Ma solitude m’emprisonne : comment m’en sortir ?

 

Comment se sortir de la solitude ? Celle qui nous fait tellement souffrir, et que l’on perçoit à des moments inopportuns : nous sommes entourés, on nous montre du soutien, de l’attention, mais… On se sent seul(e). Cette solitude n’est pas seulement un ressenti, mais elle s’accompagne d’un flot de questionnements sur notre existence : sommes-nous normaux ? Pourquoi ressentir cela quand nous avons nos amis et notre famille autour de nous ? C’est parce que ce sentiment est insupportable et que nous avons envie d’en sortir que je vous propose de lire cet article, pour éclaircir ce coin sombre de votre vie.

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La solitude : amie ou ennemie ? (source : therapeuteboulognebillancourt.fr)

La solitude est un sentiment que tout le monde peut ressentir. Mais en fonction de sa personnalité et du contexte dans lequel on se trouve, elle pourra être ressentie différemment : elle peut être provoquée parce que l’on choisit de passer un moment éloigné des autres afin de réfléchir par exemple, mais elle peut aussi être subie quand, au milieu de ses amis par exemple nous avons l’impression de ne pas faire partie du groupe.

Mais comment pouvons-nous définir la solitude ? Est-elle forcément négative ? Comment s’en sortir ? Si vous souhaitez avoir la réponse à ces questions, je vous invite à lire la suite de cet article.

Qu’est-ce que la solitude ?

Un sentiment complexe

Initialement, la solitude évoquait un isolement social, quelqu’un sans compagnie, séparé de ses semblables. Mais avec le temps, le sens de ce terme a évolué jusqu’à évoquer un sentiment de solitude psychique qui, d’après la psychologie sociale, serait accompagné de douleurs physiques. Par exemple, lors d’une rupture amoureuse, le sentiment de solitude qui nous envahi tout à coup provoque des sensations douloureuses, on a « le cœur brisé ». Et certains d’entre vous pourront malheureusement affirmer que cette expression n’est pas juste une façon de parler, mais bien un ressenti.

La solitude est donc un sentiment complexe qui touche une grande partie de la population.
On estime à presque 20 millions le nombre de personnes se sentant seules dans la population française (soit 30%). Mais ce chiffre reste une approximation puisqu’il est difficile de caractériser les types de populations touchées : les chômeurs, les personnes âgées et les célibataires sont pris en compte mais ne sont pas exclusivement présents.

Différents types de solitude

Il existe principalement 3 types de solitude :

  1. Le sentiment de solitude : lorsque nous nous percevons comme seul(e)
  2. L’isolement relationnel : lorsque les liens amicaux sont peu présents ou absents, ou lorsque nous avons peu de connaissances
  3. Et la solitude résidentielle : lorsque nous habitons seul(e)

Un isolement relationnel ou résidentiel n’implique pas forcément un sentiment de solitude.

Certaines personnes peuvent apprécier cette solitude physique et donc n’en souffrirons pas. A l’inverse, une personne ayant beaucoup d’amis et habitant avec sa famille pourra se sentir seule. Il est donc important de différencier ces types de solitude les uns des autres.

Les causes du sentiment de solitude

Ce sentiment de solitude ne vient pas spontanément, mais il est induit par plusieurs facteurs :

  • La construction d’idéaux : Lorsque nous idéalisons une personne qui nous est proche et avec qui nous passons du temps (un ami, notre conjoint…), nous nous sentons tout(e) petit(e) face à elle. Ce sentiment d’infériorité nous conduit à nous dévaloriser, et donc à croire que nous ne sommes « rien » à côté de cette perfection, d’où le sentiment de solitude.
  • La peur de l’exclusion : Cette peur s’immisce dans les moindres recoins de notre vie, ce qui explique qu’elle soit souvent un facteur de développement du sentiment de solitude. Pour comprendre ce facteur, il faut tout d’abord savoir que l’être humain est, et a toujours été un être social. Autrefois, lorsque nous étions différents, nous étions exclus de notre groupe et même de notre société. Grave conséquence, puisqu’une personne ne pouvait pas survivre seule bien longtemps. Rester attaché à un groupe est devenu un instinct de survie qui a été transmis de génération en génération, jusqu’à aujourd’hui. De nos jours, même si le fait d’être exclu ne garantit pas notre mort, nous y sommes tout de même sensibles.
  • Poids des réseaux sociaux : Aussi surprenant que cela paraisse, une étude a prouvé que si vous passez plus de 2h par jour sur un réseau social, vous avez deux fois plus de risque de vous sentir seul(e) que si vous y passez seulement 30 minutes. Ainsi, il serait possible de dire que plus vous passez du temps sur les réseaux sociaux, plus vous avez de possibilité de ressentir cette solitude.
  • Le chantage : Certaines personnes peuvent même ressentir cette solitude à cause d’une ‘stratégie manquée’. Ces personnes réclamant de l’attention et de l’amour en faisant du chantage déçoivent leur entourage et le pousse à les délaisser, entraînant cette solitude difficile. A terme, cette personne ne sait pas comment percevoir de l’amour autrement que par cette voie, et en devient donc dépendante.
  • L’âge avancé : Les personnes âgées sont souvent isolées, que ce soit en maison de retraire ou dans leur propre maison/appartement. L’isolement social est perçu comme un abandon, installant progressivement un sentiment délétère de solitude : sidération (perte de la capacité de penser, à parler…), perte de capacité à se défendre, baisse de QI… Les capacités cognitives sont altérées.

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Les causes de la solitude sont multiples, il est donc facile de la ressentir. Mais est-ce vraiment mal de vivre avec ?

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E. Hopper peintre de la solitude ? (source : columbiaprograms.fr)

Les différents aspects du sentiment de solitude

Le “positif” de la solitude

A première vue, le sentiment de solitude peut être positif sur un plan adaptatif. En effet, le
fonctionnement du cerveau entre dans un mode de « défense » où il se charge de nous protéger face aux futures relations possiblement infructueuses. Ainsi, nous sommes plus attentifs aux informations négatives puisque nous voulons nous en défendre. Le stress perçu nous permettrait donc de nous protéger. Même si ce point semble positif puisque la solitude nous servirait ici de protection, on appelle ce fonctionnement la spirale négative, puisqu’elle est à l’origine de nombreux points négatifs.

Le “négatif” de la solitude

Le sentiment de solitude attaque principalement 4 points de notre être qu’il est important de
connaître afin de saisir l’importance de cette notion :

  • La Santé

La solitude augmente globalement le risque de mortalité. Certains vont même à dire qu’elle
serait deux fois plus dangereuse que l’obésité ! Pourquoi ?

Sans trop entrer dans les détails d’ordre médicaux, une étude de 2010 (Hawkley et Capioppo) explique ceci par l’accélération du vieillissement du corps, l’augmentation des risques de cholestérol ainsi que l’augmentation de la pression sanguine (hypertension). Elle est également source d’un stress constant et peut même être à l’origine de maladies chroniques telles que les risques cardiovasculaires ou même la dépression.

  • Le sommeil

La qualité et la quantité de sommeil sont également touchées. Le stress peut perturber le fonctionnement du tronc cérébral, altérant le sommeil en l’écourtant par exemple. De même, celui-ci peut nous empêcher de dormir profondément, et donc d’atteindre un niveau de sommeil utile à la réparation de notre corps. Ce dernier est donc épuisé, induisant la réduction de nos capacités intellectuelles (la résolution de problèmes par exemple), l’altération de notre mémoire (rappel d’informations plus difficiles) et la mise en place d’une fatigue psychique générale. Il a également été prouvé qu’un manque de sommeil favorisait l’isolement social. Nous nous retrouvons une fois de plus dans une forme de cercle vicieux : se sentir seul nous empêcherait de bien dormir, nous faisant se sentir seul(e), nous empêchant de bien dormir…

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Schéma du cerveau présentant le tronc cérébral (source : fr.wikibooks.org)

  • Les cognitions

En psychologie, les cognitions représentent l’ensemble de nos activités cérébrales se rapportant à nos connaissances. On y compte donc la mémoire, le langage, le raisonnement, l’apprentissage, etc.

Ces cognitions ne sont pas épargnées par le sentiment de solitude. En effet, celui-ci serait à l’origine de troubles de la personnalité, de psychoses (telle que la maladie d’Alzheimer) ainsi que de baisse des performances cognitives (déclin cognitif). Il serait même favorable au déclenchement d’une dépression : une personne A qui se sent seule depuis plus longtemps qu’une personne B, fera plus probablement une dépression que B. A terme, il pourrait même pousser la personne au suicide.

Ce qu’il est important de savoir également, c’est que le stress induit par ce sentiment de solitude est également précurseur de la baisse d’estime de soi, ainsi que d’une hausse de négativisme, d’anxiété et de colère. Ces derniers éléments entravent particulièrement nos capacités d’interactions sociales, et donc la création de nouveaux liens sociaux.

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La santé, le sommeil et les cognitions dépendent du fonctionnement de notre cerveau. Les altérations présentées prouvent donc que la solitude a un impact psychologique et physiologique importants.

Dans le cas où vous souffrez de quelques uns de ces symptômes, il serait utile de se prendre en charge dans un délai relativement court, afin de limiter l’étendu de ces problèmes. Nous verrons les possibilités un peu plus loin dans l’article !

Quand le sentiment de solitude est absent

Et quand on ne se sent pas seul ? Que se passe-t-il ? Au vue des nombreuses
conséquences négatives de la solitude, nous avons vite fait d’oublier qu’il est possible de se sentir bien dans son corps : une hausse de l’estime de soi est associée à une hausse de la motivation et donc une hausse des interactions sociales. Nos supports psychologiques étant multipliés, notre stress diminue, et la qualité de notre sommeil est améliorée, donc notre corps peut être réparé. Ainsi, nous sommes moins touchés par les maladies.

Il est évident que tous les symptômes évoqués ne sont pas exclusivement dû au sentiment de solitude. Mais on sait qu’il y participe.

Comment se sortir de ce sentiment néfaste de solitude ?

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Cinq solutions pour lutter contre la solitude (source : youphil.com/fr)

Vous avez peut-être parcouru plusieurs autres sites vous proposant des remèdes miracles
contre la solitude. On pourrait s’en sortir en 6, ou 10 habitudes à prendre ! Les conseils sont peut-être vrais, mais il me semble facile de se perdre en les parcourant. Chaque personne est unique, et a besoin de solutions qui lui qui correspondent.

  • Je me sens seul(e), mais je pense pouvoir m’en sortir : Ne sous-estimez pas l’importance de ce sentiment ! Comme vous avez pu le voir, il a de nombreuses conséquences négatives qu’il est utile de contrecarrer. Si vous ne ressentez pas de grande motivation à en sortir, faites-vous ‘violence’ comme le dit l’expression.

En cherchant à parler avec d’autres, vous pourrez rencontrer des personnes avec qui vous vous sentirez en confiance. Rien ne sert de s’accrocher à la première venue… Mais avec le temps, vous la rencontrerez ! Que ce soit un ami ou un psychologue, peu importe. Ce qu’il faut, c’est une base de confiance.

Tout en cherchant ce support social, vous améliorerez vos compétences sociales. Vous pouvez optimiser les recherches en vous inscrivant à une activité que vous aimez, comme à la danse (parfois utilisée en art-thérapie) ou à la peinture par exemple.

Et pour faire face à l’ensemble des conséquences, faites des exercices favorisant votre cognition. Pour votre mémoire, vous pouvez par exemple jouer au Memory, ou utiliser une application spécifique. De nombreux exercices sous forme de jeu sont disponibles aujourd’hui !

  • Je me sens seul(e), mais je ne pense pas pouvoir m’en sortir : Dans ce cas, il est plus qu’important de faire quelque chose, sans quoi vous entretiendrez votre sentiment de solitude.

Je vous propose donc de trouver quelqu’un en qui vous pouvez avoir confiance pour faire face à ce sentiment. Votre meilleur ami(e), ou même un psychologue (orienté TCC, c’est-à-dire que les thérapies seront concentrées sur des aspects cognitifs, comportementaux et affectifs. Pile poil ce qu’il faut !). Ces professionnels sont dans la capacité de vous aider, de vous écouter ou de vous orienter.

Il est possible que vous ne trouviez pas tout de suite une personne vous correspondant et
pouvant vous aider. Mais si vous faîtes preuve de patience (ce qui est difficile mais possible), vous trouverez. Je vous le garanti.

Vous pouvez également reprendre les conseils donnés dans le point précédent, tout en
considérant que vous avez besoin de temps pour mettre ce sentiment de côté. Rome ne s’est pas faite en un jour !

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Merci beaucoup d’avoir pris le temps de lire cet article ! Il se peut que ce sujet vous soit
évocateur, ou que certaines questions vous soient venues à l’esprit pendant la lecture : n’hésitez pas à commenter cet article, nous prendrons le temps d’y répondre !

 

Etudiante en psychologie à l’université de Nîmes et rédactrice stagiaire chez Cognifit. Intéressée particulièrement par la psychologie cognitive et la neuropsychologie.