Terrible two : manuel pratique pour gérer les caprices et les colères des 2-3 ans.

 

 Votre enfant se met à crier et pique des colères à chaque fois que vous lui interdisez quelque chose ? Le “terrible two” ou la “crise des deux ans” touche les enfants aux alentours de 24 mois et transforme nos angelots en de petites créatures histériques. Vous essuyez des “Je ne veux pas dormir !” à l’heure du coucher, des “J’aime pas” à chaque repas, des “Moi toute seule” pour traverser la rue, des “C’est à moi ” quand un autre enfant s’approche de ses jouets, etc. Votre enfant demande les choses en criant, il proteste, s’énerve, vous défie, pleure incontrolablement, frappe les autres, est têtu et n’obéit pas. Lorsque vous lui empêchez de faire quelque chose, c’est le caprice assuré. “Au secours !” avez-vous envie de crier à votre tour. Mais ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas seul(e)s. Alejandra Salazar, psychologue clinique spécialiste de l’intervention chez les enfants a développé un manuel complet pour nous aider à mieux comprendre le comportement de nos enfants. Il est possible de gérer avec succès les caprices et les crises de colères chez les enfants entre 2 et 3 ans. Découvrez dans cet article des stratégies et des techniques qui vous aideront à garder le contrôle sur les situations conflictuelles. 

Caprices et crises de colère - Terrible two

Caprices et crises de colère – Terrible two

Manuel complet pour les pères et les mères: Le “terrible two” ou la “crise des deux ans” est une étape que traversent tous les enfants entre 2 et 3 ans. Il s’arrête en pleine rue, se roulent par terre dans une mer de larmes, se confrontent à leurs parents et affrontent les autres enfants au parc.

C’est qu’à partir de deux ans, les enfants cherchent les limites, essaient de conquérir leur indépendance, de connaître le monde. On a l’impression qu’ils se développent à pas de géant. Passer du stade de bébé à celui d’enfant n’est pas simple. Le terrible two, ou crise des deux ans, participe de ce processus. Soudain, les enfants vous comprennent lorsque vous leur parlez, ils vous échappent lorsqu’ils courent, ils donnent leur avis, se rendent compte qu’ils sont capables de choisir et de faire des choses seuls.

Dans cet article, vous découvrirez les changements que vit le petit durant cette étape. Armez-vous de patience et préparez-vous à comprendre votre enfant et à l’accompagner dans ce changement. Cette étape de croissance est souvent compliquée pour les parents. Dans cet article, vous apprendrez des techniques et des conseils pratiques que vous pourrez appliquer dans des situations concrètes.  

Terrible Two : Règles basiques pour la discipline de notre enfant

Il est normal que les caprices, les crises de colère et la sensation de perte de contrôle soient la source de stress et d’anxiété pour les parents. Souvent, nos enfants nous poussent à bout et il est difficile de garder notre calme. Nous avons parfois envie de crier plus fort que lui pour gagner la bataille. Pourtant, contrôler vos propres émotions sera la seule chose qui vous aidera à gagner. Dans la relation avec votre enfant, l’adulte, c’est vous.

Éduquer un enfant est une grande responsabilité. Nous avons la sensation que nous n’avons pas le droit à l’erreur, que si nous échouons dans certaines de nos responsabilités, cela aura des conséquences tout au long de la vie de nos enfants. Rassurez-vous, ces pensées sont normales. Mais il parfois bon de prendre du recul et de nous rappeler que nous sommes humains et que l’erreur fait partie de la vie.

Dans cet article, nous allons passer en revue les comportements les plus fréquents chez les enfants de 2 à 3 ans et détailler les stratégies pour les gérer de façon efficace. Avant tout, il importe d’évoquer certaines règles fondamentales que nous devons toujours avoir à l’esprit lorsqu’il s’agit de faire respecter la discipline à nos enfants.

 

  1. Nous avons chacun notre part de responsabilités. Dès le plus jeune âge, nous devons faire comprendre à notre enfant que sa contribution est importante. Lorsqu’il range ses jouets ou aide à mettre la table par exemple. En collaborant, l’enfant se sent utile à l’intérieur de la famille et cela aide à réduire le fait de vouloir attirer l’attention, typique du “terrible two” (caprices, crises de colères, refus, etc.)
  2. Le respect est mutuel. Il est important de donner un bon exemple à vos enfants, et ce depuis le plus jeune âge. Si votre enfant veut vous dire quelque chose, interrompez ce que vous êtes en train de faire et portez-lui de l’attention. De cette façon, vous pourrez vous aussi plus tard exiger de lui ce qu’il a appris à travers vous.
  3. Apprenez leur que la vie n’est pas toujours juste. Attendre son tour, partager ses jouets, être déçu, etc. Les situations qui peuvent être à l’origine du mal-être de nos enfants nous causent de la douleur. Cependant, il a été montré que s’ils n’expérimentent pas ce genre de situations, les enfants ne peuvent pas développer les aptitudes psychologiques essentielles à leur bonheur, ni apprendre à repousser correctement la satisfaction. Lorsque nous commettons une erreur en tant que parents, nous devons demander pardon à notre enfant. De cette façon, il apprendra que faire une erreur n’est pas grave et il sera capable de pardonner dans le futur.
  4. La constance est la clé. Être constant et ferme en ce qui concerne les règles que vous établissez est très important. Cela lui apprend que vous avez des attentes envers lui, et que ces attentes se maintiennent dans le temps. Cela permet de construire une structure sûre et permet l’adaptation aux normes de la société.  

Maintenant que nous connaissons ces règles générales quant à la discipline de nos enfants, nous allons rentrer dans le détail des situations les plus communes qui ont lieu durant le terrible two, ou la crise des deux ans. Apprenez à gérer les crises de colère et à stimuler les capacités cognitives des enfants.

Terrible Two : crises de colère et caprices chez les enfants de 2-3 ans

Mon enfant communique et demande les choses en pleurant ou en criant

Demander les choses en criant ou en pleurant est très fréquent chez les enfants de 2 à 3 ans. C’est précisément pur cela que l’on appelle cette période le “terrible two” ou “crise des deux ans”.

À cet âge, les enfants utilisent souvent les pleurs, les crises de colère et les caprices pour communiquer. Cela se passe généralement lorsque l’enfant veut quelque chose qu’il ne peut pas avoir : le jouet d’un autre enfant, monter à la balançoire alors qu’il n’y arrive pas ou qu’elle est déjà occupée par un autre enfant, ne pas arriver à changer de programme de télévision, etc. 

On considère que dans ce type de colère, l’enfant cherche à attirer l’attention de l’adulte.  Quand l’enfant commence à tout demander en criant ou en pleurant, cela peut nous irriter et nous amener à crier nous mêmes pour lui demander d’arrêter. Il est aussi possible que, pour faire stopper ses pleurs et ses cris, nous lui donnions ce qu’il réclame. 

Voici les normes qu’il convient de respecter dans ces situations, et ce indépendamment de la raison qui a provoqué cette conduite :  

 

1- Ne pas céder :

Si votre enfant crie ou pleure parce qu’il veut quelque chose, il est important de ne pas le lui donner. En lui donnant, vous le renforceriez dans le fait de s’exprimer de cette façon, puisqu’il a pu obtenir ce qu’il a voulu. Si cela arrive dans un lieu public, soyez fermes et ne cédez pas. Ne cédez pas sous la pression des regard et des commentaires des personnes présentes. L’éducation de votre enfant est de votre ressort, et personne n’est en droit de vous faire de remarques à ce sujet

2- Calmer : 

Quand l’enfant commence à crier et pleurer, parlez-lui d’une voix douce mais ferme et dites-lui “Je ne peux pas t’écouter si tu me le demandes de cette façon. Quand tu te seras un peu calmé, tu m’expliqueras ce qui est arrivé ou ce que tu veux”. Cela paraît facile, mais sur le coup, nous avons parfois tendance à donner à l’enfant ce qu’il demande. Toutefois, si nous prenons le temps de parler avec lui et attendons qu’il se calme, il pourra nous expliquer ce qui lui arrive.

3- Écouter et expliquer :

Une fois que votre enfant s’est calmé, il vous racontera ce qui s’est passé. Il est important de s’accroupir à sa hauteur pour qu’il vous voie et soit bien sûr que vous l’écoutez et lui portez toute votre attention. Dans le cas où vous ne pouvez pas lui donner ce qu’il demande, expliquez-lui pourquoi avec des mots simples et dirigez son attention vers une autre activité ou une autre situation. S’il commence à crier ou pleurer, répétez l’étape antérieure.

4- Analyser la cause :

Une des choses les plus importantes que nous devons faire en tant que parents est analyser si nous agissons correctement. Ce type de colères chez les enfants a généralement lieu car nous ne leur portons pas assez d’attention. Passons nous trop de temps sur notre téléphone ? L’enfant se sent-il supplanté par l’arrivée d’un frère ou d’une soeur ? Passons-nous assez de temps avec lui ?, etc.

5- Se coordonner :

D’autres adultes s’occupent de notre enfant : personnel scolaire, baby-sitter, grands-parents, etc. Il est important que nous soyons tous sur la même longueur d’onde en ce qui concerne le fait de ne pas céder. Si un adulte cède à ses colères, l’enfant essaiera cette même technique avec les autres et il sera plus difficile d’éliminer ce comportement.

Mon enfant pleure et ne supporte pas qu’on lui refuse quelque chose. Il se roule par terre, pleure et crie pour réclamer ce qu’il veut

Ce type de caprice est lié à la façon dont nous apprenons à nos enfants que la vie n’est pas toujours juste et que nous n’obtenons pas toujours ce que nous souhaitons. Depuis petits, les enfants s’aperçoivent que leurs besoins basiques sont satisfaits presque immédiatement. Par exemple : “Si je pleure, on me donne à manger”.

Pendant le “terrible two”, ou crise des deux ans, les enfants ont du mal à comprendre qu’il faille attendre ou qu’ils ne peuvent tout simplement pas obtenir ce qu’ils veulent, ce qui provoque de la frustration. Les enfants généralisent cet assouvissement immédiat des besoins basiques à d’autres comportements (jouer, faire une activité, etc). Ils ne font pas la différence entre une envie et un besoin basique. Et lorsqu’une de leurs envies n’est pas satisfaite, ils font des caprices et piquent des colères dans le but d’obtenir ce qu’ils souhaitent.

Quelle qu’en soit la cause, ces colères s’éradiquent en favorisant une expression émotionnelle plus adaptée et plus saine. Voici certaines des stratégies qu’il est possible d’utiliser :

1- Prévenir : 

En tant que parents, nous connaissons les situations qui peuvent susciter la frustration de nos enfants et aboutir à un caprice. Il est donc important de prévoir lorsque cela va pouvoir se passer. Il est possible d’éviter de passer devant le magasin de jouets ou de bonbons qui lui plait tant, et cela permettra d’éviter un caprice. Prenons également en compte le fait qu’un enfant de cet âge, en plein “terrible two”, est plus irritable et propice à piquer une colère lorsqu’il a faim ou qu’il s’ennuie.

2- Distraire :

Avant que le caprice n’éclate, il y a des changements dans la conduite de votre enfant qui indiquent le caprice à venir. Certains signes peuvent être pris très au sérieux : la tête qui rougit, les poings qui se serrent, le piétinement, une conduite agitée, etc. En tant que parents, nous devons être attentifs à ces signes et si nous en identifions certains, essayer de distraire l’enfant et de dévier son attention. Christophe sait que Lilou n’aime pas les longs trajets en voiture, mais ils doivent cependant rendre visite aux grands-parents qui habitent à plus de 4 heures de route. Si Christophe voit que Lilou commence à serrer les poings, il peut lui dire “Lilou, on va compter le nombre de voitures rouges qu’on voit passer !”. Cela distrait l’enfant et peut permettre d’éviter une colère.

3- Récompenser :

Nous ne devons pas récompenser systématiquement notre enfant et cette technique doit donc être utilisée avec précaution. En effet, mal utilisée, elle peut amener à renforcer un mauvais comportement. Ici, il s’agit d’anticiper une colère en “récompensant” l’enfant avec ce qu’il désire. Par exemple, Alice veut monter dans la voiture en jouet devant la pharmacie. Son père ou sa mère voit que l’enfant commence à s’agiter et lui dit “Si tu te comportes bien chez le médecin, tu pourras monter dans la voiture d’ici quelques minutes”. Cette récompense doit être la conséquence d’un comportement positif récent. Elle doit avoir lieu peu de temps après en avoir parlé. Cela pourrait sinon occasionner un caprice plus grand encore. Je vous recommande de n’utiliser cette stratégie que de façon occasionnelle, lorsque vous voulez vraiment récompenser une conduite positive.

4- Ignorer :

Il s’agit certainement de la stratégie la plus difficile à mettre en oeuvre, mais en cas de caprices, elle peut s’avérer efficace. En ne prêtant pas attention à votre enfant qui fait un caprice, il ne reçoit pas d’encouragement pour son caprice. Il est plus facile d’ignorer votre enfant lorsqu’il se roule par terre et pleure à la maison. Vous pouvez aller dans une autre pièce et continuer ce que vous étiez en train de faire. Dans ce cas, il est certain que l’enfant vous poursuivra à travers la maison : une colère sans spectateur et personne pour l’écouter n’a plus d’objet. Même s’il vous poursuit, feindre de l’ignorer le fera s’arrêter.

En dehors de la maison (dans la rue, au supermarché ou au parc), c’est bien sûr moins facile ! Il est tout de même possible d’utiliser cette technique. Dans la rue par exemple, assurez-vous que votre enfant ne courre aucun risque et éloignez-vous un peu de lui. Ne le regardez pas et n’agissez pas comme si vous l’entendiez.

Lorsque sa colère s’arrête, il est important de lui dire que maintenant, vous allez l’écouter et qu’avec ce type de caprices, il n’arrivera à rien. Ainsi, nous évitons qu’il se sente en insécurité du fait de notre “fuite momentanée”, mais nous ne cédons pas à ses exigences.

Si le caprice a lieu dans un espace fermé, comme un restaurant ou une salle de cinéma, il convient de sortir l’enfant du lieu et d’attendre qu’il se calme. Dans certains cas, nous ne pourrons pas éviter de céder à la demande et cela est normal. Il ne faut juste pas que ce soit la norme.

5- Poursuivre sans rancœur : 

Souvent, en tant que parents, nous sommes agacés voire énervés par ces caprices et ces crises de colère. C’est normal. Cependant, nous devons poursuivre ce que nous avions entrepris sans rancœur. Éprouver de la rancœur envers les enfants ne leur apprendra rien d’autre qu’à en éprouver à leur tour envers les autres. 

6- Renforcer le positif :

Souvent, nous passons tellement de temps à gérer ces caprices et ces colères que nous en oublions de renforcer le positif. Lorsque l’enfant est arrivé à se calmer, il est important de le prendre dans vos bras, lui faire un câlin et le féliciter de s’être calmé. Nous pouvons dire par exemple “C’est très bien, bravo, tu es arrivé à te calmer !” ou “J’aime lorsque tu me dis ce que tu veux sans pleurer et sans te rouler par terre”.

7- Donner d’autres options pour qu’il puisse choisir :

Il important que bien qu’on lui refuse ce qu’il demande, l’enfant puisse choisir entre d’autres options. Par exemple, si l’enfant n’est pas content car il voulait du chocolat en dessert et que l’on veut lui donner un dessert meilleur pour la santé, on peut lui donner d’autres options : “Que souhaites-tu comme dessert : un yaourt ou une banane ?”

Mon enfant mord ou se bat constamment avec d’autres enfants et il n’aime pas partager

Ce comportement aussi est fréquent chez les enfants de 2 à 3 ans. C’est une conduite typique du “terrible two”, ou crise des deux ans. Quelles stratégies ou techniques pouvons nous mettre en oeuvre pour diminuer l’agressivité de notre enfant et lui apprendre à partager ?

1- Expliquer pourquoi son comportement n’est pas adapté :

La première chose qui nous vient à l’esprit quand se présente ce type de problèmes est de gronder notre enfant. Cependant, le fait de le gronder va seulement le frustrer et peut-être provoquer une colère ou un caprice.

Nous devons tout d’abord attendre qu’il se calme, en utilisant la stratégie précédemment évoquée et lui expliquer pourquoi son comportement est inapproprié. Par exemple : “Je comprends que tu te sentes gêné ou frustré car tu ne veux pas partager tes jouets, mais ce n’est pas une raison pour frapper tes camarades. Imagine que Pierre ne veuille pas te prêter sa nouvelle voiture et te frappe, est-ce que ça te plairait ?”. Cela incite à l’empathie et à la réflexion sur ses propres actions.

Après lui avoir laissé le temps de répondre, on peut lui indiquer la conduite que l’on attend de lui. Par exemple : “Maintenant, prête ta voiture à Pierre et jouez ensemble tous les deux sans vous disputer”.

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2- Le laisser seul, ou stratégie du “hors temps”:

La stratégie du hors temps est une stratégie fréquente en termes de discipline. Il ne s’agit pas d’une punition à proprement parler, cette stratégie vise à diminuer la frustration de l’enfant. Durant ce moment, l’enfant reste tranquille et seul avec lui-même. Toute forme d’attention que l’on peut lui porter, positive ou négative, ne fera que renforcer le mauvais comportement. Il est donc important de laisser l’enfant seul.

Durant le “terrible two” ou lors de la troisième année, il faut agir immédiatement (alors même que l’enfant est en train de se comporter mal) et lui dire calmement qu’il doit rester assis et à l’écart et penser à ce qu’il vient de faire.

Deux erreurs communes sont : nous énerver et beaucoup parler. À l’inverse, il nous faut rester calme et nous exprimer de façon brève et ferme. Une fois que la “punition” se termine, prenez l’enfant dans vos bras pour lui montrer votre amour.

On recommande de laisser l’enfant seul au calme deux minutes s’il a deux ans, trois minutes s’il a trois ans, etc. C’est un temps indicatif et cela peut varier en fonction de l’enfant. L’essentiel est que l’enfant se calme et comprenne qu’il a mal agit.

3- Communication:

Lorsqu’un enfant se sent frustré, qu’il n’obtient pas ce qu’il veut et qu’il ne s’exprime pas bien, il peut en arriver à frapper un autre enfant ou ne pas vouloir partager. Dans ces cas, nous devons communiquer avec notre enfant de façon simple.

Il est recommandé d’utiliser des phrases courtes et de les répéter, et de répéter également des gestes pour montrer à l’enfant que vous avez parfaitement compris ce qu’il veut ou ce qu’il pense.

Par exemple, votre enfant arrache le jouet des mains de son ami et le mord. Vous avez déjà essayé la stratégie de le laisser seul. Répétez lui ce que vous pensez qu’il est en train de se passer ou ce que votre enfant est en train de ressentir : “tu es énervé parce que tu veux le jouet”. En identifiant ses sentiments, vous l’aidez à se tranquilliser et une fois qu’il s’est calmé, vous pourrez le discipliner avec des mots simples: “Ne prends pas des mains. Le jouet est à Iris”.

Bien que cette stratégie paraisse un peu mécanique et étrange, cela fonctionne généralement car on maintient la simplicité et la fermeté du message.

Mon enfant jette les choses par terre lorsqu’il s’énerve ou s’auto-agresse, se cogne la tête ou se frappe lui-même

S’énerver est une expression émotionnelle normale. Cependant, quand elle ne s’exprime pas comme elle devrait, cela peut se traduire par des agressions envers les autres et envers soi-même. Les auto-agressions viennent d’une trop grande exigence qu’a l’enfant envers lui-même. Cela peut être dû aux personnes qui s’en occupent ou à son propre caractère.

La première chose à faire est de retirer à l’enfant les objets avec lesquels il pourrait être agressif ou qu’il pourrait jeter par terre.

Il convient aussi de valider la rage et la frustration qu’il éprouve en lui disant : “Je comprends que tu te sentes frustré de ne pas arriver à faire rentrer cette pièce dans le puzzle”. Cela valide ses sentiments.

Il faut ensuite poursuivre en disant : “mais lancer des choses et te frapper n’est pas la solution. Tu peux te faire mal”. Ensuite, vous pouvez lui dire de pleurer s’il en ressent la nécessité, que cela l’aidera à évacuer ses émotions.

Renforcez le caractère positif de la situation, l’effort qu’il a fait et dites lui que cela n’est pas grave de ne pas réussir tout ce que l’on essaie. Ainsi, vous donnez à votre enfant l’attention dont il a besoin et validez son monde émotionnel en lui montrant qu’être en colère est légitime et qu’il est possible d’exprimer cette colère, mais que tous les comportements ne sont pas acceptables, comme se frapper ou jeter les choses par terre.

Mon enfant dit NON à tout

Un des premiers mots qu’apprennent nos enfants est “NON” et en tant que parents, nous savons que ces NON systématiques peuvent être agaçants. La stratégie qui fonctionne à merveille lors du terrible two est de prendre l’enfant au sérieux lorsqu’il dit NON à répétition.

Par exemple, la couche de votre enfant est sale mais il est en train de jouer. La première chose à faire est de lui demander, même si vous savez qu’il faut le faire “Léa, tu veux que je te change la couche ?”. La réponse fuse “NON”. Attendez un court moment et reposez la question. La réponse est toujours “NON” ? Attendez un moment un peu plus long et redemandez-lui.

Votre enfant se rend compte que sa réponse est prise en considération et a du poids et que la couche va finir par le gêner et il va donc arrêter de dire “NON”. Il est possible d’appliquer cette stratégie à n’importe quelle situation. Prendre votre enfant au sérieux lui permet de se rendre compte des conséquences du mot “NON” et il l’utilisera avec davantage de précautions.

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Mon enfant ne contrôle pas ses sphincters

Chaque enfant nécessite plus ou moins de temps pour abandonner la couche. Voici quelques conseils pratiques qui vous permettront de savoir si votre enfant présente des signes montrant qu’il est prêt à quitter la couche :

  • Une couche sale ou mouillée le dérange.
  • Vous remarquez lorsqu’il a fait ses selles car il a des comportements comme : marcher d’un côté à l’autre, s’ajuster la couche sans arrêt, etc.
  • Il sait quand il va faire et il se cache derrière un fauteuil ou il disparaît un moment.
  • Il s’intéresse à ce qui se passe dans les toilettes
  • Il commence à faire ses besoins (pipi et selles) à heures régulières.
  • Lorsque nous le mettons sur le WC pour essayer, il a déjà réussi à faire certains de ses besoins.

Si vous notez ces signes chez votre enfant, il est possible qu’il soit prêt pour commencer à retirer la couche. Rappelez-vous : il est important de ne pas lui mettre la pression car cela pourrait s’avérer contre-productif.

Conseils pour quitter la couche et apprendre à votre enfant à contrôler ses sphincters :

  1. Enlever la couche pendant la journée et ne la lui remettez pas.
  2. Asseyez votre enfant sur les WC ou le pot durant cinq minutes maximum, toutes les deux heures les 15 premiers jours. À cette étape, il est indispensable de lui rappeler de vous prévenir s’il a envie de faire pipi.
  3. À chaque fois qu’il fait pipi sur les WC, renforcez le comportement. Par “renforcer le comportement”, on entend lui montrer des signes de satisfaction, le féliciter, etc.
  4. Au bout des 15 premiers jours, si vous constatez qu’il se contrôle bien, vous pouvez commencer à le mettre toutes les trois heures sur les WC. À l’inverse, s’il ne se contrôle pas bien, continuez à le mettre toutes les deux heures sur les WC.
  5. À partir de ce moment, on ne renforcera le comportement qu’une fois sur deux lorsqu’il fait pipi sur les WC.
  6. Après 15 jours où il se contrôle et vous demande lorsqu’il a envie d’aller aux toilettes, ne renforcez le comportement qu’à la fin de la journée.
  7. La dernière étape sera d’arrêter de renforcer le comportement une fois que l’enfant peut se contrôler tout seul.

Les étapes du contrôle des sphincters durant la nuit :

  1. Une fois que le contrôle durant le jour est acquis, on lui retire définitivement la couche durant la nuit.
  2. Nous devons habituer l’enfant à faire pipi avant d’aller se coucher.
  3. Les premiers jours, nous devons réveiller l’enfant à minuit pour qu’il fasse pipi consciemment sur les WC. Essayez de le réveiller avant qu’il ne fasse pipi au lit, même si cela arrivera à certaines occasions.
  4. Pour l’aider à espacer ses besoins d’aller aux toilettes, vous pouvez lui proposer de jouer à retenir et relâcher son pipi chaque fois qu’il va aux WC de jour. Ainsi, il se rendra compte que c’est quelque chose qu’il peut contrôler.

Mon enfant se fait pipi dessus et je sens que c’est pour attirer mon attention

Souvent, alors que nos enfants contrôlent parfaitement leurs sphincters, il semble qu’ils fassent marche arrière. Ils commencent à se faire pipi dessus de façon épisodique pour attirer l’attention.

La première chose à considérer si l’enfant contrôle ses sphincters et que vous notez une régression est de l’amener voir un pédiatre pour que ce dernier l’évalue et écarte toute pathologie.

Une fois cette possibilité écartée, il est probable que notre enfant se fasse pipi dessus pour attirer notre attention, qu’il lui semble avoir perdu depuis qu’il est autonome avec ses sphincters. Je vous recommande de suivre les étapes suivantes pour gérer ce comportement courant dans le terrible two :

  • Félicitez les autres petites réussites (sans exagérer toutefois). Par exemple, lorsqu’il range sa veste, se lave les mains, vous aide pour quelque chose, se comporte bien lorsque vous sortez, etc.
  • Consacrez lui votre temps et votre amour.
  • Renforcer le comportement en partageant votre temps. Souvent, nous récompensons nos enfants avec des choses qui leur plaisent (des dessins, des jeux, de la nourriture, etc.). Cependant, dans ces cas, les enfants réclament notre compagnie, pouvoir jouer avec nous. Ainsi, renforcez le comportement en lui prêtant l’attention qu’il demande.   
  • N’ayez pas peur. Beaucoup de parents ont peur de donner trop d’attention à l’enfant et courir le risque de trop le gâter. Cependant, de 0 à 3 ans, l’enfant a besoin d’attention pour se sentir en sécurité . Au fur et à mesure, il aura davantage confiance en lui et cela le rendra plus indépendant pour le futur.  
  • Soyez le meilleur référent pour lui. Apprenez-lui petit à petit à devenir autonome et à trouver en vous un modèle à suivre.

Mon enfant ne veut pas manger

Il est important d’avoir une alimentation saine tout au long de la vie, mais cela prend encore plus d’importance durant l’enfance et la croissance de l’enfant. Il faut donc que nos enfants s’alimentent correctement et à des horaires appropriés. Voici quelques conseils pour apprendre à vos enfants à prendre de bonnes habitudes.

Voici quelques conseils pratiques pour vous aider à apprendre à votre enfant à prendre de bonnes habitudes alimentaires : 

  1. Faire se reposer l’enfant quelques minutes avant les repas.
  2. Ne consacrez pas trop de temps aux repas. 30 à 45 minutes sont suffisantes : si l’enfant n’a pas mangé, mieux vaut abandonner jusqu’au prochain repas. Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas en sautant un repas que votre enfant sera atteint de dénutrition. Cela lui montrera simplement que l’heure du repas est spécifique et cela l’aidera à intégrer cette habitude.
  3. Renforcer les règles fondamentales de conduite à table. L’adulte doit être un modèle référent et apprendre à l’enfant à manger de tout de façon correcte.
  4. Habituez votre enfant à une grande palette de saveurs et de textures. Il sera ainsi davantage disposé à manger des choses variées et donc plus nutritives.
  5. Si l’enfant est facilement distrait, il faut lui retirer tout objet qui pourrait détourner son attention et l’encourager à terminer son assiette pour qu’il puisse aller jouer.   
  6. Faire des repas des moments en famille. La communication est fondamentale dans ces moments.
  7. Mettre peu de nourriture dans l’assiette aidera l’enfant à accepter le défi et penser qu’il peut le relever. Parfois, cela peut avoir pour conséquence qu’il demande davantage de nourriture.

Les choses à éviter :

  • Donner de la nourriture entre les repas à notre enfant si il rechigne à manger.
  • Lui proposer des plats variés et le distraire quand on lui donne à manger.
  • Si, en tant que parents, nous nous sentons frustrés avec notre enfant au moment des repas, la solution peut être de déléguer cette tâche à quelqu’un de plus patient ou demander de l’aide à un spécialiste.
  • Ne pas forcer votre enfant à manger plus que ce dont il a besoin.
  • Ne pas donner à manger à l’enfant avec hâte.

Aucune technique ne fonctionne avec mon enfant. Que puis-je faire ?

Chaque enfant est un monde en soi et toutes ces stratégies pour gérer le terrible two ne vont malheureusement pas fonctionner à la perfection. Il est donc important de bien connaître nos enfants pour savoir quelle stratégie correspondra le mieux à son tempérament et à ses états émotionnels.

Si vous sentez qu’aucune des stratégies ne fonctionne et que vous avez tout essayé, il est recommandable de consulter un spécialiste afin d’établir un plan d’intervention personnalisée. Ces plans sont adaptés pour des enfants dont le tempérament est changeant et qui nécessitent un cadre plus structuré pour l’intervention. Essayez toutes les stratégies mais ne vous frustrez pas si elles ne fonctionnent pas : il y a toujours une solution !

Caprices et colères chez les enfants de 2 à 3 ans - Terrible Two

Caprices et colères chez les enfants de 2 à 3 ans – Terrible Two

Pourquoi ces conduites ont-elles lieu lors du “terrible two” ?

Ces dernières années, la psychologie infantile a beaucoup avancé, avant tout sur la façon de gérer les comportements et les émotions des enfants. Il n’existe toutefois pas de manuel d’instructions parental qui nous indiquerait quoi faire à chaque moment précis. Ce serait génial, cela nous éviterait beaucoup de doutes et d’erreurs, mais .. cela n’existe pas.

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Une des raisons pour lesquelles il serait difficile de créer un tel manuel est que chaque enfant a un tempérament différent. Le tempérament est une réaction émotionnelle qui caractérise chaque personne depuis sa naissance. Cela inclut la susceptibilité dans les relations, l’importance des habitudes, la rapidité des réponses, les caractéristique de son caractère et de son humeur. Le tempérament est un des facteurs déterminants du comportement de nos enfants et c’est la raison pour laquelle nous entendons souvent “On ne dirait pas qu’ils sont frères et soeurs car ils ont des caractères très différents”.  

Quand un enfant réagit à un stimulus ou a un objectif en tête, le tempérament fait que l’enfant s’active. C’est aussi le tempérament qui aide à ce que l’enfant puisse autoréguler l’expression de cette activation. Par exemple : Maman demande à Alice de rester assise pendant qu’elle lui attache ses lacets et bien qu’Alice ait envie d’aller jouer avec Arthur, elle arrive à autoréguler son activation et accepte la demande de sa mère de rester assise un moment.  

Cet effort de contrôle commence à s’observer à partir de 24 mois, au moment du terrible two. L’enfant est capable de réaliser des actions déterminées contraires à ses désirs et pourra se comporter en accord avec les normes et les limites que nous lui mettons. Le terrible two et les conflits et colères qui y sont liés apparaissent quand l’enfant n’est pas capable de faire cet effort de contrôle et fait passer ses inclinaisons et ses désirs avant nos demandes.

Ce manque d’autorégulation peut s’exprimer différemment dans le comportement des enfants. Pour reprendre l’exemple de tout à l’heure, supposons qu’Alice ne soit pas capable d’auto-réguler son activation. La réponse d’Alice pourrait être de partir en courant et dire à sa mère qu’elle ne veut pas rester assise. Elle pourrait aller jusqu’à mordre la main de sa mère pour qu’elle la lâche. Ces deux conduites relèvent d’un manque de contrôle, où les inclinaisons et les désirs de l’enfant priment sur la demande ou la limite de la personne qui s’en occupe.

Discipliner nos enfants n’est pas une tâche facile. Lorsque l’on est confronté à ces “défauts” de conduite, on doit en tant que parent savoir mettre des règles et des limites claire et les maintenir. Cela aide à structurer la conduite de nos enfants et leur apporte un environnement socio-stimulant et affectif pour leur croissance. Il est important de se rappeler qu’éduquer avec amour et patience ne veut pas dire ne pas mettre de limites, mais en mettre tout en incitant l’intelligence émotionnelle.

Tous ces conseils pratiques servent lors de situations ponctuelles. Si vos doutes et vos problèmes persistent, n’hésitez pas à consulter un spécialiste, psychologue, pédiatre, etc. qui saura vous orienter.  

Nous vous souhaitons bon courage pour gérer le terrible two de votre enfant ! N’hésitez pas à partager dans les commentaires vos expérience concernant cette période très spéciale. Quelles ont été vos plus grandes difficultés et comment les avez-vous surmontées ?

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