Sentiment d’appartenance : j’ai vraiment besoin des autres ?

 

Qu’est-ce que le sentiment d’appartenance ? Pour vivre en tant qu’humain, nous devons satisfaire certains besoins : se nourrir, être en sécurité, et même faire partie d’un groupe. La pyramide de Maslow nous révèle que ce dernier point cité est pour nous un essentiel. En effet, il n’est placé qu’en troisième position. Le lien que nous créons aux groupes de personnes, le sentiment d’appartenance, aurait donc un rôle clef dans notre existence. Émotionnellement positif ou négatif, il détermine notre état psychique. Ainsi, il est la cause de l’importance que nous nous attribuons. Comment se fait-il que nous ayons besoin des autres ? Quelle influence portent-ils sur nous ? Si vous cherchez des réponses à ces questions (et plus encore), je vous invite à lire cet article.

Nos besoins selon la pyramide de Maslow

Nous vivons dans un monde où la majorité de nos besoins sont comblés, à tel point que nous avons même tendance à les oublier. Qu’est-ce que la faim ? Pourquoi chercher un sentiment de sécurité ? Pourquoi vivre en groupe ? Nous n’arrivons plus à distinguer nos besoins de nos désir.

Maslow, en 1943, a publié un article (A Theory of Human Motivation) où il expose les différents besoins d’un individu vivant en Occident. Tout ce qui ne pourrait pas se placer dans la “pyramide de Maslow” serait un désir, une option à notre bonheur. Ainsi, vivre en tant qu’individu s’appuierait sur 5 points essentiels, 5 besoins  :

  1. Physiologie 
  2. Sécurité 
  3. Appartenance 
  4. Estime de soi
  5. Accomplissement

Ces 5 besoins ne peuvent être comblés que dans un ordre particulier : du besoin le plus primaire au besoin le plus élaboré ; le besoin d’accomplissement après le besoin physiologique.

Explication de la pyramide de Maslow

Pyramide de Maslow (source : http://semioscope.free.fr/)

Les 5 besoins de la pyramide de Maslow (source : http://semioscope.free.fr/)

Prenons l’exemple d’une personne A, seule, exilée dans un pays dont la culture diffère largement de la sienne, sans rien avoir pris avec elle. Pour se construire, A va devoir combler ses besoins petit à petit, en utilisant un ordre de priorité bien précis : 

Besoin physiologique

A se retrouve seul et désemparé dans ce nouveau pays. Il a marché depuis longtemps et il fatigue. A quoi pense-t-il en premier lieu ? A manger, à boire, à dormir… Le peu de monde qu’il croise ne parle pas sa langue natale. Il est sale, personne ne veut s’approcher de lui par son allure de mendiant. A est prêt à se mettre en danger, à tuer pour assouvir son besoin physiologique, car il tente de survivre.

Besoin de sécurité

A a maintenant trouvé la manière dont il peut survivre. Ses forces le maintiennent en vie. Il peut passer à la deuxième étape : assouvir son besoin de sécurité. A cherche un toit pour se protéger de la pluie, des murs pour se protéger du vent et des animaux, et cherche à se surélever pour ne pas se faire atteindre par les insectes. Il se protège.

Besoin d’appartenance

La base de sécurité est trouvée. A sait qu’à chaque instant où il se sentira en danger il pourra retrouver cet espace de repos. Il cherche alors un groupe de personnes qu’il pourra intégrer. Comme ce groupe sera également son groupe de référence, il lui servira de repère. Toutes les actions qu’il souhaitera entreprendre seront comparées à ce groupe. Comment agir ? Où aller ? Que faire ? A a besoin d’agir comme cette nouvelle société le fait, pour se fondre dans la masse, pour renforcer sa sécurité. Faire partie d’un groupe est important pour l’être humain, car nous sommes des êtres sociaux. Il développera par la suite un sentiment d’appartenance au travers de ce groupe.

Besoin d’estime

Le sentiment d’appartenance va être directement dépendant de l’estime de soi. Si A se sent bien dans le groupe et qu’il a développé un fort sentiment d’appartenance, son estime de lui augmentera. En revanche, s’il ne se sent pas bien dans le groupe mais que son sentiment d’appartenance est élevé, il se sentira mal. Son estime de lui diminuera. A ne quittera ce groupe que dans le cas où le sentiment d’appartenance sera faible, dans le cas où A se sentira totalement détaché du groupe. Il cherchera alors à assouvir son besoin de sécurité : se protéger avant tout.

Besoin de s’accomplir

Dans le cas où l’estime de A augmente, il ressentira le besoin de s’accomplir. Autrement dit, A cherchera à s’épanouir, à apprendre, à méditer…

 

La réalisation d’un besoin s’appuie donc sur la réalisation du besoin précédent. De ce fait, plus on avance dans la liste des besoins et plus il est difficile de les réaliser. C’est pour cela que l’on parle de “pyramide” de Maslow.

Le groupe d’appartenance

Étant donné que l’humain est un être social, il est évident de se dire que chaque personne fait partie d’un groupe social. Qu’il soit composé de 2, 10 ou 30000 personnes, que ce soit notre famille ou le club de gym, nous faisons partie d’un ou de plusieurs groupes.

Nous ne choisissons pas forcément d’appartenir à ces groupes. Par exemple, nous ne choisissons pas notre groupe familial : ni nos parents ni nos frères et sœurs ont été sélectionnés.

Groupe social aux règles implicites (source : http://www.voyagevoyage.ca/)

Groupe social aux règles implicites (source : http://www.voyagevoyage.ca/)

Groupe social aux règles implicites (source : http://fr.tidanhotels.com/)

Groupe social aux règles implicites (source : http://fr.tidanhotels.com/)

 

 

Choix du groupe d’appartenance

D’après la psychologique sociale, chaque groupe social est régit par des règles explicites ou implicites. Par exemple, on retrouvera plus facilement les règles explicites dans des activités sportives, où l’on dicte clairement ce qu’il est possible de faire et ce qu’il n’est pas possible de faire. En revanche, les règles implicites seront plus facilement retrouvées dans un groupe d’amis, où les codes suivis se sont forgés petit à petit entre les personnes (respecter le temps de parole, adopter un style particulier…).

Les règles constituant ces groupes diffèrent de l’un à l’autre. De cette manière, nous allons pouvoir comparer chaque groupe à nos valeurs et à nos croyances. Puis, une fois trouvé un groupe nous ressemblant, nous cherchons à nous intégrer à lui : il devient le groupe d’appartenance. Ce groupe a une grande influence sur notre vie.

Influence du groupe d’appartenance

Si au départ nous avons choisi de nous rapprocher de ce groupe d’appartenance, il va également nous influencer et participer à la construction de notre identité. Comment agir ? Comment penser ? Pour prendre une décision, nous allons comparer ce que nous voulons à ce que le groupe veut. C’est pour cela que nous observons régulièrement des groupes d’amis se ressemblant comme deux gouttes d’eau : chacun créé son style, ses comportements en fonction du groupe et de ses règles. De cette manière, ils développent et entretiennent leur sentiment d’appartenance.

Influence du groupe d'appartenance sur un groupe (source : https://www.casting.fr)

Influence du groupe d’appartenance sur un groupe (source : https://www.casting.fr)

Sentiment d’appartenance

Au début de notre vie, nous considérons notre groupe familial comme notre groupe d’appartenance. Ce groupe satisfait notre besoin physiologique et de sécurité. Nous nous lions donc à lui en développant un sentiment d’appartenance.

Le sentiment d’appartenance représente “ce qui nous colle au groupe“. Plus ce sentiment d’appartenance sera élevé, plus on sera lié au groupe. A l’inverse, moins on percevra ce sentiment, plus on aura tendance à s’éloigner. C’est pour cela qu’il est important de pouvoir s’identifier au groupe, car si nos valeurs semblent grandement ressembler au groupe en question, ce sentiment sera plus présent. Il peut également être augmenté par ce qu’il va nous apporter. Par exemple, si le fait de faire partie de tel groupe nous permet de se sentir valorisé et de se sentir “dans le juste”, ce sentiment aura tendance à être renforcé. Dans le cas contraire, nous aurons tendance à nous éloigner du groupe.

Faire partie intégrante d’un groupe nous apporte donc le sentiment d’être accepté et reconnu. Puisque nous faisons partie d’un groupe, c’est que nous sommes un être à part entière qui à le droit de vivre en communauté. Nous allons ainsi nous investir dans ce groupe qui nous apporte tant de confort.

Sentiment d'appartenance (source : http://ici.radio-canada.ca/)

Sentiment d’appartenance (source : http://ici.radio-canada.ca/)

Dans de bonnes conditions, le sentiment d’appartenance peut donc être considéré en tant que support psychologique apportant quelques avantages :

  • Combattre le sentiment de solitude 
  • Accroissement de la motivation et de l’enthousiasme ;
  • Préparation de la personne à combler le besoin suivant (selon la pyramide de Maslow) : l’estime de soi. Un fort sentiment d’appartenance participera à une formation positive de l’estime de soi.

Conséquence du sentiment d’appartenance

Le sentiment d’appartenance est complexe, puisqu’il peut être lié autant à une émotion positive qu’une émotion négative en plus d’être variable en intensité :

  • Fort sentiment d’appartenance avec une émotion positive.

Ce sentiment d’appartenance est le meilleur. En effet, il nous procure la sensation que nous sommes membre à part entière d’un groupe. Nous sommes acceptés pour notre propre valeur et cela nous procure de la joie, du réconfort et surtout de l’assurance. Il est également source de motivation, et nous permet d’être plus efficace socialement ainsi que professionnellement. Autre point important, il participe à l’amélioration de notre estime de nous-même.

  • Faible sentiment d’appartenance avec une émotion positive.

L’émotion ressenti nous procure autant de points positifs que cités dans le point précédent, mais en moins grandes proportions. En effet, le sentiment d’appartenance est ici faible, donc peut être modifié simplement. Le lien au groupe peut être rompu facilement dans le cas d’une dispute ou d’un autre accroc.

  • Fort sentiment d’appartenance avec une émotion négative.

Ce sentiment d’appartenance est le pire. En effet, il nous fait vivre dans un sentiment de mal-être. Il nous est cependant impossible de quitter le groupe dans le sens où nous en sommes très attaché. Dans ce cas présent, nous sommes donc en constante ambivalence. En effet, nous souhaitons garder notre place au sein du groupe, mais il nous apporte majoritairement de la souffrance psychologique, entraînant un sentiment de solitude et même une dépression.

  • Faible sentiment d’appartenance avec une émotion négative.

Ce dernier sentiment d’appartenance est plutôt positif. Il procure, certes, un mal-être et ne nous permet pas de combler le besoin d’estime de soi, mais il nous permet cependant de nous protéger. En effet, l’appartenance au groupe est faible. Il ne nous est donc pas difficile de le quitter pour se préserver. Il nous sera toujours possible de trouver un autre groupe où nous pourrons nous épanouir pleinement !

 

Le sentiment d’appartenance, lien au groupe d’appartenance, est donc nécessaire à notre développement ainsi qu’à notre bien-être. Ce sentiment social joue un rôle prépondérant dans notre existence, sans quoi nous ne pourrions avancer dans l’accomplissement de nos besoins.

 

Merci d’avoir porté attention à cet article. N’hésitez pas à le commenter pour dire ce que vous en avez pensé ou si vous avez des questions ! Nous prendrons plaisir à vous répondre.

Etudiante en psychologie à l’université de Nîmes et rédactrice stagiaire chez Cognifit. Intéressée particulièrement par la psychologie cognitive et la neuropsychologie.