Tout sur la mémoire sémantique : « je l’ai sur le bout de la langue ! »

« Je l’ai sur le bout de la langue ! » La mémoire sémantique enregistre nos connaissances sur le monde et le langage. Quand nous souhaitons nous souvenir d’une connaissance que nous avons acquise, comme par exemple « Quelle est la capitale de la France ? » ou, « Comment s’appelle l’actuel président des États-Unis ? » nous sommes en train d’utiliser efficacement notre mémoire sémantique. Grâce à celle-ci, nous pouvons nous rappeler en très peu de temps ces réponses. Découvrez dans cet article qu’est-ce que la mémoire sémantique, à quoi elle sert, quels exercices pouvons pratiquer pour l’évaluer et pour l’entraîner ainsi que les troubles qui sont associés à un déficit de la mémoire sémantique.

Mémoire sémantique

Mémoire sémantique : semantic maps of the human brain

Qu’est-ce que la mémoire sémantique ?

Qu’est-ce que la mémoire sémantique ? Tulving fut le premier à établir le terme de mémoire sémantique. La mémoire sémantique peut être définie comme un type de mémoire des significations et des connaissances générales dans laquelle n’interviennent pas nos expériences personnelles ni les souvenirs de faits ponctuels.

Par exemple, pour répondre à la question « De combien d’heures se compose une journée ? » il n’est pas nécessaire d’évoquer un moment concret de notre vie où nous aurions appris cette connaissance. La mémoire sémantique nous permet de nous rappeler « automatiquement » qu’un jour contient 24 heures, sans avoir besoins de nous souvenir d’un événement en particulier qui nous rappel cette connaissance.

La mémoire sémantique est nécessaire pour se rappeler les concepts que nous connaissons sur le monde, et également nécessaire pour utiliser adéquatement le langage. De plus, il s’agit d’une sorte de mémoire qui est enregistrée sur le long terme, et qui une fois une connaissance acquise, elle pourra se maintenir longtemps, voir toute la vie.

La mémoire sémantique est aussi étendue que les différentes connaissances que nous pouvons avoir. Par exemple, si nous voulons nous souvenir qu’un lion est un mammifère qui a quatre pattes, il ne sera pas nécessaire de penser à un événement spécifique que l’on aura vécue avec un lion, notre tête va beaucoup plus vite.

  • La mémoire sémantique est un type de mémoire sur le long terme : elle nous permet d’enregistrer des souvenirs pendant des jours, des semaines et même des années. Elle n’a pas de limitation de capacité ou de durée.
  • La mémoire sémantique est déclarative : cela signifie que nous la sollicitons de manière consciente.
  • Différences entre la mémoire épisodique et la mémoire sémantique : la mémoire épisodique est chargée de nous proportionner des souvenirs autobiographiques, comme par exemple « Qu’ai-je déjeuner aujourd’hui ? » ou « Qu’ai-je fais ce week-end ? ». Ainsi, la grande différence entre ces deux types de mémoire est que la mémoire sémantique est un dictionnaire des mots et des faits sur le monde en général, alors que la mémoire épisodique est comme un journal personnel, contenant nos expériences personnelles.

Où se situent les mots dans notre cerveau ? Une équipe scientifique a créé une carte interactive qui montre quelles zones du cerveau sont activées à l’écoute de différents mots. Cette carte cérébrale sémantique révèle comment le langage se distribue dans le cortex et dans les deux hémisphères cérébraux, regroupant les mots par signification et construisant un énorme dictionnaire cérébral.

À quoi sert la mémoire sémantique ?

La mémoire sémantique nous sert de dictionnaire mental, afin d’organiser la grande quantité de mots, de concepts et de symboles que nous avons enregistré dans notre mémoire en lui donnant un sens. La mémoire sémantique nous permet d’économiser des ressources cognitives et d’être capables d’interpréter en peu de temps et avec peu de mots le monde dans lequel nous vivons.

La mémoire sémantique est fondamentale dans notre quotidien. Par exemple, la mémoire sémantique nous permet de savoir « automatiquement » qu’un lion est un animal, sans que nous ayons besoin de repasser en vue dans notre tête tous les lions que nous avons vus dans notre vie, ni de penser à tous les types de lions qui existe.

Notre mémoire sémantique nous permet de donner un sens général au mot « lion » : animal mammifère à quatre pattes, de grande taille, avec beaucoup de poil autour de la tête, etc…

Si nous avions besoins de penser à tous les lions qui existe au monde pour pouvoir nous rappeler à quoi ils ressemblent et pour pouvoir les décrire, cela serait impossible. Ainsi, la mémoire sémantique est un outil qui nous permet de regrouper de multiples concepts (animaux, personnes, objets, etc…) en un seul concept général. Cela sera organisé en une infinité de catégorie (animaux, objets, êtres vivants, êtres non-vivants, mammifère, reptiles, etc…).

Altérations de la mémoire sémantique : troubles d’accès et de mémorisation sémantique

    • Personnes avec démence sémantique : ces personnes ont des difficultés a trouver le sens d’un concept. Il y a de grandes différences d’un patient à l’autre. La démence sémantique se caractérise par une difficulté pour accéder aux significations des concepts, mais n’ont pas nécessairement de problème pour suivre un schéma d’action.
    • Personnes avec lésions dans le cortex préfrontal : il a été mis en évidence que les patients avec une lésion dans le cortex préfrontale peuvent avoir des difficultés pour développer un schéma, mais pas pour trouver le sens d’un mot (au contraire de l’exemple précédent). Ces personnes sont donc incapables de suivre un schéma comme par exemple aller chez le dentiste lorsqu’elles ont mal aux dents, ou faire la lessive lorsqu’elles n’ont plus d’habits propres. Par contre, elles peuvent accéder aux concepts des mots qu’elles entendent.
    • Dans la maladie d’Alzheimer une caractéristique typique est une défaillance de la mémoire épisodique (les souvenirs autobiographiques), mais la mémoire sémantique est également affectée, car les patients développent souvent des troubles du langage et présentent de grandes difficultés pour suivre des schémas.

Exercices pour améliorer la mémoire sémantique

1- CogniFit, plateforme leader en évaluation et en stimulation cognitive

L’accès rapide et fluide aux mots est l’une de nos habiletés cognitives principales. Nous avons déjà tous ressenti cette sensation d’avoir un mot « sur le bout de la langue ». Dans certains cas, la sélection rapide et sans efforts s’altère et des difficultés apparaissent.

CogniFit est un outil professionnel qui permet d’évaluer et d’améliorer l’accès au lexique. L’étude de la plasticité cérébrale nous a enseigné que plus nous utilisons un circuit neuronal, plus celui-ci se renforce. Et cela est applicable aux réseaux neuronaux qui interviennent dans la mémoire : accès au lexique, mémoire de travail, mémoire à court terme, mémoire visuelle à court terme, mémoire auditive à court terme, mémoire contextuelle, etc…

La capacité de trouver le mot adéquat au bon moment peut être améliorée si elle entraînée correctement. La série d’exercices cliniques qu’offre CogniFit permet d’évaluer et d’entraîner l’accès au lexique, ainsi que d’autres habiletés cognitives impliquées dans les processus de mémoire.

Comment fonctionne CogniFit ? Le programme évalue premièrement de manière précise la capacité d’accès au lexique (la capacité d’un individu pour nommer des objets) ainsi que d’autres habiletés cognitives. Sur la base des résultats obtenus, CogniFit offre de manière automatisée un programme complet d’entraînement cognitif personnalisé.

Les différents exercices interactifs se présentent sous forme de jeux mentaux qui peuvent être pratiqué à l’aide d’un ordinateur. Après chaque session, CogniFit vous présentera un graphique détaillé de l’évolution de vos capacités cognitives. Il vous suffit de vous enregistrer !

2- Se rappeler les faits du monde qui nous entoure

C’est un bon exercice de se souvenir des faits du monde qui nous entoure : si une personne souhaite fortifier sa mémoire sémantique, les exercices les plus efficaces sont de se rappeler une série de mots, et d’augmenter le nombre de mots qui composent cette série au fur et à mesure, ainsi que leur difficulté. Par exemple, apprendre les pays européens, puis leurs capitales, puis les pays des autres continents et ainsi de suite jusqu’à pouvoir énoncer toutes les capitales du monde. Vous pourrez trouver ici d’autres exercices de gymnastique cérébrale très utiles.

3- Apprendre de nouvelles langues et voyager

Apprendre d’autres langues nous oblige à commencer à apprendre un nouveau vocabulaire, une nouvelle écriture, des nouvelles règles de grammaires et des nouvelles structures linguistiques. La mémoire sémantique est indispensable pour tout cela.

Voyager peut aider à apprendre en plus de nouveaux schémas ainsi que de nouveaux scénarios car les coutumes et la culture de chaque pays peut changer énormément des schémas et des scénarios auxquels nous sommes habitués.

4- Donner du sens à tous ce que nous apprenons

Comment apprend le cerveau ? Toutes les investigations pointent le fait que l’on apprend mieux, plus vite et que l’on se souvient mieux lorsque l’on donne du sens à ce que l’on apprend. Par exemple, pour étudier quelque chose, on aura plus de faciliter à retenir quelque chose qui a du sens pour nous que simplement en nous le répétant encore et encore.

5- Exercices pour patients qui souffrent de troubles de la mémoire sémantique

Il existe des exercices simples dans lesquels on écrit une série de questions basiques auxquelles répond le patient. Si celui-ci se trompe, il faut le corriger sur le moment. Par exemple : « Quelles sont les quatre saisons de l’année ? », « Quels sont les 12 mois de l’année ? », « Quelles sont les nombres qui se trouvent entre 1 et 15 ? ».

Il est également très efficace de commencer des phrases incomplètes afin que le patient les termine, et le corriger si nécessaire : « La capitale de la France est… », « Les citrons sont de couleur… », etc…

La mémoire sémantique est si importante dans nos vies que si nous pensons rapidement toutes les fois que nous l’utilisons dans une journée, nous nous surprendrions. Elle nous aide à parler, à communiquer, à apprendre ce que signifie chaque concept du monde qui nous entoure et nous permet de comprendre ce dernier en lui donnant du sens. Pour tout cela, cela semble presque incroyable que nous disposions d’un dictionnaire si ample et si bien organisé, face à la multitude de stimulations qui nous entourent. Si nous devions tout réapprendre tous les jours à nouveaux, sans pouvoir se rappeler ce que nous percevons et sans pouvoir lui donner du sens, cela serait un effort impossible à fournir. La mémoire sémantique nous permet d’économiser une grande quantité d’efforts cognitifs, car grâce à elle nous pouvons enregistrer le monde que nous percevons dans notre tête.

La mémoire sémantique nous aide à savoir quels schémas suivre au quotidien (si je suis malade, il faut que j’aille chez le médecin), et à suivre des scénarios quasiment automatiquement (aller au restaurant, attendre que l’on vous accueil, commander, etc…).

Merci beaucoup de nous avoir lu. N’hésitez pas à laisser vos commentaires et vos questions plus bas 🙂

« Source : Eva Ródriguez Weisz, psychologue de CogniFit en formation continue, spécialisée en thérapie familial. »

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