Comprendre ce qu’est le trouble bipolaire

Depuis notre jeune âge, nous avons appris qu’il n’y a pas que le blanc et le noir, le chaud et le froid, le nord et le sud, il existe aussi des états neutres entre deux extrémités qui aident à maintenir un équilibre. Cependant, chez les personnes atteintes du trouble bipolaire, cet « équilibre » est difficile à atteindre, ce qui rend leur vie plus difficile.

En France, il existe environ 1 000 000 personnes qui souffrent de cette maladie, soit 1,2% de la population pour le type I, mais si on inclut aussi le type II et III, ça peut arriver à 7% de la population. C’est un trouble qu’il ne faut pas prendre à la légère, ça peut être toi, moi ou un proche.

Le trouble bipolaire

Le trouble bipolaire est une maladie qui doit être prise très au sérieux

Être bipolaire, ce n’est pas quand tu changes d’humeur d’un instant à l’autre, qui est une idée fausse que les médias ne cessent de divulguer, c’est une longue transition qui peut prendre des semaines, voire des mois, et qui induit à un changement radical du comportement.

Pour faire un diagnostic, parfois cela prend beaucoup de temps, et plusieurs consultations, car ce trouble peut être confondu avec plusieurs autres maladies comme la dépression, la schizophrénie, etc.

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Le trouble bipolaire, c’est quoi ?

Appelés autre fois psychose maniaco-dépressif, le trouble bipolaire est un changement radical ou une variation de l’humeur chez une même personne.

La maladie bipolaire typique est caractérisée par deux périodes différentes :

  • La période maniaque : où la personne est excitée, très enthousiaste et prend des risques.
  • La période dépressive : où la personne connaît une mélancolie et une dépression.

Entre ces deux périodes, on retrouve un état normal qu’on appelle « euthyme » ou « normothyme ».

Cette anomalie touche autant les femmes que les hommes, et commence généralement entre 15 et 20 ans, et ne peut pas être visible qu’après l’âge de 25 ans.

Les causes de ce trouble ne sont pas encore définies par les chercheurs, cependant de nombreuses hypothèses existent.

  • Le facteur environnemental : Stress, enfance, entourage, choc émotionnel…
  • Le facteur neurobiologique : anomalie au niveau de la sécrétion des neurotransmetteurs qui jouent un rôle important dans l’humeur comme la sérotonine, la dopamine, etc…
  • Le facteur héréditaire : Une personne dont un des parents est bipolaire a 10 fois plus de chance d’en être atteinte.

Un peu d’histoire…

L’histoire des troubles bipolaires peut se diviser en trois temps :

Le premier temps a commencé depuis l’antiquité jusqu’au milieu du 20ème siècle, le trouble bipolaire était vu dans ce rapport entre « la manie » et la « mélancolie ». C’est ce qu’on appelle : La période des temps anciens prolongés. C’est un temps qui a commencé avec Hippocrate et sa théorie des humeurs et qui a été étudiée par de nombreux médecins de cette époque. Cependant, ce qu’ils partagent tous, c’est qu’ils ont considéré la « manie » et la « dépression » comme deux pôles différents.

Le deuxième temps comprend la seconde moitié du 20ème siècle qui se caractérise par l’introduction de « la folie circulaire » par le psychiatre français Falret et « la folie à double forme » grâce à un autre psychiatre français nommé Baillarger. On dit que c’est la période française par excellence

Le troisième temps est caractérisé par la synthèse de ces états habituellement décrits comme « manie », « dépression mélancolique », « folie à double forme », etc.

Effectivement, en 1800, Kraeplin a proposé une nouvelle classification des maladies mentales, et a donné une description moderne du trouble bipolaire tel qu’on le connaît aujourd’hui, il a montré que ces psychose « périodique », « à double forme » ou « circulaire », etc. présentent toutes la même évolution, c’est pourquoi il était plus logique de les considérer comme les manifestations d’une seule maladie : La psychose maniaco-dépressive, dont le nom ne sera vraiment utilisé qu’en 1907 par « camus » et « Deny »

Puis en 1960, on a fait une distinction entre les troubles « bipolaires » et « unipolaires », vu que ces derniers ne sont caractérisés que par des épisodes dépressifs.

Finalement, ces troubles bipolaires ont été classifiés dans le DSM selon 3 types différents.

Les troubles bipolaires : types

Les types du troubles bipolaire

La différence entre le type I, II et III du trouble bipolaire

Type I

C’est la forme la plus courante de cette maladie, elle est caractérisée par une alternance entre la phase dépressive et la phase manique, et entre les deux on retrouve un état plus ou moins normal. Généralement, c’est l’état maniaque qui alerte le plus.

Durant la période dépressive, la personne est immergée par des sentiments de mélancolie et de dépression sévère, ce qui va se traduire en symptôme comme :

  • Le manque ou l’excès de sommeil
  • Le manque d’appétit
  • Aucune envie de faire des activités (sport, travail…)
  • La personne s’isole de plus en plus, ce qui peut induire à des hallucinations et à des psychoses
  • Manque de confiance en soi
  • Terrible sentiment d’angoisse et d’anxiété
  • Des crises suicidaires, si cette période s’allonge.

Durant la phase maniaque, c’est tout à fait le contraire, ces caractéristiques sont :

  • La personne est très excitée
  • Insomnie
  • Une prise de risque irréfléchie
  • Un grand besoin sexuel
  • Une forte estime de soi
  • La personne est facilement irritable (pour des choses banales comme un craquement de doigt, un bébé qui pleure, une remarque…)
  • Elle peut être très impulsive aussi suite à son manque de sommeil, ce qui peut être dangereux suite à ses réactions.

Pour ce type de maladie, la solution c’est une prise régulière du « lithium » afin de stabiliser l’humeur du malade. Les antidépresseurs bien qu’utiles, ils ne sont pas suffisants car ils peuvent empirer les crises de manie ou même mener vers un autre type du trouble bipolaire (type 3).

Type II

Cette alternance entre la phase dépressive et maniaque est toujours là, sauf que cette dernière est plutôt appelées « hypomanie » car elle est moins forte et plus difficile à repérer lors d’un diagnostic sans la phase de dépression.

Le trouble bipolaire

La différence entre la phase maniaque et hypomaniaque du trouble bipolaire

Pendant la phase hypomaniaque, la personne se sent tellement bien dans sa peau et dans sa tête qu’elle peut parfois arrêter le traitement pour rester ainsi.

C’est pourquoi un suivi chez un spécialiste (psychiatre, psychologue) peut s’avérer très nécessaire.

Type III

Les causes de ce type du trouble bipolaire sont pharmacologiques, liés à un mauvais traitement tel que les antis dépresseurs.

Ces individus doivent être suivis de près, et mis sous traitement de lithium pendant environ 6 mois pour stabiliser leur état pour ensuite utiliser les bons médicaments afin de réduire les épisodes dépressifs.

Ce type de trouble bipolaire est caractérisé par des états mixtes, c’est-à-dire que les symptômes maniaques et dépressifs vont s’entremêler.

On reconnait aussi deux sous-types (4 et 5).

Type IV

Ce genre du trouble bipolaire correspond surtout à cyclothymie qui est une alternance entre une dépression modérée et l’hypomanie. C’est une forme tellement atténuée que parfois ni la personne ni son entourage ne s’en rendent compte.

Ce qui caractérise aussi ce type 4, c’est que les phases peuvent être courtes ; autrement dit, une personne peut passer d’un état joyeux à dépressif en l’espace d’une seule journée.

Type V

Il est considéré comme un des plus dangereux car il est moins visible que le type 4. Pourquoi ? Parce qu’une personne peut rester dans un état de manie et hyperactif tellement longtemps qu’on peut considérer qu’il est comme ça d’origine, et d’un coup tomber dans un épisode dépressif deux fois plus grave que les autres types, ce qui rend la personne deux fois plus suicidaire que dans les autres types.

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Les traitements

Bien qu’il n’existe pas encore de traitement « miracle », il existe cependant des moyens pour vivre avec la maladie et ne pas la laisser prendre le dessus sur notre vie.

Effectivement, grâce aux thymorégulateurs ou ce qu’on appelle les régulateurs de l’humeur, Les phases peuvent être réduite, atténuée et ainsi augmenter la durée des périodes stables.

Le trouble bipolaire

Le rôle des régulateurs de l’humeur dans le trouble bipolaire

L’efficacité des médicaments ne peut être confirmée qu’après au moins 6 mois de traitement. Ce dernier ne peut pas être interrompu d’un coup mais sous la surveillance d’un médecin, et ce n’est permis qu’après au moins 2 ans d’absence de phases bipolaires.

Au niveau biologique, le traitement dépend des phases :

Phase maniaque :

Le lithium est souvent utilisé pour réguler l’humeur (marche dans 70% des cas) ainsi que des médicaments comme divalproate de sodium ou valpromide (Depamide®)

Certains neuroleptiques se sont avérés utiles comme l’olanzapine (Zyprexa®), rispéridone (Risperidal ®), aripiprazole (Abilify®)

Phase dépressive légère :

Les antidépresseurs sont déconseillés pour des raisons déjà citées, les psychiatres recommandent plutôt une psychothérapie.

Phase dépressive moyenne :

En plus de la psychothérapie, des médicaments peuvent être requis.

Phase dépressive sévère :

Dans la majorité des cas, une hospitalisation est nécessaire avec une prise en charge médicamenteuse et thérapeutique.

Au niveau thérapeutique, le principe est d’arriver à se stabiliser, d’être maître de ses états, en apprenant à prévenir l’arrivée de ces épisodes en suivant un régime de vie saint (Sport, un bon sommeil, s’entourer de bonnes personnes, yoga, sophrologie…). Ces thérapies se sont avérées très efficaces surtout le TCC (thérapie cognitivo-comportementale).

Vivre avec un bipolaire

Certes, les personnes bipolaires sont difficiles à comprendre, la vie avec elles est généralement pleine de conflits et de drames. Cependant, il faut comprendre que ce n’est pas leur faute, ce n’est pas un choix mais plutôt quelque chose qui s’est imposée.

Les personnes bipolaires ne sont pas méchantes, au contraire, généralement, elles sont généreuses, créatives… Il faut juste être patient avec elles, ne pas être blessé quand ils disent quelque chose lors d’un épisode dépressif, ou ne pas les suivre tête baissée quand ils sont dans un épisode maniaque, il faut prendre du recul !

Le risque de suicide ne doit pas être pris à la légère, c’est pourquoi il faut être très attentif aux signes.

Bipolaires et stéréotypes

Les bipolaires ne sont pas des gens isolés de la société, ils vivent parmi nous, et certains occupent même des places importantes et se voient faire des choix difficiles tous les jours.

Par exemple, Vincent Van Gogh était bipolaire, et pourtant ça ne l’a pas empêché de réaliser une œuvre qui, jusqu’à aujourd’hui connaît un succès remarquable.

Même, la célèbre chanteuse Demi Lovato s’est déclarée bipolaire, et ça ne l’a pas arrêté d’accomplir ses rêves et de monter au sommet.

 

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À bientôt !