, et que notre cerveau pense à une vitesse stupéfiante. Par exemple, pour ne pas perdre de temps, nous avons tendances à confirmer nos croyances et éviter les informations qui les démentent.

Cette prédisposition est naturelle et nous arrive régulièrement. Cependant, elle peut parfois nous mener à nous tromper, à contempler notre monde à travers de stéréotypes inadéquats ou à avoir des préjugés injustifiés. C’est pour cela qu’il est important de réfléchir sur nos opinions et que nous essayons d’être objectifs.

Apprenez à influencer les autres

Nous avons tous besoin d’influence les autres de temps en temps, afin de d’obtenir quelque chose par exemple. Cela ne signifie pas manipuler ou avoir de mauvaises intentions. Simplement, nous désirons peut-être seulement que notre sœur nous prête une robe, faire bonne impression lors d’un entretien ou éviter qu’un ami prenne une mauvaise décision.

Des actions tels qu’être agréable avec notre interlocuteur, faire des faveurs ou complimenter les autres sont des stratégies assez efficaces pour obtenir ce que l’on souhaite. Robert Cialdini est l’un des plus grands experts en influence sociale du monde et décrit à quel point cela peut être efficace d’influencer quelqu’un.

Restez connecté avec l’actualité

Les moyens de communications sont des sources intarissables de connaissances sur la psychologie sociale. Les scandales sur les réseaux sociaux, le pouvoir de certains leaders d’opinion ou les commentaires de nos proches nous proportionnent une infinité de données qui peuvent être traitées.

Il est vrai que nous ne nous conformons pas à connaître la réalité au travers d’un seul canal. Adopter un point de vue holistique favorise que nous soyons capables de mieux anticiper les comportements des autres et d’améliorer notre capacité de résolution de problèmes. Nos connaissances sont enrichies par le fait d’écouter les différentes versions d’une histoire et que nous essayons de les traiter de différents points de vue.

Découvrez les livres passionnants sur la psychologie sociale

Certains psychologues sociaux, comme Robert Cialdini, Elliot Aronson ou Philip Zimbardo ont écrit des livres vraiment intéressants, autant pour les professionnels que pour le public non spécialisé. Leurs œuvres vous permettront de vous approcher de manière pratique à la compréhension de nos comportements sociaux.

Psychologie sociale : théoricien et auteurs principaux

La liste des psychologues sociaux importants qui ont réalisé de grandes découvertes et qui continuent de le faire actuellement est assez large. Voici les cinq plus grands auteurs et leurs principaux apports à la psychologie sociale.

Kurt Lewin (1890-1947)

Ce père de la psychologie sociale s’est intéressé aux interactions existantes entre chaque individu et son milieu. Sa pensée est très liée à la psychologie de Gestalt. Il s’intéressa particulièrement à mener ses idées à la pratique, et l’une de ses maximes est : “pour comprendre un système, il faut essayer de le changer”.

Lewin créa la théorie de champs, qui met en avant l’importance de contempler l’espace vital des personnes. Cette dimension est constituée de la totalité des situations de chaque individu à un moment déterminé. Il insista sur le fait de ne pas isoler les différents facteurs qui nous influence et de se concentrer sur les dynamiques qui se produisent entre eux.

Solomon Asch (1907-1996) et la psychologie sociale

Son principal champ d’étude fut le conformisme, qui est essentiel pour la vie en société. C’est le célèbre créateur du “paradigme de Asch”, qui fut démontré grâce à une expérience révolutionnaire. Ce psychologue réunit en 1951 des groupes entre 5 et 7 personnes. L’une d’elles était le sujet étudié et les autres étaient des collaborateurs du chercheur.

Asch présenta deux images, l’une qui représentait une ligne et l’autres trois lignes de longueurs différentes. Ensuite, il demandait quelle ligne de la deuxième image avait la même longueur que celle de la première image. L’expérience a été conçue pour que le sujet étudié soit l’une des dernières personnes à répondre. Les collaborateurs donnaient une réponse erronée exprès, pour voir si le sujet allait les suivre.

La réponse était facile et évidente. Cependant, Asch découvrit avec surprise qu’après de nombreuses tentatives, le sujet se “trompait” dans 50% des cas. Asch démontra également que les indices du conformisme varient d’une culture à l’autre, et que les collectivistes y sont plus par exemple plus enclins.

Stanley Milgram (1933-1984)

Milgram réalisa l’une des expériences les plus terrifiantes de l’histoire. Inspiré par les atrocités commises pendant la Seconde Guerre Mondiale, il étudia l’obéissance à l’autorité et décida d’en explorer les limites.

Il sélectionna des sujets avec un comportement normal, qui furent invités à son laboratoire. Il demanda aux participants de son expérience controversé d’administré des décharges électriques en augmentant progressivement le voltage (bien qu’en réalité le voltage ne dépassait jamais les 45 voltes) à une autre personne lorsque celle-ci se trompait en répondant aux questions qui lui étaient posées.

La victime était un complice du psychologue et devait simuler une douleur progressive au fur et à mesure que la puissance des décharges augmentait. Malgré les cris de douleur et de désespoir de la victime, le scientifique qui jouait le rôle de l’autorité insistait pour que les sujets de l’expérience continuent à augmenter la puissance des décharges. Le résultat effrayant de cette expérience est que 65% des sujets arriva au niveau maximum, qui supposait infliger 450 voltes (ce qui signifie une décharge mortelle) à l’autre participant, la victime.

Voici une courte vidéo qui explique plus en détail comment se déroulait cet expérience :

Les explications proposées à ce fait terrifiant sont la crédibilité du scientifique, qui affirme que les décharges ne sont pas dangereuses ou l’insistance de l’éducation depuis que nous sommes enfants à obéir aux supérieurs (parents, enseignants, etc…) Et vous, comment auriez-vous réagit dans cette situation ?

Serge Moscovici (1925-2014) et la psychologie sociale

Moscovici se dédia à étudier comment nous comprenons le monde qui nous entoure. Il partit du principe que nous connaissons tous la réalité à travers des représentations sociales qui nous guident et qui nous permettent de cohabiter avec les autres. La communication entre les personnes est essentielle pour transmettre les connaissances et les idées les plus importantes ainsi que pour nous orienter.

Nous construisons des concepts collectifs et créons un sens commun partagé par nous tous. Nos idées sont interconnectées, ce qui permet d’enrichir nos pensées et de donner un sens aux différents faits de notre quotidien. Que sommes-nous sans les autres ?

Robert Zajonc (1923-2008)

Ce psychologue révéla “l’effet de la simple exposition”, qui manifeste notre tendance à être plus sensible à un stimuli lorsque l’on y a été fréquemment exposé. Par exemple, il se peut que la première fois que l’on écoute une chanson à la radio celle-ci nous paraisse anodine. Cependant, si nous l’écoutons chaque fois que nous sortons, dans la voiture, à la télé et qu’elle devient le succès de l’été, celle-ci finira probablement par nous enchanter.

Ainsi, Zajonc déclara que nos préférences ne sont pas complétement rationnelles. Les pensées sont toujours accompagnées par les émotions. Cet effet nous influence également lorsqu’il s’agit de choisir nos amis ou notre partenaire, du fait que les gens que nous voyons plus souvent vont nous plus plaire. Les publicitaires l’on bien compris et tente de profiter de ce phénomène afin de créer un lien avec une certaine marque au plus profond de nous.

Merci beaucoup de nous avoir lu, nous espérons que cet article vous aura plus et surtout qu’il vous aura été utile pour en savoir plus sur la psychologie sociale. N’hésitez pas à laisser vos commentaires et vos questions sur le sujet plus bas, nous serons enchantés d’y répondre. 🙂

“Source : Ana Muñoz Miguez, psychologue de CogniFit spécialisée en psycho-oncologie, soins palliatifs et troubles du langage.”

Les stéréotypes sociaux : que sont-ils et pourquoi nous les utilisons ?

« Femme au volant, mort au tournant », « Les Anglais ne savent pas cuisiner », « Les coiffeurs sont tous homosexuels », « Les gens qui ne veulent pas d’enfants sont égoïstes »… Les stéréotypes sociaux sur tout et n’importe quoi ne manquent pas, d’ailleurs nous en sommes tous à la fois les vecteurs et les victimes, même si nous n’en n’avons pas toujours conscience !

Les stéréotypes sociaux : que sont-ils et pourquoi nous les utilisons ?

Du stéréotype à la discrimination, il n’y a qu’un préjugé !

Selon Richelle (2011), le stéréotype est une croyance ou représentation rigide et simplificatrice, généralement partagée par un groupe plus ou moins large, relative à des institutions, des personnes ou des groupes. Pour Lippman (1922), « les stéréotypes sont des images dans notre tête qui s’intercalent entre la réalité et la perception qu’on en a ». Le stéréotype induirait donc des catégorisations descriptives simplifiées (voire caricaturales) d’individus (notamment à travers leur groupe d’appartenance), sur la base de croyances partagées par plusieurs sujets (fondées ou non).

Les stéréotypes sociaux permettent aux individus de favoriser leur propre groupe d’appartenance (endogroupe) en le faisant apparaitre moins négatif que les autres (exogroupes), induisant ainsi une comparaison sociale généralement non-fondée, parfois drôle et légère, mais pouvant aussi aller jusqu’au préjugé ou à la discrimination, la recherche de boucs-émissaires ou l’ethnocentrisme.

Pour Billig (1984), les préjugés sont des opinions dogmatiques et défavorables au sujet d’autres groupes, et, par extension, au sujet de membres individuels de ces groupes. Il les qualifie également de « pré-jugements prématurés, préalables et inébranlables ». Le préjugé a donc plusieurs composantes : cognitives (caricaturales), affectives (négatives) et comportementales (discriminantes) ; il est acquis et argumentatif quoique non-argumenté. Il peut induire une attitude de discrimination d’un sujet ou groupe de sujets envers un autre.

La discrimination s’illustre par un comportement de rejet d’un individu A envers un sujet B, uniquement dû à l’appartenance de ce dernier à un groupe différent du sien. La discrimination utilise des indices (comme la couleur de peau, la religion, l’accent) permettant de distinguer les personnes en les incluant dans un groupe ciblé. Pour Billig (1984), le préjugé se rapporte aux attitudes négatives, et la discrimination est un comportement dirigé contre les individus visés par le préjugé.

Les stéréotypes sociaux : comprendre et justifier l’inexplicable

Les stéréotypes sociaux sont également à l’origine du processus d’attribution causale, qui permet aux individus de donner une cause et une signification aux évènements et aux comportements d’autrui, même erronées. Pour Leyens (1978), ce processus survient particulièrement en présence d’évènements inhabituels, désagréables ou surprenants. Concrètement, quand quelque chose de dérangeant survient, nous ressentons l’absolu besoin de l’expliquer pour le comprendre.

L’attribution causale apparait alors sous forme d’extension temporelle (tendance à généraliser un comportement qui ne s’est produit qu’une fois), de ressemblance (un sujet A ressemble à un sujet B, donc ils doivent agir de la même manière) ou d’analogie (déduction de qualités psychiques à partir de qualités physiques). Ainsi, selon Heider (1958), l’attribution causale permettrait à l’individu de désigner un « responsable » (réel ou fictif) et d’attribuer à son comportement des causes :

  • Internes (dispositionnelles) ou externes (situationnelles) ;
  • Contrôlables ou incontrôlables ;
  • Temporaires ou permanentes.

Les stéréotypes ethniques, précurseurs des premiers modèles théoriques

C’est aux Etats-Unis dans un contexte de ségrégation raciale importante que la majorité des études fondatrices sur les stéréotypes sociaux ont émergé, mettant alors en évidence plusieurs concepts fondamentaux :

  • Le biais de favoritisme intra-groupe : Katz et Braly (1933) proposent une expérience où des étudiants Américains blancs devaient déterminer, selon eux, les critères typiques décrivant les Afro-Américains, les Juifs, les Américains blancs, etc. Les résultats montrent clairement un biais de favoritisme intra-groupe : les Américains blancs sont perçus comme « intelligents, travailleurs », tandis que les Afro-Américains sont jugés « superstitieux, paresseux », les Juifs « intéressés », etc. Cependant, on retrouve ce biais-là dans de très nombreux domaines : nationalité et chauvinisme, équipes sportives et supporters, etc.
  • Le concept d’attitude : En 1934, Lapierre tente de prouver qu’un préjugé à l’égard d’un groupe ethnique (ici, les Chinois) induit logiquement un comportement de discrimination en adéquation (refus pour un hôtelier Américain d’héberger un client Chinois). Lorsque la question est posée à l’hôtelier Américain, celui-ci affirme qu’il refusera de louer une chambre à tout Chinois se présentant ; mais concrètement, l’expérience de Lapierre montre que le comportement est tout autre, car la quasi-totalité des hôteliers ont accepté de loger des clients Chinois. Il n’y a donc pas de lien automatique entre le préjugé et la discrimination : vous pouvez donc tenir un discours raciste, sans toutefois mettre en place des comportements discriminants envers les personnes visées par votre discours.
  • La désirabilité sociale : Pettigrew (1950) démontre que la catégorie socio-culturelle et le degré d’instruction n’influent absolument pas sur la présence ou l’absence de stéréotypes sociaux (comme quoi, on peut être très instruit, mais plein de clichés). Pettigrew met aussi en avant un biais de désirabilité sociale pouvant influencer les réponses de certains sujets : pour ne pas sortir de la norme, le sujet va ainsi homogénéiser sa propre réponse avec celle de son groupe d’appartenance, même s’il pense le contraire. Ainsi, si votre belle-famille est plutôt raciste, il y a peu de chances pour que vous teniez un discours contestataire empreint de tolérance lors du dîner de Noël, car vous avez conscience que cela pourrait faire mauvais effet…
  • L’erreur fondamentale d’attribution : En 1977, les études de Ross montrent que lorsqu’il s’agit d’expliquer le comportement d’autrui, nous avons tendance à surestimer les causes internes (propres à l’individu) et à négliger les causes externes (circonstances). Concrètement, si vous avez encore une fois oublié vos clés ce matin, c’est bien sûr parce-que la maison est mal rangée ou parce-que votre colocataire ou conjoint(e) dérange sans arrêt vos affaires ; en revanche lorsque c’est lui qui a oublié les siennes, c’est parce qu’il est tête-en-l’air et désorganisé, cela va de soit !
  • Le Locus Of Control (LOC) : Rotter (1966) a démontré que certains sujets avaient plutôt tendance à systématiquement internaliser leurs erreurs et d’autres à les attribuer à des causes externes. C’est ainsi qu’en cas d’échec à un examen ou à un simple jeu de société par exemple, certains sujets diront qu’ils ont échoué à cause de leur manque de travail ou de stratégie (LOC interne), tandis que d’autres diront qu’ils ont échoué parce-que l’examen était trop difficile ou encore que l’équipe adverse a gagné parce qu’elle a triché (LOC externe ; et là je parie que vous pensez à un mauvais perdant en particulier).
  • L’influence des mass-media : Tout individu cherche à comprendre son environnement et les informations qu’il perçoit, à l’aide de ses connaissances antérieures ou de suppositions parfois erronées, c’est ce qu’on appelle la « pensée par clichés ». Les mass-media (capables d’atteindre et d’influencer une large audience) et l’augmentation des contacts avec l’étranger ont affaiblis certains stéréotypes sociaux négatifs et ont permis l’apparition d’autres plus positifs. En reprenant l’expérience de Katz et Braly (1933), Devine et Elliott (2000) ont notamment constaté que de nouveaux stéréotypes sociaux sont apparus : si les Noirs restent qualifiés de « paresseux et pauvres », ils sont également devenus « athlètes et musiciens ».
Vous pouvez tout aussi bien remplacer le journal par un ordinateur, une tablette ou un téléphone portable : les mass-media influencent notre perception du monde, en bien comme en mal…

Les stéréotypes sociaux de genre

En 1975, Williams et Bennett décident de répertorier les différents qualificatifs les plus associés aux stéréotypes sociaux féminins et masculins de l’époque.

  • Les hommes sont alors estimés : « agressifs », « ambitieux », « casse-cou », « confiants », « constants », « cruels », « dominants », « entreprenants », « forts », « grossiers », « indépendants », « réalistes », « rationnels », « rigoureux », « sans émotions », « vantards ».
  • Les femmes sont jugées : « affectueuses », « attentives », « capricieuses », « cœur tendre », « délicates », « dépendantes », « douces », « émotionnelles », « faibles », « frivoles », « humbles », « pleurnicheuses », « rêveuses », « sensibles », « soumises », « volages ».

Dix ans plus tard, les études de Bergeron et Gaudreau (1985) sur les stéréotypes de l’homme occidental remettront en évidence des notions similaires à celles de Williams et Bennett (1975) : l’homme est toujours jugé comme étant « fort », « confiant », « assertif », « compétitif », « rationnel », « ferme », « dur », « affirmé » et « très conscient de son identité sexuelle ». A l’inverse, la femme reste définie par son « affectivité », son « émotivité », sa « passivité », sa « vulnérabilité », son « désir de prendre soin d’elle » et ses « changements d’humeur ». D’autres auteurs comme Hess, Adams et Kleck (2005) ont également démontré que certaines émotions étaient davantage attribuées aux femmes (crainte, sociabilité, subordination), et d’autres aux hommes (pouvoir, dominance, colère).

En 2001, les études de Glick et Fiske ont démontré que les stéréotypes pouvaient être utilisés par un groupe « dominant » pour maintenir certains groupes sociaux dans une position subordonnée sans utiliser la force, et maintenir le statu quo. Cela serait notamment le cas dans les relations hommes/femmes, particulièrement sur le plan professionnel. De même, les études de Jost et Banaji (1994) ont démontré que les stéréotypes légitimeraient et maintiendraient la position « dominante » des individus masculins dans nos sociétés occidentales actuelles (en faisant ainsi « le sexe fort »). Cela est également mis en évidence par Prentice et Carranza (2002), qui ont démontré que les traits de compétence (« ambitieux, assertif, confiant, rationnel, compétitif ») sont clairement prescrits aux hommes, tandis qu’ils le sont peu (voire pas du tout) aux femmes. Dans cette expérience, les résultats montrent que les traits attribués aux femmes sont essentiellement des traits de sociabilité (« chaleureuse, gentille, coopérative, patiente, polie »).

Conséquences : l’effet de « menace du stéréotype » et les prophéties auto-réalisatrices

Comme nous l’avons expliqué plus haut avec les concepts d’attitude et de discrimination, il est primordial d’avoir conscience des effets des stéréotypes sociaux sur les comportements, attitudes et performances, les nôtres comme celles d’autrui.

  • L’effet de menace du stéréotype : En 1995, Steele et Aronson ont démontré que les victimes d’un stéréotype pouvaient finir par le rendre réel. Les chercheurs ont ainsi fait passer un même test à deux groupes différents d’étudiants, chacun contenant 50% d’étudiants Blancs et 50% d’étudiants Noirs ; le premier groupe était informé qu’il s’agissait d’un test mesurant l’intelligence, tandis que le second était informé qu’il s’agissait uniquement de comprendre le fonctionnement du cerveau. Les conclusions sont sans appel : si les résultats du second groupe sont similaires pour l’ensemble des étudiants, on remarque une nette diminution des résultats pour les étudiants Afro-Américains lorsque ceux-ci pensent qu’ils sont en train de passer un test d’intelligence. Cela fait bien sûr écho à tout un ensemble de modèles théoriques basés sur les stéréotypes ethniques, toujours extrêmement prégnants aux Etats-Unis d’après les plus récentes études sur le sujet.
  • Les prophéties auto-réalisatrices (ou effet Pygmalion) : Les résultats obtenus par Steele et Aronson (1995) ne sont pas sans évoquer l’effet Pygmalion de Rosenthal et Jacobson (1968), particulièrement étudié dans le contexte de la performance sportive ou scolaire. De fait, cette théorie affirme que les attentes d’un enseignant envers ses élèves peuvent déterminer les performances de ces derniers. Concrètement, si vous êtes plutôt mauvais élève en mathématiques dès le début de l’année, votre professeur risque alors de développer peu d’attentes à votre égard et peu d’espoir de vous voir progresser dans cette matière (si vous êtes vraiment malchanceux, il peut même carrément vous répéter à longueur d’année scolaire que de toutes façons vous êtes nul et qu’ainsi vous ne ferez jamais tel ou tel métier). Si effectivement votre moyenne en mathématiques est toujours aussi basse en fin d’année, alors la prophétie auto-réalisatrice se sera…… réalisée. Si aujourd’hui les études sur le sujet ne font pas consensus, on constate quand même que 5 à 10% des performances scolaires seraient expliquées par des prophéties auto-réalisatrices, ce qui n’est pas négligeable.

J’espère que cet article vous aura plu et peut-être fait prendre conscience des conséquences de nos stéréotypes sociaux sur autrui, même si bien souvent, cela est dit sans méchanceté. Comme toujours, n’hésitez pas à laisser un commentaire, nous y répondrons avec plaisir !

Allaitement maternel : aspects neurobiologiques et psychologiques

L’allaitement maternel est un mécanisme physiologique des plus naturels qui soient. Bien que relativement faible dans notre société occidentale, l’allaitement reste le moyen le plus sain et équilibré de nourrir son enfant. Vous allez apprendre au travers de cet article tous les aspects neurologiques et psychologiques de l’allaitement que ce soit du point de vue de l’enfant ou de la mère.

Allaitement maternel

Qu’est-ce que l’allaitement maternel ?

L’allaitement maternel est le mode d’alimentation physiologique du nourrisson par sa mère ou par une autre femme, comme les nourrices le font dans d’autres pays pour les enfants abandonnés par exemple. Le plus souvent, le bébé va directement prendre le sein, mais dans certaines de nos sociétés modernes, il se peut que la mère tire son lait pour en faire profiter son enfant via un biberon ou une tasse à bec par exemple.

L’allaitement maternel est tout ce qu’il y a de plus naturel et le lait qu’en tire le bébé est optimal pour sa croissance. En plus d’être désaltérant et nourrissant, le lait est riche en hormones, enzymes et facteurs antibactériens, antiviraux et antiparasitaires. Le sein n’est pas seulement la source nutritive de l’enfant, c’est aussi une source importante de bien-être pour le nouveau-né. Il est souvent dit que l’allaitement maternel est la continuité de la grossesse et qu’après le cordon ombilical vient le cordon lacté.

Mécanisme neurobiologique de l’allaitement maternel

Á la fin de la grossesse, afin d’accoucher mais aussi pour produire du lait, le système nerveux central de la mère sécrète des neurohormones via son hypothalamus et son hypophyse comme la prolactine et l’ocytocine.

L’ocytocine est libérée à partir de l’hypophyse postérieure afin de déclencher le processus d’éjection du lait. Dès que l’enfant tète et stimule le sein de sa mère, le réflexe neuro-hormonal se met en place car l’ordre est compris par son système nerveux : il faut activer la production de lait pour satisfaire la demande du bébé. Le cerveau libère donc de la prolactine, pour agir sur les alvéoles du sein et pour activer la production, et de l’ocytocine, pour agir au niveau des pompes afin d’éjecter le lait produit. Dès lors, les canaux et les sinus lactifères s’élargissent pour favoriser l’écoulement. A cet instant, grâce au réflexe de succion du tout petit, le lait sort des seins afin d’être recueilli.

Aspects neurobiologiques de l’allaitement maternel du point de vue de la mère

Du point de vue de la mère, la neurobiologie de l’allaitement maternel est surtout relative à ces deux mêmes hormones : l’ocytocine et la prolactine. En plus de permettre la sécrétion du lait, cette l’ocytocine a de multiples effets sur le psychisme et le corps de la mère. Outre les modifications corporelles qu’elle apporte comme la diminue de la tension artérielle, elle a d’autres atouts.

De façon générale, cette neurohormone entraine un climat de détente qui permet à la mère de se reposer pendant les tétées mais aussi d’être plus attentive aux besoins de son enfant car le taux de cortisol (hormone du stress) diminue en même temps que l’ocytocine est produite.

L’ocytocine sécrétée va aussi stimuler la production d’opioïdes naturels, ce qui engendre une sensation de bien-être et abaisse le seuil de douleur ressentie.

Au niveau du rythme circadien, l’ocytocine et la prolactine permettent à la mère de tomber plus rapidement dans un sommeil profond et réparateur que si leur enfant étaient nourris au biberon. Elles dorment aussi 20 minutes de plus en moyenne.

Localisation de l’hypophyse et de l’hypothalamus

Aspects neurobiologiques de l’allaitement maternel du point de vue de l’enfant

Tout d’abord, afin de permettre l’allaitement, l’enfant est doté d’un réflexe archaïque dit de succion. Ce réflexe se développe in utero entre la 20e et la 22e semaine de grossesse, lorsque la maturation de son tronc cérébral le permet. Une fois né, le lait maternel va fournir le carburant nécessaire au cerveau de l’enfant pour qu’il continue de se développer à plein régime.

Comme vu précédemment, des neurohormones circulent chez la mère et celles-ci vont être transmises à l’enfant lors de l’allaitement. Le fait que l’ocytocine soit envoyée à l’enfant explique donc le fait que le moment de la tétée soit calme pour les deux et propice au développement de leur relation.

Il y aussi la mélatonine, l’hormone du sommeil, qui est transmise et elle l’est d’autant plus en soirée et la nuit car son taux augmente dans le lait maternel. Le bébé allaité comprendra donc rapidement que la nuit, il faut dormir, car l’information neuro-hormonale a été envoyé au bébé.

Aussi, il faut savoir que le fait d’allaiter un enfant lui permet de se développer de façon optimale en tant qu’être humain. Au niveau de la maturation cérébrale, il a été observé que les QI des enfants allaités était en moyenne plus haut que ceux qui ne l’avaient pas été. Ce nombre est d’autant plus haut que les enfants ont été allaités longtemps. Une autre étude faite aux Etats-Unis chez les enfants prématurés montre que cette différence de points de QI est encore plus importante.

Les performances motrices et visuelles sont elles aussi plus élevées en cas d’allaitement. Cela serait due à la richesse de certains nutriments qui assure la maturité de la rétine et du cortex cérébral.

Aspects psychologiques de l’allaitement maternel chez la mère : comportement d’attachement et de protection  

La professeure Uvnas Moberg a beaucoup travaillé sur les comportements maternels et de ses études, elle aurait retiré que, pendant l’allaitement, l’ocytocine relâchée favorise le comportement maternel de protection. Plus il y aurait d’ocytocine en circulation dans le corps de la mère, et plus elle serait agressive en cas de danger. Cela est aussi en partie dû à son anxiété moindre, Neumann dira que « l’agressivité est une chose, mais si vous devez attaquer un animal plus gros, vous devez également réduire votre niveau d’anxiété ».

Un autre comportement favorisé par l’ocytocine est l’attachement entre une mère et son enfant, et à chaque tétée, entre le moment de câlin et les hormones sécrétées, ce lien s’intensifie. En parallèle, cela développe chez la mère une intuition par rapport aux besoins de son bébé et cet effet est multiplié par la durée de l’allaitement. Une mère allaitante, de par sa proximité et grâce à son cerveau boosté en ocytocine, répondra donc plus favorablement aux cris de son enfant.

Aspects psychologiques de l’allaitement maternel chez l’enfant : réconfort et sociabilité

L’interaction mère-enfant et leur contact physique régulier est un cercle vertueux de renforcement de bien être psychologique pour les deux. La mère étant détendue et heureuse au contact de son enfant, lui transmet ses émotions et ainsi de suite. Dès lors, les bases d’un psychisme sain sont posées pour l’enfant.

Dans une étude, il a été démontré que l’allaitement maternel a un impact sur la sociabilité de l’enfant. Lorsque de l’ocytocine était administrée, cela augmentait la probabilité que des personnes regardent leurs interlocuteurs dans les yeux. Le regard était le contact social principal, cela joue sur le lien tissé et la sociabilité de l’enfant de façon générale.

Une étude australienne s’est penchée sur le devenir des enfants allaités d’un point de vue de leur développement psychologique. Les résultats montrent qu’à partir du moment où l’allaitement maternel durait plus de 6 mois, la corrélation entre le nombre de soucis psychologiques et la durée de l’allaitement était négative. C’est à dire que plus l’allaitement était long et moins les adolescents avaient de scores bas sur les questionnaires quantifiant leurs états émotionnels. Ils ont tenté d’expliquer ces résultats avec d’autres expériences et le fait d’avoir un contact physique régulier avec leur mère renforçait le lien de sécurité de l’enfant.

Des études sur les types d’attachements, définis par Bowlby, ont mis en évidence que l’allaitement maternel amenait plus souvent les enfants à avoir un attachement de type « sécure », concrètement cela veut dire qu’au retour de leur mère, ils sont souriants au lieu d’être perturbés ou en colère par exemple.

L’allaitement maternel du point de vue la psychologie sociale

Le fait que l’allaitement soit nécessaire à la survie de l’espèce tout en étant sensible aux modes en fait un sujet intéressant à étudier du point de vue de la psychologie sociale. Pour comprendre simplement ce qu’est une représentation sociale, c’est le jugement et valeur que l’on se fait d’un objet social. Un objet social peut être tout et n’importe quoi et en l’occurrence, c’est l’allaitement, le sein et la maternité.

Les symboliques du sein et les représentations de l’allaitement maternel que l’on a sont bien différentes selon la société dans laquelle on se trouve, mais aussi selon le groupe auquel on appartient. Si vous êtes une maman entourée de personnes prônant l’allaitement, vous allez plus naturellement vous dirigez vers cette pratique alors que si votre entourage ne vous parle que de biberons pour la naissance de votre enfant, vous irez de ce côté par défaut.

Bien que le geste d’allaiter soit reconnu comme naturel, le recours aux nourrices est fréquent depuis des temps ancestraux. Il l’était d’autant plus pour les femmes de hautes lignées, que ce soit pour les pharaonnes ou les reines du moyen âge. Elles ne devaient pas se rabaisser à cette soi-disant servitude car leur niveau social les plaçait au-dessus de cet acte animal. Les représentations sociales de l’allaitement étaient dès lors bien ancrées par rapport au statut social et économique.

Plus récemment, les lobbys féministes ont repris ce terme de servitude et ont prôné le biberon pour se libérer de l’emprise patriarcale. Les hommes, pouvant ainsi nourrir eux aussi leurs enfants, laissaient alors les femmes libres de travailler et d’occuper leurs temps comme bon leur semble. Par-dessus, l’industrie laitière en a profité pour s’affilier aux maternités et promouvoir le lait en poudre sans se préoccuper des dommages pour les bébés.

Les représentations des sociétés modernes occidentales par rapport à l’allaitement maternel sont le résultat de toutes ces anciennes valeurs, l’idée que les mères se perdent corps et âme dans la maternité au profit de la croissance de leurs enfants est une croyance sociale tenace.

Par contre au niveau des religions, l’allaitement a toujours été soutenu comme le moyen plus naturel de nourrir son enfant. Dans le Coran, il est même précisé que la mère allaitera durant deux années complètes. Les représentations sociales et religieuses de l’allaitement sont donc plus versées du côté naturel même si c’est aussi une culture spécifique.

Dans d’autres pays ou dans certains groupes éthniques comme au Kenya par exemple, l’allaitement est vu bien différemment. Il a été compris que l’enfant tétait non seulement pour se nourrir et s’hydrater, mais aussi pour se rassurer, se détendre et être proche de sa mère. Les enfants sont donc régulièrement mis au sein et ils ne pleurent donc quasiment pas.

Pour conclure sur cette parenthèse de psychologie sociale, Matthew Grieco qui a étudié l’allaitement en Europe sur quatre siècles énonce le fait que cette pratique n’est pas plus naturelle que culturelle. L’allaitement est donc conditionné par le contexte social, économique et culturel et l’on peut élargir ça au monde entier.

Merci beaucoup d’avoir cet article sur l’allaitement maternel , ’espère qu’il vous aura plu. Si vous avez la moindre question, je vous invite à la rédiger et j’y répondrai avec plaisir.