Psychologie sociale : Découvrez l’interaction entre les processus psychologiques et la société

 

Qu’est-ce que la psychologie sociale ? Quelles sont ses applications pratiques ? Qui sont ses principaux auteurs ? Quels sont les sujets qu’étudient les psychologues sociaux ? Dans cet article, nous allons répondre à toutes vos questions sur la psychologie sociale et nous vous donnons plusieurs exemples. Découvrez des connaissances très utiles qui vous aideront à expliquer scientifiquement votre quotidien. Bienvenu dans le monde passionnant de la psychologie sociale.

Psychologie sociale

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Qu’est-ce que la psychologie sociale ? Définition, signification et concept

Pourquoi est-ce que les gens se prennent autant la tête et se disputent si souvent ? Qu’est-ce qui pousse certaines personnes à donner tout leur argent aux œuvres caritatives ? Pourquoi nous identifions-nous avec certains groupes de personnes et d’autres non ? Si vous vous êtes déjà posé ce genre de questions, vous avez tenté de résoudre les questionnements de la psychologie sociale.

La psychologie sociale est une branche populaire de la psychologie qui étudie les processus psychologiques des individus dans la société. Cela signifie que la psychologie sociale est chargée d’expliquer qu’est-ce que nos relations sociales nous font ressentir, ce que nous pensons de celles-ci, quelles sont nos motivations pour entrer en relation avec les autres, comment nous agissons lorsque nous ne sommes pas seuls, etc…

Cette discipline est née au début du 20ème siècle. L’indiscutable poids des autres sur nos comportements commence alors à être pris en compte grâce à certains psychologues sociaux que nous allons mentionner plus bas. Continuez votre lecture si vous souhaitez tout savoir sur la psychologie sociale.

Qu’étudie la psychologie sociale ?

Les sujets abordés par les psychologues sociaux sont aussi variés que le nombre de situations différentes que nous vivons dans notre vie sociale au quotidien. Voici les principales thématiques étudiées dans ce domaine :

  • Construction de l’identité : comment nous déterminons quels sont les traits qui nous définissent ?
  • Attitudes et psychologie social : qu’est-ce qui nous pousse à devenir un écologiste ?
  • La cognition dans les relations sociales : comment réalisons-nous nos jugements sur les autres ?
  • La communication : qu’est-ce qui nous pousse à diffuser notre intimité sur les réseaux sociaux ?
  • Les relations interpersonnelles : pourquoi certaines personnes nous attirent et d’autres non ?
  • La culture d’un point de vue psychosocial : comment donnons vie collectivement à des images qui influencent nos émotions ?
  • Les stéréotypes dans la psychologie sociale : pourquoi disons-nous que les blondes sont stupides ?
  • Les conflits : qu’est-ce qui peut pousser quelqu’un à faire du bullying ou du mobbing à une autre personne ?
  • L’aide à autrui : pourquoi certaines personnes dédient leur temps à faire du bénévolat ou du volontariat ?
  • Les groupes : qu’est-ce qui nous incite à nous considérer comme fans inconditionnels d’une certaine équipe ?

Psychologie sociale : caractéristiques

1. Liée avec d’autres disciplines

La sociologie est la science la plus proche de la psychologie sociale. D’autres disciplines, comme la pédagogie, l’économie, la philosophie, les sciences politiques, l’histoire, l’anthropologie ou d’autres branches de la psychologie ont un lien très fort avec la psychologie sociale.

2. Concentrée sur les processus psychologiques

Malgré de réunir les différentes perspectives afin d’expliquer quels sont les sujets abordés par cette discipline, toutes les sciences qui étudient la société ne sont pas pareilles. La psychologie sociale se distingue des autres branches par la particularité qu’elle a d’étudier ce qu’il se passe dans la têtes des individus et en quoi cela influence leur comportement.

3. Abordée d’une manière scientifique

Les sujets d’étude des psychologues sociaux sont moins tangibles que dans les autres sciences comme la chimie ou la biologie. Pourtant, la psychologie sociale utilise tout de même des méthodes scientifiques, comme des expériences ou des méthodes de corrélations (qui consistent à observer comment sont affectées différentes variables), qui permettent aux experts en psychologie sociale d’élaborer des théories solides et applicables.

4. Parfois similaire au bon sens

Nous avons tous une théorie sur les aspects que la psychologie sociale étudie. Parfois, lorsque le public lit un texte de psychologie sociale, il pense qu’il ne s’agit que fait évidents et/ou d’opinions subjectifs. Cependant, ces professionnels sont chargés de démontrer rigoureusement des questions sur lesquels les gens sont habitués à discuter en se basant uniquement sur leurs expériences personnelles.

Applications de la psychologie sociale

En plus de la théorie et de l’investigation, la psychologie sociale a de nombreuses utilités qui se répercutent sur notre vie quotidienne. La psychologie sociale appliquée a pour but d’améliorer la qualité de vie des personnes à tous les niveaux. Voici les principaux champs d’action de la psychologie sociale :

  • Santé : Permet d’améliorer le bienêtre des individus grâce à des actions tels qu’encourager les habitudes saines ou neutraliser les situations sociales stressantes.
  • Problèmes sociaux : Le chômage, l’immigration ou la violence entre genre sont des questions analysées par les psychologues sociaux, qui créent également des plans d’intervention dans le but de résoudre ces conflits.
  • Éducation : Se centre sur les questions tels que la perception qu’ont les personnes de notre système d’éducation ou comment améliorer la cohabitation entre étudiants.
  • Environnement : La psychologie sociale étudie les interactions entre les personnes et leur environnement.
  • Domaine juridique : Aborde des sujets liés aux domaines du droit et de la psychologie, comme la situation des victimes ou la prévention de la criminalité.
  • Organisation : Explore les notions de leadership, de productivité, de relations professionnelles, etc…
  • Politique : Intervient pour des questions comme l’efficacité d’un discours politique ou l’attitude de la population face aux hommes politiques.
  • Communication et consommation : L’influence publicitaire, nos compétences communicatives, les liens interpersonnels et les comportements sur les réseaux sociaux sont tous des exemples de sujets abordés par la psychologie sociale.

En définitive, le rôle de la psychologie sociale appliquée est indispensable dans de nombreux domaines, toujours en progrès. Les psychologues sociaux s’occupent toujours de démontrer empiriquement la validité des solutions qu’ils apportent.

Psychologie sociale

Psychologie sociale : Applications

Psychologie sociale : expériences

Dans ce paragraphe nous vous racontons deux des expériences les plus connues de la psychologie sociale, afin que vous puissiez comprendre comment travail les psychologues sociaux et l’importance de leurs découvertes.

Expérience de la facilitation sociale

Norman Triplett est le créateur, selon différents auteurs, de la première expérience de psychologie sociale, en 1898. Il voulait découvrir la raison de l’augmentation de la vitesse des cyclistes lorsqu’ils roulent accompagnés. Son objectif était de découvrir comment influençait la présence d’autres personnes qui pratiquent la même activité sur le rendement d’un cycliste.

Son hypothèse était que notre rendement augmente lorsque nous sommes en compétition avec d’autres personnes (pour les tâches motrices). Ainsi, Triplett essaya de vérifier la véracité de cette hypothèse dans un laboratoire. Il demanda à un enfant de rembobiner un rouleau de file pour pêcher. Certains participants le faisaient seuls et d’autres accompagnés par d’autres qui remplissaient la même tâche. Le résultat obtenu fut que les sujets du deuxième groupe (ceux accompagnés) réalisaient leur tâche beaucoup plus vite que ceux du premier groupe (ceux qui étaient seuls).

Expérience de la prison de Standford

Philip Zimbardo, un fameux psychologue social, réalisa une expérience qui est devenu célèbre à cause de ses résultats plus que déconcertants. Il engagea 24 étudiants qui suite à une évaluation semblaient mentalement sains. Il divisa les étudiants en deux groupes aléatoirement, un de “policiers” et l’autre de “prisonniers”. Il convertit le sous-sol de l’Université de Standford en une prison et fournit des uniformes aux policiers et aux prisonniers. Il mit en place une série de normes afin de rendre la situation le plus réaliste possible.

Au fur et à mesure que les jours passaient, les policiers abusaient toujours plus de leur autorité et de leur pouvoir, en déshumanisant les prisonniers. Les victimes étaient dévêtues, insultées, tournées au ridicule, etc… En fait, les policiers ridiculisèrent tellement les prisonniers que l’expérience dû être interrompue par Zimbardo, car la situation était devenue dangereuse. L’explication du psychologue social est que n’importe qui peut devenir “mauvais” suivant les circonstances et le contexte.

Voici une vidéo qui explique plus en détail cette fameuse expérience de Philip Zimbardo, commentée par lui-même (n’oubliez pas de mettre les sous-titres en français).

Psychologie sociale : comment appliquer la psychologie sociale à la vie quotidienne ?

Qui n’a jamais souhaité mieux comprendre et prédire le comportement des autres ? Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi vous avez certains comportements à un moment donné ? Heureusement, la psychologie sociale nous donne des réponses scientifiques aux questions de notre quotidien.

Étant donné que nous vivons en société et que nous devons nous adapter à celle-ci, un peu de psychologie sociale dans notre vie peut nous aider à expliquer les discussions dans nos travaux en équipe, la folie des jours de soldes ou les préjugés face aux personnes obèses.

Voici quelques conseils et recommandations qui vous aideront à appliquer les principes de la psychologie sociale à votre quotidien :

Soyez attentifs à vos biais cognitifs

Les biais cognitifs sont des déformations de la réalité qui se produisent lorsque nous traitons les informations. Nous ne disposons pas des ressources suffisantes pour dédier notre attention à tous ce qui nous entourent, et que notre cerveau pense à une vitesse stupéfiante. Par exemple, pour ne pas perdre de temps, nous avons tendances à confirmer nos croyances et éviter les informations qui les démentent.

Cette prédisposition est naturelle et nous arrive régulièrement. Cependant, elle peut parfois nous mener à nous tromper, à contempler notre monde à travers de stéréotypes inadéquats ou à avoir des préjugés injustifiés. C’est pour cela qu’il est important de réfléchir sur nos opinions et que nous essayons d’être objectifs.

Apprenez à influencer les autres

Nous avons tous besoin d’influence les autres de temps en temps, afin de d’obtenir quelque chose par exemple. Cela ne signifie pas manipuler ou avoir de mauvaises intentions. Simplement, nous désirons peut-être seulement que notre sœur nous prête une robe, faire bonne impression lors d’un entretien ou éviter qu’un ami prenne une mauvaise décision.

Des actions tels qu’être agréable avec notre interlocuteur, faire des faveurs ou complimenter les autres sont des stratégies assez efficaces pour obtenir ce que l’on souhaite. Robert Cialdini est l’un des plus grands experts en influence sociale du monde et décrit à quel point cela peut être efficace d’influencer quelqu’un.

Restez connecté avec l’actualité

Les moyens de communications sont des sources intarissables de connaissances sur la psychologie sociale. Les scandales sur les réseaux sociaux, le pouvoir de certains leaders d’opinion ou les commentaires de nos proches nous proportionnent une infinité de données qui peuvent être traitées.

Il est vrai que nous ne nous conformons pas à connaître la réalité au travers d’un seul canal. Adopter un point de vue holistique favorise que nous soyons capables de mieux anticiper les comportements des autres et d’améliorer notre capacité de résolution de problèmes. Nos connaissances sont enrichies par le fait d’écouter les différentes versions d’une histoire et que nous essayons de les traiter de différents points de vue.

Découvrez les livres passionnants sur la psychologie sociale

Certains psychologues sociaux, comme Robert Cialdini, Elliot Aronson ou Philip Zimbardo ont écrit des livres vraiment intéressants, autant pour les professionnels que pour le public non spécialisé. Leurs œuvres vous permettront de vous approcher de manière pratique à la compréhension de nos comportements sociaux.

Psychologie sociale : théoricien et auteurs principaux

La liste des psychologues sociaux importants qui ont réalisé de grandes découvertes et qui continuent de le faire actuellement est assez large. Voici les cinq plus grands auteurs et leurs principaux apports à la psychologie sociale.

Kurt Lewin (1890-1947)

Ce père de la psychologie sociale s’est intéressé aux interactions existantes entre chaque individu et son milieu. Sa pensée est très liée à la psychologie de Gestalt. Il s’intéressa particulièrement à mener ses idées à la pratique, et l’une de ses maximes est : “pour comprendre un système, il faut essayer de le changer”.

Lewin créa la théorie de champs, qui met en avant l’importance de contempler l’espace vital des personnes. Cette dimension est constituée de la totalité des situations de chaque individu à un moment déterminé. Il insista sur le fait de ne pas isoler les différents facteurs qui nous influence et de se concentrer sur les dynamiques qui se produisent entre eux.

Solomon Asch (1907-1996) et la psychologie sociale

Son principal champ d’étude fut le conformisme, qui est essentiel pour la vie en société. C’est le célèbre créateur du “paradigme de Asch”, qui fut démontré grâce à une expérience révolutionnaire. Ce psychologue réunit en 1951 des groupes entre 5 et 7 personnes. L’une d’elles était le sujet étudié et les autres étaient des collaborateurs du chercheur.

Asch présenta deux images, l’une qui représentait une ligne et l’autres trois lignes de longueurs différentes. Ensuite, il demandait quelle ligne de la deuxième image avait la même longueur que celle de la première image. L’expérience a été conçue pour que le sujet étudié soit l’une des dernières personnes à répondre. Les collaborateurs donnaient une réponse erronée exprès, pour voir si le sujet allait les suivre.

La réponse était facile et évidente. Cependant, Asch découvrit avec surprise qu’après de nombreuses tentatives, le sujet se “trompait” dans 50% des cas. Asch démontra également que les indices du conformisme varient d’une culture à l’autre, et que les collectivistes y sont plus par exemple plus enclins.

Stanley Milgram (1933-1984)

Milgram réalisa l’une des expériences les plus terrifiantes de l’histoire. Inspiré par les atrocités commises pendant la Seconde Guerre Mondiale, il étudia l’obéissance à l’autorité et décida d’en explorer les limites.

Il sélectionna des sujets avec un comportement normal, qui furent invités à son laboratoire. Il demanda aux participants de son expérience controversé d’administré des décharges électriques en augmentant progressivement le voltage (bien qu’en réalité le voltage ne dépassait jamais les 45 voltes) à une autre personne lorsque celle-ci se trompait en répondant aux questions qui lui étaient posées.

La victime était un complice du psychologue et devait simuler une douleur progressive au fur et à mesure que la puissance des décharges augmentait. Malgré les cris de douleur et de désespoir de la victime, le scientifique qui jouait le rôle de l’autorité insistait pour que les sujets de l’expérience continuent à augmenter la puissance des décharges. Le résultat effrayant de cette expérience est que 65% des sujets arriva au niveau maximum, qui supposait infliger 450 voltes (ce qui signifie une décharge mortelle) à l’autre participant, la victime.

Voici une courte vidéo qui explique plus en détail comment se déroulait cet expérience :

Les explications proposées à ce fait terrifiant sont la crédibilité du scientifique, qui affirme que les décharges ne sont pas dangereuses ou l’insistance de l’éducation depuis que nous sommes enfants à obéir aux supérieurs (parents, enseignants, etc…) Et vous, comment auriez-vous réagit dans cette situation ?

Serge Moscovici (1925-2014) et la psychologie sociale

Moscovici se dédia à étudier comment nous comprenons le monde qui nous entoure. Il partit du principe que nous connaissons tous la réalité à travers des représentations sociales qui nous guident et qui nous permettent de cohabiter avec les autres. La communication entre les personnes est essentielle pour transmettre les connaissances et les idées les plus importantes ainsi que pour nous orienter.

Nous construisons des concepts collectifs et créons un sens commun partagé par nous tous. Nos idées sont interconnectées, ce qui permet d’enrichir nos pensées et de donner un sens aux différents faits de notre quotidien. Que sommes-nous sans les autres ?

Robert Zajonc (1923-2008)

Ce psychologue révéla “l’effet de la simple exposition”, qui manifeste notre tendance à être plus sensible à un stimuli lorsque l’on y a été fréquemment exposé. Par exemple, il se peut que la première fois que l’on écoute une chanson à la radio celle-ci nous paraisse anodine. Cependant, si nous l’écoutons chaque fois que nous sortons, dans la voiture, à la télé et qu’elle devient le succès de l’été, celle-ci finira probablement par nous enchanter.

Ainsi, Zajonc déclara que nos préférences ne sont pas complétement rationnelles. Les pensées sont toujours accompagnées par les émotions. Cet effet nous influence également lorsqu’il s’agit de choisir nos amis ou notre partenaire, du fait que les gens que nous voyons plus souvent vont nous plus plaire. Les publicitaires l’on bien compris et tente de profiter de ce phénomène afin de créer un lien avec une certaine marque au plus profond de nous.

 

Merci beaucoup de nous avoir lu, nous espérons que cet article vous aura plus et surtout qu’il vous aura été utile pour en savoir plus sur la psychologie sociale. N’hésitez pas à laisser vos commentaires et vos questions sur le sujet plus bas, nous serons enchantés d’y répondre. 🙂

 

“Source : Ana Muñoz Miguez, psychologue de CogniFit spécialisée en psycho-oncologie, soins palliatifs et troubles du langage.”

Rédacteur spécialisé du domaine médical et de la santé. Passionné de psychologie, de philosophie ainsi que de neuroscience.
Toujours à la recherche de nouvelles sources et de nouvelles tendances, dans le but d’inspirer le publique et de le guider vers de nouvelles méthodes ou théories pour l’aider à améliorer son quotidien.

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